Titre d'après la table
Avanture arrivée à Monsieur le Marquis D. dans un Bal Bourgeois.
Fait partie d'une livraison
Page de début
72
Page de début dans la numérisation
88
Page de fin
76
Page de fin dans la numérisation
92
Incipit
Je croy qu'en parlant des Divertissemens publics, je pourois
Texte
Je croy qu’en parlant des
Divertiflemens publics, je
pourois dire quelque chofe
des Avantures que le hazard y a fait quelquefois
naiftre : mais comme je
n’ay parlé que de très-peu
de Bals, je me contenteray
de dire que le loir de Carefme-prenant M.le Marquis d’Eftrades étant déguifé avec une Cappe ( la plupart des Hommes s’eftant
ainfi mafquez ce Carnaval)
eut une avanture toute diférence de celles où la Galanterie
G A L A N T . 7$
lanterie a la meilleure parc.
Ce Marquis eftant entré
pour attendre un de Tes
Amis dans une Aflemblée
qui ne pouvoir attirer le
monde que par le bruit des
Violons, il y fut infulcé par
quelques Gens inconnus,
qui fe dirent apres Officiers d’un Régiment d’infanterie. Comme ilfe trouvoit feul & fans armes, il
leur parla d'abord fort honneftement ; ilsne laiflerent
pas de continuer à le pouffer de forte, qu’il fut obligé
de fe faire connoiftre à
74 LE M ERCURE
un jeune Cavalier nommé
M. de Malou , l ’un des
Ecuyers de Madame la
Princefle de Carignan, qui
eftoic dans cette AfTembléeavecM .leChevalierde
Carignan, & deux Dames.
Ce Gentilhomme ayant
reconnu le Marquis, fut
aufïitoft à fon fecours-, &c
s’eftant d’abord faifi del’Epée de celuy qui le prefloit
davantage, il le poufla fi
vigoureufemenr, qu'il l’obligea furie champ à faire
fatisfaéHon de l’infiilre qu’il
avoir faite à laveue de plu-
G A L A N T . 7;
fleurs de (es Camarades,
qui furent furpris delahardiefle & de la vigueur de ce
jeune Gentilhomme* mais
comme il fut obligé de fuivre les Dames & le jeune
Prince qu’il accompagnoir,
& qu’il vit bien que s’il laiffoit le Marquis d ’Eftrades,
il feroit en danger quand
ilferoit feul, fans armes, &
fans perfonne qui le connut, il l’obligea à fortir avec
luy, & à attendre fonAmy
dans fon Carroffe; à quoy
il eut beaucoup de peine à
fe refoudre, parce qu’il pa-
76 LE MERCURE
roifloitqu il y eut de la foiblé fie : mais M.de Malou
l'emporta par fes prières,
& par fes raiforts, qui luy
firent voir une neceflué
abfoluë d’en ufèrainly
Divertiflemens publics, je
pourois dire quelque chofe
des Avantures que le hazard y a fait quelquefois
naiftre : mais comme je
n’ay parlé que de très-peu
de Bals, je me contenteray
de dire que le loir de Carefme-prenant M.le Marquis d’Eftrades étant déguifé avec une Cappe ( la plupart des Hommes s’eftant
ainfi mafquez ce Carnaval)
eut une avanture toute diférence de celles où la Galanterie
G A L A N T . 7$
lanterie a la meilleure parc.
Ce Marquis eftant entré
pour attendre un de Tes
Amis dans une Aflemblée
qui ne pouvoir attirer le
monde que par le bruit des
Violons, il y fut infulcé par
quelques Gens inconnus,
qui fe dirent apres Officiers d’un Régiment d’infanterie. Comme ilfe trouvoit feul & fans armes, il
leur parla d'abord fort honneftement ; ilsne laiflerent
pas de continuer à le pouffer de forte, qu’il fut obligé
de fe faire connoiftre à
74 LE M ERCURE
un jeune Cavalier nommé
M. de Malou , l ’un des
Ecuyers de Madame la
Princefle de Carignan, qui
eftoic dans cette AfTembléeavecM .leChevalierde
Carignan, & deux Dames.
Ce Gentilhomme ayant
reconnu le Marquis, fut
aufïitoft à fon fecours-, &c
s’eftant d’abord faifi del’Epée de celuy qui le prefloit
davantage, il le poufla fi
vigoureufemenr, qu'il l’obligea furie champ à faire
fatisfaéHon de l’infiilre qu’il
avoir faite à laveue de plu-
G A L A N T . 7;
fleurs de (es Camarades,
qui furent furpris delahardiefle & de la vigueur de ce
jeune Gentilhomme* mais
comme il fut obligé de fuivre les Dames & le jeune
Prince qu’il accompagnoir,
& qu’il vit bien que s’il laiffoit le Marquis d ’Eftrades,
il feroit en danger quand
ilferoit feul, fans armes, &
fans perfonne qui le connut, il l’obligea à fortir avec
luy, & à attendre fonAmy
dans fon Carroffe; à quoy
il eut beaucoup de peine à
fe refoudre, parce qu’il pa-
76 LE MERCURE
roifloitqu il y eut de la foiblé fie : mais M.de Malou
l'emporta par fes prières,
& par fes raiforts, qui luy
firent voir une neceflué
abfoluë d’en ufèrainly
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Résumé
Lors d'un bal masqué, le marquis d'Estrades, déguisé en loir, est insulté par des individus se prétendant officiers d'un régiment d'infanterie. Ne portant pas d'armes, il tente de se défendre verbalement. M. de Malou, un écuyer de Madame la Princesse de Carignan, intervient avec le chevalier de Carignan et deux dames. M. de Malou désarme l'un des agresseurs et obtient des excuses publiques. Cependant, il doit quitter les lieux avec les dames et le jeune prince qu'il accompagne, laissant le marquis d'Estrades seul. M. de Malou persuade finalement le marquis de quitter l'assemblée pour éviter tout danger supplémentaire.