Fait partie d'une livraison
Fait partie d'une section
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669
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215
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672
Incipit
L[e] sieur Keyser a l'honneur de prévenir le Public, qu'ayant été attaqué de nouveau dans
Texte
Lfeur
Keyfer
a
l'honneur
de
prévenir
le
P
blic
,
qu'ayant
été
attaqué
de nouveau
dans
un
Livre
,
qui a
pour
titre
,
Traité
des
Tumeurs
&
Ulceres
,
de
la
façon
la
plus
injufte
&
la
pl
légere
,
il
vient d'y
répondre par
un
écrit
part
culier
qui
fe
trouve chez
le fieur
Delornel
Mar
chand
Libraire
,
rue du
Foin
;
il
le ſupplie
de
lit
attentivement
les
objets
de
défenſes
, d'obfervet
la
vérité
&
l'autenticité
des
Certificats
qu'il
a
pro
duit
,
&
d'être
perfuadé
qu'il
n'y a
rien
avant
qu'il
ne
foit
en
état
de prouver
aux
yeux
de
tou
l'Univers
: il
n'a
jufqu'ici
combattu
tous
fes
Ad
verfaires
qu'avec
les
armes de
la
vérité
; il
cre
être
au
moment de
les faire taire
pour
toujours
,
AOUST
.
1759
.
213
&
l'Académie
des
Sciences
,
qui veut
bien être
ſon
Juge
,
prononcera
bientôt
fur
la
compofition
defon
remède
,
fur
les
effets
&
fon
efficacité
;
cette
Académie
ayant
déja
nominé
pour
cela
des
Com-
miffaires
dont
les
talens
,
les
lumières
&
la
haute
réputation
ne
lui
laiſſent
rien
à
defirer
.
En
atten-
´
dant
il
croit
devoir
donner
ici
l'Extrait
court
&
fuccinct
de
la
dernière attaque qui
lui
a
été
faite
de
la
part
de
l'Auteur
anonyme du
Traité des
Tumeurs
,
&
celui
de
la
réponſe
qu'il
a
faite
.
Premièrement
,
fon
Aggrelleur
foupçonne
,
préfume
,
&
quoiqu'il
n'en
convienne
point
,
conclut
même
qu'il
doit
entrer
du
Sublimé
cor-
rofif
dans
la
compofition
de
fon
remède
.
Il
rap-
porte
pour
appuyer
les
conjectures
&
les
foupçons
une
expérience
frivole
; il
donne
les
raisons
les
plus
fuperficielles
;
il
cherche
à
perfuader
,
&
par
conféquent
il
effraye
injuftement
le
Public
.
A cela le fieur Keyſer répond par des analyſes
aurentiques faites à Paris & dans les Provinces par
les plus habiles Gens de l'Art. Tous atteſtent n'a-
voir trouvé dans la décompofition de fon reméde,
aucun atôme de Sublimé. Par conféquent l'impu-
tation tombe d'elle-même. On a fçu meme depuis
que l'Anonyme s'en étoit affuré par fes propres
expériences , & qu'il étoit convenu qu'il n'y avoit
point de Sublimé.
Secondement , l'Anonyme fe déchaîne contre
les effets du reméde. A le croire ce ne font que
nauſies , vomiſlemens , coliques , inflammations ,
effets pernicieux , funefles &c.
A cela le fieur Keyſer répond en offrant de
-préfenter à l'Anonime ( ne pouvant citer mille au❤
tres malades qu'il a traités , qu'il a bien guéris ,
& qui fe portent à merveille j 400 Soldats guéris
dans l'Hôpital de Monfi ur le Maréchal de Bi-
ron ; il produir les Certificats les plus autenti-
ques de Paris , & de la Province. Tous les Gens
£
14
MERCURE
DE
FRANCE
.
de
l'Art
qui
les
ont
donnés
atteſtent après
avoit
traité
avec
fon
reméde
les
uns to
Malades
,
les autres
30
,
ainſi
du
reſte
,
n'en
avoir
jamzi
vû
réſulter
le
moindre
accident
.
