Titre
LE POETE PHILOSOPHE.
Titre d'après la table
LE POETE Philosophe.
Fait partie d'une livraison
Fait partie d'une section
Page de début
10
Page de début dans la numérisation
257
Page de fin
12
Page de fin dans la numérisation
259
Incipit
LONGTEMPS obscurci d'orages
Texte
LE POETE PHILOSOPHE.
LONGTEMPS
ONGTEMPS obfcurci d'orages
Le Ciel , enfin , fans nuages
Reprend la férénité ? .
Et la terre que décore
A l'envi Cérès & Flore ,
Préfente à l'oeil enchanté
Richeffe enfemble & Beauté .
AVRIL. 1763. II
Zéphir agitant fes aîles
Autour des roſes nouvelles
Où brille un doux incarnat
Fait fentir à l'âme émue
Le plaifir de l'odorat
Joint à celui de la vue.
Sous ces arbres en berceau ,
Quel doux murmure m'attire !
C'eft le bruit d'un clair ruiffeau
Baignant la fleur qui fe mire
Dans le criftal de fon eau.
Je vois d'un rameau fur l'autre
Voltiger l'ardent moineau
Dont l'amour vaut bien le nôtre ,
Et le tendre tourtereau
De la conftance l'Apôtre.
Aujourd'hui pourtant l'on dit
Que ce fut bien à crédit
Qu'on lui donna cette gloire ;
Car dans ce fiécle maudir
Sans preuve on ne veut rien croire.
Moi qui ne doute de rien
Your mon falut & fais bien ,
Je croirois la tourterelle
Des gens conftans le modéle ,
Si je n'affignois le prix
A nos Femmes de Paris,
Fidéles à ce qu'ils fentent
A vj
12 MERCURE DE FRANCE.
Les oiſeaux amoureux chantent is
Et n'engagent point, leur foi : 1. SOÁ
De nature c'eft la loi.
Ils n'ont garde d'aller faire
Pardevant .... .... ou Notaire
Le ferment d'aimer toujours
Ce qui peut ceffer de plaire.
Hélas ! leurs tendres amours ,
Ce ruiffeau , ce doux ombrage , i
Tout à mes yeux dans ce bois
Retrace l'heureux boccage
Où, pour la premiere fois ,
Thémire écouta ma peine ;
Thémire ayant en ſa fleur
D'une roſe la couleur ,
Du Zéphir la douce haleine ,
Des cheveux qui fans deffein
Tomboient en boucle d'ébene
Sur l'albâtre de fon fein.
Temps heureux des doux menfonges !
Age fi court du bonheur ,
Que font devenus tes fonges !
Le temps cruel précepteur
Nous donne l'expérience ;
Fatal arbre de fcience ,.
Qui des douces voluptés.
Rompt l'illufion & chaffe
Les plaifirs qu'elle remplace
Par de dures yérités !
LONGTEMPS
ONGTEMPS obfcurci d'orages
Le Ciel , enfin , fans nuages
Reprend la férénité ? .
Et la terre que décore
A l'envi Cérès & Flore ,
Préfente à l'oeil enchanté
Richeffe enfemble & Beauté .
AVRIL. 1763. II
Zéphir agitant fes aîles
Autour des roſes nouvelles
Où brille un doux incarnat
Fait fentir à l'âme émue
Le plaifir de l'odorat
Joint à celui de la vue.
Sous ces arbres en berceau ,
Quel doux murmure m'attire !
C'eft le bruit d'un clair ruiffeau
Baignant la fleur qui fe mire
Dans le criftal de fon eau.
Je vois d'un rameau fur l'autre
Voltiger l'ardent moineau
Dont l'amour vaut bien le nôtre ,
Et le tendre tourtereau
De la conftance l'Apôtre.
Aujourd'hui pourtant l'on dit
Que ce fut bien à crédit
Qu'on lui donna cette gloire ;
Car dans ce fiécle maudir
Sans preuve on ne veut rien croire.
Moi qui ne doute de rien
Your mon falut & fais bien ,
Je croirois la tourterelle
Des gens conftans le modéle ,
Si je n'affignois le prix
A nos Femmes de Paris,
Fidéles à ce qu'ils fentent
A vj
12 MERCURE DE FRANCE.
Les oiſeaux amoureux chantent is
Et n'engagent point, leur foi : 1. SOÁ
De nature c'eft la loi.
Ils n'ont garde d'aller faire
Pardevant .... .... ou Notaire
Le ferment d'aimer toujours
Ce qui peut ceffer de plaire.
Hélas ! leurs tendres amours ,
Ce ruiffeau , ce doux ombrage , i
Tout à mes yeux dans ce bois
Retrace l'heureux boccage
Où, pour la premiere fois ,
Thémire écouta ma peine ;
Thémire ayant en ſa fleur
D'une roſe la couleur ,
Du Zéphir la douce haleine ,
Des cheveux qui fans deffein
Tomboient en boucle d'ébene
Sur l'albâtre de fon fein.
Temps heureux des doux menfonges !
Age fi court du bonheur ,
Que font devenus tes fonges !
Le temps cruel précepteur
Nous donne l'expérience ;
Fatal arbre de fcience ,.
Qui des douces voluptés.
Rompt l'illufion & chaffe
Les plaifirs qu'elle remplace
Par de dures yérités !
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Domaine
Résumé
Le poème 'Le Poète Philosophe', daté d'avril 1763, célèbre la beauté de la nature au printemps. Il met en scène des roses, le murmure d'un ruisseau et les chants des oiseaux. Le poète exprime son émerveillement face à cette nature vivante et évoque les amours des oiseaux, qu'il compare à la constance des femmes parisiennes. Il se remémore un moment heureux passé avec Thémire, une figure féminine idéalisée. Le poème se conclut sur une note mélancolique, soulignant la brièveté du bonheur et l'expérience amère apportée par le temps. Le poète regrette la perte des illusions douces, remplacées par des vérités dures.