Fait partie d'une livraison
Fait partie d'une section
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88
Page de fin
89
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102
Incipit
HISTOIRE de Louis XII, 3 vol. A Paris, Chez Lottin, rue S. Jacques, au
Texte
HISTOIRE de Louis XII , 3 vol. A
Paris , chez Lottin , rue S. Jacques , au
Coq , 1755
mens ,
Elle est précédée d'une préface , où l'auteur
nous dit que I hiftoire eft un pédagogue
agréable , un cenfeur poli & un prédi
sateur perfuafif, tout muet qu'il eft. Il
ajoûte que l'hiftoire générale du monde
nous préfente pour l'ordinaire des événedont
la plupart nous font tout- àfait
étrangers , des perfonnages que nous
n'avons que peu ou point d'intérêt de connoître
, & des moeurs fouvent incompatibles
avec les nôtres : que l'hiftoire de notre
pays au contraire nous met fous les yeux
une fuite de faits qui nous touchent , des
perfonnages avec lesquels nous partageons
Dij
76 MERCURE DE FRANCE.
la gloire ou le deshonneur , & des moeurs
qui deviennent la régle des nôtres. C'eſt
une vérité fenfible qu'on ne peut conteſter ;
mais ce qu'il hazarde dans une note au
commencement de fon premier livre , me
paroît plus difficile à accorder. On ne
trouve , dit-il , dans aucun auteur le tems
» de la naiffance de Louis XII ; mais il eft
» certain qu'il eft né au mois de Mars 1462 .
Si aucun écrivain n'en a parlé , fur quoi
fonde-t- il fa certitude ?
و ر
On fera peut- être bien aife de voir le
portrait qu'il fait d'un Monarque que fa
bonté a rendu fi intéreffant. Le voici :
Les exercices du corps rendirent ce
Prince fi nerveux , qu'il n'y avoit point de
jeunes Seigneurs de fon âge qu'il ne terrafsâr
. Pour ceux qui étoient d'un âge plus
avancé & d'un tempéramment plus vigoureux
, il entroit volontiers en lice contre
eux ; & s'il n'avoit pas la gloire de remporter
la victoire , il avoit celle de n'être
vaincu & de fortir du combat à armes
pas
égales. Au jeu , il étoit charmant ; il regardoit
la perte & le gain avec la même
indifférence ... Il lui étoit ordinaire de
remettre à ceux qui jouoient contre lui la
perte qu'ils faifoient , ou de diftribuer aux
affiftans. le gain provenant du jeu. A ces
avantages , Louis réuniffoit une phifionoJUILLE
T.
1755 77
mie peu commune . Il avoit les yeux écine
cellans comme le feu , le nez un peu long
& retrouffé , les traits du vifage tels qu'u
ne femme touchée des charmes de la beau
té pourroit les fouhaiter. Il étoit de moyenne
taille , mais extrêmement fort & robuftes
Par la conftitution de fon corps , qui étoit
bonne & faine , il jouiffoit d'une fanté
parfaite , dont il étoit fans doute redevable
à fa tempérance , au travail & aux exercices
du corps.
A cette peinture de Louis XII , je vais
joindre le portrait de Louis XI , par Mile
de Luffan . Par la comparaifon , le lecteur
fera mieux en état de décider lequel des
deux auteurs a mieux faifi la reffemblance
& le vrai coloris , c'eft - à-dire cette élégante
fimplicité , & cette vérité précife que l'hif
toire demande. C'eſt à lui de prononcer
je m'en rapporte à fon jugement.
Louis XI , dit Mlle de Luffan , n'avoit
pas reçu de la nature les mêmes avantages
que Monfieur ; il étoit grand fans avoir
bon air, Il fe courboit un peu & affectoit
de ne porter que des habits fimples ; il n'en
mettoit de riches que les jours de cérémonie.
Alors on ne pouvoir difconvenir qu'il
n'eût l'air d'un Prince..
L'inégalité de fes traits fembloit marquer
les variations de fon caractere. Sa tête
Diij
78 MERCURE DE FRANCE.
n'étoit ni groffe , ni petite , & s'élevoit un
peu en pointe. Il avoit le front petir , les
yeux gros , à fleur de tête & vacillans , le
teint blanc & uni , les cheveux courts , les
narrines larges , les levres groffes & vermeilles
, les dents belles , le menton pointu
, le cou délié & un peu court , la poitrine
étroite , les mains & les bras longs
& menus , les cuiffes maigres ; la jambe
bienfaite , quoiqu'il marchất mal.
Le DICTIONNAIRE APOSTOLIQUE
à l'ufage de MM. les Curés des villes & de
la campagne , & de tous ceux qui fe deftinent
à la chaire , par le P. Hyacinte de
Montargon , Auguftin de Notre - Dame
des Victoires , Prédicateur du Roi , Aumônier
& Prédicateur du Roi de Pologne.
Duc de Lorraine & de Bar , tome 8 , & 2°
& dernier des myfteres , vol. in- 8 ° . 4 liv .
en blanc & s liv. relié.
