Titre
PARAPHRASE, Sur l'Oraison de Jeremie, chap. V. Recordare, Domine, quid acciderit nobis &c.
Titre d'après la table
Paraphrase sur l'Oraison de Jeremie,
Fait partie d'une livraison
Fait partie d'une section
Page de début
1318
Page de début dans la numérisation
501
Page de fin
1320
Page de fin dans la numérisation
503
Incipit
Toy qui lances sur nous les traits de ta justice,
Texte
PARAPHRASE
Sur l'Oraison de Jeremic , chap. V.
Recordare,Domine, quid acciderit nobis &c.
Toy qui lances sur nous les traits de ta jus-
Oy
tice ,
Puissant Dieu , souviens toi de ta bonté propice;
Et n'abandonne pas en ce funeste jour ,
Une Ville autrefois l'objet de ton amour:
Hélas ! fut- il jamais de douleurs plus ameres ,
Notre héritage passe en des mains étrangeres.
Le Ciel dont nous avons allumé le couroux
Nous frappe en même tems de ses plus rudes
coups.
Chassez de nos maisons , bannis de notre Ville ;
Dans nos besoins pressants , nous n'avons point
d'azile.
IIVol.
Dans
JUIN. 1734. 1319
"
Dans un mortel ennui chacun coule ses jours
L'orphelin délaissé cherche en vain du secours
Le Pere voit son fils plongé dans la tristesse ,
Sans pouvoir soulager la douleur qui le presse.
La veuve fond en pleurs , et réduite aux abois,
Appelle en soupirant la mort sourde à sa voix.
Redoublant nos travaux , ainsi que ses menaces
Un barbare vainqueur insulte à nos disgraces ,
Et par le dur refus de quelques gouttes d'eau ,
Précipite nos jours dans la nuit du tombeau :
Enfin pour subsister , le Nil sur son rivage
Nous voit tomber encor dans un rude esclavage;
Nos Peres ne sont plus , et leurs iniquitez ,
Nous font souffrir lesfmaux qu'ils avoient mérités
L'esclave devenu maître de toute chose ,
Nous force d'obéir aux loix qu'il nous impose ,
Et par surcroît de maux il n'est aucune main ,
Qui nous puisse tirer de ce joug inhumain.
Irons nous parcourir les vastes solitudes ?
Le Ciel nous y frapa de ces coups les plus rudes
Quand nos freres tombants sous le fer du vainqueur
,
Subirent de leur sort la derniere rigueur ;
C'en- est- fait de la faim ne pouvant nous deffen
dre ,
2'
Nos corps extenuez vont être mis en cendre :
Les femmes de Sion en ce jour malheureux ,
Oat éteint du Soldat les impudiques feux ,
Et par tout dans Juda , les filles désolées ,
II. Vol. Ele1320
MERCURE DE FRANCE
Elevent jusqu'au Ciel leurs clameurs redoublées,
Veux-tu, Peuple obstiné , par un cruel mépris ,,
Ferm er encor l'oreille aux maux que je prédis :
Si tu suis désormais le panchant qui t'entraîne ,
Ton espoir sera vain , et ta perte certaine ,
Préviens donc tes malheurs par un prompt re
pentir ,
Et le Ciel retiendra ses traits prêts à partir.
M. Blanc , Prêtre Licentié en Theol. Hebdom
de la Cathédrale de Nîmes.
Sur l'Oraison de Jeremic , chap. V.
Recordare,Domine, quid acciderit nobis &c.
Toy qui lances sur nous les traits de ta jus-
Oy
tice ,
Puissant Dieu , souviens toi de ta bonté propice;
Et n'abandonne pas en ce funeste jour ,
Une Ville autrefois l'objet de ton amour:
Hélas ! fut- il jamais de douleurs plus ameres ,
Notre héritage passe en des mains étrangeres.
Le Ciel dont nous avons allumé le couroux
Nous frappe en même tems de ses plus rudes
coups.
Chassez de nos maisons , bannis de notre Ville ;
Dans nos besoins pressants , nous n'avons point
d'azile.
IIVol.
Dans
JUIN. 1734. 1319
"
Dans un mortel ennui chacun coule ses jours
L'orphelin délaissé cherche en vain du secours
Le Pere voit son fils plongé dans la tristesse ,
Sans pouvoir soulager la douleur qui le presse.
La veuve fond en pleurs , et réduite aux abois,
Appelle en soupirant la mort sourde à sa voix.
Redoublant nos travaux , ainsi que ses menaces
Un barbare vainqueur insulte à nos disgraces ,
Et par le dur refus de quelques gouttes d'eau ,
Précipite nos jours dans la nuit du tombeau :
Enfin pour subsister , le Nil sur son rivage
Nous voit tomber encor dans un rude esclavage;
Nos Peres ne sont plus , et leurs iniquitez ,
Nous font souffrir lesfmaux qu'ils avoient mérités
L'esclave devenu maître de toute chose ,
Nous force d'obéir aux loix qu'il nous impose ,
Et par surcroît de maux il n'est aucune main ,
Qui nous puisse tirer de ce joug inhumain.
Irons nous parcourir les vastes solitudes ?
Le Ciel nous y frapa de ces coups les plus rudes
Quand nos freres tombants sous le fer du vainqueur
,
Subirent de leur sort la derniere rigueur ;
C'en- est- fait de la faim ne pouvant nous deffen
dre ,
2'
Nos corps extenuez vont être mis en cendre :
Les femmes de Sion en ce jour malheureux ,
Oat éteint du Soldat les impudiques feux ,
Et par tout dans Juda , les filles désolées ,
II. Vol. Ele1320
MERCURE DE FRANCE
Elevent jusqu'au Ciel leurs clameurs redoublées,
Veux-tu, Peuple obstiné , par un cruel mépris ,,
Ferm er encor l'oreille aux maux que je prédis :
Si tu suis désormais le panchant qui t'entraîne ,
Ton espoir sera vain , et ta perte certaine ,
Préviens donc tes malheurs par un prompt re
pentir ,
Et le Ciel retiendra ses traits prêts à partir.
M. Blanc , Prêtre Licentié en Theol. Hebdom
de la Cathédrale de Nîmes.
Signature
M. Blanc, Prêtre Licentié en Theol. Hebdom. de la Cathédrale de Nîmes.
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Genre littéraire
Domaine
Résumé
En juin 1734, M. Blanc, prêtre licencié en théologie et hebdomadier de la cathédrale de Nîmes, rédige une paraphrase de l'Oraison de Jérémie, chapitre V. Cette prière adresse à Dieu des suppliques pour rappeler Sa bonté et Sa justice. Elle décrit la détresse d'une ville autrefois aimée de Dieu, désormais soumise à des douleurs amères et à la domination étrangère. Les habitants, chassés de leurs maisons, sont privés de tout secours et vivent dans un mortel ennui. Les orphelins, les pères, les veuves et les enfants souffrent sans espoir de soulagement. Un vainqueur barbare refuse même l'eau nécessaire à leur survie, les réduisant en esclavage et les soumettant à des lois imposées par leurs maîtres. Le texte évoque également la faim, la mort imminente et les violences subies par les femmes. Jérémie appelle le peuple à se repentir pour éviter une perte certaine, exhortant à prévenir les malheurs par un prompt repentir afin que Dieu retienne Ses traits prêts à partir.