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Titre

SUR LE JUBILÉ DE SON ALTESSE ROYALE.

Titre d'après la table

Vers sur le Jubilé de son A. Royale.

Page de début
74
Page de début dans la numérisation
84
Page de fin
79
Page de fin dans la numérisation
89
Incipit

Dans le mesme temps que le Roy a fait éclater / Vous pensez donc, Seigneur, gagner le jubilé,

Texte
Dans le meſme temps que le Roy a fait éclater ſa pieté par toutes ces magnificences,
Monfieur a donné des marques publiques de la fienne ,
en venant gagner icy fon Ju
GALANT.
55 bile , qu'il n'avoit pû gagner à l'Armée. Il a faitſes Stations
avec un zele qui a édifié tout
le monde. Cependant il s'eſt
trouvé un Scrupuleux qui luy a donné quelque avis ſur la préparation où ce grandPrince ſe devoit mettre pour une
action fi pieuſe. Jugez , Mada- me , par la lecture de ces Vers,
fi le ſcrupule adû l'arreſter.
SUR LE JUBILE'
DE
SON ALTESSE ROYALE.
Ous pensezdonc, Seigneur, Vousgagner leJubilé ,
Sansreparer l'outrage &l'affront Signalé,
56 LE MERCVRE Quepar une injustice étrange,
Dont toute l'Europe aparlé,
Vous fiſtes au Prince d'Orange Dans vostre dernier Démeflé?
Ne vous souvient - il plus avec quelle furie Vous fustes l'attaquer au milieu defes Gens ,
LeSaintjour de Pasquesfleurie;
Et quelle horrible boucherie
Vousfiftes des pauvres Flamans,
Qui vouloient défendreſavie?
Pour luy,graces àſon Cheval,
Qui l'a plus d'une fois secouru dans lafuite;
Ilcut plus de peur quede mal,
Etpar uneſage conduite ,
Abandonnant ſon bagage &Sa Suite ,
Ilalla repaſſeràBruges le Canal.
GALANT. 57
Mais en estes-vous moins coupable?
Et renvoyer ainſi ce Prince àfa Maiſon ,
Confus , dansun état lugubre, pi- toyable,
Sans luy faire aucune raifon,
N'est-cepas un crime effroyable,
Dont on nepeut jamais efperer le pardon ?
Jenesçay qu'un moyen pour vous tirer d'affaire ,
L'avis m'en est venu d'un fage Directcur;
Mais à vous direvray, Seigneur,
SaMorale est un peufevere,
Et la chose pour un Vainqueur
Eftaffez difficile àfaire.
Furezqu'estant vaincu dans quatre ou cinq Combats,
58 LE MERCVRE Vous quitterez aux Flamans la
Campagne;
Que vous rendrez Saint Omer à
l'Espagne ,
Que vous fouffrirez tout des Troupes d'Allemagne ;
Etcelafait , ne doutez pas Qu'on nevouspuiffe abfoudre de
tout cas.
Activité
Genre
Collectivité
Faux
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Résumé
Le texte décrit les actions de deux figures royales. Le roi a montré sa piété par des démonstrations de magnificence. Monsieur a choisi de gagner son jubilé à Paris après ne pas avoir pu le faire à l'armée. Il a accompli ses dévotions avec zèle, mais un scrupuleux lui a conseillé de se préparer spirituellement pour une action pieuse. Un poème critique reproche à Monsieur de n'avoir pas réparé l'injustice commise envers le Prince d'Orange. Le poème rappelle une attaque brutale menée par Monsieur contre le Prince d'Orange lors du jour de Pâques, entraînant une boucherie parmi les Flamands. Le Prince d'Orange a échappé à la mort grâce à son cheval et à une sage conduite. Le poème accuse également Monsieur d'avoir renvoyé le Prince d'Orange dans un état pitoyable sans lui offrir de raison, qualifiant cet acte de crime effroyable. Pour se racheter, le scrupuleux suggère que Monsieur abandonne la campagne aux Flamands, rende Saint-Omer à l'Espagne et tolère les troupes d'Allemagne. En suivant ces conseils, il pourrait espérer éviter la damnation.
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Est probablement rédigé par une personne
Soumis par delpedroa le