Il comprend la Réfurrection & l'Afcenfion
de N. S. J. C. la defcente du S. Efprie
fur les Apôtres , le Myftete de la Trinité ,
l'Euchariftie en tant que Sacrificè & confidérée
comme Sacrement. Le neuvieme volume
eft fous preffe , & il comprendra les
fêtes de la Sainte Vierge , & paroîtra à la
Touffaints . Chez Lottin , rue S. Jacques ,
au Coq , où fe trouvent tous les livres à
Pufage du Diocèfe de Paus les livres à
JUILLET. 1735 79
La troifieme partie des TABLETTES DE
THEMIS , dont j'ai annoncé les premieres
parties dans le Mercure précédent , vient
de paroître , & fe vend chez les mêmes
Libraires. Elle contient la chronologie des
Préfidens , Chevaliers d'honneur , Avocats
& Procureurs généraux des Chambres des
Comptes de France & de Lorraine , des
Cours des Aides & de celles des Monnoies ;
les Prevôts des Marchands de Paris & de
Lyon , & la lifte des Bureaux des Finances ,
Préfidiaux , Bailliages , Sénéchauffées &
Prevôtés , avec une table alphabétique des
noms de famille.
L'auteur invite de nouveau ceux qui
poffedent des terres érigées en titre de
Marquifat , Comté , Vicomté & Baronie ,
de lui envoyer copie des lettres patentes
d'érection , ou au moins des extraits avec
des mémoires inftructifs tant fur lefdites
terres , que fur la généalogie de leur famille,
dont on marquera exactement l'état actuel
avec le blafon des armes , obfervant de
faire écrire ces mémoires très-lifiblement ,
fur-tout les noms propres , & de les adreffer
francs de port , à M. Chafot , rue des
Canettes , près S. Sulpice , à Paris .
TELLIAMED , ou entretiens d'un Philofophe
Indien avec un Miffionnaire Fran-
Diiij
80
MERCURE DE FRANCE.
çois fur la
diminution de la mer , par M.
de Maillet. Nouvelle édition , revûe , corrigée
& augmentée fur les originaux de
l'auteur , avec une vie de M. de Maillet ,
2 vol. in-12. Ce livre fingulier fe trouve
chez Duchefne , rue S. Jacques , au Temple
du Goût.
HISTOIRE de Simonide & du fiécle
où il a vêcu , avec des éclairciffemens chronologiques
, par M. de Boiffy fils , 2 vol .
in- 12 , prix 2 liv. 1o fols broché . A Paris ,
chez Duchefne , rue S. Jacques , au Temple
du Goût , 1755.
Cet ouvrage eft précédé d'une préface
raifonnée. Nous en donnerons l'extrait le
mois prochain .
ELEMENS DE
DORIMASTIQUE *,
ou de l'art des effais , divifés en deux
par
ties , la premiere théorique & la feconde
pratique , 4 vol. in- 12 . A Paris , chez
Briaffon , rue S. Jacques , à la Sciencé.
* Ce livre eft traduit du latin de M. Cramer
, & le traducteur eft du choix de M.
Par , élémens de Dorimaftique , on entend
cette partie de la chymie qui concerne l'effai
des minéraux , lequel n'eft autre choſe qu'un
examen rigoureux de ces mêmes fubftances fait
en petit.
JUILLET51 1755 83
ز ا
Rouelle. On ne peut faire un plus grand
éloge de l'un & de l'autre . M. de V. dans
fon avertiffement déclare modeftement
que c'eft à M. Rouelle qu'il doit le peu
qu'il fçait en chymie. Non content , dit - il ,
de me fournir les éclairciffemens qui m'étoient
néceſſaires , fur ce que j'avois appris
dans fes leçons particulieres , que j'ai eu
le bonheur de fuivre plufieurs années , il
a bien voulu auffi m'apprendre à en faire
ufage. Ces remarques étoient néceffaires ;
elles feront au public un garant du mérite
de l'ouvrage qu'on lui préfente & de
l'exactitude de ma traduction , & elles me
fourniffent l'occafion de témoigner, ma
teconnoiffance à mon illuftre maître & de
la rendre publique.
Un pareil aveu le loue plus que tout
-ce que nous pourrions dire en fa faveur.
20: 1
VOYAGE de Paris à la Rocheguion
en vers burlesques , divifé en fix chants ,
par M. M ***. Se, trouve à Paris , chez
Caillean quai des Auguftins , & Chardon
fils , rue S. Jacques près la fontaine S. Severin
, à la Couronne d'or , 1 liv . broché.
Ce poëme eft dédié à l'ombre de Scarron .
Je crois qu'il ne le fera pas revivre.
02 2301 :
ESSAL HISTORIQUE , critique
Dy
82 MERCURE DE FRANCE.
philologique , politique , moral , littéraire
& galant , fur les lanternes , leur origine ,
Feur forme , leur utilité , &c . par une fociété
de gens de Lettres .
Cette brochure en profe fe trouve
chez Ganeau , rue S. Severin , & peut
fervir de pendant au Voyage en vers cideffus
indiqué. Elle eft adreffée au Docteur
Swift ; mais je doute qu'il veuille y
mettre fon attache pour la faire paffer á la
poftérité , comme l'auteur l'en prie.
HUDIBRAS , poëme héroïcomiques,
tité de l'Anglois de M. Samuel Butler ,
avec des notes & des figures . Se vend chez
Despilly Libraire , rue S. Jacques goabla
vieille Pofte. Cap duq 9 busi ni
La guerre civile & la fecte des Puritains
tournée én ridicule , font le fuiser de
ce poëme qui eft compofé de neuf chants.
