Titre d'après la table
Le 20. & le 27. Mrs les commissaires du Roy viennent à l'Assemblée du Clergé faire les demandes de Sa Majesté; & ce qui s'est passé à cette occasion,
Fait partie d'une livraison
Page de début
325
Page de début dans la numérisation
332
Page de fin
339
Page de fin dans la numérisation
346
Incipit
Le lendemain les Commissaires du Roy, Mrs le Pelletier
Texte
Le lendemain les Commiffaires du Roy, Mrs le Pelletier
de Souzy , Dagueffeau , Confeillers d Etat ordinaires, Mrle
Comte de Pontchartrain , Secretaire d'Etat , & Mr des Maretz , ConGeneral des Finances .
trolltre
d'Etat
&
s'étant rendus vers les dix heures du matin au Convent des
Grands Auguftins , ils y furent.
complimentez à leur arrivée
7
326 MERCURE
par les Agens du Clergé , qui
font , Mrs les Abez de Broglio & de Coiflin , & conduits
dans une Salle qui leur avoir
eftépreparée. Peu de temps aprés le Clergé députa pour les
aller recevoir & les accompa
gner jufques à lagrande Salle
de l'Affemblée Mr l'Archevê
que deBordeaux, Mr l'Evêque
de Laon , Mr. l'Evêque de
Troyes, Mr l'Evêque de faint
Pol de Leon ; Mrs les Abbez
de Dromefnil , de S. Georges,
de Crillou , & d'Aubuffon.
Voicy l'ordre dans lequel on
marcha ; fçavoir , unEvêque,
CALANT 327
unCommiſſaire du Roy, &un
Abbé , & ainfi des autres. Ils
avoient eſté reçus à la moitié
du chemin , àla maniereaccoucumée. Lorsqu'ils entrerent
dans la grande Salle toute l'Af
femblée feleva pour les faluer,
&Mrs lcs Commiffaires ayant
pris les fauteuls qui leur avoient cité préparez devant le
Bureau où ils s'affirent tous en
mêmetemps , & ils fe couvrirent. Mr le Comte de Pontchartrain remit entre les mains
de Mr l'Abbé Turgot , ancien
Agent du Clergé , Secretaire
de l'Affemblée , la Lettre du
328 MERCURE
Roy, qui la porta à Monfieur
le Cardinal de Noailles qui
l'ouvrit , & la remit à Mr l'Abbé Turgot pour en faire la lecture à toute l'Affemblée. Elle
portoit , que Sa Majeſté avoit
envoyé ces Meffieurs pour
marquer fes intentions au
Clergé , & l'eftime qu'Elle en
faifoit , & qu'il ajoûtaft toute
creance à ce que le Sicur le Pelletier luy diroit de fa part.
La lecture faite, Mrle Pelle
tier prit la parole , & témoigna d'abordla veneration que
le Roy avoit pour l'Eglife ;
l'eftime qu'il avoit pour le
↑ GALANI 329
1
Clergé , & la confideration
qu'il avoirpour ceux qui com..
pofoient cette Affemblée. Il
fit voir enfuite la liaiſon étroite qu'il y avoit entre les interefts de l'Etat & ceux de la Religion ; de quelle neceffité il étoit que le Clergé s'efforçaft de
foûtenir par de folides moyens
les juftes droits de Sa Majefparticulierement dans ces
temps calamiteux , afin de procurer à fon Peuple une paix
fûre & durable ; & enfin qu'il
ne devoit pas fe contenter
de lever les mains au Ciel; mais
qu'il devoit imiter ce Grand
té,
Mars 1710.
Ec
330 MERCURE
Preftre qui donna les Pains de
Propofition qui eftoient defti
nez pour la nourriture des Prê
tres.
Monfieur le Cardinal de
Noailles , aprés avoir donné
les louanges qui eftoient dûes
au Difcours de Mr le Pelletier,
dit qu'autrefois le Clergé ne
s'affembloit que pour concourir auxacclamations publiques
du glorieux Etat de la France;
mais que quelques ruïnées que
fuffent prefentement les Affaires du même Clergé , cependant le zele de fervir la Patrie
& d'employer tout ce qui eft
GALANT 331
dans le pouvoir de l'Eglife Gallicane pour la défenſe du
Royaume, n'étoit point ralenty , qu'il étoit tout difpofé à
donner au Roy de nouvelles
preuves de fon refpect , de fon
attachement , & de ſa juſte reconnoiffance.