Par
conséquen
F'Anonyme
qui
ne
connoît point
le
reméde
,
qui
n'a jamais
traité
avec
,
qui
n'a
même
vû
traiter
perfonne
,
a
feul
vû
tous ces
mauvais
effets
.
Que
répondre à
cela
? Le
Public
jugera
fi
les
témoigna
ges
de
plus
de
cent perfonnes
habiles
dans
l'Ar
de
la
Médecine
,
&
de
la
Chirurgie
,
connues
pour
les plus
honnêtes
gens
,
peuvent
avoir
été
toutes
gagnées pour
s'accorder
à
dire
un
bien
général
d'une chofe
auffi
dangereufe
,
&
furtout
lorfque
l'on
prouve
qu'il
n'eft
pas
mort
en
feul
homme
far quatre
cens
.
D'ailleurs
comme
il
vient
d'être
démontré
dans
l'Article
précédent
qu'il n'y a
pas
de Sublimé
corrofif
,
il
eſt
clair
que
les
effets da
reméde
ne
peuvent
être
tels
que
l'Anonyme
les
fuppofe
.
Troifiémement
,
l'Anonyme
ne
s'en
tient
pas
là
,
il
veut encore
que
le
reméde
foit
infuffifant
,
que
les
cures
prétendues
ne
foient
que
palliatives
,
&
qu'il
faut
en
revenir
aux
frictions
&
c
.
A
cela
le fieur
Keyſer
offre
encore de
préfente
fes
400
Soldats
pour
fubir
l'examen
de
l'Anonyme
lui
-
même
,
il
produit
les
Certificats
de
perfonne
habiles
qui
atteftent
qu'il
s'en
eft fait
chaque
an
née
depuis quatre ans
une
revue générale
,
que
les guérifons
fe
font trouvées conftantes
&
foli-
des
que
les
Soldats
jouiffent
de
la
meilleure
fanté
.
Tous
les
Correfpóndans
du
feur
Keyſer
qui
ont
traité
une
multitude
de Malades
,
difent
la
même
choſe
;
perfonne ne
vient
le
plaindre
d'avoir
été
manqué
.
M.
le Maréchal de Biron
,
fi
connu par
fon
amour
pour
la vérité
,
pour
la
juftice
&
pour
le
bien public
,
veut bien appuyer
toutes ces preuves
AOUST
.
1759
.
211de
fon
témoignage
.
Il
a
en
main
les
originaux
de
tous
les
Certificats
;
il
va
les
dépofer
de
la
part
du
Roi
entre
les
mains
de l'Académie
.
Enfin
le
feur
Keyſer
offre
à
l'Anonyme
de
traiter
ſous
les
yeur
douze Malades
qu'il
choifira
lui
-
même
,
&
de
ne
pas
leur
donner une
ſeule
dragée
qu'en ſa
préſence
:
il
ſupplie
l'Académie
de
nommer
des
Commiflaires
pour
en
faire
autant
fous
leurs
yeux
.
Que
peut
-
il
faire
de
plus
?
&
comment
ſe
refuſer
à
des preuves
de
cette
force
?
Keyfer
a
l'honneur
de
prévenir
le
P
blic
,
qu'ayant
été
attaqué
de nouveau
dans
un
Livre
,
qui a
pour
titre
,
Traité
des
Tumeurs
&
Ulceres
,
de
la
façon
la
plus
injufte
&
la
pl
légere
,
il
vient d'y
répondre par
un
écrit
part
culier
qui
fe
trouve chez
le fieur
Delornel
Mar
chand
Libraire
,
rue du
Foin
;
il
le ſupplie
de
lit
attentivement
les
objets
de
défenſes
, d'obfervet
la
vérité
&
l'autenticité
des
Certificats
qu'il
a
pro
duit
,
&
d'être
perfuadé
qu'il
n'y a
rien
avant
qu'il
ne
foit
en
état
de prouver
aux
yeux
de
tou
l'Univers
: il
n'a
jufqu'ici
combattu
tous
fes
Ad
verfaires
qu'avec
les
armes de
la
vérité
; il
cre
être
au
moment de
les faire taire
pour
toujours
,
AOUST
.
