Titre d'après la table
Réponse aux Belles de Paris, de Lyon, de Noyon, & de Poitou, dont l'Autheur du Mercure a reçeu des Lettres.
Fait partie d'une livraison
Page de début
252
Page de début dans la numérisation
268
Page de fin
254
Page de fin dans la numérisation
270
Incipit
Il ne me reste plus, Madame, qu'à vous parler de
Texte
Il ne me reſte plus, Madame,
qu'à vous parler de l'Enigme de ma derniere Lettre , dont il
eſt vray que vos Amies ont trouvé le mot. Celle de la
Lettre R les devoit empeſcher de croirequ'on en euſt fait une feconde fur une autre Lettre de
l'Alphabet , mais je voy bien qu'elles ne ſe laiſſent pas aifé- mentembarraſſer.Vous ne ſcau- riez vous imaginer combienj'ay reçeu d'agreables Lettres là-def fus. Je vous enferoispart,ſi elles ne m'eſtoient pas trop avanta- geuſes. J'enay unede quelques Dames de Paris , àqui je ſuis
bien fâché d'avoir à dire pour réponſe qu'elles ont perdu la difcretion , &que l'Abbé dont elles meparlent a deviné juſte.
168 LE MERCVRE
Vous voyez par làque l'Enigme a fait faire des gageures.De tres- ſpirituelles Provinciales m'ont auſſi écrit de Noyon&de Lyon;
mais ce qu'elles m'ont écrit eft fi obligeant pour moy , que je n'oſe le rendre public. Les der- nieres datent fort ingénieuſe- ment de la Ville d'V , & me
diſent qu'elles ne ſe ſont pas mal trouvées d'avoir conſulté
Apollonius au lieu d'Apollon.
S'il eſt auſſi grand Sorcier qu'- elles veulent queje le croye , je tâcheray d'y trouver accés pour ſçavoir qui sõtdeux belles Cou- fines de Poitoudont j'ay reçeu des Lettres toutes charmantes.
Je dis belles , parce qu'elles me paroiſſent trop galantes pour n'avoir pas autant de beauté qu'elles ont d'agrément à s'ex- primer. Si j'y puis reüffir , Ma- dame ,
GALAN T. 169
dame , je vous en feray le Por- trait la premiere fois que je vous écriray , &je m'imagineque je le feray afſſez reſſemblant. Je ſuis déja convaincuqu'ellesont autant d'eſprit qu'on en peut avoir , &àleur maniere d'écrire
il ne m'eſt pas difficile de con- noiſtre qu'elles fontdequalité.
qu'à vous parler de l'Enigme de ma derniere Lettre , dont il
eſt vray que vos Amies ont trouvé le mot. Celle de la
Lettre R les devoit empeſcher de croirequ'on en euſt fait une feconde fur une autre Lettre de
l'Alphabet , mais je voy bien qu'elles ne ſe laiſſent pas aifé- mentembarraſſer.Vous ne ſcau- riez vous imaginer combienj'ay reçeu d'agreables Lettres là-def fus. Je vous enferoispart,ſi elles ne m'eſtoient pas trop avanta- geuſes. J'enay unede quelques Dames de Paris , àqui je ſuis
bien fâché d'avoir à dire pour réponſe qu'elles ont perdu la difcretion , &que l'Abbé dont elles meparlent a deviné juſte.
168 LE MERCVRE
Vous voyez par làque l'Enigme a fait faire des gageures.De tres- ſpirituelles Provinciales m'ont auſſi écrit de Noyon&de Lyon;
mais ce qu'elles m'ont écrit eft fi obligeant pour moy , que je n'oſe le rendre public. Les der- nieres datent fort ingénieuſe- ment de la Ville d'V , & me
diſent qu'elles ne ſe ſont pas mal trouvées d'avoir conſulté
Apollonius au lieu d'Apollon.
S'il eſt auſſi grand Sorcier qu'- elles veulent queje le croye , je tâcheray d'y trouver accés pour ſçavoir qui sõtdeux belles Cou- fines de Poitoudont j'ay reçeu des Lettres toutes charmantes.
Je dis belles , parce qu'elles me paroiſſent trop galantes pour n'avoir pas autant de beauté qu'elles ont d'agrément à s'ex- primer. Si j'y puis reüffir , Ma- dame ,
GALAN T. 169
dame , je vous en feray le Por- trait la premiere fois que je vous écriray , &je m'imagineque je le feray afſſez reſſemblant. Je ſuis déja convaincuqu'ellesont autant d'eſprit qu'on en peut avoir , &àleur maniere d'écrire
il ne m'eſt pas difficile de con- noiſtre qu'elles fontdequalité.
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Domaine
Résumé
L'auteur d'une lettre discute de l''Enigme de ma dernière Lettre'. Il mentionne que les amies de la destinataire ont résolu cette énigme, malgré la difficulté posée par la lettre 'R'. L'auteur a reçu de nombreuses lettres agréables à ce sujet, y compris celles de dames parisiennes qui ont perdu leur discrétion. L'énigme a suscité des paris et des lettres de femmes spirituelles de Noyon et Lyon, bien que l'auteur ne puisse pas rendre public leur contenu. Des lettres ingénieuses proviennent également de la ville d'U. L'auteur exprime son désir de connaître deux femmes de Poitiers qui lui ont écrit des lettres charmantes. Il les décrit comme galantes et spirituelles, et il est convaincu de leur qualité. Il promet à la destinataire de lui décrire ces femmes lors de sa prochaine lettre.