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Titre

MÉTHODE de M. KEYSER pour l'administration de ses dragées dans le traitement des Maladies vénériennes, imprimée par ordre du ROI ; 1763. Brochure in-8 °.

Titre d'après la table

MÉTHODE de M. Keyser pour l'administration de ses dragées dans le traitement des Maladies vénériennes.

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Incipit

De toutes les maladies qui affligent l'humanité, il n'en est point de plus digne

Texte
NOUVELLES LITTERAIRES.
MÉTHODE de M. KEYSER pour.
l'adminiftration de fes dragées dans
le traitement des Maladies vénériennes
, imprimée par ordre du RoI ;
1763. Brochure in - 8 ° .
E De toutes les maladies qui affligent
l'humanité , il n'en eft point de plus digne
de la vigilance du Gouvernement,
& des foins de la médecine , que celles
qui portent la corruption dans la maffe'
générale de nos humeurs infectent
notre origine , tranfmettent un funefte
héritage aux races futures , & affoiblif
fent infenfiblement l'efpèce humaine .
Telles font les maladies vénériennés
dont M.Keyfer fait une defcription bien
éffrayante dans l'excellent avant- propos
qui précéde fa méthode. Ce terrible fléau
éxerce furtout fa fureur far le bas peuple
& fur les foldats , moins pourvûs de
moyens pour fe prémunir contre fes
MARS, 1763. 65
premieres atteintes. Ici M. Keyfer nous
donne une hiftoire curieufe & intéref-
? fante , quoique très -fuccinte, des remédes
employés en différens temps contre
les maladies vénériennes. Les vé-,
gétaux célébres dont le nouveau mon-,
de fe fervoit fi avantageufement pour,
les combattre , n'eurent qu'un médiocre
fuccès dans nos climats. On apprit,
par expérience , que le mercure en étoit
le feul fpécifique ; mais on a prèfque
toujours varié fur la maniere de le préparer
, de l'introduire dans le corps &
de l'adminiftrer. Les premieres épreuves
on été en faveur de l'application exté
rieure; on a enfuite penfé que fon ufage
intérieur pourroir être plus éfficace.
On l'a donné , pour ainfi dire , tel que
la nature nous l'a fourni ; & l'on s'eft
contenté d'une légére purification extérieure
; mais l'on s'eft bientôt apperçu
que fon poids l'entraînoir par la voye
intefimale , & ne lui permettoit point
d'entrer dans les veines lactées. On a
conclu qu'il falloit lui donner différentes
préparations ; & les Maîtres de l'Art
fe font éxercés à le rendre propre
opérer de la maniere la plus efficace.
De-la tant de diverfes méthodes qui ont
eu quelque fuccès ; mais leur crédit
66 MERCURE DE FRANCE.
plus fouvent con redit par l'expérience ,
ne s'eft jamais foutenu long- temps. Le
plus grand nombre des Chirurgiens ont
tourné leur confiance du côté des frictions
en y préparant le corps par tout
ce qui pouvoit les rendre falutaires. On
eft venu à bout d'établir ainfi un traitement
plus prudent , plus ménagé &
plus méthodique que les précédens . On
a opéré des guérifons ; mais on en a
manqué un grand nombre. Quelque
fageffe qu'on ait employée dans l'adininiftration
, fouvent on n'a pu prévenir
des accidens redoutables. L'épuiſement
des malades , par l'excès de la falivation,'
a été tel , pour l'ordinaire , que les convalefcences
ont été une feconde maladie.
On a cru obvier à cet inconvénient
en évitant la falivation la plus
légére ; mais en adouciffant le reméde,
on n'a fait, pour ainfi dire,que pallier
le mal. Nous pafferons fous filence
les autres méthodes inventées jufqu'au
temps de Boerhaave, qui ofa faire l'effai
du fublimé corrofif , avec les ménagemens
qu'éxigeoit une entreprife fi
périlleufe. Son autorité prépondérante,
celle de fon illuftre difciple le Baron
de Vanfwieten , & quelques fuccès fur
les tempéramens robuftes , ont accrédi
MARS. 1763. 67
té jufqu'à un certain point ce reméde ,
mais n'ont pu effacer la jufte méfiance
que mérite un poiſon , quelque petite
qu'en foit la dofe , avec quelque prudence
qu'on l'adminiftre. Le feul point
fur lequel on ne varie pas , c'eft que
le vrai fpécifique du virus vénérien , ne
doit point être cherché ailleurs que dans
le mercure. On ne fe partage que fur
la maniere de le préparer & de l'adminiftrer.
M. Keyfer appellé dès fa jeuneſſe à
l'exercice de la Chirurgie , & particulierement
livré au traitement des maladies
vénériennes , apprit de bonne
heure à connoître l'imperfection des
différentes méthodes. Prévenu d'un
goût décidé pour la Chymie , il s'appliqua
principalement à travailler le
Mercure , dans tous les fens poffibles ,
pour découvrir le plus propre à développer
& à manifefter complettement fa
vertu anti-vénérienne . Il faut lire dans
l'ouvrage même les raifonnemens pleins
de folidité , de jufteffe , de clarté & de
précifion fur la nature de ce minéral ,
fur fa vertu , fes effets & la manière
de le préparer. Ce que M. Keyfer a
imaginé avec tant de fagacité , il l'a exécuté
avec le fuccès le plus heureux ;
}
68 MERCURE DE FRANCE.
1
mais il n'y eft parvenu qu'après des efforts
redoublés ; & fa conftance courageufe
le conduifit enfin au terme defiré.
Dès-lors fon reméde ne pouvoit
manquer d'éprouver bien des contradictions
; mas il en triompha par le