Mellieurs les Commiffaires
furent enfuite reconduits pat
les mêmes Deputez jufqu'au
milieu du Cloître , où ils les avoient efté prendre, & les deux
Agens les accompagnerentjuf
qu'à leurs Caroffes.
Le 27. ils revinrent àla même heure, & ils furent reçûs
Ecij
332 MERCURE
comme la premiere fois ; &
Mr le Pelletier avant que d'entrer dans le détail de la demande qu'il avoit à faire , parla à
peu prés en ces termes.
L'homme prudent fe fert dans
toutes fes actions des précautions
requifes pour réüffir ; mais le fuccés ne dépend point de fes fages
prévoyances. Ainfi lei le Laboureur
difpofe & choifit aurc attention
les grains qu'il veut confier à la
terre, & tâche d'en connoiftre la
valeur &le temperamment. Le
Pilotte choifit luy-mefme le Vaiffeau fur lequel il veut confter fa
vie &fafortune. Il l'équippe de
GALANT 333.
tout ce qui eft neceffaire pour rendrefon voyageheureux , &prend
fon temps pour partir par un vent
favorable. Le General profite des
avantages du lieupour mettre fon
Armée en bataille , &faire une
difpofition qui puiffe luy donner
une efperance certaine de vaincre
fon ennemi. Cependant il arrive
que l'intemperie de l'air , la rigueur desfaifons , des accidens
imprevus , rendent l'efperance du
Laboureur inutile, &détruiſent
en un moment le fruit de tousfes
travaux. La Mer & les Vents
rompent tres -fouvent lesfages me.
fures que le Pilote à prifes , من
334 MERCURE
une défaite fanglante rend inutibe lesfages difpofitions d'un General experimenté. Cependantle Laboureur ne renonce point àfon travail , & une malheureufe recol
te ne fait que l'exciter à reparer
fes pertespar une Moiffon avan
tagenfe. Le Pilote radoube fon
Vaiffeau fe met en état d'entreprendre un voyage plus beureux pourfe confoler de fon naufrage. Le General ralliefes Troupes , reparefon Armée & faitté
te tout de nouveau àfon Ennemi.
Nousavons vú, Mrs, laplus belle
recolte détruite par la rigueur de la
faifon qui a glacé les femences.
GALANT 335
dans le fein de la terre qui ne nous
a pas voulu rendre le grain qu'on
luy avoit confié. Nous avons vût
le Printemps fans Moiffon
l'Etéfansfruits ; mais l'apparence d'une recolte abondante , les
Campagnes toutes vertes nous
font déja oublier nos malheurs
paffez. La Meraréparéce qu'elle nous avoit pú caufer de défordre , nous a apporté des bled's
que nous n'avions pas femez. Le
fort des armes nous a esté favorable en Espagne , en Allemagne,
en Dauphiné, où nous avons
rendu les efforts de nos Ennemis
inutiles. Si la Victoire a paruba
336 MERCURE
1
lancer aux Pays- Bas ,finos Ennemis fe font rendus maistres de
quelques- unes de nos Places , ils
le doivent plûtoft à la difette de
viores qu'aux prodigieux efforts
qu'ils ont faits .Ils ont connu dans
la derniere Bataille qu'il en coûtoit davantage aux Vainqueurs
qu'aux Vaincus. Si le fort de nos
Armes n'a plus cette fuite innom
brable de profperitez qu'elle avoit
autrefois, c'eft à vous, Mrs, àfai
re denouveaux efforts pour mettre
S. M. en étatderefifter àfes Ennemis , oude redonner la tranqui
lité à l'Europe par une bonne
durablepaix. Tous les Sujets de
Sa
GALANT 337
1
S. M.concourent ensemble pour
luy donner de nouveauxfecours.
