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Titre

PORTRAITS DE CINQ FAMEUX PEINTRES D'ITALIE.

Titre d'après la table

Portraits de cinq fameux Peintres d'Italie,

Fait partie d'une section
Page de début
44
Page de début dans la numérisation
53
Page de fin
46
Page de fin dans la numérisation
55
Incipit

J'admire un heureux choix dans ces sujets champêtres.

Texte
PORTRAITS
DE CINQ FAMEUX PEINTRES
J'Adn
D'ITALIE.
Jacques Baffan.
' Admire un heureux choix dans ces fujets
champêtres.
Ils mettent fous mes yeux l'efprit des livres
faints.
Quel pinceau ferme & gras ! non , non les plus
grand maîtres ,
D'un fuccès plus brillant n'ont pas eu leurs fronts
ceints.
Loin de noyer fa touche , il eft plein de franchife
,
L'expreffion s'y trouve , & l'effet en furprend.
Payfage , animaux , portraits , tout y maîtrife.
Tromper eft pour le Peintre un triomphe écla
tant.
Annibal Carrache.
La maniere , le goût qu'Annibal fe forma ,
A fes Maîtres enfin fervirent de modele.
De fon feu la Peinture avec foin l'anima ;
Et bientôt à Bologne il s'y montra fidele .
JUILLE T. 1755. 45
*
Quel ouvrage divin je vois la poësie
Applaudir au pinceau de ce fier féducteur ;
Et pleine du tranfport dont le beau l'a faifie
Elle fourit , embraffe , & reconnoît fa foeur.
Camille Proccaffini.
Qui préfente à mes yeux ces contours reffentis ?
Seroit-ce le pinceau d'un fecond Michel - Ange ?
L'ordonnance , la main , l'efprit , le coloris ,
Tout fe difpute ici le prix de la louange .
Ce corps vit , il fe meut par un pouvoir divin ,
L'expreffion ravit dans ce bel air de tête .
Si Camille à fa fougue eût toujours mis un frein ,
Nature l'eût créé fon premier interprête.
Paul Veroneze.
Que de feu , de grandeur , quelle magnificence !
Non , non , Peintre charmant , tu n'a point de
rivaux.
Plus ton pinceau s'éleve , & plus fon excellence
Immortalife tes travaux.
Tes chefs-d'oeuvres font ceux du génie & des graces
:
L'amateur éclairé les dévore des
yeux :
* On peut regarder la galerie Farnese peinte à
Pologne , comme un vrai poëme. Le Pouffin difoit
que dans cet ouvrage Annibal avoit furpallé tous
les Peintres , qui l'avoient précédé qu'il s'étoit
auſſi ſurpaſſé lui-même.
I
46 MERCURE DE FRANCE.
La nature partout y reconnoît ſes traces
Et s'étonne d'y voir le coloris des Dieux.
Carle Maratte.
>
La Peinture fourit aux graces de Maratte
C'est le reftaurateur du divin Raphaël.
Ce qui fait le grand Maître en fes tableaux éclate,
Il rend l'ame & les traits de la Reine du ciel .
A ce dernier talent * on crut qu'il ſe bornoit :
Mais peignant Conftantin qui renverſe l'idole ,
Il détruifit le faux bruit qui couroit.
En vain fa modestie aux honneurs s'oppofoit ,
Il en reçut au Capitole.
* On difoit qu'il ne fçavoit bien peindre que des
Vierges, fes confreres le nommoient par dériſion
Carluccio delle Madonne ; mais le baptiftaire de
S. Jean de Latran fit bientôt ceffer ce bruit.
Collectivité
Faux
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Genre littéraire
Domaine
Résumé
Le texte présente des portraits de cinq célèbres peintres italiens. Jacques Baffan admire J'Adn pour ses sujets champêtres, la fermeté de son pinceau, et sa maîtrise des paysages, animaux et portraits. Annibal Carrache est loué pour avoir revitalisé la peinture avec son énergie et son goût, devenant un modèle à Bologne. Camille Proccaffini est comparé à Michel-Ange pour son ordonnance, sa technique, son esprit et son usage des couleurs, bien que sa fougue nécessitait parfois plus de contrôle. Paul Veroneze est célébré pour son feu, sa grandeur et sa magnificence, ses œuvres étant comparées à des poèmes. Enfin, Carle Maratte est décrit comme le restaurateur de Raphaël, capable de rendre l'âme et les traits des sujets qu'il peint, notamment la Vierge Marie et l'empereur Constantin.
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