Titre
LETTRE du P. A. J. à un Ami.
Titre d'après la table
Lettre en Vers, & c.
Fait partie d'une livraison
Fait partie d'une section
Page de début
24
Page de début dans la numérisation
47
Page de fin
35
Page de fin dans la numérisation
58
Incipit
Ami veux-tu sçavoir l'usage des momens
Texte
LETTRE du P. A. J. k un Ami*
AMi , veux-tu sjavoir l'usage des momens
Qui composent ma vie
Peut être en les trouvant si doux &si chair
mans >
Me porteras-tu quelqu'envie.
A ce plaisant début que tu crois impos
teur,
Cher Ami , tu vas rire.
XI me semble. déja te voir d'un air railleur
Me lancer un trait de Satyre,
m
tìfòitbeau j diras- tu , voir au fond d'un Bu»
reau
L'éleve d'Uraniè ,
D'abbatcre , disputer sur le prix (*) d'un Tau*
reau , _ '
Et prostituer son ge'nici
f®
Cette main, qui jadis-calcu loir du Soleil
(m) L'jluttur étoit alors Procureur dnnt
ht Maijm d» Btrry*
Les.
JANVIER. i7jo.
Les mouvemens rapides ,
Suppute maintenant les profits d'un (*')
Chepteil ,
Avec des Paysans stupides.
9-
Mon poste à ce coup d'oeil est âtonjuge-íment
Ignoble autant que rude :
Mais apprens que j'en fais un doux amuse
ment, -
Ei non pas une triste étude.
Par- lâ j'ai trouvé fart d'étayer de mon
cotps
La prochaine ruine s
Je sens de jour en jour s'animer les ressorts »
De cette importante machine.
m
En faisant succéder le travail au repos , ,
La Campagne à la Ville ,
Je médite , je lis , & je mêle à* propos «*
Le doux à l'honnête & futile.
m
Des fameux Orateurs relisant lesEcritJ^
( a) Esfetc de Fermage À U C*r»t*&ne.
Leuç
zS MERCURE DE FRANCE.
Leur sublime m'cngage:
Jfc m'efforce à l'cnvi de ces briltans esprits^
De parler le même langagem
Dès Poètes le feu , le tour , la liberté
M'éleve à l'héroïque :
En lisant de beaux Vers je me sens transiporté
D'une ardeur toute Poétique.
tá
Je n'y succombe pas , les austères leçons-
De la Philosophie
M'avertissent tout bas que ces tours , ces douxsons
,
Ne font qu'une douce folie-
0
Jë l'écoute , & formant de plus nobles f r©»
jets
Au gré de la sagesse ,
J'élève non esprit aux differens objets ,
Qu'elle me présenté sans ceíïè.
Libre depuis long - tems du servile far
deau
\ -
Des préjugez Vulgaires ,
©e la foy cru raison révère le 'bandeau »
Miis>
JANVIER. 175*. s*fc
Mais hors de-li point de mystères.
La sagesse de Dieu . la suprême raisoa ■
A fondé la nature ,
Tout s'y fait . tout s'y meut , par la combi
naison ; .
Le poids , Ic nombre , la mesure*
a
Jè n'y cherche donc point de vaines fa- -
culcez
Qu'enfanta Tignorance
De formes , ni d'horreurs , d'ocultes qualitez
,
Et bien moins encor d'exigence»
Jè contemplé des Cieux le superbe coi*v
tour
Et leurs clartez errantes :
Je les vois ramener & la nuit & le jour» -
Mais par des routes différentes.
m
Je m'éleve en esprit vers cette Région t ,
Qui ce monde limite :
Ah ! qu'alors cette utile & douce fiction
Rend la terre à mes yeux petite !
te
■ff MERCURE DE FRANCE."
Je cherche les raisons qui forment dans lès airs-
L'Eclair & le Tonnere :
Jf apprens celles qui sent se retirer les Mers,
Et se répandre sur la terre.