La Cour s'eft non feulement privée defes ornemensfuperflus,mais
encoredefa Vaiffelle ,
#fes qui luyparoiffoient les plusneceffaires. Les Magiftrats ont tedes chomoigné leur zele par leurempreffement à racheter la Capitation ;
J
nousfommesperfuadez, Mrs, que
vous fuivrez defi beaux exem
ples . Outre Pintereft qui vous eft
commun avec eux , il y en a un
qui vous est tout particulier.
Nous ne combatons pas ici feulementpour défendre vos foyers. Il
s'agit de défendrela caufe deDieu,
Mars 1710.
Ff
338 MERCURE
d'empêcher laprofanation de vos
Eglifes , & d'oppofer une barriere à l'Herefte qui eft toute prefte
de penetrer dans le fein de ce
Royaume.
Il fit enfuite la demande de
vingt- quatre millions par cmprunt au denier douze , pour
le rachat & l'extinction à perpetuité du fubfidequi tient licu
de la Capitation. Monfieut le Cardinal de
Noailles répondit que l'Affemblée eftoit toute difpofée à
accorder au Roy , ce que Sa
Majefté luy demandoit , &
aprés avoir ainfi donné des
GALANT 339
marques de la foumiffion du
Clergé aux ordres du Roy ,
Meffieurs les Commiffaires
furent reconduits comme ils
l'avoient efté la premiere fois.
Rien n'eftoit fi difficile que
cet Article , tant à cauſe du
Ceremonial que du grand
nombre defaits qu'il contient.
Ils font tous veritables ; mais
je ne vous affure pas qu'il n'y
en ait point quelques uns de
tranfpolez.
de Souzy , Dagueffeau , Confeillers d Etat ordinaires, Mrle
Comte de Pontchartrain , Secretaire d'Etat , & Mr des Maretz , ConGeneral des Finances .
trolltre
d'Etat
&
s'étant rendus vers les dix heures du matin au Convent des
Grands Auguftins , ils y furent.
complimentez à leur arrivée
7
326 MERCURE
par les Agens du Clergé , qui
font , Mrs les Abez de Broglio & de Coiflin , & conduits
dans une Salle qui leur avoir
eftépreparée. Peu de temps aprés le Clergé députa pour les
aller recevoir & les accompa
gner jufques à lagrande Salle
de l'Affemblée Mr l'Archevê
que deBordeaux, Mr l'Evêque
de Laon , Mr. l'Evêque de
Troyes, Mr l'Evêque de faint
Pol de Leon ; Mrs les Abbez
de Dromefnil , de S. Georges,
de Crillou , & d'Aubuffon.
Voicy l'ordre dans lequel on
marcha ; fçavoir , unEvêque,
CALANT 327
unCommiſſaire du Roy, &un
Abbé , & ainfi des autres. Ils
avoient eſté reçus à la moitié
du chemin , àla maniereaccoucumée. Lorsqu'ils entrerent
dans la grande Salle toute l'Af
femblée feleva pour les faluer,
&Mrs lcs Commiffaires ayant
pris les fauteuls qui leur avoient cité préparez devant le
Bureau où ils s'affirent tous en
mêmetemps , & ils fe couvrirent. Mr le Comte de Pontchartrain remit entre les mains
de Mr l'Abbé Turgot , ancien
Agent du Clergé , Secretaire
de l'Affemblée , la Lettre du
328 MERCURE
Roy, qui la porta à Monfieur
le Cardinal de Noailles qui
l'ouvrit , & la remit à Mr l'Abbé Turgot pour en faire la lecture à toute l'Affemblée. Elle
portoit , que Sa Majeſté avoit
envoyé ces Meffieurs pour
marquer fes intentions au
Clergé , & l'eftime qu'Elle en
faifoit , & qu'il ajoûtaft toute
creance à ce que le Sicur le Pelletier luy diroit de fa part.
La lecture faite, Mrle Pelle
tier prit la parole , & témoigna d'abordla veneration que
le Roy avoit pour l'Eglife ;
l'eftime qu'il avoit pour le
↑ GALANI 329
1
Clergé , & la confideration
qu'il avoirpour ceux qui com..
pofoient cette Affemblée. Il
fit voir enfuite la liaiſon étroite qu'il y avoit entre les interefts de l'Etat & ceux de la Religion ; de quelle neceffité il étoit que le Clergé s'efforçaft de
foûtenir par de folides moyens
les juftes droits de Sa Majefparticulierement dans ces
temps calamiteux , afin de procurer à fon Peuple une paix
fûre & durable ; & enfin qu'il
ne devoit pas fe contenter
de lever les mains au Ciel; mais
qu'il devoit imiter ce Grand
té,
Mars 1710.
