Titre
LOGOGRYPHE.
Titre d'après la table
Logogryphe,
Titre simplifié de l'article récurrent
Fait partie d'une livraison
Page de début
81
Page de début dans la numérisation
794
Page de fin
83
Page de fin dans la numérisation
798
Incipit
Jadis, affrontant les hazards,
Texte
LOGO GRYPH E.
JAdis , affrontant les hazards ,
J'étois dans les combats au deffus des Céfars.
Mon afpect ébranloit le plus ferme courage ,
D v
82 MERCURE DE FRANCE.
Et la mort devant moi voloit de toutes parts.
Mais bientôt laffe de carnage ,
J'abandonnai Mars pour l'Amour;
Mon fort moins éclatant me charma davantage ,
Et je devins l'ornement de fa cour.
Philis à fes appas me trouva néceſſaire :
A fes gouts différens il fallut me plier ;
Il me fallut fouffrir . En pareil cas , que faire ?
Il en coûte toujours , lecteur , à qui veut plaire ;
C'est un point qu'on ne peut nier.
Enfin j'ai plu . Philis un peu coquette ,
Ne trouve pas fans moi fa parure complette :
Je lui rends l'air plus libre , plus piquant ,
Et toujours elle m'accommode
Au gré de fon Amant.
Bref par ce trait , lecteur , juge de mon talent ,
J'ai mille ans tout au moins , & fuis encor de
mode.
Mais il faut t'ôter d'embarras :
Décompofe mon être, & tu me connoîtras ;
Divife , compaffe , mefure ,
J'offrirai d'abord à tes yeux
Ce qui fouvent embellit la nature ;
Le feul bien que de fes ayeux
Reçoit par fois un Gentilhomme ;
Ce qui du Souverain de Rome
Couvre le front majestueux.
N'en est - ce point affez ? cherche ; je t'offre
encore
THE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY.
ASTOR,
LENOK
AND
TILDEN
FOUNDATIONS.
Vous dont l'Ame a reçue l'at
:teinte, Des traits du Dieu le
plus charmant Ecoutez l'his :
-toire succinte Du sort malheu
reux d'un A mant
.
MALVAUX.
Imprimé par Tournelle . Decembre 1756.
DECEMBRE. 1756 . $ 3
Ce qui charme en Philis , ce qui fait qu'on l'a
dore ,
Et mieux que tous les vains apprêts ,
Donne du luftre à fes attraits ;
Une Déeffe à nous perdre obftinée ;
Ce que cache avec foin coquette furannée ;
Une faifon , un élément
Senfible aux feux d'un tendre Amant ;
Ce que réserve Amour à l'infenfible Iole .
Mais c'en eft trop , fur ma parole.
Je me tais , tu dois me fçavoir:
Ami lecteur , jufqu'au revoir.
JAdis , affrontant les hazards ,
J'étois dans les combats au deffus des Céfars.
Mon afpect ébranloit le plus ferme courage ,
D v
82 MERCURE DE FRANCE.
Et la mort devant moi voloit de toutes parts.
Mais bientôt laffe de carnage ,
J'abandonnai Mars pour l'Amour;
Mon fort moins éclatant me charma davantage ,
Et je devins l'ornement de fa cour.
Philis à fes appas me trouva néceſſaire :
A fes gouts différens il fallut me plier ;
Il me fallut fouffrir . En pareil cas , que faire ?
Il en coûte toujours , lecteur , à qui veut plaire ;
C'est un point qu'on ne peut nier.
Enfin j'ai plu . Philis un peu coquette ,
Ne trouve pas fans moi fa parure complette :
Je lui rends l'air plus libre , plus piquant ,
Et toujours elle m'accommode
Au gré de fon Amant.
Bref par ce trait , lecteur , juge de mon talent ,
J'ai mille ans tout au moins , & fuis encor de
mode.
Mais il faut t'ôter d'embarras :
Décompofe mon être, & tu me connoîtras ;
Divife , compaffe , mefure ,
J'offrirai d'abord à tes yeux
Ce qui fouvent embellit la nature ;
Le feul bien que de fes ayeux
Reçoit par fois un Gentilhomme ;
Ce qui du Souverain de Rome
Couvre le front majestueux.
N'en est - ce point affez ? cherche ; je t'offre
encore
THE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY.
ASTOR,
LENOK
AND
TILDEN
FOUNDATIONS.
Vous dont l'Ame a reçue l'at
:teinte, Des traits du Dieu le
plus charmant Ecoutez l'his :
-toire succinte Du sort malheu
reux d'un A mant
.
MALVAUX.
Imprimé par Tournelle . Decembre 1756.
DECEMBRE. 1756 . $ 3
Ce qui charme en Philis , ce qui fait qu'on l'a
dore ,
Et mieux que tous les vains apprêts ,
Donne du luftre à fes attraits ;
Une Déeffe à nous perdre obftinée ;
Ce que cache avec foin coquette furannée ;
Une faifon , un élément
Senfible aux feux d'un tendre Amant ;
Ce que réserve Amour à l'infenfible Iole .
Mais c'en eft trop , fur ma parole.
Je me tais , tu dois me fçavoir:
Ami lecteur , jufqu'au revoir.
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Genre littéraire
Mots clefs
Résumé
Le poème narratif décrit l'évolution d'un accessoire de mode à travers différentes époques et usages. Initialement lié aux combats et à la guerre, symbolisant courage et mort, il se tourne ensuite vers l'amour, devenant un ornement à la cour. Philis, une femme coquette, le trouve indispensable pour sa parure, lui rendant un air libre et piquant, et l'adaptant aux désirs de son amant. Le narrateur affirme avoir plu à Philis malgré les efforts nécessaires pour satisfaire ses goûts. Il se décrit comme étant à la mode depuis au moins mille ans et invite le lecteur à analyser sa nature en le décomposant, divisant, comparant et mesurant. Il mentionne des éléments l'embellissant, comme le feu, hérité des ancêtres, et une couronne couvrant le front majestueux du Souverain de Rome. Le poème se termine par une description des qualités de Philis, la rendant adorée, et de son caractère, à la fois déesse obstinée et coquette furtive. Le narrateur conclut en se taisant, laissant le lecteur découvrir par lui-même. Le texte est imprimé par Tournelle en décembre 1756.
Identifiant de l'énigme
1863
Date de la livraison
1756-12-01
Numéro de la livraison
0
Titre standardisé
Logogriphe
Premier genre
Logogriphe
Incipit standardisé
Jadis, affrontant les hasards
Date de l'énigme
0000-00-00
Réponse
Aigrette
Réponse standardisée
Aigrette
Lien vers la copie numérique
Intégration de la copie numérique
<iframe frameborder="0" scrolling="no" style="border:0px" src="https://books.google.ch/books?id=eAhumORj3C8C&hl=fr&pg=RA1-PA81&output=embed" width=500 height=500></iframe>