Titre d'après la table
Tragedie qui luy estoit preparée à Bordeaux, où les deux Fils de Monsieur de Seve se font admirer.
Fait partie d'une livraison
Page de début
145
Page de début dans la numérisation
155
Page de fin
150
Page de fin dans la numérisation
160
Incipit
Il continua sa route le lendemain, & vint coucher à
Texte
Il continua ſa route le
lendemain , & vint coucher à
Blaye. Ce ne fut pas fans en- tendre la décharge du Canon,
&de toute l'Artillerie duChaſteau. Monfieur le Duc de
Roquelaure , & Monfieur de Séve Intendant de Guyenne ,
s'y eſtoient rendus avecles Ju- rats Deputez de Bordeaux
pour l'affurer de la joye qu'on auroit de l'y recevoir. Il y ar- vale lendemain. Les Compli- mens de la Ville luy furentpor- tez par M de la Lande Pre- mier Jurat qui luy fut preſenté àladefcente de la Maiſon Navale, par Monfieur le Comte
GALANT. 107 deMontaigu. Cejeune Prince alla le foir ſe promener à che- valſur le Quaydes Chartreux,
accompagné de Monfieur le Ducde Roquelaure ,&au re- tour il entra dans le Chafteau
Trompete, où toute la Garni- ſon ſe trouva dans la Place ſous
les armes. M' Cefar AydeMa- jor eſtoit àla teſte en l'abſence duMajor. L'impatience d'être à Barrege le fit partir dés le lendemain, malgré les inftan ECUF
tesprieresquiluy furent faitesYON
Bourdeaux de s'arrefter quelques jours à pour s'y delan IT
desfatiguesde fon Voyage.On luy vouloit donner le divertiſ- ſement d'une Tragedie Fran- çoiſe quiavoit eſtérepreſentée avecgrad fuccésdepuis quin- ze jours par les Efcoliers du College deGuyenne. M'l'Ab-
108 LE MERCVRE
béBardin qui eneſt Principal,
&àquiunlongufage dugrand monde a des long-temps apris à bien faire les chofes qui le regardent , avoit pris des me- fures ſi juſtes , que la belle Af- ſemblée de l'un &de l'autre
Sexe qui ſe trouva à ce Spécta- cle, en fortit avec une extréme ſatisfaction. La propreté des Acteurs répondoit à la grace avec laquelle ils s'acquiterent tous de leurs Rôles , & on admira fur tout deux Enfans qui firent un remercîment àMonfieur le Duc de Roquelaure d'un petit air fier qui furprit &
charma tous ceux qui les en- tendirent. L'Aifné n'a encor
que fix ans,&ils font tous deux Fils de Monfieur de Seve Intendant de cette Province. Je
ne vous dis rien defonmerite,
il
GALANT. 109 il vous eſt connu , &vous n'ignorez pas qu'il eſt Fils de feu Mr de Seve Conſeiller d'Etat,
qu'on aveu trois fois Prevoſt des Marchands. On ne peut executerles Ordres du Roy ny - avec plus de zele qu'il en mon- tre pour le ſervice de Sa Maje- -ſté, ny avecun aplaudiſſement plus general de tous ceux qui les reçoivent de luy
lendemain , & vint coucher à
Blaye. Ce ne fut pas fans en- tendre la décharge du Canon,
&de toute l'Artillerie duChaſteau. Monfieur le Duc de
Roquelaure , & Monfieur de Séve Intendant de Guyenne ,
s'y eſtoient rendus avecles Ju- rats Deputez de Bordeaux
pour l'affurer de la joye qu'on auroit de l'y recevoir. Il y ar- vale lendemain. Les Compli- mens de la Ville luy furentpor- tez par M de la Lande Pre- mier Jurat qui luy fut preſenté àladefcente de la Maiſon Navale, par Monfieur le Comte
GALANT. 107 deMontaigu. Cejeune Prince alla le foir ſe promener à che- valſur le Quaydes Chartreux,
accompagné de Monfieur le Ducde Roquelaure ,&au re- tour il entra dans le Chafteau
Trompete, où toute la Garni- ſon ſe trouva dans la Place ſous
les armes. M' Cefar AydeMa- jor eſtoit àla teſte en l'abſence duMajor. L'impatience d'être à Barrege le fit partir dés le lendemain, malgré les inftan ECUF
tesprieresquiluy furent faitesYON
Bourdeaux de s'arrefter quelques jours à pour s'y delan IT
desfatiguesde fon Voyage.On luy vouloit donner le divertiſ- ſement d'une Tragedie Fran- çoiſe quiavoit eſtérepreſentée avecgrad fuccésdepuis quin- ze jours par les Efcoliers du College deGuyenne. M'l'Ab-
108 LE MERCVRE
béBardin qui eneſt Principal,
&àquiunlongufage dugrand monde a des long-temps apris à bien faire les chofes qui le regardent , avoit pris des me- fures ſi juſtes , que la belle Af- ſemblée de l'un &de l'autre
Sexe qui ſe trouva à ce Spécta- cle, en fortit avec une extréme ſatisfaction. La propreté des Acteurs répondoit à la grace avec laquelle ils s'acquiterent tous de leurs Rôles , & on admira fur tout deux Enfans qui firent un remercîment àMonfieur le Duc de Roquelaure d'un petit air fier qui furprit &
charma tous ceux qui les en- tendirent. L'Aifné n'a encor
que fix ans,&ils font tous deux Fils de Monfieur de Seve Intendant de cette Province. Je
ne vous dis rien defonmerite,
il
GALANT. 109 il vous eſt connu , &vous n'ignorez pas qu'il eſt Fils de feu Mr de Seve Conſeiller d'Etat,
qu'on aveu trois fois Prevoſt des Marchands. On ne peut executerles Ordres du Roy ny - avec plus de zele qu'il en mon- tre pour le ſervice de Sa Maje- -ſté, ny avecun aplaudiſſement plus general de tous ceux qui les reçoivent de luy
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Résumé
Le texte relate le voyage d'un prince à Bordeaux. Après avoir entendu l'artillerie du château de Blaye, il fut accueilli par le duc de Roquelaure, l'intendant de Guyenne et les jurats de Bordeaux, dont M. de la Lande, Premier Jurat, et le comte de Montaigu. Le prince se promena à cheval sur le Quay des Chartreux avec le duc de Roquelaure, puis visita le château Trompete où la garnison était en alerte. Malgré les invitations à rester, il partit le lendemain pour Barre, déclinant des divertissements comme une tragédie française préparée par les écoliers du Collège de Guyenne. L'abbé Bardin, principal du collège, avait organisé la représentation, qui fut appréciée. Deux enfants, fils de l'intendant de Sève, remercièrent le duc de Roquelaure, impressionnant l'assemblée. L'intendant de Sève est connu pour son zèle et son efficacité, et est le fils de l'ancien conseiller d'État et prévôt des marchands, M. de Sève.