Titre d'après la table
Mort de M. de Sainte Beuve.
Titre simplifié de l'article récurrent
Fait partie d'une livraison
Page de début
261
Page de début dans la numérisation
281
Page de fin
263
Page de fin dans la numérisation
283
Incipit
Quoy que la mort soit une Image funeste, il faut vous la
Texte
Quoy que la mort ſoit une Image funeſte , il faut vous la Hij
176 LE MERCVRE
laiſſer encor un moment pour vous apprendre que ces mêmes morts ſubites qui nous ont ofté M. Leſeau, nous ont fait perdre auffi deux grands Hommesdans ce meſme Mois. L'un eſt M. de
Sainte Beuve , & l'autre M. Neuré. Le premier eftoit Do- cteur & Profeſſeur de Sorbonne, Homme d'une tres - pro fonde érudition , aimé non ſeu- lement de tous ceux qui le con- noiſſoient , mais encor de tous
ceux qui avoient entendu par- ler de fon merite. Le Clergé de France avoit une eſtime
toute particuliere pour luy , &
luy donnoit penſion. Il regloit un nombre infiny de confcien- ces , & il euft eſté mal-aiſé de
trouver un plus habile Caſuiſte.
Quoy qu'il n'ait jamais voulu permettre qu'on ait fait fon
GALANT. 177
Portrait pendant ſa vie , nous ne laiſſons pas de l'avoir par le talent merveilleux de M. Berthinet , qui a eſté Payeur des
Rentes de l'Hoſtel de Ville de
Paris. Il a l'imagination fi vive,
que ſur le ſouvenir qu'il a con- fervé de ſes traits , il en a fait la
Medaille en cire apres ſa mort,
avec l'admiration & l'étonnement de tous ceux qui l'ont connu. On dit qu'ilen a fait
une de bronze du Roy , par cette meſme force d'imagina- tion , dont Sa Majesté a eſté tres - fatisfaite. Beaucoup de Perſonnes de la premiere Qua- lité qui ont veu cette Medaille,
en parlent comme d'une merveille.
176 LE MERCVRE
laiſſer encor un moment pour vous apprendre que ces mêmes morts ſubites qui nous ont ofté M. Leſeau, nous ont fait perdre auffi deux grands Hommesdans ce meſme Mois. L'un eſt M. de
Sainte Beuve , & l'autre M. Neuré. Le premier eftoit Do- cteur & Profeſſeur de Sorbonne, Homme d'une tres - pro fonde érudition , aimé non ſeu- lement de tous ceux qui le con- noiſſoient , mais encor de tous
ceux qui avoient entendu par- ler de fon merite. Le Clergé de France avoit une eſtime
toute particuliere pour luy , &
luy donnoit penſion. Il regloit un nombre infiny de confcien- ces , & il euft eſté mal-aiſé de
trouver un plus habile Caſuiſte.
Quoy qu'il n'ait jamais voulu permettre qu'on ait fait fon
GALANT. 177
Portrait pendant ſa vie , nous ne laiſſons pas de l'avoir par le talent merveilleux de M. Berthinet , qui a eſté Payeur des
Rentes de l'Hoſtel de Ville de
Paris. Il a l'imagination fi vive,
que ſur le ſouvenir qu'il a con- fervé de ſes traits , il en a fait la
Medaille en cire apres ſa mort,
avec l'admiration & l'étonnement de tous ceux qui l'ont connu. On dit qu'ilen a fait
une de bronze du Roy , par cette meſme force d'imagina- tion , dont Sa Majesté a eſté tres - fatisfaite. Beaucoup de Perſonnes de la premiere Qua- lité qui ont veu cette Medaille,
en parlent comme d'une merveille.
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Mots clefs
Résumé
Le texte évoque la mort de deux personnalités françaises au cours du même mois. La première est M. de Sainte Beuve, docteur et professeur à la Sorbonne, reconnu pour son érudition et apprécié par tous. Le clergé français lui accordait une pension et le considérait comme un casuiste compétent, régissant de nombreuses confessions. Bien qu'il ait refusé de poser pour un portrait de son vivant, M. Berthinet, payeur des rentes de l'Hôtel de Ville de Paris, a créé une médaille en cire de Sainte Beuve après sa mort, suscitant admiration et étonnement. Berthinet a également réalisé une médaille de bronze du roi, très appréciée par Sa Majesté et par de nombreuses personnes de haut rang.