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66
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749
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68
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751
Incipit
MÉMOIRE dans la cause communiquée, pour le sieur Jean Digard,
Texte
ÉMOIRE dans la caufe communi,
quée ,, pour le fieur Jean Digard ,
ancien Ingénieur du Roi , Profeffeur de
Mathématique ; contre Meffire Jofeph-
Louis-Vincent de Mauleon de Caufans ,
Chevalier non profès de l'Ordre de S. Jean
de Jérufalem , ancien Colonel du régiment
de Conti , infanterie .
Au fujet du prix propofé par M. de Caufans
, au premier qui démontreroit un paralogifme
dans fon ouvrage fur la quadrature
du cercle ; brochure in-4°. de 34 pages
avec figures. A Paris, chez Knapen , grandfalle
du Palais , & chez Duchefne , rue Saint
Jacques .
Ce Mémoire commence par une courte
expofition de l'affaire à décider , & de la
queftion fi fouvent & fi infructueufement
rebattue de la quadrature du cercle. M. D.
y prouve par des autorités l'inutilité de
cette recherche & l'infuffifance de ceux qui
s'y livrent ; enfuite il entre dans le détail
des faits : c'eft une hiftoire curieufe de
tout ce qui a rapport à cette caufe plus
JUIN. 1755. 67
célebre qu'importante. L'auteur y analyſe
le profpectus de M. D. C. & les différens
imprimés relatifs qui l'ont fuivi.
Ses moyens fe réduisent à prouver qu'il
a rempli les conditions impofées pour mériter
le prix offert au public par M. D. C.
dans une affiche qui eft le fondement de
la conteſtation & dont on donne la copie.
M. D. détruit les objections de M. D. C
& rapporte le jugement d'un auteur connu
fur l'ouvrage de ce dernier ; il s'appuie du
texte même de la loi , & d'une fentence de
la Sénéchauffée de Lyon , qui en 1729 &
dans des circonftances toutes femblables
condamna le fieur Mathulon à payer une
fomme de gooo liv.
A la page 25 fe trouve le Mémoire dans
lequel M. D. a prouvé plufieurs paralogi
mes de M. D. C. Cette partie , quoique
géométrique , eft auffi fimple que ce qui
la précede. Nous ne rapporterons qu'un
feul paragraphe , par lequel on pourra
juger du ftyle.
- Je viens de démontrer ( cent millions
d'hommes ont pû le démontrer avant
moi ) que la circonférence du cercle eft
plus grande que trois fois fon diametre.
» Mais , s'il étoit poffible d'admettre pour
»un moment la proportion rapportée par
»M. le Chevalier de Caufans , il s'enfui68
MERCURE DE FRANCE.
» vroit ( felon fon propre aveu ) qu'il au-
» roit agi contre fa connoiffance intime en
» s'annonçant pour être l'auteur d'une dé-
» couverte puifée dans les livres faints.
» Quoi ! devoit-il inonder toute la France
de fes écrits pendant deux années ?
» devoit - il s'attendre à l'admiration de
toute l'Europe fçavante ? devoit - il pré-
» tendre à la reconnoiffance univerfelle ?
» devoit- il enfin impofer un tribut de quatre
millions pour avoir fçu lire dans l'écriture
fainte ce qui a été connu d'une
> infinité d'hommes pendant plufieurs mil-
» liers d'années ? eft- ce découvrir que de
» trouver ce qui ne peut être ignoré de
perfonne la vûe du foleil ne pafferoit
» pour une découverte que chez un peuple
d'aveugles- nés.
20
ور
-23
LETTRE de M. le Franc à M. L. Racine
, fur le théâtre en général , & fur les
tragédies de J. Racine en particulier. A
Paris , chez Chaubert , à l'entrée du Quai
des Auguſtins , à la Renommée & à la Prudence.
1755 .
Perfonne ne peut mieux parler des ou
vrages du célebre Racine que l'auteur de
Didon , qui a fi bien pris fa maniere &
faifi fon coloris.
quée ,, pour le fieur Jean Digard ,
ancien Ingénieur du Roi , Profeffeur de
Mathématique ; contre Meffire Jofeph-
Louis-Vincent de Mauleon de Caufans ,
Chevalier non profès de l'Ordre de S. Jean
de Jérufalem , ancien Colonel du régiment
de Conti , infanterie .
Au fujet du prix propofé par M. de Caufans
, au premier qui démontreroit un paralogifme
dans fon ouvrage fur la quadrature
du cercle ; brochure in-4°. de 34 pages
avec figures. A Paris, chez Knapen , grandfalle
du Palais , & chez Duchefne , rue Saint
Jacques .
