Titre d'après la table
Régal donné à son Altesse Royale.
Fait partie d'une livraison
Page de début
65
Page de début dans la numérisation
73
Page de fin
70
Page de fin dans la numérisation
78
Incipit
Vous avez veu le Louvre, vous en avez admiré la
Texte
Vous avez veu le Louvre,vous en avez admiré lamagnificence,
mais vous n'avez peut-eſtre ja- mais veu une Maiſon qui quoy qu'elle ne ſoit que le logement d'un Particulier , merite bien que je vous en parle. C'eſt celle
44 LE MERCVRE
de M' du Brouffin, ſi entendu en toutes chofes , & qui a trouvé l'art d'y renfermer non ſeulement toutes les commoditez ,
mais les agrémens qui ſemblent ne devoir eftre que dans les Palais. Ce qu'ondit de la beau- té de cette Maiſon ayant fait naître à Monfieur quelque cu- rioſité de la voir, ce Grand Prince luy fit l'honneur ces jours paſſez d'allerchez luy , & dene deſapprouverpas la liberté qu'il prit de luy donner à manger. Il n'y eut rien de ſi propre que ce Repas , rien de fi exquis que tout ce qu'on y fervit, &S. Al- teſſe Royale s'en montra ſi ſa- tisfaite , qu'on avoia ,que la ré- putation qu'à M² du Broufſfin de ſe connoiſtre ſi bien à tout , ne s'eſt pas répanduë fans fonde- ment. Je ne vous diray rien de
GALANT. 45
1
a
-
,
-
ſa Perſonne, ny deſa Famille. Il s'appelle Brulart, & mes dernie- res Lettres vous ont appris aſſez de choſes du fameux Chancelier de Sillery quiportoit cemé- me Nom, pour vous faire con- noiſtre le ſang dont il eſt forty.
C'eſt unHommedes plus éclai- rez que nous ayons , & on ne ſe raporte pas moins à luy de ce qui regarde les productions de l'Eſprit, que des Ouvrages où la ſeule induſtrie ſe trouve à conſiderer. Il ſeroit à ſouhaiter que tous ceux qui ont comme luy quelques talens extraordinaires,
fuſſent exempts de mourir , ou du moins qu'ils vécuſſent auſſi long-temps qu'a fait M Char- pentier Doyen du GrandCon- feil , qui mourut ſur la fin de l'autre mois âgé de quatre-vingt
46 LE MERCVRE dix-huit ans. Il en avoit paſſé foixante& treize dans les Charges,&on le pouvoit dire le plus encienMagiſtrat de France. Les divers Emplois qu'il a eus dans la fonction de celle de Conſeiller auGrand Conſeil, l'on rendu recommandable. Il fut envoyé par le Roy en la Ville de Villeneuve lez Avignon , pour regler la Jurisdiction & les
Droits de Sa Majesté avec le Vice-Legat , & il s'acquitta de cette Commiſſion avec autant
de fidelité & d'exactitude , qu'il a toûjours fait paroiſtre de pro- bité en exerçantſa Charge avec une affiduité exemplaire , juf- qu'à ſon extréme caducité. Il eftoit de bonne & tres- ancienne Famille ; & comme il avoit
vécu avec beaucoupd'honneur,
GALANT. 47 il a finy avec une fort grande pieté
mais vous n'avez peut-eſtre ja- mais veu une Maiſon qui quoy qu'elle ne ſoit que le logement d'un Particulier , merite bien que je vous en parle. C'eſt celle
44 LE MERCVRE
de M' du Brouffin, ſi entendu en toutes chofes , & qui a trouvé l'art d'y renfermer non ſeulement toutes les commoditez ,
mais les agrémens qui ſemblent ne devoir eftre que dans les Palais. Ce qu'ondit de la beau- té de cette Maiſon ayant fait naître à Monfieur quelque cu- rioſité de la voir, ce Grand Prince luy fit l'honneur ces jours paſſez d'allerchez luy , & dene deſapprouverpas la liberté qu'il prit de luy donner à manger. Il n'y eut rien de ſi propre que ce Repas , rien de fi exquis que tout ce qu'on y fervit, &S. Al- teſſe Royale s'en montra ſi ſa- tisfaite , qu'on avoia ,que la ré- putation qu'à M² du Broufſfin de ſe connoiſtre ſi bien à tout , ne s'eſt pas répanduë fans fonde- ment. Je ne vous diray rien de
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ſa Perſonne, ny deſa Famille. Il s'appelle Brulart, & mes dernie- res Lettres vous ont appris aſſez de choſes du fameux Chancelier de Sillery quiportoit cemé- me Nom, pour vous faire con- noiſtre le ſang dont il eſt forty.
C'eſt unHommedes plus éclai- rez que nous ayons , & on ne ſe raporte pas moins à luy de ce qui regarde les productions de l'Eſprit, que des Ouvrages où la ſeule induſtrie ſe trouve à conſiderer. Il ſeroit à ſouhaiter que tous ceux qui ont comme luy quelques talens extraordinaires,
fuſſent exempts de mourir , ou du moins qu'ils vécuſſent auſſi long-temps qu'a fait M Char- pentier Doyen du GrandCon- feil , qui mourut ſur la fin de l'autre mois âgé de quatre-vingt
46 LE MERCVRE dix-huit ans. Il en avoit paſſé foixante& treize dans les Charges,&on le pouvoit dire le plus encienMagiſtrat de France. Les divers Emplois qu'il a eus dans la fonction de celle de Conſeiller auGrand Conſeil, l'on rendu recommandable. Il fut envoyé par le Roy en la Ville de Villeneuve lez Avignon , pour regler la Jurisdiction & les
Droits de Sa Majesté avec le Vice-Legat , & il s'acquitta de cette Commiſſion avec autant
de fidelité & d'exactitude , qu'il a toûjours fait paroiſtre de pro- bité en exerçantſa Charge avec une affiduité exemplaire , juf- qu'à ſon extréme caducité. Il eftoit de bonne & tres- ancienne Famille ; & comme il avoit
vécu avec beaucoupd'honneur,
GALANT. 47 il a finy avec une fort grande pieté
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Mots clefs
Domaine
Résumé
Le texte présente Monsieur du Brouffin, également connu sous le nom de Brulart, issu d'une famille illustre comme le chancelier de Sillery. Sa maison, bien que modeste, est comparée à un palais en raison de ses nombreuses commodités. Le prince de Conti a récemment visité cette demeure et a apprécié un repas exceptionnel, confirmant ainsi la réputation de son hôte. Monsieur du Brouffin est décrit comme l'un des hommes les plus éclairés de son temps, respecté pour ses productions intellectuelles et ses œuvres d'industrie. Le texte exprime le souhait que les personnes talentueuses comme lui soient exemptes de la mort ou vivent longtemps, citant l'exemple de M. Charpentier. Ce dernier, doyen du Grand Conseil, est décédé à l'âge de quatre-vingt-dix-huit ans après soixante-treize années de service. Charpentier était connu pour sa probité et son assiduité exemplaire dans ses fonctions de conseiller au Grand Conseil et dans diverses missions royales.