Titre
L'AMOUR NOYÉ.
Fait partie d'une livraison
Page de début
118
Page de début dans la numérisation
138
Page de fin
123
Page de fin dans la numérisation
143
Incipit
Philis plongeoit l'Amour dans l'eau,
Texte
L’AMOUR NOYE’
.
P
Hilis plongeoit l'Amour
dans l’eau.*
IdAmour (e (auventa la nage>
il revenditfur le rivage,
'
Philis leflongeoit de nouveau.
GALANT. 119
Cruelle, difiit-il, vous qui m'avez^
fait naiftre,
filelas'.pourquoy me noyez^vousl
jfi-ce que vous voulez^m empef-
&
affaire faite,
le ne vousferois pas pourtant de
defhonneurs
aiulieude me noyer, donne^-nioy
pour retraite
Vn petit coin de vofire cœur.
le vous répons quiil feroit impofl
à me cacher 5
Comme onfiait qu'il me fut toujours inacceljzble >
no LE MERCURE
Philis ne l'en voulut pas croire,
Ce n'eftpas qu apres toutl''avis ne
fuftfort bon 5
Pour reponfcelle lefit boire,
Mais boireplus que de raifon.
Telqu'un petitBarbet quà l eM
fon Maiftre envoyé,
Bt qui de ce péril dés qu il eft
• échappé,
Revient à fon Mai/lre avec joye
Tout déboutant &tout trempe}
Tel l'Amour s'expofiant a des rigueurs nouvelles,
A peinefiorty du danger,
Rcvenoit vers Pbilis, en fiecoüant
. A f
Quoy qu'il Çceuft que Philis alloü
le replonger.
7
Ses
GALANT. ni
Ses forces cependant à lafin s'èpuiferent,
jl eftoit las defaire des plongeons,
jlfe rendit^ & les brasluy manquèrent
Ilfalutquil coulaft àfonds..
&
Le croira-t^oniPhilis enfuiravie,
Car elle le noyoit pour la douzième
fois:
Elle hérita de l'Arc, des Traits &
du Carquois^
Dont elle s'eftfort bienfrvie.
(revoir
Pourle petitAmour, je ne -puis conQfià la nage onge fois ilfoitforty
d'affairey
Sans beaucoup de vigueur cela nefe
peutfaire,
Le pauvre Enfant n'en devoit
guère avoiry
Tome 3. L
ux LE MERCURE
Ilfut toujours mal nourry parfa
Mère.
viande lepere,
A peine fut-il né^ quon le févra
dy eCtoir. Si Philis un peu moins injuste L'eust traité comme il faut quand il eu veu le jour,
C'eufi bien e(lé i ’Amourleplus. ro*
bufie
Que Von eufi veu de memoite
d'Amour.
Epitaphe de J’Amotir.
Cy <rjft VAmour, Philis a voulu
fon trépas,
Ida noyé de fesmains, on rienfait
GALANT. u5
Quoy que fous ceTombeaufonpetit;
Corps repofe^
Qjfiilfufl-mort tout-à-fait je rien
répondrois pas.
Souvent ilriefipas mort' bien qu il
paroijfe l’'efire,
Quand on riypenfe plus ilfort de
fon Cercueil'
Il ne luy faut que deux mots, un
coup d'œil*
Quelquefois rien pour le faire renaiflre.
Vous
.
P
Hilis plongeoit l'Amour
dans l’eau.*
IdAmour (e (auventa la nage>
il revenditfur le rivage,
'
Philis leflongeoit de nouveau.
GALANT. 119
Cruelle, difiit-il, vous qui m'avez^
fait naiftre,
filelas'.pourquoy me noyez^vousl
jfi-ce que vous voulez^m empef-
&
affaire faite,
le ne vousferois pas pourtant de
defhonneurs
aiulieude me noyer, donne^-nioy
pour retraite
Vn petit coin de vofire cœur.
le vous répons quiil feroit impofl
à me cacher 5
Comme onfiait qu'il me fut toujours inacceljzble >
no LE MERCURE
Philis ne l'en voulut pas croire,
Ce n'eftpas qu apres toutl''avis ne
fuftfort bon 5
Pour reponfcelle lefit boire,
Mais boireplus que de raifon.
Telqu'un petitBarbet quà l eM
fon Maiftre envoyé,
Bt qui de ce péril dés qu il eft
• échappé,
Revient à fon Mai/lre avec joye
Tout déboutant &tout trempe}
Tel l'Amour s'expofiant a des rigueurs nouvelles,
A peinefiorty du danger,
Rcvenoit vers Pbilis, en fiecoüant
. A f
Quoy qu'il Çceuft que Philis alloü
le replonger.
7
Ses
GALANT. ni
Ses forces cependant à lafin s'èpuiferent,
jl eftoit las defaire des plongeons,
jlfe rendit^ & les brasluy manquèrent
Ilfalutquil coulaft àfonds..
&
Le croira-t^oniPhilis enfuiravie,
Car elle le noyoit pour la douzième
fois:
Elle hérita de l'Arc, des Traits &
du Carquois^
Dont elle s'eftfort bienfrvie.
(revoir
Pourle petitAmour, je ne -puis conQfià la nage onge fois ilfoitforty
d'affairey
Sans beaucoup de vigueur cela nefe
peutfaire,
Le pauvre Enfant n'en devoit
guère avoiry
Tome 3. L
ux LE MERCURE
Ilfut toujours mal nourry parfa
Mère.
viande lepere,
A peine fut-il né^ quon le févra
dy eCtoir. Si Philis un peu moins injuste L'eust traité comme il faut quand il eu veu le jour,
C'eufi bien e(lé i ’Amourleplus. ro*
bufie
Que Von eufi veu de memoite
d'Amour.
Epitaphe de J’Amotir.
Cy <rjft VAmour, Philis a voulu
fon trépas,
Ida noyé de fesmains, on rienfait
GALANT. u5
Quoy que fous ceTombeaufonpetit;
Corps repofe^
Qjfiilfufl-mort tout-à-fait je rien
répondrois pas.
Souvent ilriefipas mort' bien qu il
paroijfe l’'efire,
Quand on riypenfe plus ilfort de
fon Cercueil'
Il ne luy faut que deux mots, un
coup d'œil*
Quelquefois rien pour le faire renaiflre.
Vous
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Résumé
Le texte 'L’AMOUR NOYE'' décrit les tentatives de Philis pour noyer l'Amour. Malgré ses efforts répétés, l'Amour revient toujours vers elle. Fatigué par ces plongeons, l'Amour finit par couler. Philis récupère alors l'arc, les traits et le carquois de l'Amour, qu'elle utilise judicieusement. Le texte explique que l'Amour, mal nourri et mal traité dès sa naissance, n'avait pas la force nécessaire pour survivre à ces noyades. L'épitaphe de l'Amour précise qu'il n'est pas vraiment mort, car il renaît facilement avec peu de choses.
Est rédigé par une personne
Fait partie d'un dossier