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Titre d'après la table

Tout ce qui s'est passé au Parlement le jour que Mr le Maréchal de Villars y a esté reçû Pair de France.

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Page de fin
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Incipit

Je passe à une Matiere bien differente, & qui regarde la

Texte
Je paffe à une Matiere bien
differente , & qui regarde la
gloire d'un de vos Heros.
Vous attendez fans doute
que je vous parle de la reception de Mr le Maréchal de
Villars au Parlement, en qualité de Pair de France. Cette Ceremonie qui cft curieuſe par
elle- même, le doit eftre encore davantage lors qu'elle regarde un homme auſſi diſtingué & auffi aimé du Public
que ce Maréchal ; mais c'eſt
136 MERCURE
cet amour , & cette diftinction
quim'empêcheront de vous en
entretenir auffi au long que je
fouhaiterois, puifque l'affluence du monde eftoit telle ce
jour là à la Grand- Chambre ,
qu'il a efté tres - difficile de bien
voir & de bien entendre tout
ce qui s'y paffa. Ainfi j'ay licu
de croire que les rapports que
l'on m'en a faits peuvent n'eftre
pas tout à fait fidelles ; mais
comme il ne peut s'agir que de
quelques mots pour d'autres ,
je crois pouvoir rifquer à vous
envoyer l'Article que vous at
tendez. Je commence par les
GALANY 137
noms des perfonnes diftinguées qui fe trouverent ce jourlà à la Grand-Chambre. Monfieur le Duc ; Monfieur le Duc
du Maine ; Monfieur le Comte
de Toulouze ; Mr l'Evêque de
Langres;Mr l'Evêque de Laon;
& M les Ducs de Sully , de
Chevreufe , de Villeroy , de
Noailles , d'Aumont , & de
Charoft. Outre ces Princes &
ces Ducs qui prirent ce jour - là
Seance au Parlement , le nombre de ceux que la curiofité y
attira , ainfi que je vous l'ay
déja marqué, y fut fi grand dés
le matin , qu'il y a long- temps
Avril 1710. M
138 MERCURE
que l'on n'avoit vû un nombre fi prodigieux de perfonnes
dans un lieu fi peu ſpacieux.
Mr de Villars y vint dés ſept
heures du matin pour faluër
M's du Parlement à la manicre accoûtumée. Me la Prin .
ceffe Leon ; Me la Ducheſſe de
Villars , & plufieurs autres Dames eftoient dans la Lanterne,
Avant l'ouverture de l'Audiance , le premier Huiffier ,
qui tenoit la porte de la GrandChambre, appella Mr de Villars par fon nom ,
nom , & luy demanda s'il ne vouloit pas bien
remettre fon épée entre les
GALANT 139
mains de la Juftice ? A quoy
Mr de Villars répondit , qu'il
ne l'avoit jamais renduë à per
fonne ; mais qu'aprés tous les
pas qu'il avoit faits pour arri
ver aux honneurs dont le Roy
l'honoroit , une formalité d'ufage ne l'empêcheroit pas d'avancer , & à l'inftant fon Capitaine des Gardes donna l'épée
à l'Huiffier que fuivit ce Duc,
fe foutenant fur deux bequilles.
Dés que Mr de Villars fut
entré dans le Parquet , où il
eut de la peine à arriver , à caule
de l'affluence du monde , Mr
M ij
140 MERCURE
le Premier Prefident luy fit
prefter les fermens ordinaires,
aprés quoy on luy rendit fon
épée ; & fi toft qu'il eût pris
Seance , il luy adreſſa la parole, & luy dit:
MONSIEUR ,
Quelque peine que la Cour
fouffre de vous voir affifter àfon
Audiance incommodé comme vous
eftes , elle nepeut neanmoins s'empêcher de vous en feliciter, puifque chaque pas que vous faites
renouvelle en vostre memoire les
fignalez Services que vous avez
rendusau Roy& à l'Etat.
GALANT 141
Mrde Villars ayant falué Mr
le Premier Prefident , & tous
´M"
répondit.
MESSIEURS,
Je n'ay jamais mieux reffenty
qu'en ce jour , combien je fuis redevable aux bontez du Roy , qui
non content de m'avoir élevépar
degrez auxpremieres dignitez de
l'épée , vient enfin de mettre le
comble à ma gloire , en m'aſſociant
au premier Senat de l'Univers.
De fi grands biens-faits de l'a
part de Sa Majefté, aufquels mon
foible merite ne mepermettoit pas
142 MERCURE
de prétendre , demanderoient de la
mienne des remerciemens propor
tionnez ; mais ne trouvant point
de termes affez vifs , pour dignement exprimer l'excés de ma reconnoiſſance , je me renferme à
protefter icy dans le lieu de verité,
qu'avecjoyej'employeray les reftes
de ma vie , à rendre au Roy &
l'Etat les plus fidelles Services,
queje chercheray avec empreffement les occafions de marquer à
cette augufte Compagnie les fentimens de veneration & d'eftime ,
que je luy dois en general, & à
chacun de Meffieurs en particulier.
GALANT 143
Comme je n'ay pas prétendu vous envoyer un Article
entier & parfait de cette Ceremonie , je ne vous ay rien dit
de la lecture qui fut faite de
fes Lettres de Duc & Pair, &
je ne vous ay pas nommé le
Confeiller qui en fut le Rapporteur ; mais je dois vous dire
qu'aprés cette lecture , la Cour
ayant cfté aux opinions , Mr
de Villars fut reçû tout d'une
voix Pair de France.
On plaida enfuite quelques
Caufes de differentes natures ,
fuivant qu'il fe pratique ordinairement en de pareilles oc-
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#
cafions , & ce nouveau Duc &
Pair de France , alla aux opinions avec la Cour..
Collectivité
Faux
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Résumé
Le texte décrit la réception du maréchal de Villars au Parlement en tant que Pair de France. La cérémonie, bien que notable, est brièvement relatée en raison de l'affluence massive qui a rendu difficile l'observation et l'audition des événements. Plusieurs personnalités importantes étaient présentes, notamment des ducs et des évêques. Villars est arrivé tôt pour saluer les membres du Parlement. Lors de l'ouverture de l'audience, il a remis son épée à la justice, conformément à la tradition, avant de prendre sa place. Le Premier Président l'a félicité pour ses services rendus au roi et à l'État. Villars a répondu en exprimant sa gratitude envers le roi et en promettant de continuer à servir fidèlement. La Cour a ensuite unanimement accepté Villars comme Pair de France. Quelques affaires judiciaires ont été traitées après cette cérémonie.
Soumis par delpedroa le