nombre & la folidité des cures qu'il
opéra ,, ppaarr fa conduite prudente & circonfpecte
, par le témoignage des perfonnes
vertueufes & éclairées qui ont
fuivi fes traitemens , & par la protection
particulière de M. le Maréchal de Biron.
Ce Seigneur , ami de la vérité & du bien
public , en établiffant & en foutenant
un Hôpital pour les Soldats des Gardes
Françoifes , a fervi puiffament M. Key
fer , le Corps illuftre qu'il commande,
& la totalité des citoyens. Convaincu
par fes propres yeux de l'éfficacité d'un
reméde dont il voyoit chaque jour les
effets les plus falutaires , il n'a point dédaigné
de defcendre dans des détails
pour en maintenir le crédit , pour dévoiler
l'impofture attachée à le décrier.
L'expérience continua à parler en faveur
des dragées de M. Keyfer. Le Public y
eut recours avec un redoublement de
confiance. Plufieurs perfonnes recom→
mandables par leur probité , par leur
zéle pour tous les objets d'utilité puMAR
S. 1763.. 69
blique , joignirent leurs voix à celle de
M. le Maréchal de Biron. Un Miniftre
également diftingué par la fupériorité
de fes lumiéres , par fes dignités & par
fa naiffance , fans interrompre fes grandes
occupations publiques , militaires &
maritimes , recueillit avec foin tous ces
fuffrages , parce qu'ils tendoient à fecourir
tous les fujets du Roi , & furtout
cette partie qui fait la force de
l'Etat. Il les fit valoir aifément auprès
de Sa Majefté , qui a bien voulu agréer
l'offre que M. Keyfer lui a faite du fecret
de fa compofition ; & dans la vue
de proportionner la récompenfe à l'utilité
du reméde , Elle l'a gratifié d'une
penfion annuelle de dix mille livres ,
ainfi que nous l'avons déja dit dans un
de nos Mercures précédens. Les Lettres
Patentes du Roi rappellent les raifons
qui ont déterminé S. M. à acquérir
ce fecret ; c'eft 1 ° . l'ufage qui s'eft fair
des dragées anti-vénériennes,tant fur un
grand nombre de Particuliers, que dans
les Hôpitaux militaires , & les fuccès
authentiques qui l'ont fuivi . 2 °. Le defir
de ménager à tout le monde la facilité
de fe procurer pour un prix modique
un reméde excellent , & fi fouvent
néceffaire , & de ne point l'expo70
MERCURE DE FRANCE .
re ,
fer à tomber dans le difcrédit l'i-
, par
gnorance , l'inexpérience , & peut- être
la mauvaiſe foi de quelques - uns de
ceux qui le prépareroient. On n'a point
à craindre que cet important dépôt périffe
il ne pouvoit être confié à desmains
plus fures & plus habiles qu'à
celles de M. Senac. La place qu'il occupe
, la confiance dont le Roi l'honol'étendue
de fes connoiffances en
Médecine , fes fçavans écrits & fes lumières
particulières en Chymie , doivent
donner le plus grand poids au rapport
fidéle qu'il en a fait à Sa Majeſté.
Un autre témoignage qui doit encore
foutenir la confiance générale pour un
reméde fi précieux à l'humanité , eſt
celui de M. Richard , premier Médecin
de l'Armée , qui eft auffi le dépofitaire
de ce fecret. Plus de mille expériences
faites fous fes yeux , & dont il a rendu
un compte fidéle au Miniftre , font des
preuves qui n'ont laiffé aucun doute fur
féfficacité du reméde , & que fa probité
reconnue & fon zéle pour le bien public
ne lui ont pas perinis de diffimuler.
Nous n'entrerons ici dans aucun détail
au fujet de la Méthode de M. Keyfer. Un
fimple extrait ne fuffiroit pas aux malades
qui font dans le cas de faire ufaMARS.
1763.
ge du reméde , & deviendroit inutile à
ceux qui fe portent bien. Les premiers
fe procureront aifément l'ouvrage même
qui s'envoye avec la dofe de dragées
néceffaire à leur guériſon , pour la
fomme de 14 liv.
Collectivité
Faux
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Résumé
Le texte de 1763 présente la méthode de M. Keyfer pour traiter les maladies vénériennes, considérées comme graves car elles corrompent les humeurs, se transmettent aux générations futures et affaiblissent l'espèce humaine. Ces maladies touchent principalement le bas peuple et les soldats, moins capables de se protéger. Historiquement, divers remèdes ont été utilisés, mais le mercure s'est révélé le plus efficace. Cependant, les méthodes d'administration du mercure ont varié et souvent échoué. Les premières tentatives utilisaient des applications extérieures, puis intérieures, mais avec des résultats mitigés. Les frictions et les préparations internes ont également été essayées, mais sans succès durable. M. Keyfer, chirurgien spécialisé dans les maladies vénériennes, a développé une méthode innovante en travaillant sur le mercure. Après des efforts intenses, il a créé des dragées anti-vénériennes qui ont obtenu des résultats positifs. Son travail a été soutenu par le Maréchal de Biron et d'autres personnalités influentes, ce qui a conduit le roi à accorder à M. Keyfer une pension annuelle de dix mille livres pour son secret de fabrication. Les Lettres Patentes du roi soulignent l'efficacité des dragées et la nécessité de les rendre accessibles à un prix modique. Le secret de la composition a été confié à M. Senac et à M. Richard, premier médecin de l'armée, tous deux reconnus pour leur expertise et leur probité.
Soumis par eljorfg le