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Titre

LA GOUTE VAINCUE. A M. Le Chevalier D. L. Poëte, qui a été gueri par le remede que M. Blomet, Apotiquaire du Roy distribuë sous le nom de Teinture solaire.

Titre d'après la table

La Goute vaincuë, Vers, et Avis sur cette maladie,

Fait partie d'une section
Page de début
1257
Page de début dans la numérisation
62
Page de fin
1260
Page de fin dans la numérisation
65
Incipit

Enfin, cher Licidas, au lieu des tristes plaintes,

Texte
LA GOUTE VAINCUE.
A M. Le Chevalier D. L. Poëte , qui a
étégueri par le remede que M. Blomer,
Apotiquaire du Roy distribuë sous le nom
de Teinture solaire.
Enfin , cher Licidas , au lieu des tristes plain
tes ,
Que t'arrachoient les cruelles atteintes
Du mal dont tu fus tourmenté ,
Tu dois pousser des cris de joye ,
Puis qu'aux vives douleursdont tu devins la proye,.
Succede l'aimable santé.
A la gloire du Dieu qui finit ton martyre ,
Tu peux présentement faire parler ta Lyre
Avec le même art qu'autrefois ,
Et sur elle montrer l'adresse de tes doigts :
A leurs douloureuses jointures
On ne voit plus d'afreux nodus ,
Et le plâtre brulant qui causoit leurs enflures ,
Cesse de les rendre perclus.
Hâte-toi , Licidas , d'entendre ,
Comment ce prodige s'est fait ;
1. Vol.
C iiij. De
1258 MERCURE DE FRANCE
De moi seul tu le peux apprendre ;
Aucun autre mortel n'en a sçû le secret.
Ennuyé de ton long supplice ,
Que ma tendre amitié me faisoit partager
Et qu'elle n'avoit pû jusqu'alors soulager ,
Je suivis un soudain caprice
Qui m'entraîna vers Apollon.
Il s'amusoit dans le sacré Vallon
A répéter quelque chanson nouvelle .
Pardonnez , lui dis - je , Seigneur
Si , plein d'une juste douleur ,
Un de vos Sujets vous querelle ;
Je vois que de la bagatelle
Vous vous occupez dans ces lieux ,
Tandis qu'un monstre furieux
Dans l'Univers vous deshonore ,
Et même en cet instant dévore
Licidas , qui par vos leçons ,
Est devenu fameux entre vos nourrissons,
A quoy sert que la Medecine
Vous prenne pour son Protecteur ,
Et raporte son origine
A vôtre science divine ,
Si ce monstre en détruit l'honneur ?
Pour tout dire en un mot , la Goute a l'insolence
De braver des Docteurs la plus forte ordonnance,
"
I. Vol. Ez
JUIN. 1731. 1259
Et de leur Arsenal elle eut dans tous les tems ,
Le secret d'éluder les traits les plus puissants.
C'est à vous d'y penser . Vôtre ancienne Victoire
Sur le Serpent Python qui tomba sous vos coups.
Ne vous acquit point tant de gloire
Que la Goute vaincuë en répandroit sur vous.
Le Dieu sur cet avis sincére ,
Rougit de honte et frémit de colere..
C'en est fait , répond-il , nous en viendrons à
bout ;
Et comme les Dieux presque en tout ,
Veulent bien des humains employer l'entremise
Un Artiste prudent , adroit , laborieux ,
Va par mon ordre et sous mes yeux
Finir cette grande entreprise ::
Son zéle pour son Roy , son amour pour léss
Dieux ,
Méritent qu'à ses soins la chose soit commise..
Ouy,
Blomet va faire un remede nouveau >
Par qui l'on se verra delivré d'un fleau
Trop cruel et trop ordinaire ;
Et pour qu'on ne puisse ignorer
Qu'on tient de ma faveur un don si salutaire
J'ai résolu de l'honorer
Du nom de Teinture solaire..
I. Vol.
C v L'e
1260 MERCURE DE FRANCE
Le dessein d'Apollon se trouve éxécuté ;
C'est à luy , Licidas , que tu dois ta santé.
Par M. M.
On croit faire plaifir au Public , de l'avertir
en Prose et sans fiction,que le remede de M. Blo
met Apoticaire , demeurant à Paris , ruë du Tem
ple , est si facile , qu'il ne s'agit que de mouiller
dans sa teinture un morceau de futaine que l'on
appliqué sur les articles attaquez de la Goute. On
assure que cela dissout l'humeur plâtreuse , et la
dissipe , ensorte qu'on en reçoit un prompt sou
lagement , et que jamais le mal ne remonte.
Le même Apoticaire possede une pommade qui
guérit les Hemoroïdes tant internes qu'externes.
On trouve aussi chez lui l'Eau d'Egypte , qui
a la vertu de brunir ou noircir les cheveux les plus
roux.
Signature

Par Mr. M.

Genre
Collectivité
Faux
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Résumé
Le texte raconte la guérison de Licidas, un poète atteint de la goutte, grâce à un remède appelé 'Teinture solaire' préparé par M. Blomet, apothicaire du roi. Licidas, libéré de ses douleurs, peut de nouveau jouer de la lyre. Le narrateur, compatissant, invoque Apollon pour vaincre cette maladie. Apollon, embarrassé, confie la tâche à M. Blomet, qui crée le remède. Le texte se termine par une annonce indiquant que le remède de M. Blomet, disponible à Paris, rue du Temple, dissout et dissipe l'humeur causée par la goutte, offrant un soulagement rapide et durable. De plus, M. Blomet propose une pommade pour les hémorroïdes et une eau d'Égypte pour teindre les cheveux.
Soumis par eljorfg le