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Titre

RÉPONSE du Pere Texte, Dominicain, à la Lettre du R. P. du Sollier, de la Compagnie de JESUS, imprimée dans les Mémoires de Trevoux, du mois de Novembre 1729. page 2078. au sujet de la Vie du B. Barthelemi de Bregance, Evêque de Vicence, & Patriarche de Hierusalem.

Titre d'après la table

Réponse du P. Texte à la Lettre du P. Sollier, sur la Vie de S. Barthelemi de Bragance, &c.

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2147
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260
Page de fin
2162
Page de fin dans la numérisation
275
Incipit

MON TRES REVEREND PERE, Après avoir lû la vie du B. Barthelemi

Texte
REPONSE du Pere Texte , Dominicain
, à la Lettre du R. P. du Sollier
de la Compagnie de JESUS , imprimée
dans les Mémoires de Trevoux , du mois
de Novembre 1729. page 2078. au ſujet
de la Vie du B. Barthelemi de Bregance
Evêque de Vicence , & Patriarche de
Hierufalem.
MON
,
ON TRES REVEREND PERE ;
Après avoir lû la vie du B. Barthelemi
de Bregance dans le premier Volume
de Juillet , page 280. des Acta Sanctorum
, que V. R. continue avec tant de
fuccès , je crus y pouvoir faire quelques
remarques. Premierement fur la Nobleffe
de fa Naiffance , qu'il a connuë
qu'il a méprisée , mais qu'il n'a jamais
fouhaité qu'on lui difputat, fur tout de la
maniere que V. K. le fait.
B vj Michel
و
2148 MERCURE DE FRANCE
Michel Pie , dites- vous , veut qu'il foit
noble Vicentin , de la Maifon de Bregance
ou Bragance, ainfi appellée du Château
de ce nom. Barbaranus , & après lui
Marchefius (encheriffant fur cette nobleffe)
font venir la Maifon de Bregance de je
ne fçai quel Adrien, à nefcio quo , Comte &
Seig. de ce Château. Je fuis furpris , continuez
- vous , qu'ils ne fe foient pas avifez
de remonter jufques à Antenor , fondateur
de la Ville de Pavie . Lifez , mon R.P. les
Chroniques de Vicence , dans le viii vol .
intitulé Rerum Italicarum Scriptores , &
vous y verrez les glorieux exploits des
Héros de cette Illuftre Maifon , Seigneurs
des Châteaux de Bregance & de Plovins ,
page 41.
Afin d'autorifer le fentiment de ces
Ecrivains , que vous défaprouvez , je me
fuis fervi du témoignage d'un ancien
manufcrit , qu'il m'a paru naturel d'attribuer
à Godus , fe trouvant imprimé.
la fin de fa Chronique , fans nom d'Auteur.
Vous avouez vous - même qu'il y eft,
en difant, ce texte n'eft pas de Godius , il eſt
ajouté à fa Chronique. Pour moi , mon
R.P. j'ai fujet de croire , par la place qu'il
occupe , qu'il en eft un fragment &
j'écris Godus , on dit Chronica Godi , &
*
د
Unfragment , puifque la Société Palatine a
jugé à propos de là lui dennor, & j'écris Godus.
non
OCTOBRE. 1730. 2149
non pas Godii. Ex quibus fuit Bartholomaus
, au lieu de in quibus fuit , comme
on le lit dans votre Lettre , pag. 2082 .
On ne fçait , ajoutez vous , de qui eft -
ce texte : De qui qu'il foit , il a des caracteres
de faux. V. R. aggréera que je me
ferve de fon expreffion , & que je dife ,
de qui qu'il foit , il n'a que des caracteres
de vrai. Elle en fera convaincue par la
réponſe à la Lettre que j'ai écrite à Milan
au retour de ma Miffion du Carême
comme à la fource où le manufcrit a été
imprimé , par les foins de la fçavante
Societé Palatine , une des plus celebres:
Academies de l'Europe , fondée , comme
vous fçavez , par M. le Comte Archinto
neveu du Cardinal Archevèque de Milan
2
de ce même nom. Ma Lettre eft écrite en
Latin , adreffée à M. Argelaty , Directeur
de cette illuftre Societé .
La voicy en partie , traduite du Latin -
en François , le refte eft compris dans la
réponse de M. Argelaty .
"
M. ayant à parler du B. Barthelemi ,
» Evèque de Vicence , en 1256. & cher-
» chant un témoignage de fa Nobleſſe ,
plus ancien que celui deMarzarius, qui
» dans l'hiftoire de cette Ville , liv. 1.pag.
» 127. le fait defcendre de l'illuftre Mai-
» fon de Bregance ; j'ai cru l'avoir heu-
>> reuſement trouvé , ce témoignage , dans
le
2150 MERCURE DE FRANCE
» le 8 vol. pag. 92. de votre riche Ou-
» vrage , qui a pour titre ; Rerum Itali-
" carum Scriptores , où on lit ce qui fuit :
» Voici les noms des Familles Nobles de
» notre Ville, déja éteintes, & dont à peine
>> refte-t-il le fouvenir. Les Comtes , & c.
» les Comtes de Bregance , defquels eft
» defcendu Barthelemi de Vicence , de
>> l'Ordre des Précheurs , Evêque de la
» même Ville.
"
Ha funt familia qua in Civitate noftra nobiles
, erant , & ita extindle funt , ut de eis
vix maneat memoria . Comites , & c. Comites
