Titre
AU ROY
Titre d'après la table
Vers de M. de Corneille l'aisné, au Roy.
Fait partie d'une livraison
Page de début
47
Page de début dans la numérisation
63
Page de fin
51
Page de fin dans la numérisation
67
Incipit
Est-il vray, Grand Monarque, et puis-je me vanter,
Texte
AU R O Y
S t-ilvra y,G ra n d M onarque,
& puis .je me vanter,
Q ue tu prennes plaifir à me reffufciterl _ ' '
Qgfau bout de quarante ans, C in -
na, Pompée, H orace,
Reviennent à la mode & retrouvent leur place,
E t que l'heureux brillant de mes
jeunes R iv a u x ,
2/*ofie point le vieux luflre a mes
premiers travaux ?
A ch evé, les derniers riont rien qui
dégénéré,
Rien qui les faffe croire Enfant
d'un autre P e r es
t
28 LE MERCURE
Ce [ont des malheureux étouffezytu
Berceau,
Qufun feul de tes regards tirer oit
du tombeau.
JDéjaSertorius,Oedipe,Rodogine,
Sont remis par ton choix dans t oute
leur fortune,
E t ce choix montreroit qu Othon
& Surend
N e font pas des Cadets indignes
de Cinna.
7 e Peuple, je l ’avoue & la Cour
les dégradent,
d'affaiblis, ou du moins ils fe le per-
/
Pour bien écrire encore, '] ay trop
longtemps écrit,
E t les rides du front paffent jufqua
l ’ Efprit 5
M ais contre un tel abus, que] au-
bonté rimpérieufe loy
bientofi& Peuple &
GALANT. 49
5 / tu donnois le tien à mes derniers + • •
Ouvrages!
Que de cette
Rameneroit
Cour vers moyl
T el Sophocle à cent ans charmoit
encor Athènes^
T el hoüillonnoit encor [on vieux
fang dans [es veines^
Jjïroient-ils à l'envy^ lors quO edipe aux abois,
T)e cent Peuples pour luy qaqna
touteslesvoix.
le riiray pas [ loin, [ mes
quinze luftres
pont encor quelque peine aux M o
dernes illuflres^
S'il en eft de fâcheux jufqu à s'en
chagriner.)
le n auray pas longtemps à les importuner s
I
5
o LE MERCURE
Quoy que je m en promette ils neft
ont rien à craindre^
C cfi le dernier éclat d'un feu prefl
à s'éteindre^
Sur le point d'expirer il ta fiche d'é*
bloüir^
* * s F
E t ne frape lesyeux que pour se*
vanoüir:
Souffre, quoy q u ilen fo it, que mon
ame ravie
T e ctifiacre le peuqui me refie devie.
Je fers depuis dou\e ans^mais c cft
par d'autres bras
Que je verfepour toy du fian^ dans
les Combats:
J'en pleure encor un Fils, & trcmbleray pour l'autre
pos & le nofre^
JÆes frayeurs cefferont enfin pàT
cette P a ix ,
G A L A N T . 51
Qui fait de tant d'Efiats les plus
ardeiïs fouhaitS:
Cependant s'il efi vray que mon
%ele le plaife,
bon m ot, devrace^au
Pere de la Chaife.
S t-ilvra y,G ra n d M onarque,
& puis .je me vanter,
Q ue tu prennes plaifir à me reffufciterl _ ' '
Qgfau bout de quarante ans, C in -
na, Pompée, H orace,
Reviennent à la mode & retrouvent leur place,
E t que l'heureux brillant de mes
jeunes R iv a u x ,
2/*ofie point le vieux luflre a mes
premiers travaux ?
A ch evé, les derniers riont rien qui
dégénéré,
Rien qui les faffe croire Enfant
d'un autre P e r es
t
28 LE MERCURE
Ce [ont des malheureux étouffezytu
Berceau,
Qufun feul de tes regards tirer oit
du tombeau.
JDéjaSertorius,Oedipe,Rodogine,
Sont remis par ton choix dans t oute
leur fortune,
E t ce choix montreroit qu Othon
& Surend
N e font pas des Cadets indignes
de Cinna.
7 e Peuple, je l ’avoue & la Cour
les dégradent,
d'affaiblis, ou du moins ils fe le per-
/
Pour bien écrire encore, '] ay trop
longtemps écrit,
E t les rides du front paffent jufqua
l ’ Efprit 5
M ais contre un tel abus, que] au-
bonté rimpérieufe loy
bientofi& Peuple &
GALANT. 49
5 / tu donnois le tien à mes derniers + • •
Ouvrages!
Que de cette
Rameneroit
Cour vers moyl
T el Sophocle à cent ans charmoit
encor Athènes^
T el hoüillonnoit encor [on vieux
fang dans [es veines^
Jjïroient-ils à l'envy^ lors quO edipe aux abois,
T)e cent Peuples pour luy qaqna
touteslesvoix.
le riiray pas [ loin, [ mes
quinze luftres
pont encor quelque peine aux M o
dernes illuflres^
S'il en eft de fâcheux jufqu à s'en
chagriner.)
le n auray pas longtemps à les importuner s
I
5
o LE MERCURE
Quoy que je m en promette ils neft
ont rien à craindre^
C cfi le dernier éclat d'un feu prefl
à s'éteindre^
Sur le point d'expirer il ta fiche d'é*
bloüir^
* * s F
E t ne frape lesyeux que pour se*
vanoüir:
Souffre, quoy q u ilen fo it, que mon
ame ravie
T e ctifiacre le peuqui me refie devie.
Je fers depuis dou\e ans^mais c cft
par d'autres bras
Que je verfepour toy du fian^ dans
les Combats:
J'en pleure encor un Fils, & trcmbleray pour l'autre
pos & le nofre^
JÆes frayeurs cefferont enfin pàT
cette P a ix ,
G A L A N T . 51
Qui fait de tant d'Efiats les plus
ardeiïs fouhaitS:
Cependant s'il efi vray que mon
%ele le plaife,
bon m ot, devrace^au
Pere de la Chaife.
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Domaine
Résumé
L'auteur adresse une lettre à un grand monarque, probablement Louis XIV, exprimant sa joie de voir ses œuvres anciennes, telles que 'Cinna', 'Pompée' et 'Horace', redevenir à la mode après quarante ans. Il reconnaît que ses œuvres récentes n'ont pas le même succès, mais mentionne que des personnages comme Sertorius, Œdipe et Rodogune ont été remis en lumière par le choix du monarque. Il espère que des œuvres comme 'Othon' et 'Suréna' ne seront pas considérées comme inférieures à 'Cinna'. L'auteur admet avoir été dégradé et affaibli par le peuple et la cour, mais espère que la bonté du monarque ramènera la cour vers lui. Il reconnaît que ses soixante-quinze ans lui causent encore quelques peines, mais assure que ses œuvres représentent le dernier éclat d'un feu prêt à s'éteindre. Il exprime également ses craintes pour ses fils, l'un déjà perdu et l'autre en danger, et espère que la paix mettra fin à ses frayeurs. Il conclut en espérant que son zèle plaise au monarque.
Est adressé ou dédié à une personne
Est rédigé par une personne