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Titre

MÉLANGES DE PHYSIQUE ET DE MORALE, contenant l'Extrait de l'Homme Physique & Moral ; des réfléxions sur le bonheur ; un Discours sur la nature & les fondemens du pouvoir politique ; & un Mémoire sur le principe physique de la régénération des Etres &c. Nouvelle Edition, augmentée en plusieurs endroits d'éclaircissemens & de preuves ; & de six Dialogues sur les causes & les effets de l'état de sécurité. nécessaire au bonheur. A Paris, chez H. L. Guerin & L. F. Delatour, rue S. Jacques, à S. Thomas d'Aquin. M. D CC. LXIII.

Titre d'après la table

MÉLANGES de Physique & de Morale, contenant l'Extrait de l'Homme Physique & Moral, &c.

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96
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94
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Incipit

NOUS avons parlé en son temps de la premiere édition de cet Ouvrage

Texte
MÉLANGES DE PHYSIQUE
ET DE MORALE , contenant
l'Extrait de l'Homme Phyfique &
Moral ; des réfléxions fur le bonheur
; un Difcours fur la nature &
les fondemens du pouvoir politique ;
& un Mémoire fur le principe phyfique
de la régénération des Etres &c.
Nouvelle Edition , augmentée en plufieurs
endroits d'éclairciffemens & de
preuves ; & de fix Dialogues fur les
caufes & les effets de l'état de fécurité.
néceſſaire au bonheur. A Paris , chez
H. L. Guerin & L. F. Delatour , rue
S. Jacques , à S. Thomas d'Aquin.
M. D CC. LXIII.
NOUouSs avons parlé en fon temps de
la premiere édition de cet Ouvrage
avec les éloges qui lui font dûs. Les fix
dialogues dont cette feconde édition eſt
augmentée , qui ne font qu'une extenfion
des réfléxions fur le bonheur,achévent
de mettre cette matière dans tout
90 MERCURE DE FRANCE.
fon jour , nous ajouterons que s'il eft
vrai , comme il est généralement reçu ,
qu'il ne foit guère poffible d'avancer
fur des objets de connoiffances phyfiques
qu'autant qu'on y eft conduit par
le fil d'une grande vérité ; s'il eft vrai
auffi qu'un art dénué d'une juſte théorie
ne fçauroit mériter le nom d'art , c'eftà-
dire être bien entendu , bien exercé ,
fans le fecours prèfque continuel de
cette théorie ; enfin fi une des meilleures
marques d'une bonne théorie
c'eft qu'elle cmbraffe facilement & complettement
tous les faits que l'expérience
& l'obfervation peuvent offrir ;
jamais traité n'eut & ne préfenta ces
avantages mieux que celui- ci , & par
conféquent ne mérita plus d'attention.
Un grand effet dans le jeu de l'oe--
conomie animale prèfque inconnu
jufqu'à préfent , dont on fait le principal
centre du méchanifme de toutes
les fonctions du corps humain , & parlà
, dans le fonds , de toutes les actions
de la vie ; voilà ce qui frappe finguliérement
dans cet Ouvrage ; toute la
chaîne , à laquelle on lie le moral comme
le phyfique , tient fi exactement à
ce grand principe , on parvient fi ' facilement
par ce moyen à placer dans
FEVRIER. 1763. 91
leur vrai point de vue tous les phénomènes
qu'il y a à confidérer dans l'état
de fanté & celui de maladie ; enfin
ce principe paroît appuyé fur des obfervations
fi concluantes , fi aifées à vérifier
par l'expérience que chacun en
peut faire , par l'infpe&tion anolomique ,
& même par des ouvertures de cadavres
faites fuivant l'efprit de ces obfervations
, qu'il eft difficile de douter
de fa folidité; au moins fi c'étoit une
erreur n'en fut-il jamais de fi fpécieuſe .
En attendant ce que le temps appor
tera de confirmation ou de critique à
ce fujet , nous croyons pouvoir demander
fi cet Ouvrage ne manquoit pas aux
matières qu'il contient ; jamais elles n'avoient
été envifagées dans les fources
& dans l'enſemble où elles font ici
préfentées , & comme il est très-difficile
, à mesure qu'on les approfondit ,
de ne pas convenir qu'elles tiennent
éffentiellement les unes aux autres ,
c'est donc avoir beaucoup fait , pour
nous en procurer l'intelligence , que
de les avoir placées dans le point de
vue de leur enchaînement naturel , où
qui du moins en approche beaucoup .
Ainfi trouva- t- on quelque Sujet de critique
dans le principe qui les lie ; car
2
92 MERCURE DE FRANCE.
on ne fauroit fuppofer qu'il foit poffible
de le détruire entierement : la théorie
à la vérité pourroit y gagner ,
