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Titre

EPITHALAME.

Page de début
193
Page de début dans la numérisation
200
Page de fin
200
Page de fin dans la numérisation
207
Incipit

Voicy une Epithalame faite à l'occasion de ce mariage, par / On dit que de l'Amour l'Hymen est le tombeau

Texte
Voicy une Epithalame faite
à l'occafion de ce mariage , par
le même Mr de Meffange , qui
a fait les trois Sonnets fur la
Naiffance de Monſeigneur le
Duc d'Anjou.
EPITHALAME.
On dit que de l'Amour l'Hymen
eft le tombeau
Que la premiere nuit en éteint le
flambeau;
Mais ces aimables lieux font témoins du contraire
Etpar les nœuds nouveaux qu'-
Hymeny vient defaire
Mars 1710. R
194 MERCURE
On voit qu'ayant formé des Amours le plus beau
Loin d'eftre fon fepulcre , il en eft
le berceau.
?
Apeine eft-ilproduit cet Amour
plein de charmes
Qu'ilforce une Beautéde luyrendre les armes.
I
Il n'eft pourfes defirs ni dédains ni
rigueurs;
Il est né triomphant ; fes attraits
font vainqueurs.
Enfantépourla joye & non pour
la trift ffe
Ilfe trouve en naiffantMaîtrede
faMaîtreffe,
GALANT 195
Qui regnantfurfon cœur comme
Luyfur lefien
Partage entre-elle & luy fous un
commun lien
Dans de fi doux tranſports qu'on
nepeut les décrire
Et le fceptre le joug d'un mutuel Empire.
Amour dont les deffeins avouez
de Themis
Et louezdes mortels ont les Dieux
* pour amis
Vous valez beaucoup mieux que.
celuy que nous donne
Contre leursfaintes loix lafille de
Dione,
Rij
96 MERCURE
Qui n'offrant à nos yeux qu'at—
traits voluptez of th
N'aa pour nos cœurs feduits qu'ou
gidari
Ennuis , chagrins , langueurs , depits ,foupçons , allarmes,
Trahifons, defefpoirs , &longs tordelarmes.
trages , cruautez ,
rens T
L'Amourde qui l'Hymen afair
naiſtre lesfeux s
Eftfage , pacifique , égal & genereux :
TOTN
Songrandcœur eft rempli defentimensfideles WUNGA
Les Nymphes ennaiffant luy cou
perent les aîles
Etp ur luy laifferfaire un choix
d lic eux
GALANT 197
Neluy mirentjamais de bandeau
fur les yeuxoryGISTE
Le Ciel armafonbras d'un Arcinalterable -299077
Rendantpour s'en fervirfonbras
infatigable tool, siq
Samainporte unflambeau capable
d'enflamer
Mais non pas d'éblouir le cœur
qu'ilfait aimerame
Son Carquoisfoutenu des mains de
la fortune
Entre cent fléches d'or , de plomb
n'en a pas une.
Les Ris & les Plaiſirs folâtrent
furfes pas
Les Graces l'ont orné de leurs plus
R iij
198 MERCURE
1
doux
appas :
Sans ceffe autour de luy volent les
complaifances ,
40
Les jeux , les tendresfoins & les
réjouiffances.
Hymen,charmant Hymen, daigne
pourton honneur 21
Conferver un Amour qui te fait
tant d'honneur. H
Feunesse en qui nature a mis fes
dons aimables
Nerecevezjamais que des amours
femblables.
Ils font rares , ce Dieu n'en forme
pas toujours :
Tâchez d'en obtenirpour avoirde
beauxjours.
GALANTTHE
Heureux qui peut trouvékán
22 fes illuftres Peres..
Des Noms tels
ral *
1893*
que Gramont
Noailles d'Humieres ,
Des Nomsque la vertufçait immortalifer,
Des Noms à qui le Ciel ne peut
FID rien refuſer!
Heureuxqui de Chriftine éprouvant la tendreffe
Apú de fes leçons concevoir la richeffe ,
**
Et desfoibles mortels connoiffant
soles befoins
Faire unfage profit defes habiles
foins
Heureufe quipourra de cette amefi
belle Riiij
200 MERCURE
Avoirl'ame pourguide & le cœur
pour modeles seandi a¶
Mais laiffons ces difcours pour
une autrefaifon, M.
On aura tout le temps d'écouter
leur raifon:
Auffibien dévouez àdeplus doux
myfteres,
Aujourd'huy nos Amans ont bien
d'autres affaires,p
Genre
Collectivité
Faux
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Genre littéraire
Mots clefs
Résumé
Le texte est un épithalame, un poème célébrant un mariage, écrit par Monsieur de Meffange en mars 1710. L'auteur réfute l'idée que le mariage éteint l'amour, affirmant que l'amour naît et triomphe dans le mariage. Il décrit un amour triomphant, plein de charmes, qui force une beauté à rendre les armes. Cet amour est né sans désirs, dédains ou rigueurs, et partage un lien mutuel entre les époux. L'épithalame oppose cet amour à celui de la déesse Vénus, qui apporte ennui, chagrins et soupçons. L'amour du mariage est sage, pacifique, égal et généreux, rempli de sentiments fidèles. Les Nymphes, en naissant, lui coupent les ailes pour lui permettre de faire un choix libre. Le Ciel arme ses bras d'un arc inaltérable, capable d'enflammer mais non d'éblouir le cœur. L'amour est entouré de rires, de plaisirs, de grâces et de complaisances. L'auteur souhaite que les jeunes mariés conservent cet amour et soient heureux comme leurs illustres pères, tels que Gramont, Noailles et Humieres. Il espère que les mariés suivront les leçons de Christine et feront un sage usage de leurs âmes et cœurs. Enfin, il conclut en se consacrant aux affaires des amants.
Est probablement rédigé par une personne
Soumis par delpedroa le