On n'en a publié que le premier avec une
préface & la vie de l'auteur. Qu'on juge
par ce début de l'élégance de la traduction.
» Le noir démon dés guerres civiles & la
pâle difcorde , fa fdent bien- aimée , avoit
» lâché parmi nous leurs plus gros ferpens ;
» l'envie aux yeux verons & fournois ,
» nous échauffoit la bile par fes mauvais
"propos ; déja nous commencions à nous
quereller fans trop fçavoir pourquoi ,
JUILLET. 1755 * 81
» femblables à des gens ivres qui balbutient
» de colere , & fe gourment pour exalter
" une fille de théâtre , nous nous battions
» déja comme des fous & des enragés pour
❤le fimulacre de la religion... Nos épaules
» devenues les tambours de l'Eglife rece-
» voient au heu de coups de baguettes ,
» une grêle de coups de poings & c. Je
m'arrête là , je ne puis aller plus loin. Sur
cet échantillon , je crois qu'on dira (com
me M. de Voltaire ) que ce poëme eft intraduifible
, ou du moins qu'il est mal
traduit. C
Le tome cinquieme des LEGONS DE
PHYSIQUE EXPERIMENTALE, par
M. l'Abbé Nollet , de l'Académie royale
des Sciences , de la Société royale de Londres
, Maître de Phyfique de Monfeigneur
le Dauphin , & Profeffeur de Phyfique expérimentale
, vient de paroître , & le vend
à Paris , chez Guérin & Delatour , rue S.
Jacqués , à Saint Thomas d'Aquin
8 liv. en feuilles , & 3 liv. 2 f. 6 den.
broché.
Il eft augmenté de 10 fols attendu qu'il
a cent pages , & quatre ou cinq planches
en taille douce plus que les tomes précédens
; mais l'auteur déclare qu'il n'a confenti
à cette augmentation que pour ce
D vj
$4 MERCURE DE FRANCE.
volume feulement. Il fe plaint dans le
même avertiffement qu'il fe répand en
France & dans les pays étrangers des exemplaires
contrefaits qui fourmillent de fautes.
Il defavoue ces éditions furtives , &
ne reconnoît pour fon ouvrage que ce qui
eft contenu dans celles qui fe font fous fes
yeux à Paris , chez les fieurs - Guerin &
Delatour.
2
Ce ' volume contient la quinzieme , la
feizieme & la dix- feptieme leçons fur la
lumiere & fur fes propriétés . Nous en
parlerons une autrefois plus au long. On
ne peut faire trop fouvent mention d'un
auffi excellent ouvrage , ni donner de
chaque partie un précis trop foigné.
TABLETTES GEOGRAPHIQUES
pour l'intelligence des hiftoriens & des
poëtes latins , 2 vol . Chez Lottin , rue S.
Jacques au Coq , 1755.
Elles font de M. Philippe de Pretot qui
a fi bien mis à profit les fages confeils de
fon illuftre pere , & qui a hérité de fon
fçavoir. Elles font imprimées fur le
même papier , & dans le même format
que les poëtes & les hiftoriens , dont il
nous a donné une édition fi juftement efti
mée , & peuvent leur fervir de notes.
JUILLET . 1755. 8 ¢
TRAITÉ du beau effentiel dans les
arts , appliqué particulierement à l'architecture
, & démontré physiquement & par
l'expérience. Avec un traité des proportions
harmoniques , où l'on fait voir que
c'eft de ces feules proportions que les
édifices généralement approuvés empruntent
leur beauté invariable . On y a joint
les deffeins de ces édifices & de plufieurs
autres , compofés par l'auteur fur les proportions
& leurs différentes divifions har
moniques tracées à côté de chaque deffein,
pour une plus facile intelligence. Les cinq
Ordres d'architecture des plus célebres Ar
chitectes , & l'on démontre qu'il font reglés
par les proportions. Plufieurs effais
de l'auteur fur chacun de ces Ordres , avec
la maniere de les exécuter fuivant fes principes
, & un abregé de l'hiſtoire de l'architecture
.
Par le S. C. E. Brifeux , Architecte ,
auteur de l'art de bâtir les maifons de
campagne , 2 vol . en un in -fol. 1752. Les
deux volumes au burin avec 98 planches ,
fervant de fuite à l'art de bâtir les maifons
de campagne. Ce traité fe trouve chez la
veuve Gandouin , Libraire , quai des Au+
guftins , à la Belle Image , la premiere
boutique du côté des Auguftins , à la def
cente du Pont-Neuf.
86 MERCURE DE FRANCE.
MANUEL DES DAMES DE CHARITÉ ,
troifieme édition , revûe , corrigée & augmentée
de plufieurs remedes choifis , extraits
des Ephémérides d'Allemagne. A Paris
, chez de Bure l'aîné , quai des Auguf
tins , à l'image S. Paul . 1755 .
*
Ce livre utile contient plufieurs formules
de médicamens faciles à préparer ,
dreffées en faveur des perfonnes charitables
, qui diftribuent des remedes aux pauvres
dans les villes & dans les campagnes ,
avec des remarques néceffaires pour faci
liter la jufte application des remedes qui
font contenus.
Y
>
Dans l'annonce que nous avons faite de
P'Oryctologie qui fe vend chez le même
Libraire , il nous eft échappé une erreur
que nous devons corriger nous avons
fait honneur de tous les frais de l'impreffion
à M. le Baron de Sparre , qui n'a contribué
que pour la dépenfe de la premiere
planche. C'eſt de Bure feul- qui a fait celle
du livre entier.