Mbn esprit curieux, va chercher lès mé
taux
Dans leurs profondes mines :
Et parcourant les Mers-, desselles, des Co*
raux ,
Développe les origines. ,
Ees> corps, des animaux & leurs ressorts di
vers
Sont autant de miracles,
te détail inhni Áe ceváste Univers*
N'otfre que d'étonnans spectacles.
Qu and ces points animer,, ces atomes vivans
Qu'un verre nous découvre
Présentent à mes yeux mille objets surpre
nants :
C'est un monde nouveau qui s'ouvre.
m
Jene méprise poinítes curieux hazards
De.
jANVtËR. 1730. 2?
t)e l'obscure Chymie.-
Xn un mot , cher Ami , je culcive les arcs ,
Que culcive l'Âcadémie.
Exempt d'entêtement comme de passions ,
Tu peux bien me connoître,
Quoiqu'on en dise. Ami, dans mes opi
nions ,
. Je ne me fixe point de Maître.
m
Sectateur dès Anciens- ainsi que des Ré
cens j
Mais toujours équitable »»
De qui fuit la raison, de qui suit le bon*
sens ;
j£ tâche d'être inséparable.
Aristote me plaît > soit dans ses animaux "s
Soit dans fa* Poétique $ .' .
J'admire son esprit dans bien d'autres tra
vaux ,
Mais, je méprise fa Physique.
0
Au reste, ne crois pas que toujours oc
cupé
De Sciences stériles,
Ebloui'
j6 MERCURE DE FRANGÉ.
Ébloui par l'éclat & par l'orgiïeil dupé,
J'en néglige de plus utiles.
m »
Non , non , je dis souvent : cessea de raç
tenter
Eclatantes Etudes :
fc'homme en vous cultivant,que fait-il,qu'fnigf«
menter
Ses travaux • ses inquiétudes /
8
Votre éclat éblouit , votre sublimité
De nos esprits abuse.
Mais vous n'étes pourtant qu'ombre , que
«anité
Où l' homme follement s'amuse-.
m
Pans ce siécle éclairé que les beaux- Arts ont
.fait ,
Un progrès incroyable
L'homme est-il devenu plus heureux, plue
parfait í
. Non : mais pe«t- être plus coupable.
m
Oui , f'homme, en découvrant par de pé
nibles foins
Tant ds choses fi belles ,
N**
JANVIER. 1730. 31
N'a fait que découvrir mille nouveaux be
soins ,
Se former des chaînes nouvelles.
&
Se connoître soi-même est le premier dé
voir
Que le Ciel nous impose.
Osons ce beau dessein fortement concevoir i--
On l'éxecute quand on 1'ose.
C'est ainsi qu'à percer les repKs de no»!
coeur , . •
, Jém'excire moi-même :
Mais on ne devient pas si promptement vaiÌM
queur ,
Des deffáutí que souvent on aime»-
3 * /
J*ai pourtant écrasé des Tyrans de no*
jour*
La tête fastueuse :
Ees désirs de briller , Domestiques VaKr
tours,. ;..
^ ìic troublent plus ma vie heureuse. .
«•*«•-- • •
Ehvain» devant mes yeux éclairent les appas f
De tëestime publique, .
Hea.
i/ï MERCURË DE FRONCÉ
Heureux, je sçais goûter loin d'un brîllarilt
fracas ,
Ême vie humble & pacìfiquev
Content d quelque ami pour moi plein* de
bonté
Dé lire mes Ouvrages »
Qn" ne tneverra point du Public redouté*
Briguer les orgueilleux suffrages.
m
Je cherche dans mon coeur ce qui' faîc'
avorter '
Les efforts de la grâce s
Sûr qu'au gré de mes voeux , qu'elle sçait
Consulter,-
Elle est- > ou n'est pas efficace.
Je nombre toúí les maux qui marchent fur
les pas*
De la fiere opulence;
Je vois que le bonheur ne se rencontré pas-
Dans les biens , mais dans l'innocencem
D"e nos mystères saints je fondé les abords -j
Redoutable entreprise ! < -
tíáis utile pourtant quand on fuit les efforts
D'une raison droite Se soumise.
