Titre
Un Officier Général, étoit sur le point d'épouser Mlle .... lorsqu'il fut blessé à mort à la fin de la Campagne de 1759. Il est censé écrire à sa Maîtresse dans l'instant où expirant sur le champ de bataille, il se sert du fer d'une picque qu'il trempe dans son sang pour tracer ces Vers.
Titre d'après la table
VERS d'un Officier Général qui étoit sur le point d'épouser Mlle.... &c.
Fait partie d'une livraison
Fait partie d'une section
Page de début
11
Page de début dans la numérisation
476
Page de fin
12
Page de fin dans la numérisation
476
Incipit
O MA chère Julie ! adore les destins ;
Texte
Un Officier Général , étoit fur le point
d'époufer Mlle .... lorſqu'il fut bleffé
à mort à la fin de la Campagne
de 1759. Il eft cenfé écrire à fa
Maîtreffe dans l'inftant où expirant
fur le champ de bataille , il fe fert du
fer d'une picque qu'il trempe dans
fon fang pour tracer ces Vers.
MA chère Julie ! adore les deftins ;
Ils font naître & mourir nos projets incertains .
Une lance acérée , inſtrument du carnage ,
Eft aux bords du cercueil , pour moi d'un autre
uſage.
Arme de la fureur , tu deviens , en ce jour ,
Dans mes débiles mains , le pinceau de l'Amour
!!....i
Mon fang forme à longs traits , fur l'arène fusi
cu mante ,
Des fignes interdits à ma voix expirante.
Hélas ! s'il fut verfé , fans regret pour mon Rois
Il m'eft doux de fentir qu'il coule encor pour
toi ! .....
Je t'aimai : je t'adore ; ( excufe ma foibleffe : ) ;
Mais foit tranſports jaloux , foit orgueil , fojt
vreffe ;
Aviat
Avj
12 MERCURE DE FRANCE.
Ciel pourquoi redouté-je en ce fatal moment ,
Qu'un autre après ' ma mort puiffe être tom
Amant ?
Ah ! pardonne à ma crainte injufte , téméraire 7
Non ,tu n'as point brulé d'une flamme ordinaire ;
Non ; je fçais qu'aifément ton coeur ferme &
conftant
Peut donner à ton Sexe un exemple éclatant.
Lechemin tortueux que tient la perfidie,
( Tu me l'as dit cent fois ) , méne à l'ignominie...
Hélas ! il m'en fouvient : quand aux bords Champenois,
on
Ton amant t'embraffa pour la derniere fois :
» Cher époux , m'as-tu dit , tu vois de l'hyménée
» Eteindré les flambeaux ; mais ma foi t'eft done.
» née ;
» Et quel que foit ton fort , fois für que ce lien .
» Enchaîne pour jamais & mon être & le tien ....
Au moins ce foible eſpoir en mourant , me ſoulage......
Mais je touche à l'inftant , que craint même le
Sage 179 707 mm & erbror i åingi a T
Le jour fuit & fe change en d'épaiffes vapeurs....
L'abîme s'ouvre : adieu , fois fidéle....je meurs.
d'époufer Mlle .... lorſqu'il fut bleffé
à mort à la fin de la Campagne
de 1759. Il eft cenfé écrire à fa
Maîtreffe dans l'inftant où expirant
fur le champ de bataille , il fe fert du
fer d'une picque qu'il trempe dans
fon fang pour tracer ces Vers.
MA chère Julie ! adore les deftins ;
Ils font naître & mourir nos projets incertains .
Une lance acérée , inſtrument du carnage ,
Eft aux bords du cercueil , pour moi d'un autre
uſage.
Arme de la fureur , tu deviens , en ce jour ,
Dans mes débiles mains , le pinceau de l'Amour
!!....i
Mon fang forme à longs traits , fur l'arène fusi
cu mante ,
Des fignes interdits à ma voix expirante.
Hélas ! s'il fut verfé , fans regret pour mon Rois
Il m'eft doux de fentir qu'il coule encor pour
toi ! .....
Je t'aimai : je t'adore ; ( excufe ma foibleffe : ) ;
Mais foit tranſports jaloux , foit orgueil , fojt
vreffe ;
Aviat
Avj
12 MERCURE DE FRANCE.
Ciel pourquoi redouté-je en ce fatal moment ,
Qu'un autre après ' ma mort puiffe être tom
Amant ?
Ah ! pardonne à ma crainte injufte , téméraire 7
Non ,tu n'as point brulé d'une flamme ordinaire ;
Non ; je fçais qu'aifément ton coeur ferme &
conftant
Peut donner à ton Sexe un exemple éclatant.
Lechemin tortueux que tient la perfidie,
( Tu me l'as dit cent fois ) , méne à l'ignominie...
Hélas ! il m'en fouvient : quand aux bords Champenois,
on
Ton amant t'embraffa pour la derniere fois :
» Cher époux , m'as-tu dit , tu vois de l'hyménée
» Eteindré les flambeaux ; mais ma foi t'eft done.
» née ;
» Et quel que foit ton fort , fois für que ce lien .
» Enchaîne pour jamais & mon être & le tien ....
Au moins ce foible eſpoir en mourant , me ſoulage......
Mais je touche à l'inftant , que craint même le
Sage 179 707 mm & erbror i åingi a T
Le jour fuit & fe change en d'épaiffes vapeurs....
L'abîme s'ouvre : adieu , fois fidéle....je meurs.
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Résumé
Le texte décrit les derniers instants d'un Officier Général blessé mortellement à la fin de la campagne de 1759. Avant de mourir, il écrit une lettre à sa maîtresse, Julie, pour lui exprimer son amour et sa crainte qu'elle puisse aimer un autre homme après sa mort. Il la supplie de pardonner ses doutes et affirme sa confiance en sa fidélité. L'officier se remémore leur dernier moment ensemble, où Julie lui avait juré fidélité. Il conclut en exprimant son amour éternel et en prenant congé, conscient de sa mort imminente.