Ec
330 MERCURE
Preftre qui donna les Pains de
Propofition qui eftoient defti
nez pour la nourriture des Prê
tres.
Monfieur le Cardinal de
Noailles , aprés avoir donné
les louanges qui eftoient dûes
au Difcours de Mr le Pelletier,
dit qu'autrefois le Clergé ne
s'affembloit que pour concourir auxacclamations publiques
du glorieux Etat de la France;
mais que quelques ruïnées que
fuffent prefentement les Affaires du même Clergé , cependant le zele de fervir la Patrie
& d'employer tout ce qui eft
GALANT 331
dans le pouvoir de l'Eglife Gallicane pour la défenſe du
Royaume, n'étoit point ralenty , qu'il étoit tout difpofé à
donner au Roy de nouvelles
preuves de fon refpect , de fon
attachement , & de ſa juſte reconnoiffance.
Mellieurs les Commiffaires
furent enfuite reconduits pat
les mêmes Deputez jufqu'au
milieu du Cloître , où ils les avoient efté prendre, & les deux
Agens les accompagnerentjuf
qu'à leurs Caroffes.
Le 27. ils revinrent àla même heure, & ils furent reçûs
Ecij
332 MERCURE
comme la premiere fois ; &
Mr le Pelletier avant que d'entrer dans le détail de la demande qu'il avoit à faire , parla à
peu prés en ces termes.
L'homme prudent fe fert dans
toutes fes actions des précautions
requifes pour réüffir ; mais le fuccés ne dépend point de fes fages
prévoyances. Ainfi lei le Laboureur
difpofe & choifit aurc attention
les grains qu'il veut confier à la
terre, & tâche d'en connoiftre la
valeur &le temperamment. Le
Pilotte choifit luy-mefme le Vaiffeau fur lequel il veut confter fa
vie &fafortune. Il l'équippe de
GALANT 333.
tout ce qui eft neceffaire pour rendrefon voyageheureux , &prend
fon temps pour partir par un vent
favorable. Le General profite des
avantages du lieupour mettre fon
Armée en bataille , &faire une
difpofition qui puiffe luy donner
une efperance certaine de vaincre
fon ennemi. Cependant il arrive
que l'intemperie de l'air , la rigueur desfaifons , des accidens
imprevus , rendent l'efperance du
Laboureur inutile, &détruiſent
en un moment le fruit de tousfes
travaux. La Mer & les Vents
rompent tres -fouvent lesfages me.
fures que le Pilote à prifes , من
334 MERCURE
une défaite fanglante rend inutibe lesfages difpofitions d'un General experimenté. Cependantle Laboureur ne renonce point àfon travail , & une malheureufe recol
te ne fait que l'exciter à reparer
fes pertespar une Moiffon avan
tagenfe. Le Pilote radoube fon
Vaiffeau fe met en état d'entreprendre un voyage plus beureux pourfe confoler de fon naufrage. Le General ralliefes Troupes , reparefon Armée & faitté
te tout de nouveau àfon Ennemi.
Nousavons vú, Mrs, laplus belle
recolte détruite par la rigueur de la
faifon qui a glacé les femences.
