Titre d'après la table
Reception de M. Maloüin de Caën, dans la Faculté de Medecine de Paris,
Fait partie d'une livraison
Fait partie d'une section
Page de début
2261
Page de début dans la numérisation
374
Page de fin
2262
Page de fin dans la numérisation
375
Incipit
Le 3. Octobre on fit dans les Ecoles de Médecine la cerémonie de donner le Bonnet de Docteur
Texte
Le 3. Octobre on fit dans les Ecoles de Mé
decine la cerémonie de donner le Bonnet de Docteur
Régent en cette Faculté , à un Medecin de
Province, déja docte & habile dans fa Profeffion ,
(Jean- Baptifte Malouin ) Le Préfident de l'Acte
commença cette cerémonie par un Difcours , qui
congratuloit d'abord le nouveau Docteur de Paris
fur les avantages qu'il recevoit en ce jour , & fur
l'honneur que la Faculté lui faifoit ,en lui donnant
le premier lieu dans fa licence. Il le loua enfuite
fur fa fageffe, & fur fon érudition qui lui avoient
merité la confiance de M. Geoffroy , lequel étant
tombé malade dans le tems même qu'il devoit
profeffer le cours de Chimie au jardin du Roy ,
pria M. Malouin de faire pour lui cette fonction ,
de quoi il s'eft parfaitement bien acquitté , &
avec la fatisfaction du Public. On remarqua que
les Auditeurs entendirent differemment l'expreffion
natalis fapientia , par laquelle le Préfident
loua le nouveau Docteur fur fa fageffe , les uns
crurent qu'il loüoit en lui cette fapience , qu'on
attribue ordinairement aux gens de fon païs ;
car M. Malouin eft de la ville de Caën , les autres
penferent qu'il le loüoit d'être në d'une famille
féconde en gens de Lettres , & cela n'eſt
pas moins vrai,
Le Préfident ayant fini fon Difcours , l'embrafla
comme fon confrere , & lui mit le Bonnet
G iij
fur
2262 MERCURE DE FRANCE
fur la tête , après quoi M. Malouin fit à fon
tour un Difcours fort éloquent , pour remercier
la Faculté de la maniere honorable avec laquelle
elle l'avoit aggregé dans fon Corps , & il fe congratula
lui- même de recevoir le Bonnet de Docteur
, au nom de M. Helvetius , qui devoit préfider
à cet Acte , & qui ne pouvant quitter la
Reine , avoit commis un autre Docteur pour
faire en fa place cette fonction. M. Malouin
prit delà occafion de parler de la Reine & de´
ja naiflance de M. le Duc d'Anjou. Il compli
menta enfin la Faculté fur ce qu'elle avoit l'honneur
de fournir des Médecins au plus puiffant , &
au meilleur des Rois. Ce Difcours fut fort applaudi
, on en admira particulierement la belle la--
zinité on fçait affez que la Faculté de Médecine
de Paris, eft en poffeffion d'exceller en ce genre-là.
decine la cerémonie de donner le Bonnet de Docteur
Régent en cette Faculté , à un Medecin de
Province, déja docte & habile dans fa Profeffion ,
(Jean- Baptifte Malouin ) Le Préfident de l'Acte
commença cette cerémonie par un Difcours , qui
congratuloit d'abord le nouveau Docteur de Paris
fur les avantages qu'il recevoit en ce jour , & fur
l'honneur que la Faculté lui faifoit ,en lui donnant
le premier lieu dans fa licence. Il le loua enfuite
fur fa fageffe, & fur fon érudition qui lui avoient
merité la confiance de M. Geoffroy , lequel étant
tombé malade dans le tems même qu'il devoit
profeffer le cours de Chimie au jardin du Roy ,
pria M. Malouin de faire pour lui cette fonction ,
de quoi il s'eft parfaitement bien acquitté , &
avec la fatisfaction du Public. On remarqua que
les Auditeurs entendirent differemment l'expreffion
natalis fapientia , par laquelle le Préfident
loua le nouveau Docteur fur fa fageffe , les uns
crurent qu'il loüoit en lui cette fapience , qu'on
attribue ordinairement aux gens de fon païs ;
car M. Malouin eft de la ville de Caën , les autres
penferent qu'il le loüoit d'être në d'une famille
féconde en gens de Lettres , & cela n'eſt
pas moins vrai,
Le Préfident ayant fini fon Difcours , l'embrafla
comme fon confrere , & lui mit le Bonnet
G iij
fur
2262 MERCURE DE FRANCE
fur la tête , après quoi M. Malouin fit à fon
tour un Difcours fort éloquent , pour remercier
la Faculté de la maniere honorable avec laquelle
elle l'avoit aggregé dans fon Corps , & il fe congratula
lui- même de recevoir le Bonnet de Docteur
, au nom de M. Helvetius , qui devoit préfider
à cet Acte , & qui ne pouvant quitter la
Reine , avoit commis un autre Docteur pour
faire en fa place cette fonction. M. Malouin
prit delà occafion de parler de la Reine & de´
ja naiflance de M. le Duc d'Anjou. Il compli
menta enfin la Faculté fur ce qu'elle avoit l'honneur
de fournir des Médecins au plus puiffant , &
au meilleur des Rois. Ce Difcours fut fort applaudi
, on en admira particulierement la belle la--
zinité on fçait affez que la Faculté de Médecine
de Paris, eft en poffeffion d'exceller en ce genre-là.
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Domaine
Résumé
Le 3 octobre, une cérémonie aux Écoles de Médecine a honoré Jean-Baptiste Malouin, un médecin de province, en lui remettant le bonnet de docteur régent. Le président a loué Malouin pour sa compétence et son érudition, soulignant la confiance que lui avait accordée M. Geoffroy, qui l'avait remplacé pour un cours de chimie au Jardin du Roi. Les auditeurs ont interprété différemment l'expression 'natalis sapientia' utilisée par le président, certains la liant à Caen, la ville natale de Malouin, d'autres à sa famille lettrée. Après avoir reçu le bonnet, Malouin a prononcé un discours de remerciement, exprimant également la gratitude de M. Helvetius. Il a évoqué la Reine et la naissance du Duc d'Anjou, complimentant la Faculté pour son rôle de fournir des médecins au roi. Son discours, très applaudi pour sa clarté, a souligné l'excellence de la Faculté de Médecine de Paris.