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Titre d'après la table

Lettres sérieuses et badines, &c.

Fait partie d'une section
Page de début
1551
Page de début dans la numérisation
366
Page de fin
1557
Page de fin dans la numérisation
372
Incipit

LETTRES SERIEUSES ET BADINES sur les Ouvrages des Sçavans, et sur d'autres

Texte
LETTRES SERIEUSES ET BADINES sur
les Ouvrages des Sçavans , et sur d'autres
Matieres. Tome 2. premiere partie .
Ecce iterum Crispinus , et est mihi sape vo
candus
Ad partes &c. .
A la Haye , chez Jean , Vanduren 1729.
Juven. Sat. IV .
II Vol
in
• ·
यं
1552 MERCURE DE FRANCE
in 12. de 267. pages , sans la Préface ,
l'avis du Libraire et la Table , &c.
Ce volume est composé de 12. Lettres ;
la 6. contient l'Extrait d'un Livre An
glois in 8. 2. volumes de prés de 600 .
pages , sous le titre d'Ouvrages mélan
gés de l'ingénieux Docteur Jean Swift.
Aprés une Epitre Dédicatoire et une Pre
face dans le goût de celles qui sont à la
tête du Comte du Tonneau , vient une
Lettre serieuse à un Lord , sur les moyens
de perfectionner la Langue Angloise .
Aprés quoy on lit cinq ou six Pieces Sa
tyriques et Ironiques , comme
Traité Histori- Theo - Phisico- Logique , sus
les grands desavantages de la connoissan
ce de soi -même : Déffense modeste du
Concubinage et de l'adultere. Panegyrique
des Nouvelistes : Le moyen de parvenir sans
Science et sans vertus : Eloge historique et
moral des Auteurs de Satyres.
sont ,
Dans ses pensées diverses , le même
Docteur dit , que si une Loi Parlemen
taire établissoit l'Athéisme , ceux qui se
donnent aujourd'hui pour Athées , fe
roient demain profession ouverte de croi
re en Dieu .
Sur le nombre ternaire , le Docteur dit
ironiquement ; »> que l'amour que les
» hommes ont pour le nombre trois , les
II.Vol. »faït
JUIN
. 1731 .
1553
39
fait agir sans qu'ils le sentent. Cet
» amour continuë t'il , a fait croire à
» Louis B.... y qu'on étoit bien quali
» fié à écrire quand on avoit ces trois
» choses , de la pauvreté , de l'impu
» dence et de la malice. Cet amour est cau
» se que l'Auteur du troisiéme Tome de
Gulliver n'a voulu pour faire ce livre
» que trois choses , du papier, de l'encre ,
» et une plume , et a réfusé d'y joindre
l'esprit et le jugement , & c.
99
Sur le point d'honneur , il rapporte
cette contestation arrivée dans la Pro
vince de Sussex. Un homme qui avoit
beaucoup d'esprit , mais qui n'entendoit
pas autrement la Logique de nos Moder
nes , se plaignoit à un d'eux d'une injus
tice qu'il en avoit reçûë . C'est assez , in
terrompit l'autre , vous êtes offensé , vous
avez de la noblesse , vous portez une épée :
je vous donnerai satisfaction demain au ma
tin en tel endroit. Ce terrible Logicien se
retira en même- tems ; après qu'il fut sorti ,
l'autre qui étoit resté avec un de ses amis,
et qui étoit demeuré tout interdit , dès
qu'il fut un peu revenu de sa premiere
surprise : Quelle brutalité , s'écria - t'il en
s'adressant à cet ami ! Ce Monsieur con
vient qu'il m'a offensé , et il me promet de
faire de son mieux pour ne offenser demain
.
II. Vol.
encore
1554 MERCURE DE FRANCE
!
encore davantage. C'est- là , selon lui , une
satisfaction qui doit me paroîttre suffisante.Fe
suis Gentilhomme, ajoûte - t'il, doncje dois re
noncer à la raison et a la Religion , et me
sacrifier à un ridicule point d'honneur. Je
porte l'épée , donc je dois m'en servir pour
faire un meurtre . J'aimerais autant qu'il me
dit : Je vous ai blessé dans votre hon
>> neur , c'est-à- dire , dans une chose que
>> vous devez estimer plus que la vie ; mais
» je suis trop honnête homme pour ne pas
»réparer le mal , autant qu'il m'est pos
» sible . Trouvez - vous donc demain en tel
» endroit avec une épée. Comme je sçai
> mieux la manier que vous , il y a grande
apparence que je vous la passerai au tra
>> vers du corps. Cependant cela ne doit
»pas faire de peine à un homme qui a de
» la naissance ; il sera toûjours vrai que
» vous m'aurez demandé satisfaction ,
» et que je vous l'aurai donnée , et c'est
» tout ce que vous pouvez exiger de vo
» tre serviteur .
و د
A l'occasion des Oeuvres diverses de
M. de la Fontaine , imprimées à la Haye,