LE TRIOMPHE DE JESUS- CHRIST
dans le defert. Poëme facré , traduction libre
en vers françois du Paradis reconquis
de Milton ; Par M. Lancelin. A Paris
chez Defaint & Saillant , rue S. Jean de
Beauvais ; & chez Lambert , rue de la Comédie
françoiſe , au Parnaſſe.
JUILLET. 1755 87
Quoique M. Lancelin ait mis en vers
le Poëme le moins parfait de Milton , on
doit toujours lui fçavoir gré de fon effort.
Il s'eft peut-être ellayé par le plus foible
pour tenter un jour le plus fort. On peut
même dire à la rigueur qu'il a commencé
par le plus difficile. Le Paradis perdu réunit
tout ce qui peut élever l'efptit & lui
fervir de reffource , le fublime des idées !
la variété des images , & la chaleur de
l'action. Le Paradis reconquis eft admira
ble par fa morale , mais le fonds en eefkt
trifte & monotone; il ne peut fe foutenir
que par la beauté des détails , & par un
coloris fupérieurs qui eft peut-être la partie
dans tout original la plus malaifée à
traduire. C'eft au public , connoiffeur en
Poëfie , à décider fi M , Lancelin ya réuffr.
Pour moi je me borne au devoir de Journalifte
: j'indique fimplement fa traduction
. w insta
mennti fol ach sein.. who egokia ok ag
SPOT BOver, Tragédie en cinq
actes , avec préface. Prix 1 livre 4 folo; fe
vend chez Duchesne , rue S. Jacques.
Cette Tragédie, dont le héros eft un frorteur
& l'héroïne une foubrette , paroît une
imitation d'Arcagambis , avec cette diffe
rence qu'Arcagambis parodie le Cothar
ne dansle noble , & que Pilotboufi le tra
$ 8 MERCURE DE FRANCE.
veftit dans le plus bas. Ce drame m'a paru
très-bienfait pour amufer l'antichambre ,
mais peu digne de pénétrer jufqu'à l'appar
tement. Je ne puis me flater d'être lû de la
livrée ; cette raifon me difpenfe d'en don
ner l'extrait.
-1.
3'1 SOULS
slit baig s
REPONSE à la réfutation que M. Dibon
vient de faire de deux écrits publiés ,
il y a un an , en faveur de M. de Torrès ,
& dont nous avons parlé dans le premier
Mercure de Juin.
M. Carboneil , Docteur en Médecine , eft
l'auteur de cette réponſe. Il eſt d'abord trèsfcandalife
que M. Dibon doute de fon exifftence
, ainfi que de celle de M. Bertrand ,
Médecin comme lui . Vous affurez , lui dit- il,
que nous ne fommes que des Eires de raiſon ,
dans le tems que votre ouvrage paroît , on
nous voit tous deux , l'on apprend que M.
Bertrand eft fur le point d'obtenir une charge
de Médecin ordinaire du Roi . L'auteur
Le plaint enfuite de ce que M. Dibon traite
de chimerique la guérison de ce dernier
qui la publie & la certifie lui- même . M.
Carboneil ajoute que MM . Morand ,
Dieuxaide & Fernandès ont conftaté l'état
de ce malade , & que c'eft fous les yeux
de MM. Falconnet , Vernage , Lavirote &
Sanchez qu'il a été radicalement guério Il
T
JUILLET. 1755. 89
forme une autre plainte au ſujet de la lettre
du malade de cent cinquante lieues
que M. Dibon a rapportée feule , fans faire
mention de celle que ce malade écrivit à
fon pere avant fon départ . Pour la juftification
& la gloire de M. de Torrès , M. Carboneil
a inféré cette derniere lettre dans
fa réponſe. Elle contient l'éloge le plus
grand de fon ami , & la reconnoiffance la
plus vive du malade qui fe trouve guéri
après huit ans de fouffrances.
Nous rapportons les faits tels qu'on les
expofe de part & d'autre ; c'eft aux Maîtres
de l'art à les vérifier & à prononcer d'après
eux. Nous nous tenons àcet égard dans une
parfaite neutralité , comme nous l'avons
promis , &' comme il convient à tout Journaliſte,
Paris , chez Lottin , rue S. Jacques , au
Coq , 1755
mens ,
Elle est précédée d'une préface , où l'auteur
nous dit que I hiftoire eft un pédagogue
agréable , un cenfeur poli & un prédi
sateur perfuafif, tout muet qu'il eft. Il
ajoûte que l'hiftoire générale du monde
nous préfente pour l'ordinaire des événedont
la plupart nous font tout- àfait
étrangers , des perfonnages que nous
n'avons que peu ou point d'intérêt de connoître
, & des moeurs fouvent incompatibles
avec les nôtres : que l'hiftoire de notre
pays au contraire nous met fous les yeux
une fuite de faits qui nous touchent , des
perfonnages avec lesquels nous partageons
Dij
76 MERCURE DE FRANCE.
la gloire ou le deshonneur , & des moeurs
qui deviennent la régle des nôtres. C'eſt
une vérité fenfible qu'on ne peut conteſter ;
mais ce qu'il hazarde dans une note au
commencement de fon premier livre , me
paroît plus difficile à accorder. On ne
trouve , dit-il , dans aucun auteur le tems
» de la naiffance de Louis XII ; mais il eft
» certain qu'il eft né au mois de Mars 1462 .