Ce Mémoire commence par une courte
expofition de l'affaire à décider , & de la
queftion fi fouvent & fi infructueufement
rebattue de la quadrature du cercle. M. D.
y prouve par des autorités l'inutilité de
cette recherche & l'infuffifance de ceux qui
s'y livrent ; enfuite il entre dans le détail
des faits : c'eft une hiftoire curieufe de
tout ce qui a rapport à cette caufe plus
JUIN. 1755. 67
célebre qu'importante. L'auteur y analyſe
le profpectus de M. D. C. & les différens
imprimés relatifs qui l'ont fuivi.
Ses moyens fe réduisent à prouver qu'il
a rempli les conditions impofées pour mériter
le prix offert au public par M. D. C.
dans une affiche qui eft le fondement de
la conteſtation & dont on donne la copie.
M. D. détruit les objections de M. D. C
& rapporte le jugement d'un auteur connu
fur l'ouvrage de ce dernier ; il s'appuie du
texte même de la loi , & d'une fentence de
la Sénéchauffée de Lyon , qui en 1729 &
dans des circonftances toutes femblables
condamna le fieur Mathulon à payer une
fomme de gooo liv.
A la page 25 fe trouve le Mémoire dans
lequel M. D. a prouvé plufieurs paralogi
mes de M. D. C. Cette partie , quoique
géométrique , eft auffi fimple que ce qui
la précede. Nous ne rapporterons qu'un
feul paragraphe , par lequel on pourra
juger du ftyle.
- Je viens de démontrer ( cent millions
d'hommes ont pû le démontrer avant
moi ) que la circonférence du cercle eft
plus grande que trois fois fon diametre.
» Mais , s'il étoit poffible d'admettre pour
»un moment la proportion rapportée par
»M. le Chevalier de Caufans , il s'enfui68
MERCURE DE FRANCE.
» vroit ( felon fon propre aveu ) qu'il au-
» roit agi contre fa connoiffance intime en
» s'annonçant pour être l'auteur d'une dé-
» couverte puifée dans les livres faints.
» Quoi ! devoit-il inonder toute la France
de fes écrits pendant deux années ?
» devoit - il s'attendre à l'admiration de
toute l'Europe fçavante ? devoit - il pré-
» tendre à la reconnoiffance univerfelle ?
» devoit- il enfin impofer un tribut de quatre
millions pour avoir fçu lire dans l'écriture
fainte ce qui a été connu d'une
> infinité d'hommes pendant plufieurs mil-
» liers d'années ? eft- ce découvrir que de
» trouver ce qui ne peut être ignoré de
perfonne la vûe du foleil ne pafferoit
» pour une découverte que chez un peuple
d'aveugles- nés.
20
ور
-23
LETTRE de M. le Franc à M. L. Racine
, fur le théâtre en général , & fur les
tragédies de J. Racine en particulier. A
Paris , chez Chaubert , à l'entrée du Quai
des Auguſtins , à la Renommée & à la Prudence.
1755 .
Perfonne ne peut mieux parler des ou
vrages du célebre Racine que l'auteur de
Didon , qui a fi bien pris fa maniere &
faifi fon coloris.
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Mots clefs
Domaine
Résumé
Le document présente un mémoire rédigé par Jean Digard, ancien ingénieur du Roi et professeur de mathématiques, contre Joseph-Louis-Vincent de Mauleon de Causans, chevalier de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem et ancien colonel. Le mémoire traite de la quadrature du cercle, un problème mathématique souvent jugé infructueux. Digard expose l'inutilité de cette recherche et analyse les écrits de Causans, notamment une brochure proposant un prix pour la démonstration d'un paralogisme dans son ouvrage sur la quadrature du cercle. Digard prouve qu'il a rempli les conditions pour mériter le prix offert par Causans et réfute les objections de ce dernier. Il s'appuie sur des textes légaux et un jugement de la Sénéchaussée de Lyon de 1729, qui avait condamné une personne pour des circonstances similaires. Le mémoire inclut une analyse géométrique simple des erreurs de Causans, illustrée par un paragraphe où Digard démontre que la circonférence du cercle est plus grande que trois fois son diamètre, critiquant ainsi les prétentions de Causans. Le document mentionne également une lettre de M. le Franc à M. L. Racine, discutant du théâtre en général et des tragédies de Jean Racine, publiée à Paris chez Chaubert en 1755.