Titre d'après la table
Mort du Sieur Cambert, qui avoit estably les Opera en France & en Angleterre.
Titre simplifié de l'article récurrent
Fait partie d'une livraison
Page de début
15
Page de début dans la numérisation
31
Page de fin
18
Page de fin dans la numérisation
34
Incipit
Passons donc à d'autres Articles, & disons que la Musique
Texte
aſſons donc à d'auttes Arti .
cles, &diſons que laMuſique eft malheureuſe cette année
de toutes manieres , &que fi quelquesMuſiciens ont per- du leur Procez , d'autres ont
perdu la vie. Le Sieur Cambert , maiſtre de Muſique de la feuë Reyne Mere, eſt mort àLondres, où ſon genie eſtoit fort eſtimé. Il avoit receu force biens-faits du Roy d'Angleterre , & des plus grands'
Seigneurs de ſa Cour, &tout
cequ'ils ont veu de ſes Ou-
12 LE MERCURE
vrages , n'a point démenty ce qu'il a fait en France : c'eſt à
luy que nous devons l'eſtabliſſement des Opera que nous voyons aujourd'huy ; la
Muſique deceuxde Pomone,
& des Peines &des Plaifirs
de l'Amour, eſtoit de luy ; &
depuis ce temps - là on n'a
point veu de Recitatif en
France qui ait paru nouveau.
C'eſt ce même Cambert qui
à fait chanter le premier les
belles Voix que nous admirons tous les jours , &que la Gascogneluy avoit fournies ;
c'eſt dans ces Airs que MademoiſelleBrigogne a paru avec le plus d'éclat, & c'eſt par eux qu'elle a tellement charmé
tousſes Auditeurs,quele nom
de la petite Climene luy en
GALANT. 13
eft demeuré. Toutes ces cho.
fes font connoiſtre le merite
&le malheur duSieur Cambert;mais fi le merite de tous
ceux qui en ont eſtoit reconnu , la Fortune ne ſeroit plus
adorée , ou pour mieux dire,
on ne croiroit plus qu'il y en
euſt ; mais nous ſommes tous
les iours convaincus du contraire par des exemples trop
éclatans
cles, &diſons que laMuſique eft malheureuſe cette année
de toutes manieres , &que fi quelquesMuſiciens ont per- du leur Procez , d'autres ont
perdu la vie. Le Sieur Cambert , maiſtre de Muſique de la feuë Reyne Mere, eſt mort àLondres, où ſon genie eſtoit fort eſtimé. Il avoit receu force biens-faits du Roy d'Angleterre , & des plus grands'
Seigneurs de ſa Cour, &tout
cequ'ils ont veu de ſes Ou-
12 LE MERCURE
vrages , n'a point démenty ce qu'il a fait en France : c'eſt à
luy que nous devons l'eſtabliſſement des Opera que nous voyons aujourd'huy ; la
Muſique deceuxde Pomone,
& des Peines &des Plaifirs
de l'Amour, eſtoit de luy ; &
depuis ce temps - là on n'a
point veu de Recitatif en
France qui ait paru nouveau.
C'eſt ce même Cambert qui
à fait chanter le premier les
belles Voix que nous admirons tous les jours , &que la Gascogneluy avoit fournies ;
c'eſt dans ces Airs que MademoiſelleBrigogne a paru avec le plus d'éclat, & c'eſt par eux qu'elle a tellement charmé
tousſes Auditeurs,quele nom
de la petite Climene luy en
GALANT. 13
eft demeuré. Toutes ces cho.
fes font connoiſtre le merite
&le malheur duSieur Cambert;mais fi le merite de tous
ceux qui en ont eſtoit reconnu , la Fortune ne ſeroit plus
adorée , ou pour mieux dire,
on ne croiroit plus qu'il y en
euſt ; mais nous ſommes tous
les iours convaincus du contraire par des exemples trop
éclatans
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Mots clefs
Domaine
Résumé
En une année marquée par des malheurs pour la musique, plusieurs procès et décès de musiciens ont été enregistrés. Jean-Baptiste Cambert, maître de musique de la reine mère, est décédé à Londres où son talent était très apprécié. Il avait reçu de nombreux bienfaits du roi d'Angleterre et des grands seigneurs de sa cour. Cambert est crédité de l'établissement des opéras en France, notamment avec les œuvres 'Pomone' et 'Les Peines et les Plaisirs de l'Amour'. Sa musique a introduit le récitatif en France et a révélé des voix remarquables, comme celle de Mademoiselle de La Brigogne, connue sous le nom de Climène. Le texte souligne le mérite et le malheur de Cambert, illustrant la contradiction entre le mérite et la fortune.