Si aucun écrivain n'en a parlé , fur quoi
fonde-t- il fa certitude ?
و ر
On fera peut- être bien aife de voir le
portrait qu'il fait d'un Monarque que fa
bonté a rendu fi intéreffant. Le voici :
Les exercices du corps rendirent ce
Prince fi nerveux , qu'il n'y avoit point de
jeunes Seigneurs de fon âge qu'il ne terrafsâr
. Pour ceux qui étoient d'un âge plus
avancé & d'un tempéramment plus vigoureux
, il entroit volontiers en lice contre
eux ; & s'il n'avoit pas la gloire de remporter
la victoire , il avoit celle de n'être
vaincu & de fortir du combat à armes
pas
égales. Au jeu , il étoit charmant ; il regardoit
la perte & le gain avec la même
indifférence ... Il lui étoit ordinaire de
remettre à ceux qui jouoient contre lui la
perte qu'ils faifoient , ou de diftribuer aux
affiftans. le gain provenant du jeu. A ces
avantages , Louis réuniffoit une phifionoJUILLE
T.
1755 77
mie peu commune . Il avoit les yeux écine
cellans comme le feu , le nez un peu long
& retrouffé , les traits du vifage tels qu'u
ne femme touchée des charmes de la beau
té pourroit les fouhaiter. Il étoit de moyenne
taille , mais extrêmement fort & robuftes
Par la conftitution de fon corps , qui étoit
bonne & faine , il jouiffoit d'une fanté
parfaite , dont il étoit fans doute redevable
à fa tempérance , au travail & aux exercices
du corps.
A cette peinture de Louis XII , je vais
joindre le portrait de Louis XI , par Mile
de Luffan . Par la comparaifon , le lecteur
fera mieux en état de décider lequel des
deux auteurs a mieux faifi la reffemblance
& le vrai coloris , c'eft - à-dire cette élégante
fimplicité , & cette vérité précife que l'hif
toire demande. C'eſt à lui de prononcer
je m'en rapporte à fon jugement.
Louis XI , dit Mlle de Luffan , n'avoit
pas reçu de la nature les mêmes avantages
que Monfieur ; il étoit grand fans avoir
bon air, Il fe courboit un peu & affectoit
de ne porter que des habits fimples ; il n'en
mettoit de riches que les jours de cérémonie.
Alors on ne pouvoir difconvenir qu'il
n'eût l'air d'un Prince..
L'inégalité de fes traits fembloit marquer
les variations de fon caractere. Sa tête
Diij
78 MERCURE DE FRANCE.
n'étoit ni groffe , ni petite , & s'élevoit un
peu en pointe. Il avoit le front petir , les
yeux gros , à fleur de tête & vacillans , le
teint blanc & uni , les cheveux courts , les
narrines larges , les levres groffes & vermeilles
, les dents belles , le menton pointu
, le cou délié & un peu court , la poitrine
étroite , les mains & les bras longs
& menus , les cuiffes maigres ; la jambe
bienfaite , quoiqu'il marchất mal.
Le DICTIONNAIRE APOSTOLIQUE
à l'ufage de MM. les Curés des villes & de
la campagne , & de tous ceux qui fe deftinent
à la chaire , par le P. Hyacinte de
Montargon , Auguftin de Notre - Dame
des Victoires , Prédicateur du Roi , Aumônier
& Prédicateur du Roi de Pologne.
Duc de Lorraine & de Bar , tome 8 , & 2°
& dernier des myfteres , vol. in- 8 ° . 4 liv .
en blanc & s liv. relié.
Il comprend la Réfurrection & l'Afcenfion
de N. S. J. C. la defcente du S. Efprie
fur les Apôtres , le Myftete de la Trinité ,
l'Euchariftie en tant que Sacrificè & confidérée
comme Sacrement. Le neuvieme volume
eft fous preffe , & il comprendra les
fêtes de la Sainte Vierge , & paroîtra à la
Touffaints . Chez Lottin , rue S. Jacques ,
au Coq , où fe trouvent tous les livres à
Pufage du Diocèfe de Paus les livres à
JUILLET. 1735 79
La troifieme partie des TABLETTES DE
THEMIS , dont j'ai annoncé les premieres
parties dans le Mercure précédent , vient
de paroître , & fe vend chez les mêmes
Libraires. Elle contient la chronologie des
Préfidens , Chevaliers d'honneur , Avocats
& Procureurs généraux des Chambres des
Comptes de France & de Lorraine , des
Cours des Aides & de celles des Monnoies ;
les Prevôts des Marchands de Paris & de
Lyon , & la lifte des Bureaux des Finances ,
Préfidiaux , Bailliages , Sénéchauffées &
Prevôtés , avec une table alphabétique des
noms de famille.
L'auteur invite de nouveau ceux qui
poffedent des terres érigées en titre de
Marquifat , Comté , Vicomté & Baronie ,
de lui envoyer copie des lettres patentes
d'érection , ou au moins des extraits avec
des mémoires inftructifs tant fur lefdites
terres , que fur la généalogie de leur famille,
dont on marquera exactement l'état actuel
avec le blafon des armes , obfervant de
faire écrire ces mémoires très-lifiblement ,
fur-tout les noms propres , & de les adreffer
francs de port , à M. Chafot , rue des
Canettes , près S. Sulpice , à Paris .