Mer
JANVIER. 1750. ??
m
Merveilles de la foi , ne peut-on vous pxncr
Pe couleurs encor neuyes ?
rAnciennes Vérités , ne peut-on vous donnei
Encor de nouvelles preuves ì
SB
Pour louer des mortels , on use tous les
tours
Ç£ue fournit l'éloquence ;
Et nous ne pourrions pas par de nouveaux
discours
Rendre aimable la Providence !
Malgré les beaux dehors dont il est revêtus
Je découvre le vice ;
Et des attraits naïfs de l'aimable vertu.
Je fjais distinguer l'artifice.
m
Objets toujours divers de méditation
Les Passions humaines ,
Les haines , les defirs , l'orgueil , l'ambfc
íipn ,
Me fournissent d'étranges Scènes.
m
Observateur exact, je les fuis pas â pa?
Pans leurs routes obliques)
'lai
=54 MERCURE DE FRANCE,
implacable ennemi de quiconque n'est pas
Homme droit à mes yeux stoïques.
8
Je déteste surtout cet Art contagieux
Qui corrompt les oreilles ,•
fQui toûjours chez les Grands d'un son har
monieux
Leur chante leurs propres merveilles.
81
<0 Vous de qui dépend le destia des hu
mains ,
Arbicres du mérite ,
STous les jours vos flatteurs ravissent dans vos
maùis
prix de la vertu proscrite.
m
De vils adulateurs vous recevez Tcncens»
Idoles de la terre ,*
Jkîais fçachez que du Dieu qui jugera íes
Grands
Cet encens forme le Tonnere.
m
Mais oû m'enlevez - vous d'un vol auda
cieux,
Capricieuse Guide?
/íh ! Muse , descendons ; pour voler dans le*
-Cieux
Je n'ai pas l'aile assez rapide. * .
.C'est
. JANVIER. ,730. 15
(C'est ainsi , cher ami , que je passe les
jours
Quela Parque me filej
ïls ne fonc pas brillans , il est yrai / mais
leur cours
En est plus doux & plus tranquille.
AMi , veux-tu sjavoir l'usage des momens
Qui composent ma vie
Peut être en les trouvant si doux &si chair
mans >
Me porteras-tu quelqu'envie.
A ce plaisant début que tu crois impos
teur,
Cher Ami , tu vas rire.
XI me semble. déja te voir d'un air railleur
Me lancer un trait de Satyre,
m
tìfòitbeau j diras- tu , voir au fond d'un Bu»
reau
L'éleve d'Uraniè ,
D'abbatcre , disputer sur le prix (*) d'un Tau*
reau , _ '
Et prostituer son ge'nici
f®
Cette main, qui jadis-calcu loir du Soleil
(m) L'jluttur étoit alors Procureur dnnt
ht Maijm d» Btrry*
Les.
JANVIER. i7jo.
Les mouvemens rapides ,
Suppute maintenant les profits d'un (*')
Chepteil ,
Avec des Paysans stupides.
9-
Mon poste à ce coup d'oeil est âtonjuge-íment
Ignoble autant que rude :
Mais apprens que j'en fais un doux amuse
ment, -
Ei non pas une triste étude.
Par- lâ j'ai trouvé fart d'étayer de mon
cotps
La prochaine ruine s
Je sens de jour en jour s'animer les ressorts »
De cette importante machine.
m
En faisant succéder le travail au repos , ,
La Campagne à la Ville ,
Je médite , je lis , & je mêle à* propos «*
Le doux à l'honnête & futile.
m
Des fameux Orateurs relisant lesEcritJ^
( a) Esfetc de Fermage À U C*r»t*&ne.
Leuç
zS MERCURE DE FRANCE.