on fait ce Portrait de cet illustre Poëte ;
il étoit spirituel , assez sçavant , naif , le
coeur bon et droit , des manieres ouver
tes , aimant les plaisirs de la table et les
rendant plus aimables par son enjouement,
II. Vol. constant
JUIN. 1731 1555
constant et genereux ami , tendre et dé
licat Amant. D'ailleurs , paresseux , dis
trait , négligeant un peu trop ses affaires
domestiques , et pensant assez mal de la
Religion , soit parce qu'à son entrée dans
le monde , il avoit été entraîné par l'e
xemple et par les plaisanteries des esprits
forts , ou parce qu'il n'avoit jamais trou
vé de ces hommes sages qui sçavent trai
ter les choses saintes avec un air de di
gnité qui les fait respecter , ou peut- être
parce qu'il craignoit le travail de l'exa
men , et la connoissance de ses devoirs.
En un mot , une certaine indolence molle
et voluptueuse étoit le fond de son carac
tere , et il n'eut que les vertus et les défauts
qui pouvoient s'accorder avec ce penchant
Favori .
Avec un tel caractere il ne pouvoit qu'é
crire naturellement et gracieusement . Il
ne couroit point après les brillans , il ne se
mettoit point en peine de chercher des pen
sées, ni de leur donner un tour nouveau ;
enfin il ne paroissoit ni affecté, ni précieux.
Ses Ouvrages étoient remplis d'images
riantes , de tendres sentimens , et d'éle
gantes naïvetez.
Quelques-unes des Pieces qui compo
sent ses Ouvrages , avoient déja paru et
les autres paroissent aujourd'hui pour la
11. Vol.
premiere
1555 MERCURE DE FRANCE
premiere fois. On trouve dans le premier
Tome cinq Poëmes , Adonis , la Capti
vité de S. Malc , le Quinquina , Philemon
et Baucis , et les filles de Minée et 85.
autres Pieces. Dans les trois autres Vo
lumes , ses Lettres en Prose et en Vers ,
son Discours à l'Académie Françoise ,
deux Comedies , Climene et l'Eunuque
l'Opera de Daphné , Astrée , Tragedie , le
Florentin , Comedie , des fragmens de Ga
lathée , Opera , Je vous prends sans vert ,
Comedie , les Amours de Psiché et de Cu
pidon et de Venus et Adonis.
>
Pour dire quelque chose de plus par
ticulier de ce naïf et ingénieux Poëte ,
donnons ici la fin d'une Epitre de sa fa
çon au Duc de Vendôme.
Sur ce je finirai ,
Vous assurant que je suis et serai ,
De votre Altesse , humble servant et Poëte ,
Qui tous honneurs et tous biens vous souhaite.
Ce mot de biens , ce n'est pas un trésor ,`
Car chacun sçait que vous méprisez l'or ;
J'en fais grand cas , aussi fait Sire Pierre ;
Et Sire Paul , enfin toute la Terre :
Toute la Terre a peut -être raison.
Si je sçavois quelque bonne Oraison ,
Pour en avoir , tant que la Paix se fasse ;
11. Vol.
Jc
JUIN.
1557 1731.
Je la dirois de la meilleure grace ,
Que j'en dis onc : grande sterilité,
Sur le Parnasse en a toûjours été.
Qu'y feroit-on ? Seigneur , Je me console
Si vers Noel l'Abbé me tient parole
Je serai Roi: le Sage l'est-il pas ?
Souhaiter l'or , est - ce l'être è ce cas
Mérite bien qu'à vous je m'en rapporte.
Je tiens la chose à résoudre un peu
forte.
Collectivité
Faux
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Résumé
Le document est un extrait du 'Mercure de France' publié entre 1729 et 1731, qui présente des informations sur diverses publications et auteurs. Il mentionne un ouvrage intitulé 'Lettres sérieuses et badines', publié à La Haye en 1729, composé de deux volumes et contenant 12 lettres. La sixième lettre de cet ouvrage inclut un extrait d'un livre anglais de Jonathan Swift, intitulé 'Ouvrages mélangés'. Ce livre contient des pièces satiriques et ironiques, telles qu'un 'Traité Histori-Theo-Physico-Logique' et un 'Panegyrique des Nouvelistes'. Le texte discute des opinions de Swift sur divers sujets, notamment l'athéisme et le point d'honneur. Swift ironise sur l'amour des hommes pour le nombre trois et critique les duels. Le document présente également un portrait de Jean de La Fontaine, le décrivant comme un poète spirituel, aimant les plaisirs de la table, et ayant un caractère indolent et voluptueux. Ses œuvres incluent des poèmes, des lettres, des comédies et des tragédies. Le texte se termine par un extrait d'une épître de La Fontaine adressée au Duc de Vendôme.
Soumis par eljorfg le