TELLIAMED , ou entretiens d'un Philofophe
Indien avec un Miffionnaire Fran-
Diiij
80
MERCURE DE FRANCE.
çois fur la
diminution de la mer , par M.
de Maillet. Nouvelle édition , revûe , corrigée
& augmentée fur les originaux de
l'auteur , avec une vie de M. de Maillet ,
2 vol. in-12. Ce livre fingulier fe trouve
chez Duchefne , rue S. Jacques , au Temple
du Goût.
HISTOIRE de Simonide & du fiécle
où il a vêcu , avec des éclairciffemens chronologiques
, par M. de Boiffy fils , 2 vol .
in- 12 , prix 2 liv. 1o fols broché . A Paris ,
chez Duchefne , rue S. Jacques , au Temple
du Goût , 1755.
Cet ouvrage eft précédé d'une préface
raifonnée. Nous en donnerons l'extrait le
mois prochain .
ELEMENS DE
DORIMASTIQUE *,
ou de l'art des effais , divifés en deux
par
ties , la premiere théorique & la feconde
pratique , 4 vol. in- 12 . A Paris , chez
Briaffon , rue S. Jacques , à la Sciencé.
* Ce livre eft traduit du latin de M. Cramer
, & le traducteur eft du choix de M.
Par , élémens de Dorimaftique , on entend
cette partie de la chymie qui concerne l'effai
des minéraux , lequel n'eft autre choſe qu'un
examen rigoureux de ces mêmes fubftances fait
en petit.
JUILLET51 1755 83
ز ا
Rouelle. On ne peut faire un plus grand
éloge de l'un & de l'autre . M. de V. dans
fon avertiffement déclare modeftement
que c'eft à M. Rouelle qu'il doit le peu
qu'il fçait en chymie. Non content , dit - il ,
de me fournir les éclairciffemens qui m'étoient
néceſſaires , fur ce que j'avois appris
dans fes leçons particulieres , que j'ai eu
le bonheur de fuivre plufieurs années , il
a bien voulu auffi m'apprendre à en faire
ufage. Ces remarques étoient néceffaires ;
elles feront au public un garant du mérite
de l'ouvrage qu'on lui préfente & de
l'exactitude de ma traduction , & elles me
fourniffent l'occafion de témoigner, ma
teconnoiffance à mon illuftre maître & de
la rendre publique.
Un pareil aveu le loue plus que tout
-ce que nous pourrions dire en fa faveur.
20: 1
VOYAGE de Paris à la Rocheguion
en vers burlesques , divifé en fix chants ,
par M. M ***. Se, trouve à Paris , chez
Caillean quai des Auguftins , & Chardon
fils , rue S. Jacques près la fontaine S. Severin
, à la Couronne d'or , 1 liv . broché.
Ce poëme eft dédié à l'ombre de Scarron .
Je crois qu'il ne le fera pas revivre.
02 2301 :
ESSAL HISTORIQUE , critique
Dy
82 MERCURE DE FRANCE.
philologique , politique , moral , littéraire
& galant , fur les lanternes , leur origine ,
Feur forme , leur utilité , &c . par une fociété
de gens de Lettres .
Cette brochure en profe fe trouve
chez Ganeau , rue S. Severin , & peut
fervir de pendant au Voyage en vers cideffus
indiqué. Elle eft adreffée au Docteur
Swift ; mais je doute qu'il veuille y
mettre fon attache pour la faire paffer á la
poftérité , comme l'auteur l'en prie.
HUDIBRAS , poëme héroïcomiques,
tité de l'Anglois de M. Samuel Butler ,
avec des notes & des figures . Se vend chez
Despilly Libraire , rue S. Jacques goabla
vieille Pofte. Cap duq 9 busi ni
La guerre civile & la fecte des Puritains
tournée én ridicule , font le fuiser de
ce poëme qui eft compofé de neuf chants.
On n'en a publié que le premier avec une
préface & la vie de l'auteur. Qu'on juge
par ce début de l'élégance de la traduction.
» Le noir démon dés guerres civiles & la
pâle difcorde , fa fdent bien- aimée , avoit
» lâché parmi nous leurs plus gros ferpens ;
» l'envie aux yeux verons & fournois ,
» nous échauffoit la bile par fes mauvais
"propos ; déja nous commencions à nous
quereller fans trop fçavoir pourquoi ,
JUILLET. 1755 * 81
» femblables à des gens ivres qui balbutient
» de colere , & fe gourment pour exalter
" une fille de théâtre , nous nous battions
» déja comme des fous & des enragés pour
❤le fimulacre de la religion... Nos épaules
» devenues les tambours de l'Eglife rece-
» voient au heu de coups de baguettes ,
» une grêle de coups de poings & c. Je
m'arrête là , je ne puis aller plus loin. Sur
cet échantillon , je crois qu'on dira (com
me M. de Voltaire ) que ce poëme eft intraduifible
, ou du moins qu'il est mal
traduit. C
Le tome cinquieme des LEGONS DE
PHYSIQUE EXPERIMENTALE, par
M. l'Abbé Nollet , de l'Académie royale
des Sciences , de la Société royale de Londres
, Maître de Phyfique de Monfeigneur
le Dauphin , & Profeffeur de Phyfique expérimentale
, vient de paroître , & le vend
à Paris , chez Guérin & Delatour , rue S.