Leur sublime m'cngage:
Jfc m'efforce à l'cnvi de ces briltans esprits^
De parler le même langagem
Dès Poètes le feu , le tour , la liberté
M'éleve à l'héroïque :
En lisant de beaux Vers je me sens transiporté
D'une ardeur toute Poétique.
tá
Je n'y succombe pas , les austères leçons-
De la Philosophie
M'avertissent tout bas que ces tours , ces douxsons
,
Ne font qu'une douce folie-
0
Jë l'écoute , & formant de plus nobles f r©»
jets
Au gré de la sagesse ,
J'élève non esprit aux differens objets ,
Qu'elle me présenté sans ceíïè.
Libre depuis long - tems du servile far
deau
\ -
Des préjugez Vulgaires ,
©e la foy cru raison révère le 'bandeau »
Miis>
JANVIER. 175*. s*fc
Mais hors de-li point de mystères.
La sagesse de Dieu . la suprême raisoa ■
A fondé la nature ,
Tout s'y fait . tout s'y meut , par la combi
naison ; .
Le poids , Ic nombre , la mesure*
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Jè n'y cherche donc point de vaines fa- -
culcez
Qu'enfanta Tignorance
De formes , ni d'horreurs , d'ocultes qualitez
,
Et bien moins encor d'exigence»
Jè contemplé des Cieux le superbe coi*v
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Et leurs clartez errantes :
Je les vois ramener & la nuit & le jour» -
Mais par des routes différentes.
m
Je m'éleve en esprit vers cette Région t ,
Qui ce monde limite :
Ah ! qu'alors cette utile & douce fiction
Rend la terre à mes yeux petite !
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■ff MERCURE DE FRANCE."
Je cherche les raisons qui forment dans lès airs-
L'Eclair & le Tonnere :
Jf apprens celles qui sent se retirer les Mers,
Et se répandre sur la terre.
Mbn esprit curieux, va chercher lès mé
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Dans leurs profondes mines :
Et parcourant les Mers-, desselles, des Co*
raux ,
Développe les origines. ,
Ees> corps, des animaux & leurs ressorts di
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Sont autant de miracles,
te détail inhni Áe ceváste Univers*
N'otfre que d'étonnans spectacles.
Qu and ces points animer,, ces atomes vivans
Qu'un verre nous découvre
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C'est un monde nouveau qui s'ouvre.
m
Jene méprise poinítes curieux hazards
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jANVtËR. 1730. 2?
t)e l'obscure Chymie.-
Xn un mot , cher Ami , je culcive les arcs ,
Que culcive l'Âcadémie.
Exempt d'entêtement comme de passions ,
Tu peux bien me connoître,
Quoiqu'on en dise. Ami, dans mes opi
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. Je ne me fixe point de Maître.
m
Sectateur dès Anciens- ainsi que des Ré
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Mais toujours équitable »»
De qui fuit la raison, de qui suit le bon*
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j£ tâche d'être inséparable.
Aristote me plaît > soit dans ses animaux "s
Soit dans fa* Poétique $ .' .
J'admire son esprit dans bien d'autres tra
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Au reste, ne crois pas que toujours oc
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De Sciences stériles,
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Ébloui par l'éclat & par l'orgiïeil dupé,
J'en néglige de plus utiles.
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Non , non , je dis souvent : cessea de raç
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Eclatantes Etudes :
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Ses travaux • ses inquiétudes /
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Où l' homme follement s'amuse-.
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Pans ce siécle éclairé que les beaux- Arts ont
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Un progrès incroyable
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Oui , f'homme, en découvrant par de pé
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Tant ds choses fi belles ,
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JANVIER. 1730. 31
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Se former des chaînes nouvelles.
&
Se connoître soi-même est le premier dé
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C'est ainsi qu'à percer les repKs de no»!
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Mais on ne devient pas si promptement vaiÌM
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Des deffáutí que souvent on aime»-
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J*ai pourtant écrasé des Tyrans de no*
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La tête fastueuse :
Ees désirs de briller , Domestiques VaKr
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^ ìic troublent plus ma vie heureuse. .
«•*«•-- • •
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De tëestime publique, .
