→ Vous voyez ici les données brutes du contenu. Basculez vers l'affichage optimisé.
Titre

IMITATION De l'Ode d'Horace, qui commence : Mercuri, nam te docilis magistro, &c.

Titre d'après la table

Ode imitée d'Horace,

Fait partie d'une section
Page de début
623
Page de début dans la numérisation
226
Page de fin
626
Page de fin dans la numérisation
229
Incipit

Mercure, inspire-moi ; docile à tes maximes,

Texte
IMITATION
"
De l'Ode d'Horace , qui commences
Mercuri , nam te docilis magistro , &c.
M
Ercure , inspire-moi , docile à tes
maximes ,
Amphion ton Eleve eut jadis le
pouvoir
D'exciter par ses Chants , harmonieux, sublimes,
Les Rochers même à se mouvoir.
A ij
By
624 MERCURE DE FRANCE
Et toi , Lyre autrefois triste et presque muette ,
Mais dont on admira le charme séduisant ,
Aussi-tôt que ce Dieu , pour te rendre parfaite ,
De sept Cordes t'eut fait présent.

Toi qui combles les coeurs d'un plaisir indicible,
A la Table des Grands , dans les Temples des
Dieux ,
Puisse la fiere Lyde être aujourd'hui sensible
A tes accords mélodieux .
Tu peux par leur douceur entraîner à ta suite
Les Monts et les Forêts , les Tygres et les Ours ;
Des Fleuves , des Ruisseaux les plus prompts dans
leur fuite ,
Tu sçais l'art d'enchaîner le cours.
M
Muni de trois gosiers , écumant de colere ,
Garde affreux d'un séjour aux Vivans interdit
Herissé de Serpens , le terrible Cerbere
A tes sons flateurs se rendit.
Ixion , Tityus , que leurs appas touche rent ,
Tressaillirent de joye au milieu des tourmens ,
Et des Brus d'Egyptus les Urnes se secherent ,
Immobiles quelques momens.
Qu'au
AVRIL. 1734 625
Qu'aujourd'hui Lyde écoute et leur crime perfide ,
Et la juste rigueur du châtiment divin
Qui les force à remplir un tonneau toujours
vuide ,
Et rend leur travail toujours vain.
Ces Monstres (que peut - on oser de plus atroce?)
Ces Monstres que le Ciel poursuit jusqu'aux Enfers
,
Oserent , ô noirceur ! ô cruauté féroce !
Perdre leurs Maris par le fer.
Pour conserver le sien , une entre autres insigne,
Trahissant noblement le dessein paternel ,
Du flambeau nuptial scule se montra digne ,
Et rendit son nom éternel.

"Leve-toi , cher Epoux , d'un long sommeil ,
dit - elle ,
» Hâte- toi , malheureux , d'éviter les horreurs ,
Leve toi , trompe ainsi ton beau - pere infidele,
» Trompe ainsi mes barbares Soeurs .
» Hélas ! telles qu'on voit des Lionnes farouches
Déchirer les Agneaux dans leur ardent courroux
,
A iij >> Telles
626 MERCURE DE FRANCE
» Telles en ce moment elles soüillent leurs couches
ni
» Du sang de leurs jeunes Epoux.
» Ah ! je suis plus humaine , et j'ai trop de tendresse
,
-50
Pour pouvoir me résoudre à te percer le sein ;
Qui ! moi , trancher tes jours ! si j'en fis la
promesse ,
Je n'en eus jamais le dessein .
» Cher Epoux , que mon Pere en me chargeant
de chaînes ,
» Me punisse demain de t'avoir épargné :
" Qu'il m'éxile , s'il veut, dans les arides Plaines,
» Du climat le plus éloigné .
dérobe ta vie ,
Et par terre et par mer va ,
→ Á l'inhumanité d'un attentat affreux ;
La nuit te favorise et Venus t'y convie :
Va , fui sous un auspice heureux . "3
Adieu . Mais daigne au moins conserver la mémoire
,
De ma tendre pitié, de ma constante foi;
Daigne sur mon tombeau graver un jour l'histoire
,
).
De ce qu'ici je fais pour toi.
F. M , F.
Signature

F. M. F.

Nom
Collectivité
Faux
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Genre littéraire
Résumé
Le texte est une imitation de l'Ode d'Horace dédiée à Mercure, le dieu des arts et des voyageurs. Le poète sollicite l'inspiration de Mercure, évoquant Amphion, élève de Mercure, qui déplaçait les rochers par ses chants. Mercure a perfectionné la lyre en lui ajoutant sept cordes. Le poète souhaite que Lyde, une femme fière, soit sensible aux accords de la lyre. Cette lyre est décrite comme capable de déplacer les montagnes, les forêts, et même d'apaiser des créatures féroces comme les tigres et les ours. Elle ralentit le cours des fleuves et a apaisé Cerbère, le chien des Enfers, ainsi que des figures mythologiques telles qu'Ixion et Tityus. Le texte mentionne aussi les Danaïdes, condamnées à remplir un tonneau percé. Le poème se concentre ensuite sur Lyde, qui écoute les histoires de monstres ayant tué leurs maris. Une femme trahit le dessein paternel pour sauver son époux, préférant être punie par son père. Elle supplie son mari de fuir les horreurs et l'inhumanité de ses sœurs, lui demandant de se souvenir de sa tendresse et de graver cette histoire sur son tombeau.
Soumis par lechott le