Jacqués , à Saint Thomas d'Aquin
8 liv. en feuilles , & 3 liv. 2 f. 6 den.
broché.
Il eft augmenté de 10 fols attendu qu'il
a cent pages , & quatre ou cinq planches
en taille douce plus que les tomes précédens
; mais l'auteur déclare qu'il n'a confenti
à cette augmentation que pour ce
D vj
$4 MERCURE DE FRANCE.
volume feulement. Il fe plaint dans le
même avertiffement qu'il fe répand en
France & dans les pays étrangers des exemplaires
contrefaits qui fourmillent de fautes.
Il defavoue ces éditions furtives , &
ne reconnoît pour fon ouvrage que ce qui
eft contenu dans celles qui fe font fous fes
yeux à Paris , chez les fieurs - Guerin &
Delatour.
2
Ce ' volume contient la quinzieme , la
feizieme & la dix- feptieme leçons fur la
lumiere & fur fes propriétés . Nous en
parlerons une autrefois plus au long. On
ne peut faire trop fouvent mention d'un
auffi excellent ouvrage , ni donner de
chaque partie un précis trop foigné.
TABLETTES GEOGRAPHIQUES
pour l'intelligence des hiftoriens & des
poëtes latins , 2 vol . Chez Lottin , rue S.
Jacques au Coq , 1755.
Elles font de M. Philippe de Pretot qui
a fi bien mis à profit les fages confeils de
fon illuftre pere , & qui a hérité de fon
fçavoir. Elles font imprimées fur le
même papier , & dans le même format
que les poëtes & les hiftoriens , dont il
nous a donné une édition fi juftement efti
mée , & peuvent leur fervir de notes.
JUILLET . 1755. 8 ¢
TRAITÉ du beau effentiel dans les
arts , appliqué particulierement à l'architecture
, & démontré physiquement & par
l'expérience. Avec un traité des proportions
harmoniques , où l'on fait voir que
c'eft de ces feules proportions que les
édifices généralement approuvés empruntent
leur beauté invariable . On y a joint
les deffeins de ces édifices & de plufieurs
autres , compofés par l'auteur fur les proportions
& leurs différentes divifions har
moniques tracées à côté de chaque deffein,
pour une plus facile intelligence. Les cinq
Ordres d'architecture des plus célebres Ar
chitectes , & l'on démontre qu'il font reglés
par les proportions. Plufieurs effais
de l'auteur fur chacun de ces Ordres , avec
la maniere de les exécuter fuivant fes principes
, & un abregé de l'hiſtoire de l'architecture
.
Par le S. C. E. Brifeux , Architecte ,
auteur de l'art de bâtir les maifons de
campagne , 2 vol . en un in -fol. 1752. Les
deux volumes au burin avec 98 planches ,
fervant de fuite à l'art de bâtir les maifons
de campagne. Ce traité fe trouve chez la
veuve Gandouin , Libraire , quai des Au+
guftins , à la Belle Image , la premiere
boutique du côté des Auguftins , à la def
cente du Pont-Neuf.
86 MERCURE DE FRANCE.
MANUEL DES DAMES DE CHARITÉ ,
troifieme édition , revûe , corrigée & augmentée
de plufieurs remedes choifis , extraits
des Ephémérides d'Allemagne. A Paris
, chez de Bure l'aîné , quai des Auguf
tins , à l'image S. Paul . 1755 .
*
Ce livre utile contient plufieurs formules
de médicamens faciles à préparer ,
dreffées en faveur des perfonnes charitables
, qui diftribuent des remedes aux pauvres
dans les villes & dans les campagnes ,
avec des remarques néceffaires pour faci
liter la jufte application des remedes qui
font contenus.
Y
>
Dans l'annonce que nous avons faite de
P'Oryctologie qui fe vend chez le même
Libraire , il nous eft échappé une erreur
que nous devons corriger nous avons
fait honneur de tous les frais de l'impreffion
à M. le Baron de Sparre , qui n'a contribué
que pour la dépenfe de la premiere
planche. C'eſt de Bure feul- qui a fait celle
du livre entier.
LE TRIOMPHE DE JESUS- CHRIST
dans le defert. Poëme facré , traduction libre
en vers françois du Paradis reconquis
de Milton ; Par M. Lancelin. A Paris
chez Defaint & Saillant , rue S. Jean de
Beauvais ; & chez Lambert , rue de la Comédie
françoiſe , au Parnaſſe.
JUILLET. 1755 87
Quoique M. Lancelin ait mis en vers
le Poëme le moins parfait de Milton , on
doit toujours lui fçavoir gré de fon effort.
Il s'eft peut-être ellayé par le plus foible
pour tenter un jour le plus fort. On peut
même dire à la rigueur qu'il a commencé
par le plus difficile. Le Paradis perdu réunit
tout ce qui peut élever l'efptit & lui
fervir de reffource , le fublime des idées !
la variété des images , & la chaleur de
l'action. Le Paradis reconquis eft admira
ble par fa morale , mais le fonds en eefkt
trifte & monotone; il ne peut fe foutenir
que par la beauté des détails , & par un
coloris fupérieurs qui eft peut-être la partie
dans tout original la plus malaifée à
traduire. C'eft au public , connoiffeur en
Poëfie , à décider fi M , Lancelin ya réuffr.
