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Titre

A M. DUBOURG, COMTE DE SAINT POLGUE. ODE. Contre le Duel.

Titre d'après la table

Ode contre le Duel,

Fait partie d'une section
Page de début
2140
Page de début dans la numérisation
257
Page de fin
2143
Page de fin dans la numérisation
260
Incipit

Quelle grande et vaste matiere !

Texte
A M. DU BOURG ,
COMTE DE SAINT POLGUE
Qu
O DE.
Contre le Duel.
Uelle grande et vaste matiere !
Quels transports viennent m'effrayer ?
Je marche dans une carriere ,
Qu'il
OCTOBRE.1733 :
2141
Qu'il est dangereux de frayer.
Faux Point d'honneur , Tyran des ames ;
Des Guerriers , maximes infàmes ,
Nous captiverez- vous toujours ?
Contre des fureurs Germaniques *
Des Rois les Arrêts authentiques ,
Ne seront-ils d'aucun secours à
A quel Démon se livre l'homme
Une telle corruption ,
Inconnuë à l'ancienne Rome ,
Des enfers fut l'invention.
Quoi ! le plus terrible courage ,
Se change en la funeste rage ,
D'aller ensanglanter ses mains !
Tout cede à la fureur Guerriere ;
La vertu devient meurtriere ,
Et rend les hommes inhumains.
M
Pour paroître à l'honneur sensible ;
L'on engage ce même honneur
Le courage n'est infléxible ,
Que pour causer notre malheur .
Cent fois nous vîmes dans nos Plaines
Revivre les morts inhumaines
!
( a ) Le Duel est venu d'Allemagne où il étoie
beaucoup pratiqué.
B iij Des
2142
MERCURE DE FRANCE
Des indignes Gladiateurs .
Quel revers ! La noble sagesse ,
Que jadis admira la Grece ,
Ne trouve plus d'Imitateurs.
Envain le devoir nous rapelle ;
Envain veut-il nous arrêter
A sa voix , notre coeur rebelle ,
Ne veut pas même l'écouter ;
La passion toujours plus forte ,
Sur la foible raison l'emporte ;
Nous n'aspirons qu'à nous venger ;
Nul respect ne peut nous distraire ;
Je vois dans le sang de son frere ,
Un frere inhumain se plonger.
& swit
Va , fui , cruelle barbarie ;
Cesse d'infecter l'Univers ;
De la terre à jamais bannie ,
Rentre dans le fond des Enfers.
Mais quels progrès fait ce délire ?
Bien-tôt fous son funeste Empire ,
Il enchaîne tous les François ,
Qui l'eut dit ? Qu'un peuple si sage ,
Feroit lui- même aussi naufrage ,
Et subiroit de telles Loix ?
Mais
OCTOBRE .
1733 2143
Mais comment , malheureuse France ',
Tirer tes Enfans de l'erreur ?
Avec le lait , dès leur enfance ,
Ils ont succé cette fureur.
Je vois ta fougueuse jeunesse ,
Trop jalouse de sa noblesse ,
Suivre l'impétueux torrent ;
Le plus sage en est la victime ,
Et si l'on se refuse au crime ,
On croit n'être plus innocent.
Toi , qu'éveille le bruit des Armes ;
DU BOURG , pour qui les Champs de Mars ,
Ont déja d'invincibles charmes >
Toy , qui veux braver les hazards ,
Que ton courage héréditaire ,
D'une valeur imaginaire ,
N'authorise jamais la Loy ;
Verse ton sang pour ta Patrie ;
Et que chaque instant de ta vie ,
Ne soit consacré qu'à ton Roy.
J. JAVARY
Signature

J. JAVARY.

Nom
Collectivité
Faux
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Genre littéraire
Mots clefs
Résumé
En octobre 1733, une lettre adressée à M. du Bourg, comte de Saint Polgue, dénonce le duel, qualifié de 'faux point d'honneur' et de 'tyran des âmes'. L'auteur critique cette pratique dangereuse et tyrannique, issue d'Allemagne, qui transforme le courage en rage meurtrière. Il déplore que même les Français, réputés sages, soient tombés dans ce délire. Cette passion pour le duel est inculquée dès l'enfance, poussant la jeunesse à suivre ce torrent impétueux. L'auteur appelle le comte à utiliser son courage pour servir la patrie et le roi, plutôt que pour des valeurs imaginaires.
Soumis par lechott le