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i/ï MERCURË DE FRONCÉ
Heureux, je sçais goûter loin d'un brîllarilt
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Ême vie humble & pacìfiquev
Content d quelque ami pour moi plein* de
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Dé lire mes Ouvrages »
Qn" ne tneverra point du Public redouté*
Briguer les orgueilleux suffrages.
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Les efforts de la grâce s
Sûr qu'au gré de mes voeux , qu'elle sçait
Consulter,-
Elle est- > ou n'est pas efficace.
Je nombre toúí les maux qui marchent fur
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De la fiere opulence;
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Dans les biens , mais dans l'innocencem
D"e nos mystères saints je fondé les abords -j
Redoutable entreprise ! < -
tíáis utile pourtant quand on fuit les efforts
D'une raison droite Se soumise.
Mer
JANVIER. 1750. ??
m
Merveilles de la foi , ne peut-on vous pxncr
Pe couleurs encor neuyes ?
rAnciennes Vérités , ne peut-on vous donnei
Encor de nouvelles preuves ì
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Pour louer des mortels , on use tous les
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Ç£ue fournit l'éloquence ;
Et nous ne pourrions pas par de nouveaux
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Rendre aimable la Providence !
Malgré les beaux dehors dont il est revêtus
Je découvre le vice ;
Et des attraits naïfs de l'aimable vertu.
Je fjais distinguer l'artifice.
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Objets toujours divers de méditation
Les Passions humaines ,
Les haines , les defirs , l'orgueil , l'ambfc
íipn ,
Me fournissent d'étranges Scènes.
m
Observateur exact, je les fuis pas â pa?
Pans leurs routes obliques)
'lai
=54 MERCURE DE FRANCE,
implacable ennemi de quiconque n'est pas
Homme droit à mes yeux stoïques.
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Je déteste surtout cet Art contagieux
Qui corrompt les oreilles ,•
fQui toûjours chez les Grands d'un son har
monieux
Leur chante leurs propres merveilles.
81
<0 Vous de qui dépend le destia des hu
mains ,
Arbicres du mérite ,
STous les jours vos flatteurs ravissent dans vos
maùis
prix de la vertu proscrite.
m
De vils adulateurs vous recevez Tcncens»
Idoles de la terre ,*
Jkîais fçachez que du Dieu qui jugera íes
Grands
Cet encens forme le Tonnere.
m
Mais oû m'enlevez - vous d'un vol auda
cieux,
Capricieuse Guide?
/íh ! Muse , descendons ; pour voler dans le*
-Cieux
Je n'ai pas l'aile assez rapide. * .
.C'est
. JANVIER. ,730. 15
(C'est ainsi , cher ami , que je passe les
jours
Quela Parque me filej
ïls ne fonc pas brillans , il est yrai / mais
leur cours
En est plus doux & plus tranquille.
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Genre littéraire
Résumé
Dans sa lettre, le P. A. J. partage ses occupations et réflexions quotidiennes. Il décrit son travail actuel comme ignoble, mais il parvient à en faire un amusement doux plutôt qu'une étude triste. Il alterne entre travail et repos, campagne et ville, méditation et lecture. Les écrits des orateurs et des poètes l'inspirent, bien qu'il soit conscient que ces passions sont des folies douces grâce aux leçons de la philosophie. L'auteur s'intéresse à la contemplation de la nature et de l'univers, cherchant à comprendre des phénomènes naturels tels que les éclairs, les marées et les métaux. Il admire à la fois les anciens et les récents, tout en restant équitable et en suivant le bon sens. Il critique les sciences stériles qui éblouissent sans rendre l'homme plus heureux ou parfait. Il valorise la connaissance de soi et une vie humble et pacifique, loin du bruit et des chaînes des désirs. Il observe les passions humaines et les fuit, détestant l'art de la flatterie. La lettre se termine par une réflexion sur la foi et la vertu, et une critique des flatteurs qui corrompent les grands. L'auteur conclut en décrivant sa vie tranquille et douce, malgré l'absence de brilliance.