Pour moi je me borne au devoir de Journalifte
: j'indique fimplement fa traduction
. w insta
mennti fol ach sein.. who egokia ok ag
SPOT BOver, Tragédie en cinq
actes , avec préface. Prix 1 livre 4 folo; fe
vend chez Duchesne , rue S. Jacques.
Cette Tragédie, dont le héros eft un frorteur
& l'héroïne une foubrette , paroît une
imitation d'Arcagambis , avec cette diffe
rence qu'Arcagambis parodie le Cothar
ne dansle noble , & que Pilotboufi le tra
$ 8 MERCURE DE FRANCE.
veftit dans le plus bas. Ce drame m'a paru
très-bienfait pour amufer l'antichambre ,
mais peu digne de pénétrer jufqu'à l'appar
tement. Je ne puis me flater d'être lû de la
livrée ; cette raifon me difpenfe d'en don
ner l'extrait.
-1.
3'1 SOULS
slit baig s
REPONSE à la réfutation que M. Dibon
vient de faire de deux écrits publiés ,
il y a un an , en faveur de M. de Torrès ,
& dont nous avons parlé dans le premier
Mercure de Juin.
M. Carboneil , Docteur en Médecine , eft
l'auteur de cette réponſe. Il eſt d'abord trèsfcandalife
que M. Dibon doute de fon exifftence
, ainfi que de celle de M. Bertrand ,
Médecin comme lui . Vous affurez , lui dit- il,
que nous ne fommes que des Eires de raiſon ,
dans le tems que votre ouvrage paroît , on
nous voit tous deux , l'on apprend que M.
Bertrand eft fur le point d'obtenir une charge
de Médecin ordinaire du Roi . L'auteur
Le plaint enfuite de ce que M. Dibon traite
de chimerique la guérison de ce dernier
qui la publie & la certifie lui- même . M.
Carboneil ajoute que MM . Morand ,
Dieuxaide & Fernandès ont conftaté l'état
de ce malade , & que c'eft fous les yeux
de MM. Falconnet , Vernage , Lavirote &
Sanchez qu'il a été radicalement guério Il
T
JUILLET. 1755. 89
forme une autre plainte au ſujet de la lettre
du malade de cent cinquante lieues
que M. Dibon a rapportée feule , fans faire
mention de celle que ce malade écrivit à
fon pere avant fon départ . Pour la juftification
& la gloire de M. de Torrès , M. Carboneil
a inféré cette derniere lettre dans
fa réponſe. Elle contient l'éloge le plus
grand de fon ami , & la reconnoiffance la
plus vive du malade qui fe trouve guéri
après huit ans de fouffrances.
Nous rapportons les faits tels qu'on les
expofe de part & d'autre ; c'eft aux Maîtres
de l'art à les vérifier & à prononcer d'après
eux. Nous nous tenons àcet égard dans une
parfaite neutralité , comme nous l'avons
promis , &' comme il convient à tout Journaliſte,
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Domaine
Résumé
En juillet 1755, le Mercure de France présente divers ouvrages et articles. L'ouvrage principal est l''Histoire de Louis XII' en trois volumes, publiée chez Lottin à Paris. L'auteur voit l'histoire comme un pédagogue agréable et un censeur poli, soulignant que l'histoire nationale présente des faits et des personnages qui touchent directement les lecteurs, contrairement à l'histoire générale du monde. Louis XII est décrit comme un prince nerveux, bon joueur et charmant, doté d'une santé parfaite grâce à sa tempérance et ses exercices physiques. Le portrait de Louis XI, par Mlle de Luffan, est comparé à celui de Louis XII pour permettre au lecteur de juger de la ressemblance et de la vérité des descriptions. D'autres ouvrages mentionnés incluent le 'Dictionnaire Apostolique' du Père Hyacinte de Montargon, les 'Tablettes de Thémis' contenant des chronologies et des listes de fonctionnaires, et 'Telliamed' de M. de Maillet, un livre sur la diminution de la mer. Le texte évoque également des œuvres sur Simonide, la dorimastique, un voyage en vers burlesques, un essai sur les lanternes, une traduction de 'Hudibras', les 'Leçons de Physique Expérimentale' de l'Abbé Nollet, des 'Tablettes Géographiques' de M. Philippe de Pretot, et un 'Traité du beau essentiel dans les arts' de l'architecte S. C. E. Briseux. Enfin, le 'Manuel des Dames de Charité' est mentionné pour ses formules de médicaments utiles aux personnes charitables. Le texte corrige également une erreur concernant les frais d'impression d'un ouvrage d'oryctologie, attribuant les coûts à Bure plutôt qu'au Baron de Sparre. Il mentionne la traduction en vers français du poème sacré 'Le Paradis reconquis' de Milton, réalisée par M. Lancelin. Bien que ce poème soit considéré comme moins parfait que 'Le Paradis perdu', l'effort de traduction est apprécié. La tragédie 'Spot Bover' par Pilotboufi est jugée appropriée pour divertir dans l'antichambre mais moins digne d'être lue dans les appartements. Enfin, une controverse médicale entre M. Carboneil et M. Dibon concernant la guérison de M. de Torrès est rapportée. M. Carboneil réfute les doutes de M. Dibon en fournissant des témoignages et des lettres à l'appui, tout en rappelant la neutralité du journaliste face à cette controverse.
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