1759
.
213
&
l'Académie
des
Sciences
,
qui veut
bien être
ſon
Juge
,
prononcera
bientôt
fur
la
compofition
defon
remède
,
fur
les
effets
&
fon
efficacité
;
cette
Académie
ayant
déja
nominé
pour
cela
des
Com-
miffaires
dont
les
talens
,
les
lumières
&
la
haute
réputation
ne
lui
laiſſent
rien
à
defirer
.
En
atten-
´
dant
il
croit
devoir
donner
ici
l'Extrait
court
&
fuccinct
de
la
dernière attaque qui
lui
a
été
faite
de
la
part
de
l'Auteur
anonyme du
Traité des
Tumeurs
,
&
celui
de
la
réponſe
qu'il
a
faite
.
Premièrement
,
fon
Aggrelleur
foupçonne
,
préfume
,
&
quoiqu'il
n'en
convienne
point
,
conclut
même
qu'il
doit
entrer
du
Sublimé
cor-
rofif
dans
la
compofition
de
fon
remède
.
Il
rap-
porte
pour
appuyer
les
conjectures
&
les
foupçons
une
expérience
frivole
; il
donne
les
raisons
les
plus
fuperficielles
;
il
cherche
à
perfuader
,
&
par
conféquent
il
effraye
injuftement
le
Public
.
A cela le fieur Keyſer répond par des analyſes
aurentiques faites à Paris & dans les Provinces par
les plus habiles Gens de l'Art. Tous atteſtent n'a-
voir trouvé dans la décompofition de fon reméde,
aucun atôme de Sublimé. Par conféquent l'impu-
tation tombe d'elle-même. On a fçu meme depuis
que l'Anonyme s'en étoit affuré par fes propres
expériences , & qu'il étoit convenu qu'il n'y avoit
point de Sublimé.
Secondement , l'Anonyme fe déchaîne contre
les effets du reméde. A le croire ce ne font que
nauſies , vomiſlemens , coliques , inflammations ,
effets pernicieux , funefles &c.
A cela le fieur Keyſer répond en offrant de
-préfenter à l'Anonime ( ne pouvant citer mille au❤
tres malades qu'il a traités , qu'il a bien guéris ,
& qui fe portent à merveille j 400 Soldats guéris
dans l'Hôpital de Monfi ur le Maréchal de Bi-
ron ; il produir les Certificats les plus autenti-
ques de Paris , & de la Province. Tous les Gens
£
14
MERCURE
DE
FRANCE
.
de
l'Art
qui
les
ont
donnés
atteſtent après
avoit
traité
avec
fon
reméde
les
uns to
Malades
,
les autres
30
,
ainſi
du
reſte
,
n'en
avoir
jamzi
vû
réſulter
le
moindre
accident
.
Par
conséquen
F'Anonyme
qui
ne
connoît point
le
reméde
,
qui
n'a jamais
traité
avec
,
qui
n'a
même
vû
traiter
perfonne
,
a
feul
vû
tous ces
mauvais
effets
.
Que
répondre à
cela
? Le
Public
jugera
fi
les
témoigna
ges
de
plus
de
cent perfonnes
habiles
dans
l'Ar
de
la
Médecine
,
&
de
la
Chirurgie
,
connues
pour
les plus
honnêtes
gens
,
peuvent
avoir
été
toutes
gagnées pour
s'accorder
à
dire
un
bien
général
d'une chofe
auffi
dangereufe
,
&
furtout
lorfque
l'on
prouve
qu'il
n'eft
pas
mort
en
feul
homme
far quatre
cens
.
