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Titre

ODE. AUX MUSES.

Titre d'après la table

Ode aux Muses,

Fait partie d'une section
Page de début
1484
Page de début dans la numérisation
29
Page de fin
1488
Page de fin dans la numérisation
33
Incipit

Initié dans vos mysteres,

Texte
O D E.
AUX MUSES.
Nitié dans vos mysteres ,
Chastes Muses , qu'avec plaisir ,
Je cherche les lieux solitaires ,
Pour vous consacrer mon loisir !
Quelquefois , rompant le silence ,
Ma Lyre de votre assistance ,
Saisit le précieux moment .
Quelquefois les sublimes rêves
De vos plus celebres Eleves ,
Me tiennent lieu d'amusement.
Là , je lis par quelles adresses ,
Un Héros (a ) long- temps exercé ,
Brave les trompeuses caresses
Des Sirenes et de Circé :
Là , je lis avec quel courage ,
Un autre (6 ) de plus d'un nauffrage ,
Sauve les restes d'Ilion ;
Et dans un lieu rempli de charmes ,
( a ) Ulysse.
(b ) Enée.
N'est
JUILLET.
1733. 1485
N'est point retenu par les larmes ,
De la soeur de Pigmalion.

Que j'aime le noble Génie , (4)
Qui par ses divines Chansons ,
A de la Lyre d'Ausonic ,
Eternisé les premiers sons !
La route au vulgaire cachée ,
Qu'avec succès il a cherchée ,
M'a déconcerté mille fois ,
Et n'a point étouffé l'audace
Qui me fait briguer une place
Entre les Lyriques François.
M
Ainsi , malgré la servitude
Où la Fortune m'a réduit ,
L'Instinct orné d'un peu d'étude ,
Vers le Mont sacré m'a conduit.
Ainsi vos douceurs plus qu'humaines ,
Muses , quelquefois de mes peines ,
Viennent interrompre le cours,
Peu desireux de l'opulence ,
Je vous aimai dès mon enfance
Et je vous aimerai toujours.
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(2) Horate.
Non
1436 MERCURE DE FRANCE
Non , que d'une attente superbe ,
Trop prévenu , j'ose penser ,
Que quelque jour près de Malherbe ,
Vos bontez doivent me placer .
Ma seule attente est éxaucée ,
Si par une ardeur insensée ,
Ne m'étant point laissé régir ,
Exempts d'une doctrine immonde,
Mes Vers répandus, dans le Monde ,
N'ont rien qui vous fasse rougit
M
Au bel âge , où la Terre pure
Des déreglemens que je vois ,
Etoit fertile sans culture ,
Pour des hommes justes sans Loix ,
Vos Nourissons prudens et sages ,
Domptoient les animaux sauvages ,
Par leurs accès mélodieux ;
Et plus naïfs que nous ne sommes ,
Pour instruire et charmer les Hommes
Parloient le langage des Dieux.
Mais lorsque de ses flancs horribles ,
L'Enfer , le redoutable Enfer ,
Eût vomi les Monstres terribles ,
Que connut le siecle de fer ,
On vit plus d'un Chantre coupable ,
25 (Faire
Faire un abus abominable ,
De vos singulieres faveurs ,
Et par ses Ouvrages infâmes ,
Communiquer aux jeunes Ames ,
La corruption de ses moeurs .
M
L'Impieté , tête levée ,
Alors brava les Immortels ;
L'Injustice fut approuvée , oshigal, and
La Tirannie eut des Autels : 602
Alors la basse Flaterie ,
D'un Conquérant plein de furie ,
Vanta les barbares succès ;
Le mensonge affreux se fit croire ,
Et l'Amour reçut de la gloire ,
De ses impudiques excès.
Aux coeurs ingrats , chastes Déesses ;
Mon coeur ne veut point ressembler .
J'userai bien de vos largesses ,
Quand vous daignérez m'en combler.
O qu'animé d'un saint délire
3
Ne puis- je en consacrant ma Lyre,
Par les exemples les plus beaux ,
2
.[
Faire aimer les attraits, suprêmes ,
Des Vertus qui jusqu'aux Dieux mêmes,
Sçavent élever les Héross com.my
Mais
1488 MERCURE DE FRANCE
Mais puissent devenir mes rimes ,
L'objet d'un mépris éternel ,
Si déclarant la guerre aux crimes ,
J'attaque aussi le Criminel ;
Si prodiguant , vil hypocrite ,
L'encens qui n'est dû qu'au mérite
Muses , j'ose vous profaner ,
Et si l'Amour , dans mes saillies ,
Voyant dépeindre ses folies ,
Ne les y voit pas condamner.
7 NIA
jaI'I
LI
F. M. F.
Signature

F. M. F.

Nom
Collectivité
Faux
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Genre littéraire
Mots clefs
Résumé
Le poème est une adresse aux Muses, divinités inspiratrices, exprimant admiration et dévouement. L'auteur cherche des lieux solitaires pour se consacrer à la poésie et à la lecture des grands poètes. Il mentionne des héros comme Ulysse et Énée, qui ont affronté des dangers et des tentations. Il admire les poètes ayant éternisé les premiers sons de la lyre. Malgré les difficultés et la servitude imposées par la Fortune, l'auteur est guidé par l'instinct et l'étude vers le Mont sacré, symbole de l'inspiration poétique. Il exprime son amour éternel pour les Muses, chéries dès l'enfance. Le poème évoque l'âge d'or où les hommes vivaient en harmonie avec la nature et les dieux, contrastant avec une époque plus sombre marquée par la corruption et l'impieté. L'auteur aspire à utiliser sa lyre pour promouvoir les vertus et condamner les crimes, en évitant l'hypocrisie et la flatterie.
Soumis par lechott le