Titre d'après la table
Monseigneur le Dauphin monte pour la premiere fois des Chevaux d'Ecole, & apprend à faire des Armes.
Fait partie d'une livraison
Page de début
174
Page de début dans la numérisation
190
Page de fin
179
Page de fin dans la numérisation
195
Incipit
La délicatesse qui paroist en celle de Monseigneur le Dauphin
Texte
La délicateſſe qui paroît en celle de Monſeigneur le Dau- phin , ſemble en quelque façon incompatible avec les Exercices
violens. Cependant il a com- mencé à faire voir depuis quelques jours , qu'il a toute la force neceſſaire pour les ſuporter , en montant des Chevaux d'Ecole.
Il ne ſecontenta pas du premier qu'il monta , nommé Favory,
qui eſt unCheval fort adroit, &
qui a beaucoup de ſcience & de
vigueur , il en monta encor un autre avec l'applaudiſſement de
For LE MERCVRE
toute la Courqui fut ſurpriſe de voir que dés la premiere fois il fuſt ſi bien à cheval. Monfieur
le Comte de Brionne reçeu en furvivance de la Charge de GrandEcuyer , luy preſenta la Gaule. Le Roy en fut tres-faris- fait. II demeura preſent àtoutle Manege , & ordonna qu'on fift une Loge pourla Reyne. Ainfi lesDames auront la fatisfaction
à l'avenir d'admirer l'adreſſe de
ce jeune Prince , & la bonne grace qu'il a dans tout ce qu'il fait. M de Bournonville &du
Pleffis , Ecuyers de la grande Ecurie, auront l'honneurde luy enſeigner tour àtour cetExerci- ce. Lepremier eft malade, &je ne ſeay s'il aura affez deſanté pour luy venir donner ſes Le- çonspendantſa quinzaine.C'eſt un Gentilhomme d'un merite
GALANT. III
=
1
e
1
eut
e particulier. Il montre , à la grande Ecurie , & le choix duRoy en fait l'Eloge. M.duPleſſis dont le nomeft fi connu,&qui avoit rendu fon Académie ſi celebre
en faiſant les meilleurs Ecoliers
de France , a eu l'avantage de mettre Monſeigneur le Dau- phin àcheval. M. de la Touche,
choiſy par le Roy pour luyen- ſeigner à faire des Armes ,
celuyde les luy mettre àla main lemeſime jour. Il eſt le premier qui ait réduit cet Arten Science ,& il ne faut point douter
que ce qu'il enſeignera à cejeu- ne Prince , ne le rende bientoft
auſſi parfait dans ce qui la regar- de , qu'il l'eſt dans tout ce qu'il a
déja appris par les foinsdeMon- fieur le Duc de Montaufier.Cela paroiſt par les marques qu'il donne tous les jours d'eſprit ,de
112 LE MERCVRE
jugement &de memoire. Deux Exercices de vigueur commen- cezdans le meſme temps , &qui vonteſtre continuez de la mefme forte , font voir non ſeulement la force & l'adreſſe naturelle de Monſeigneur le Dau- phin , mais l'ardeur qu'il a pour tout ce qui luy peutſervir àmar- cher fur les glorieuſes traces qu'il brûle d'impatience de ſui- vre. Monfieur le Prince deConty qui a eſté élevé avec luy , a
commencé auſſi à monter àcheval le meſmejour. Il a de grands exemples domeſtiques , & aur- cune Qualité ne luy manque pour répondre dignement à ce qu'il eſt né. Ainfi on en peut attendre un jour des prodiges pour la Guerre.
violens. Cependant il a com- mencé à faire voir depuis quelques jours , qu'il a toute la force neceſſaire pour les ſuporter , en montant des Chevaux d'Ecole.
Il ne ſecontenta pas du premier qu'il monta , nommé Favory,
qui eſt unCheval fort adroit, &
qui a beaucoup de ſcience & de
vigueur , il en monta encor un autre avec l'applaudiſſement de
For LE MERCVRE
toute la Courqui fut ſurpriſe de voir que dés la premiere fois il fuſt ſi bien à cheval. Monfieur
le Comte de Brionne reçeu en furvivance de la Charge de GrandEcuyer , luy preſenta la Gaule. Le Roy en fut tres-faris- fait. II demeura preſent àtoutle Manege , & ordonna qu'on fift une Loge pourla Reyne. Ainfi lesDames auront la fatisfaction
à l'avenir d'admirer l'adreſſe de
ce jeune Prince , & la bonne grace qu'il a dans tout ce qu'il fait. M de Bournonville &du
Pleffis , Ecuyers de la grande Ecurie, auront l'honneurde luy enſeigner tour àtour cetExerci- ce. Lepremier eft malade, &je ne ſeay s'il aura affez deſanté pour luy venir donner ſes Le- çonspendantſa quinzaine.C'eſt un Gentilhomme d'un merite
GALANT. III
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eut
e particulier. Il montre , à la grande Ecurie , & le choix duRoy en fait l'Eloge. M.duPleſſis dont le nomeft fi connu,&qui avoit rendu fon Académie ſi celebre
en faiſant les meilleurs Ecoliers
de France , a eu l'avantage de mettre Monſeigneur le Dau- phin àcheval. M. de la Touche,
choiſy par le Roy pour luyen- ſeigner à faire des Armes ,
celuyde les luy mettre àla main lemeſime jour. Il eſt le premier qui ait réduit cet Arten Science ,& il ne faut point douter
que ce qu'il enſeignera à cejeu- ne Prince , ne le rende bientoft
auſſi parfait dans ce qui la regar- de , qu'il l'eſt dans tout ce qu'il a
déja appris par les foinsdeMon- fieur le Duc de Montaufier.Cela paroiſt par les marques qu'il donne tous les jours d'eſprit ,de
112 LE MERCVRE
jugement &de memoire. Deux Exercices de vigueur commen- cezdans le meſme temps , &qui vonteſtre continuez de la mefme forte , font voir non ſeulement la force & l'adreſſe naturelle de Monſeigneur le Dau- phin , mais l'ardeur qu'il a pour tout ce qui luy peutſervir àmar- cher fur les glorieuſes traces qu'il brûle d'impatience de ſui- vre. Monfieur le Prince deConty qui a eſté élevé avec luy , a
commencé auſſi à monter àcheval le meſmejour. Il a de grands exemples domeſtiques , & aur- cune Qualité ne luy manque pour répondre dignement à ce qu'il eſt né. Ainfi on en peut attendre un jour des prodiges pour la Guerre.
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Domaine
Résumé
Le texte décrit les premiers pas du Dauphin dans les exercices équestres. Malgré une apparence fragile, il a montré sa force et son adresse en montant des chevaux d'école. Il a débuté avec Favory, un cheval habile et vigoureux, puis a monté un autre cheval, impressionnant la cour par sa maîtrise rapide. Le Comte de Brionne, Grand Écuyer, lui a remis la gaule, et le roi a ordonné la construction d'une loge pour la reine afin qu'elle puisse observer les progrès du Dauphin. Les écuyers Bournonville et du Plessis sont chargés de son instruction. Bournonville, bien que malade, est reconnu pour son mérite, tandis que du Plessis, célèbre pour son académie, a initié le Dauphin à l'équitation. Le même jour, La Touche, expert en armes, a commencé à enseigner au Dauphin. Les progrès du Dauphin révèlent son esprit, son jugement et sa mémoire. Le Prince de Conti, élevé avec le Dauphin, a également commencé à monter à cheval le même jour, montrant des aptitudes prometteuses pour la guerre.