D'ailleurs
comme
il
vient
d'être
démontré
dans
l'Article
précédent
qu'il n'y a
pas
de Sublimé
corrofif
,
il
eſt
clair
que
les
effets da
reméde
ne
peuvent
être
tels
que
l'Anonyme
les
fuppofe
.
Troifiémement
,
l'Anonyme
ne
s'en
tient
pas
là
,
il
veut encore
que
le
reméde
foit
infuffifant
,
que
les
cures
prétendues
ne
foient
que
palliatives
,
&
qu'il
faut
en
revenir
aux
frictions
&
c
.
A
cela
le fieur
Keyſer
offre
encore de
préfente
fes
400
Soldats
pour
fubir
l'examen
de
l'Anonyme
lui
-
même
,
il
produit
les
Certificats
de
perfonne
habiles
qui
atteftent
qu'il
s'en
eft fait
chaque
an
née
depuis quatre ans
une
revue générale
,
que
les guérifons
fe
font trouvées conftantes
&
foli-
des
que
les
Soldats
jouiffent
de
la
meilleure
fanté
.
Tous
les
Correfpóndans
du
feur
Keyſer
qui
ont
traité
une
multitude
de Malades
,
difent
la
même
choſe
;
perfonne ne
vient
le
plaindre
d'avoir
été
manqué
.
M.
le Maréchal de Biron
,
fi
connu par
fon
amour
pour
la vérité
,
pour
la
juftice
&
pour
le
bien public
,
veut bien appuyer
toutes ces preuves
AOUST
.
1759
.
211de
fon
témoignage
.
Il
a
en
main
les
originaux
de
tous
les
Certificats
;
il
va
les
dépofer
de
la
part
du
Roi
entre
les
mains
de l'Académie
.
Enfin
le
feur
Keyſer
offre
à
l'Anonyme
de
traiter
ſous
les
yeur
douze Malades
qu'il
choifira
lui
-
même
,
&
de
ne
pas
leur
donner une
ſeule
dragée
qu'en ſa
préſence
:
il
ſupplie
l'Académie
de
nommer
des
Commiflaires
pour
en
faire
autant
fous
leurs
yeux
.
Que
peut
-
il
faire
de
plus
?
&
comment
ſe
refuſer
à
des preuves
de
cette
force
?
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Mots clefs
Domaine
Résumé
Le sieur Keyfer a publié une déclaration en réponse à une attaque dans un livre intitulé 'Traité des Tumeurs & Ulcères'. Il a rédigé une réponse disponible chez le libraire Delornel et invite le public à examiner les preuves et certificats qu'il a fournis pour appuyer ses affirmations. Keyfer affirme n'avoir jamais utilisé d'autres moyens que la vérité pour se défendre et se dit prêt à faire taire ses détracteurs. L'Académie des Sciences, chargée de juger de la composition et de l'efficacité de son remède, a nommé des commissaires compétents. En attendant leur verdict, Keyfer présente un extrait de la dernière attaque et de sa réponse. L'auteur anonyme du 'Traité des Tumeurs' accuse Keyfer d'utiliser du sublimé corrosif dans son remède. Keyfer réfute cette accusation en produisant des analyses authentiques réalisées par des experts, confirmant l'absence de sublimé. L'anonyme critique également les effets du remède, les qualifiant de pernicieux et funestes. Keyfer répond en offrant de présenter 400 soldats guéris à l'hôpital de Montsurr, sous la supervision du Maréchal de Biron, ainsi que des certificats authentiques de médecins et chirurgiens attestant de l'efficacité et de la sécurité de son remède. Il propose également de traiter douze malades choisis par l'anonyme sous la supervision de l'Académie des Sciences pour prouver l'efficacité de son remède.