GALANT 335
dans le fein de la terre qui ne nous
a pas voulu rendre le grain qu'on
luy avoit confié. Nous avons vût
le Printemps fans Moiffon
l'Etéfansfruits ; mais l'apparence d'une recolte abondante , les
Campagnes toutes vertes nous
font déja oublier nos malheurs
paffez. La Meraréparéce qu'elle nous avoit pú caufer de défordre , nous a apporté des bled's
que nous n'avions pas femez. Le
fort des armes nous a esté favorable en Espagne , en Allemagne,
en Dauphiné, où nous avons
rendu les efforts de nos Ennemis
inutiles. Si la Victoire a paruba
336 MERCURE
1
lancer aux Pays- Bas ,finos Ennemis fe font rendus maistres de
quelques- unes de nos Places , ils
le doivent plûtoft à la difette de
viores qu'aux prodigieux efforts
qu'ils ont faits .Ils ont connu dans
la derniere Bataille qu'il en coûtoit davantage aux Vainqueurs
qu'aux Vaincus. Si le fort de nos
Armes n'a plus cette fuite innom
brable de profperitez qu'elle avoit
autrefois, c'eft à vous, Mrs, àfai
re denouveaux efforts pour mettre
S. M. en étatderefifter àfes Ennemis , oude redonner la tranqui
lité à l'Europe par une bonne
durablepaix. Tous les Sujets de
Sa
GALANT 337
1
S. M.concourent ensemble pour
luy donner de nouveauxfecours.
La Cour s'eft non feulement privée defes ornemensfuperflus,mais
encoredefa Vaiffelle ,
#fes qui luyparoiffoient les plusneceffaires. Les Magiftrats ont tedes chomoigné leur zele par leurempreffement à racheter la Capitation ;
J
nousfommesperfuadez, Mrs, que
vous fuivrez defi beaux exem
ples . Outre Pintereft qui vous eft
commun avec eux , il y en a un
qui vous est tout particulier.
Nous ne combatons pas ici feulementpour défendre vos foyers. Il
s'agit de défendrela caufe deDieu,
Mars 1710.
Ff
338 MERCURE
d'empêcher laprofanation de vos
Eglifes , & d'oppofer une barriere à l'Herefte qui eft toute prefte
de penetrer dans le fein de ce
Royaume.
Il fit enfuite la demande de
vingt- quatre millions par cmprunt au denier douze , pour
le rachat & l'extinction à perpetuité du fubfidequi tient licu
de la Capitation. Monfieut le Cardinal de
Noailles répondit que l'Affemblée eftoit toute difpofée à
accorder au Roy , ce que Sa
Majefté luy demandoit , &
aprés avoir ainfi donné des
GALANT 339
marques de la foumiffion du
Clergé aux ordres du Roy ,
Meffieurs les Commiffaires
furent reconduits comme ils
l'avoient efté la premiere fois.
Rien n'eftoit fi difficile que
cet Article , tant à cauſe du
Ceremonial que du grand
nombre defaits qu'il contient.
Ils font tous veritables ; mais
je ne vous affure pas qu'il n'y
en ait point quelques uns de
tranfpolez.
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Mots clefs
Résumé
Le 27 mars 1710, des commissaires du roi, incluant Messieurs le Pelletier de Souzy, Dagueffeau, le comte de Pontchartrain, et des Maretz, se rendirent au couvent des Grands Augustins. Ils furent accueillis par les abbés de Broglie et de Coislin, puis conduits dans une salle préparée. Une délégation du clergé, dirigée par l'archevêque de Bordeaux et plusieurs évêques, vint les recevoir et les accompagner jusqu'à la grande salle de l'assemblée. Dans cette salle, les commissaires prirent place sur des fauteuils après avoir été salués par l'assemblée. Le comte de Pontchartrain remit une lettre du roi à l'abbé Turgot, qui la lut à haute voix. La lettre exprimait les intentions du roi envers le clergé et l'importance de leur soutien en ces temps difficiles. Le Pelletier de Souzy souligna la vénération du roi pour l'Église et la nécessité de soutenir les droits du roi. Le cardinal de Noailles répondit en affirmant le zèle du clergé à servir la patrie et son attachement au roi. Les commissaires furent ensuite reconduits jusqu'au cloître. Le lendemain, les commissaires revinrent à la même heure et furent reçus de la même manière. Le Pelletier de Souzy parla des précautions prises par les hommes prudents et des imprévus qui peuvent ruiner leurs efforts. Il compara cette situation à celle de la France, qui avait subi des revers mais restait déterminée à se relever. Il demanda au clergé un emprunt de vingt-quatre millions pour racheter et extinguer le subside de la capitation. Le cardinal de Noailles répondit que l'assemblée était prête à accorder cette demande au roi, marquant ainsi la soumission du clergé aux ordres du roi. Les commissaires furent reconduits comme la première fois.