Titre
LES SOUHAITS. / LA DOUCE VENGEANCE.
Titre d'après la table
Les souhaits, & la douce Vengeance,
Fait partie d'une livraison
Fait partie d'une section
Page de début
23
Page de début dans la numérisation
542
Page de fin
24
Page de fin dans la numérisation
543
Incipit
Un tourtereau,
Texte
LES SOUHAITS.
UNN tourtereau ,
Perché fur un rameau ,
Attendoit le retour de fa chere compagne
Qui butinoit encor dans la campagne.
Cet amoureux oiſeau
Par fes gémiffemens exprimoit les allarmes
Dont fon coeur étoit agité .
Philis en répandit des larmes :
Tout attendrit une jeune beauté
Abſente de l'objet qu'elle aime.
Grands Dieux ! quelle félicité ,
Dit-elle , fi Tircis penfoit à moi de même !
A peine elle eut fini ces mots ,
Que le plus tendre des moineaux
A fes yeux careffa fon aimable femelle
Cent & cent fois en un moment ;
Amour , s'écria cette belle ,
En voyant leurs tranſports & leur raviffement
Ah ! fais que mon amant ,
Si tu veux que je fois à ton culte fidele ,
Imite abfent le tourtereau ,
Et qu'après fon retour il devienne moineau.
LA DOUCE VENGEANCE.
Dormons, difoit Cipris, au Dieu Mars fon amant ,
Avec un ton de voix charmant ;
24 MERCURE DE FRANCE .
Dormons : la nuit acheve fa carriere ,
J'apperçois déja la lumiere.
Vous vous trompez , non , ce n'eft pas le jour ;
L'éclat que vous voyez , dit Mars avec tendreſſe ,
Vient de vos yeux , belle Déeffe ;
C'est l'ouvrage de mon amour .
Ah ! réprit auffi - tôt la Reine de Cithere :
S'il eft bien vrai , cher amant , vengeons - nous,
En rendant cette nuit fi brillante , fi claire ,
Que l'indifcret Phébus en devienne jaloux.
Ces deux pieces font de M. de Beuvri.
UNN tourtereau ,
Perché fur un rameau ,
Attendoit le retour de fa chere compagne
Qui butinoit encor dans la campagne.
Cet amoureux oiſeau
Par fes gémiffemens exprimoit les allarmes
Dont fon coeur étoit agité .
Philis en répandit des larmes :
Tout attendrit une jeune beauté
Abſente de l'objet qu'elle aime.
Grands Dieux ! quelle félicité ,
Dit-elle , fi Tircis penfoit à moi de même !
A peine elle eut fini ces mots ,
Que le plus tendre des moineaux
A fes yeux careffa fon aimable femelle
Cent & cent fois en un moment ;
Amour , s'écria cette belle ,
En voyant leurs tranſports & leur raviffement
Ah ! fais que mon amant ,
Si tu veux que je fois à ton culte fidele ,
Imite abfent le tourtereau ,
Et qu'après fon retour il devienne moineau.
LA DOUCE VENGEANCE.
Dormons, difoit Cipris, au Dieu Mars fon amant ,
Avec un ton de voix charmant ;
24 MERCURE DE FRANCE .
Dormons : la nuit acheve fa carriere ,
J'apperçois déja la lumiere.
Vous vous trompez , non , ce n'eft pas le jour ;
L'éclat que vous voyez , dit Mars avec tendreſſe ,
Vient de vos yeux , belle Déeffe ;
C'est l'ouvrage de mon amour .
Ah ! réprit auffi - tôt la Reine de Cithere :
S'il eft bien vrai , cher amant , vengeons - nous,
En rendant cette nuit fi brillante , fi claire ,
Que l'indifcret Phébus en devienne jaloux.
Ces deux pieces font de M. de Beuvri.
Signature
Ces deux pieces sont de M. de Beuvri.
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Résumé
Le texte présente deux poèmes attribués à M. de Beuvri. Dans 'Les Souhaits', un tourtereau attend le retour de sa compagne et exprime son inquiétude par ses gémissements. Philis, émue par cette scène, souhaite que son amant, Tircis, lui manifeste la même attention. Elle observe ensuite un moineau qui retrouve sa femelle avec tendresse et exprime le désir que son amant imite cet oiseau. Dans 'La Douce Vengeance', la déesse Cypris (Vénus) et Mars, son amant, discutent de la fin de la nuit. Mars affirme que l'éclat qu'il voit provient des yeux de Cypris, symbolisant son amour. Cypris propose alors de rendre cette nuit si lumineuse que le soleil en soit jaloux, illustrant ainsi leur désir de vengeance douce.