Titre
POLOGNE.
Titre d'après la table
De Pologne,
Titre simplifié de l'article récurrent
Fait partie d'une livraison
Fait partie d'une section
Page de début
149
Page de début dans la numérisation
178
Page de fin
151
Page de fin dans la numérisation
180
Incipit
On a publié à Dantzik un Mandement du Roy, adressé aux Palatinats et Territoires
Texte
POLOGNE .
Na publié à Dantzik un Mandement du
Roy , adressé aux Palatinats et Territoires
du Royaume , pour les exhorter de ne point assister
aux Diettes convoquées par M. Poninski ,
Instigateur du Royaume , dont voici l'Extrait.
Après avoir représenté aux Palatinats et Territoires
respectifs , les calamitez ausquelles la
République se trouve exposée par la malice de
eux qui, mettant leur confiance dans les forces
des Puissances Etrangeres , ne cherchent qu'à
renverser entierement la liberté des Polonois . Le
Roy y fait une récapitulation de tout ce qui s'est
passé pendant et après son Election , et S. M dit
à ce sujet , que quelque droit qu'elle eût à la
Couronne , incontestablement mieux fondé que
celui de ceux qui la disputent à présent par la
force des Armes , elle ne s'est point renduë dans
le Royaume pour disputer ce droit , mais uniquement
pour maintenir la liberté de la Nation ,
en se soumettant aux Loix et Constitutions du
Royaume :J'ai abandonné le Sceptre , ajoûte le
Roy dans son Mandement, je me suis dépouillé de
La dignité Royale, et je me suis mis entre vos mains
comme unsimple Particulier , afin que vous puissiez
proceder avec une entiere liberté à l'Election d'un
Roy : Vous m'avez élû , et Dieu a visiblement prategé
cette Election , en inspirant dans le coeur de
tant de milliers de personnes une unanimité si génerale.
Je ne suis pas venu à main arméo dans le
Royaume
150 MERCURE DE FRANCE
Royaume pour attaquer la République , détruire
ses droits et regner malgré vous et quoiqu'au
moyen de l'amitié étroite qui m'unit avec le très-“.
illustre Roy de France , j'eusse pú me servir d'une
partie de ses Troupes pour me frayer le chemin au
Trône , je n'ai jamais eu la moindre pensée d'acquérir
avec violence la Couronne , comma font actuellement
les Partisans des Factions Etrangeres ;
conduite si contraire aux Constitutions du Royaume,
et qui tend si ouvertement à la ruine totale de la
liberté de la Nation , acheptée par nos Ancêtres au
prix de tant de sang.
Le Roy passe ensuite à l'Election qui s'est faite
à Praage , d'un Prince Etranger , sous la protection
d'une Armée ennemie , et après avoir fait
voir l'irrégularité et l'invalidité de cette Election ,
il insinue que les Cours de Vienne et de Russie
étoient convenues depuis long- temps que ce
Prince ni nul autre , ne seroit élevé au Trône de
Pologne ; il y insinue encore que la Cour de
Vienne , jalouse de la liberté dont jouit la Nation
Polonoise , n'a jamais perdu de vûë le dessein de
la détruire et de lui imposer le même joug sous
lequel gémissent les Bohémiens et les Hongrois;
il ajoûte que cette Cour se couvrant du Manteau
des Moscovites , avec lesquels elle est d'accord ,
fait semblant de n'avoir aucune part aux maux
de la République , commis par d'autres , pendant
qu'en effet elle fait jouer tous les ressorts
imaginables pour renverser la liberté de la Nation
, et emporter la Couronne par la force des
Armes : Sijamais elle parvient à son but , poursuit
le Roy , c'en est fait de notre chere Patrie,
c'en est fait de notre liberté et nous ne serons jamais
affranchis du joug de la Nation Allemande.
Après avoir exhorté les Palatinats et Distries
respectifs
JANVIER . 1734.
ISI
respectifs du Royaume , à n'avoir aucun
égard aux Universaux publiez par le Parti contraire
, se confiant à la genereuse émulation de la
Noblesse Po onoise, qui ne permettra jamais que
qui que ce soit empiete sur ses droits , il finit en
disant : Quelque grande que soit la puissance de nos
Ennemis , elle ne doit en aucune maniere nous intimider
, nos forces augmentent tous les jours et
nous recevrons sans doute , un puissant secours
d'ailleurs ; diverses Puissances s'interposent en notre
faveur ; elles combattent pour notre konneur et
pour la liberté de la République ; nous en voyons
des preuves dans les opérations qui se font sur le
Rhin et en Italie , par les Armes des François ,
Espagne et de Sardaigne ; quoique nous ne soyons
pas alliez avec ces deux dernieres Puissances , elles
ne peuvent neantmoins souffrir qu'on employe
la force pour mettre sur le Trône de Pologne un
Prince que toute la Nation a abjuré ; ces Rois s'allieront
avec d'autres Puissances pour la conservation
de l'honneur de notre Royaume ; nous ne manquerons
pas d'autres moyens favorables . Une puissante
diversion se manifestera en notrefaveur plutôt
qu'on ne pense ; elle nous mettra à l'abri des
machinations de nos Ennemis, et ceux qui nous ont
dressé des embuches y seront pris eux mêmes , &c,
Na publié à Dantzik un Mandement du
Roy , adressé aux Palatinats et Territoires
du Royaume , pour les exhorter de ne point assister
aux Diettes convoquées par M. Poninski ,
Instigateur du Royaume , dont voici l'Extrait.
