AUTRE.
Je regle les ressorts de mon art infaillible ;
JE reglė les reſſorts de mon art infaillible ;
Je concerte fi bien leur jeu für & terrible ,
Que l'un , en ſe rompant , par un effort ſecret ,
De l'autre , tout- à- coup , précipite l'effet .
Et ce dédale , offrant des détours innombrables ,
Par-tout entrecoupés , par-tout impénétrables ,
Eſt plein de fils trompeurs , dont le ſombre embararas
Egare fans retour & conduit au trepas.
Par une ſociété de gens de lettres.
Par une société de gens de lettres.
Ces vers sont issus de la tragédie Gaston et Bayard (1771) de Pierre-Laurent de Belloy, comme nous l'apprennent Condorcet (Correspondance inédite de Condorcet et de Turgot 1770-1779. Publiée avec des notes et une introduction d'après les autographes de la collection Minoret et les manuscrits de l'Institut, éd. Charles Henry, Paris, Charavay frères, 1883, p. 49) et les Mémoires secrets dits de Bachaumont : « M. de la Harpe est un des principaux petits compagnons travaillant au Mercure sous le Sieur la Combe. Cet Auteur, d'un génie naturellement malfaisant, paroît se plaire à profiter de cette espece de dictature pour rendre des jugemens qu'il croit souverains, & traiter de Turc à Maure les différens Ecrivains qui ont le malheur de lui déplaire. De ce nombre est & doit être M. du Belloy : il a saisi assez ingénieusement quelques vers de Bayard de ce Poëte, fort obscurs comme le sont beaucoup de ceux qu'il fait, & les a insérés comme une énigme proposée au Mercure par une Société de Gens de Lettres. » ([Addition à l'entrée du 19 avril 1770], Mémoires secrets pour servir à l'histoire de la République des lettres en France, depuis MDCCLXII jusqu'à nos jours [...], t. 19, Londres, John Adamson, 1783, p. 205). Belloy supprimera les vers concernés au moment de rééditer de sa tragédie : voir les Oeuvres complettes de M. de Belloy, de l'Académie Françoise, Citoyen de Calais, Paris, Moutard, 1778, t. 3, p. 136, note 1. Nous remercions Nicolas Rieucau d'avoir attiré notre attention sur la mention de l'énigme par Condorcet.