Titre d'après la table
Augmentation d'un Lieutenant & d'un Enseigne dans les quatre Compagnies des Gardes du Corps.
Fait partie d'une livraison
Page de début
57
Page de début dans la numérisation
65
Page de fin
62
Page de fin dans la numérisation
70
Incipit
Il est certain que Mr de Montal n'a pas esté
Texte
Il eſt certainqueM' deMon- tal n'a pas eſté le feul quiaitveu avec chagrin la prompte Re- traite de l'Armée du Prince
d'Orange. Tous ceuxqui étoient enfermez avec luy dans Char- leroy, brûloient d'envie de ſe ſi- gnaler. C'eſt ce que nos Enne- mis meſmes croiront aisément
L
GALANT. 39
apres les marques de courage qu'ils voyent tous les jours que donnent les Noſtres en toute
forte de rencontres. Ils font afſez convaincus de la justice qu'ils leur doivent rendre , par les continuels avantages que nousavons remportez ſur eux ;
mais quoyque la valeur ſemble avoir eſté de tout temps une -vertu particuliere aux François,
on peut dire qu'elle n'a jamais tant paruque ſous leRegnede LOUIS LE GRAND. On ne s'en
étonnepas. Son exemple, &les promptes récompenſes qu'il do- ne au veritables Braves ,ſontde
puiſſans motifs pour leur faire tout entreprendre , dans l'em- preſſementdeſediftinguer.Co- me ce Grand Prince ſe plaiſt toûjours à chercher quelques nouveaux moyensde reconnoî
40 LE MERCVRE
tre les ſervices qu'on luy rend,
il a augmenté ſes quatre Com- pagnies des Gardes du Corps,
d'un Lieutenant,d'un Enſeigne,
& de quelques Gardes. Meffieurs de Saint Ruth, Marin, Lignery, du Mefnil,SaintGermain d'Achon,&du Repaire, ont eſté faits Lieutenans ; & Meffieurs
de Reneville , de Gaſſion , de
Vignau, de la Grange, de Quie- ry, de Vilemon , de Monpipaux,
deBagé, de la Cafe,&de Leffay,
font en meſme temps devenus Enſeignes. Meſſieurs de Seri- gnan & de Vandeüil en auront
les Brevets , le rang , & le com- mandement,& ne laifferont pas de faire toûjours leurs fonctions d'Aydes - Majors. Je ne doute
point , Madame , que je ne vous fiffe un fortgrand plaiſir de vous -parler ſeparément de tous ceux
GALAN T. 41
que je viens de vous nommer;
mais outre que j'attens desMe- moires de leurs Amis pour ce qui les regarde chacun en par- ticulier ,j'ay tant de choſes à
vousdire dans cette Lettre , que
pour ne me laiſſer point acca- bler de la matiere , tout ce que j'ajoûteray'aujourd'huy à cet Article, c'eſt qu'on n'entre point dans le Corps où ils ont l'avan- tage d'eſtre reçeus , qu'on ne ſe ſoit fait remarquer dans les plus importantes occafions , & qu'il n'y a point de commandement dont tous ceux qui en ſont Offi- ciers ne foient eſtimez capa- bles. Ils ont l'honneur d'eſtre
toûjours aupres de la Perſonne du Roy, on leur en confie la garde , &vous pouvez bien ju- ger qu'un ſi glorieux employ demande des Gensdontle cou
42 LE MERCVRE rage ſoit auffi connu que le mes rite.
d'Orange. Tous ceuxqui étoient enfermez avec luy dans Char- leroy, brûloient d'envie de ſe ſi- gnaler. C'eſt ce que nos Enne- mis meſmes croiront aisément
L
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apres les marques de courage qu'ils voyent tous les jours que donnent les Noſtres en toute
forte de rencontres. Ils font afſez convaincus de la justice qu'ils leur doivent rendre , par les continuels avantages que nousavons remportez ſur eux ;
mais quoyque la valeur ſemble avoir eſté de tout temps une -vertu particuliere aux François,
on peut dire qu'elle n'a jamais tant paruque ſous leRegnede LOUIS LE GRAND. On ne s'en
étonnepas. Son exemple, &les promptes récompenſes qu'il do- ne au veritables Braves ,ſontde
puiſſans motifs pour leur faire tout entreprendre , dans l'em- preſſementdeſediftinguer.Co- me ce Grand Prince ſe plaiſt toûjours à chercher quelques nouveaux moyensde reconnoî
40 LE MERCVRE
tre les ſervices qu'on luy rend,
il a augmenté ſes quatre Com- pagnies des Gardes du Corps,
d'un Lieutenant,d'un Enſeigne,
& de quelques Gardes. Meffieurs de Saint Ruth, Marin, Lignery, du Mefnil,SaintGermain d'Achon,&du Repaire, ont eſté faits Lieutenans ; & Meffieurs
de Reneville , de Gaſſion , de
Vignau, de la Grange, de Quie- ry, de Vilemon , de Monpipaux,
deBagé, de la Cafe,&de Leffay,
font en meſme temps devenus Enſeignes. Meſſieurs de Seri- gnan & de Vandeüil en auront
les Brevets , le rang , & le com- mandement,& ne laifferont pas de faire toûjours leurs fonctions d'Aydes - Majors. Je ne doute
point , Madame , que je ne vous fiffe un fortgrand plaiſir de vous -parler ſeparément de tous ceux
GALAN T. 41
que je viens de vous nommer;
mais outre que j'attens desMe- moires de leurs Amis pour ce qui les regarde chacun en par- ticulier ,j'ay tant de choſes à
vousdire dans cette Lettre , que
pour ne me laiſſer point acca- bler de la matiere , tout ce que j'ajoûteray'aujourd'huy à cet Article, c'eſt qu'on n'entre point dans le Corps où ils ont l'avan- tage d'eſtre reçeus , qu'on ne ſe ſoit fait remarquer dans les plus importantes occafions , & qu'il n'y a point de commandement dont tous ceux qui en ſont Offi- ciers ne foient eſtimez capa- bles. Ils ont l'honneur d'eſtre
toûjours aupres de la Perſonne du Roy, on leur en confie la garde , &vous pouvez bien ju- ger qu'un ſi glorieux employ demande des Gensdontle cou
42 LE MERCVRE rage ſoit auffi connu que le mes rite.
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Mots clefs
Domaine
Résumé
Le texte décrit la réaction des soldats français, notamment ceux à Charleroy avec le duc de Montausier, face au retrait rapide de l'armée du prince d'Orange. Les ennemis admirent le courage des Français, illustré par leurs victoires successives. La valeur des Français sous le règne de Louis XIV est particulièrement mise en avant. Pour récompenser les braves, le roi a augmenté ses compagnies des Gardes du Corps en ajoutant des lieutenants, des enseignes et des gardes. Plusieurs officiers, comme les messieurs de Saint Ruth, Marin et Lignery, ont été promus lieutenants ou enseignes. Les messieurs de Sérignan et de Vandeuil conservent leurs postes d'aides-majors. Les promotions sont accordées à ceux qui se sont distingués dans des situations importantes et jugés aptes à commander. Ces officiers ont l'honneur de servir près du roi et de garantir sa sécurité.