mais felon toute apparence il en reviendroit
peu d'avantage à la pratique de
l'art de vivre , & peut-être tout auffi
peu à celle de l'art de guérir.
Dira -t-on qu'on a toujours vu les
théories de Médecine fe décrier au bout
d'un certain temps , & bien moins par
les Ouvrages qui les critiquoient que
par les fréquentes & fàcheufes méprifes
où l'on tomboit en fe réglant fur
ces théories ? l'Auteur répond que c'eft
ce qui doit arriver quand elles font
mauvaifes ; & comme il eſt bien prouvé
, felon lui , qu'on n'avoit eu jufqu'à
préfent fur la phyfique du corps humain
que de mauvais principes , on a
donc dû être porté à croire que la
théorie eft plus propre à égarer les praticiens
qu'à les conduire il n'y a a
compter que fur l'expérience . Mais
quoiqu'on dife là - deffus , il n'en eft
pas moins certain qu'on n'a été conduit
à l'idée de fournir une théorie
que par l'expérience des abus infoutenables
de l'empirifme ; & en effet comment
fans aucun principe diftinguer
les cas , & juger des exceptions , ainFEVRIER.
1763. 93
fi que des précautions particulieres à
obferver en toutes méthode de traitement
? il faut pourtant convenir qu'il
vaudroit mieux ramener l'art à fes foibles
commencemens que de le laiffer
affujetti à une mauvaiſe théorie ; une
bonne théorie fait faire tirer parti de l'expérience
, & ne s'ingère point d'en tenir
lieu : en un mot elle éclaire l'art fans
dogmatifer ; & une mauvaiſe théorie
fait précisément le contraire : voilà
ce que l'Auteur s'eft principalement attaché
à faire bien fentir dans fes Ouvrages.
Il croit auffi avoir bien établi qu'une
jufte idée des loix de l'économie animale
eft non feulement le feul
moyen d'avoir des principes vrais
en Médecine , mais même d'entendre
quelque chofe à la conduite , au gouvernement
de la vie , à l'art de prendre
fes avantages contre ce qui peut la troubler
; quel état policé , dont les richeffes
confifteroient dans un commerce
de navigation , confieroit fes vaiffeaux
à des Pilotes qui ne connoîtroient
pas la bouffole , & qui ne navigueroient
qu'à la manière des anciens tems
où l'on n'avoit pas cette connoiffance ?
voilà pourtant , felon l'Auteur , l'image
94 MERCURE DE FRANCE .
de l'habileté des hommes de tous les
fiécles pour la conduite de leur vie , de
leur fanté , de leur bonheur ! ils ont érré
au gré de leurs paffions , ou fuivant
des préjugés réputés pour de bonnes
régles ; & tout au plus dans le déclin de
l'âge défabufés d'une partie de leurs
érreurs par les fruits tardifs d'une expérience
peu éclairée , ils acquéroient
enfin quelques lumières qu'ils n'étoient
plus en état de tourner à leur profit ,
& que les moeurs & les opinions reçues
rendoient inutiles aux autres.
On voit toute l'importance de ces
matières , on ne fçauroit trop s'en occuper
; c'est ce qui nous a portés à
profiter de l'ocafion de faire de nouveau
connoître l'efprit dans lequel elles font
ici traitées.
Collectivité
Faux
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Résumé
Le texte présente une nouvelle édition de l'ouvrage 'Mélanges de Physique et de Morale', qui explore divers sujets tels que le bonheur, le pouvoir politique et la régénération des êtres. Cette édition est enrichie de six dialogues sur les causes et les effets de l'état de sécurité nécessaire au bonheur. L'auteur insiste sur l'importance d'une grande vérité pour progresser dans les connaissances physiques et sur l'utilité d'une théorie juste pour bien exercer un art. L'ouvrage met en avant un principe physique majeur, encore méconnu, qui explique le mécanisme des fonctions du corps humain et des actions de la vie. Ce principe permet de mieux comprendre les phénomènes de santé et de maladie et est soutenu par des observations concluantes et vérifiables. L'auteur critique les théories médicales précédentes, les jugeant mauvaises, et souligne les abus de l'empirisme révélés par l'expérience. Il distingue une bonne théorie, qui éclaire l'art sans dogmatiser, d'une mauvaise théorie. L'objectif de l'ouvrage est d'établir une juste idée des lois de l'économie animale afin d'améliorer la médecine et la conduite de la vie. L'auteur critique les erreurs passées des hommes dans la gestion de leur vie et de leur santé, les comparant à des pilotes naviguant sans boussole.
Soumis par eljorfg le