Après avoir représenté aux Palatinats et Territoires
respectifs , les calamitez ausquelles la
République se trouve exposée par la malice de
eux qui, mettant leur confiance dans les forces
des Puissances Etrangeres , ne cherchent qu'à
renverser entierement la liberté des Polonois . Le
Roy y fait une récapitulation de tout ce qui s'est
passé pendant et après son Election , et S. M dit
à ce sujet , que quelque droit qu'elle eût à la
Couronne , incontestablement mieux fondé que
celui de ceux qui la disputent à présent par la
force des Armes , elle ne s'est point renduë dans
le Royaume pour disputer ce droit , mais uniquement
pour maintenir la liberté de la Nation ,
en se soumettant aux Loix et Constitutions du
Royaume :J'ai abandonné le Sceptre , ajoûte le
Roy dans son Mandement, je me suis dépouillé de
La dignité Royale, et je me suis mis entre vos mains
comme unsimple Particulier , afin que vous puissiez
proceder avec une entiere liberté à l'Election d'un
Roy : Vous m'avez élû , et Dieu a visiblement prategé
cette Election , en inspirant dans le coeur de
tant de milliers de personnes une unanimité si génerale.
Je ne suis pas venu à main arméo dans le
Royaume
150 MERCURE DE FRANCE
Royaume pour attaquer la République , détruire
ses droits et regner malgré vous et quoiqu'au
moyen de l'amitié étroite qui m'unit avec le très-“.
illustre Roy de France , j'eusse pú me servir d'une
partie de ses Troupes pour me frayer le chemin au
Trône , je n'ai jamais eu la moindre pensée d'acquérir
avec violence la Couronne , comma font actuellement
les Partisans des Factions Etrangeres ;
conduite si contraire aux Constitutions du Royaume,
et qui tend si ouvertement à la ruine totale de la
liberté de la Nation , acheptée par nos Ancêtres au
prix de tant de sang.
Le Roy passe ensuite à l'Election qui s'est faite
à Praage , d'un Prince Etranger , sous la protection
d'une Armée ennemie , et après avoir fait
voir l'irrégularité et l'invalidité de cette Election ,
il insinue que les Cours de Vienne et de Russie
étoient convenues depuis long- temps que ce
Prince ni nul autre , ne seroit élevé au Trône de
Pologne ; il y insinue encore que la Cour de
Vienne , jalouse de la liberté dont jouit la Nation
Polonoise , n'a jamais perdu de vûë le dessein de
la détruire et de lui imposer le même joug sous
lequel gémissent les Bohémiens et les Hongrois;
il ajoûte que cette Cour se couvrant du Manteau
des Moscovites , avec lesquels elle est d'accord ,
fait semblant de n'avoir aucune part aux maux
de la République , commis par d'autres , pendant
qu'en effet elle fait jouer tous les ressorts
imaginables pour renverser la liberté de la Nation
, et emporter la Couronne par la force des
Armes : Sijamais elle parvient à son but , poursuit
le Roy , c'en est fait de notre chere Patrie,
c'en est fait de notre liberté et nous ne serons jamais
affranchis du joug de la Nation Allemande.
Après avoir exhorté les Palatinats et Distries
respectifs
JANVIER . 1734.
ISI
respectifs du Royaume , à n'avoir aucun
égard aux Universaux publiez par le Parti contraire
, se confiant à la genereuse émulation de la
Noblesse Po onoise, qui ne permettra jamais que
qui que ce soit empiete sur ses droits , il finit en
disant : Quelque grande que soit la puissance de nos
Ennemis , elle ne doit en aucune maniere nous intimider
, nos forces augmentent tous les jours et
nous recevrons sans doute , un puissant secours
d'ailleurs ; diverses Puissances s'interposent en notre
faveur ; elles combattent pour notre konneur et
pour la liberté de la République ; nous en voyons
des preuves dans les opérations qui se font sur le
Rhin et en Italie , par les Armes des François ,
Espagne et de Sardaigne ; quoique nous ne soyons
pas alliez avec ces deux dernieres Puissances , elles
ne peuvent neantmoins souffrir qu'on employe
la force pour mettre sur le Trône de Pologne un
Prince que toute la Nation a abjuré ; ces Rois s'allieront
avec d'autres Puissances pour la conservation
de l'honneur de notre Royaume ; nous ne manquerons
pas d'autres moyens favorables . Une puissante
diversion se manifestera en notrefaveur plutôt
qu'on ne pense ; elle nous mettra à l'abri des
machinations de nos Ennemis, et ceux qui nous ont
dressé des embuches y seront pris eux mêmes , &c,
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Mots clefs
Domaine
Résumé
En janvier 1734, un mandement royal est publié à Dantzig, exhortant les palatinats et territoires de Pologne à ne pas participer aux diètes convoquées par Stanislas Leszczynski, soutenu par M. Poninski. Le roi dénonce les dangers que la République polonaise encourt de la part de ceux qui cherchent à renverser la liberté des Polonais avec l'appui de puissances étrangères. Il rappelle son élection et son engagement à préserver la liberté de la nation en respectant les lois et constitutions du royaume. Le roi affirme avoir renoncé au pouvoir pour permettre une élection libre et souligne que son élection a été divinement protégée. Le roi critique l'élection d'un prince étranger à Prague, sous la protection d'une armée ennemie, et suggère que les cours de Vienne et de Russie avaient convenu de ne pas soutenir ce prince pour le trône de Pologne. Il accuse la cour de Vienne de vouloir détruire la liberté polonaise et de se servir des Moscovites pour atteindre ses objectifs. Le roi appelle les palatinats et districts à ignorer les proclamations du parti adverse, se fiant à la noblesse polonaise. Il mentionne que des puissances comme la France, l'Espagne et la Sardaigne soutiennent la Pologne et la liberté de la République, et que d'autres aides favorables ne manqueront pas de se manifester.