Bregantiarum , ex quibus fuit Epifcopus
Bartholomæus Vicentinus, de Ordine Pradicatorum.
>> Pour ce qui eft de l'extinction des
douze Familles dont l'Auteur parle
fans marquer l'année depuis laquelle il
» la compte , & de ce trifte oubli qui l'a
» fuivie , l'écriture & l'experience nous
>> perfuadent que tres- peu de tems fuflit
pour l'un & l'autre fort . Periit memoria
» eorum cum fonitus fur tout par rapport
>> aux fucceffeurs mâles , & dans une Ville
» auffi féconde en Nobleffe & auffi cele-
>> bre par fa grandeur qu'étoit alors celle
W
de Vicence , expofée à la tyrannie des
» Ezzelins , qui fe fuccederent & ra-
» vagerent la Lombardie jufques en 1259 .
» La Chronique de Smeregius , pag. 101 .
du
OCTOBRE . 1730 . 2151
C
» du 8 vol. cité , raporte ce qui fuit en
» particulier de la Famille de Bregance .
>> En 1259. un des fils de Rizzard Po-
» deftat , époufa D. Odolia de Bregance ,
» qui partageoit la fucceffion des Sei-
» gneurs de la Maifon de Bregance avec
» D. Deodofie , fille de Jacques de Bre-
» gance. Que fuccedebat hæreditati D.D. de
» Bregantiis , pro medietate , & D. Deodo-
» fia filia Jacobi de Bregantiis pro alia.
Ditiffima & Nobiliffima D. & c. J'efpere
que vous aurez la boncé de répondre à celui
qui eft avec un profond refpect , & c .
>>
>>>
Réponse de M. Argelaty , Directeur de la
Société Palatine de Milan , traduite
de Latin en François.
» M. R. vous fouhaitez que je vous
» réponde fur les trois chefs propofez
» dans votre Lettre , &c. Pour le faire
» avec plus d'exactitude , je les ai expo-
» fez au celebre M. Jofeph- Antoine Sa-
» xius, Préfet de la Bibliotheque Ambroifienne
, afin qu'ayant eu pour partage
,, l'examen des Manufcrits de l'hiftoire de
Vicence , qu'il a enrichis d'une fça-
» vante Préface , il fut mieux au fait de
les réfoudre. Il m'a donc fait comprendre
, 1º . que le veftige d'antiquité du
» manufcrit lui vient uniquement de l'autorité
"
>>
"
2152 MERCURE DE FRANCE.
»torité du fameux Vincent Pinelly , qui
» fleuriffoit vers la fin du 16 ° fiecle , &
» qui le fit tranfcrire d'un ancien Ma-
» nufcrit , gardé dans le Cabinet d'Her-
» cule Fortitia ; & comme Vincent Pinelly
» ce Docteur fi celebre & fi verfé dans
l'antiquité , ne s'attachoit qu'aux ma-
» nufcrits les mieux caracteriſez , il ne
» faut pas douter que celui - cy confervé
» dans le Cabinet d'Hercule Fortitiæ
» n'ait été jugé digne de foy par un ſi
» habile homme.
2º. Pour ce qui eft de l'occafion &
» du tems auquel il fut porté , avec plu-
» fieurs autres manufcrits , de Vicence à
la Bibliotheque Ambroifienne ; vous le
» pouvez voir clairement dans les Lettres
» écrites par le Sçavant M. Saxius , à
» M. Muratori, pour l'Edition de la Chro-
» nique de Dandulo , tom. 11. Rerum Ita-
» licarum , & c.
»
3. Remarquez bien que ce n'eft pas
» fur l'autorité d'Hercule Fortitia , maïs
» fur l'ancienneté du manufcrit qu'il
» avoit acquis , & dont la copie eft dans
» la Bibliotheque Ambroifienne, que vous
pouvez librement ASSURER , ET SANS
>> HESITER QUE LE B. BARTHELEMY , EVIQUE
DE VICENCE , ETOIT DE LA MAISON
» DES COMTES DE BREGANCE . Si dans la
»fuite je viens à découvrir quelque Memoire
OCTOBRE. 1730. 2153
» moire qui puiffe donner quelque luftre
» à votre Ouvrage , je me ferai un plaifir
» de vous le communiquer, afin de vous
» témoigner de plus en plus , & à tous les
gens de Lettres , combien je fuis , tuus
addictiffimus Philippus Argelatus , Me-
» diolani , die 18 Julii 1730 .
>>
On trouvera à la fin de cette Réponſe
une copie exacte de l'original Latin de la
Lettre de M Argelaty.
Vos fentimens , mon R. P. fur l'autorité
de ce manufcrit font bien differens.
La bonne critique vous apprendra de
plus , dites vous , que dans ce Catalogue
même , le paffage dont vous vous ap
puyez uniquement eft interpolé . Le nom.
de notre Bienheureux y eft inferé après
coup , & ce texte a encore d'autres caracteres
de faux : En voicy un ; on y lit : Qui
coronam fpineam donatus à Rege Francorum
portavit Vicentiam.Ce coronam fpineam,
eft là une fauffeté ou une falfification ; il
auroit falu dire : Spinam de corona . Encore
, continuez- vous , Barthelemi ne l'aporta-
t-il pas entiere cette Epine ' , fon
compagnon Afculanus la partagea avec
lui également. C'eft un texte corrompu
dans tout ce Catalogue les Familles feulement
font nommées ; on n'y nomme.
nulle part aucune perfonne en partieulier
, que dans l'endroit où Barthelemi eft
cité
2154 MERCURE DE FRANCE
cité , ce qui prouve que la citation eſt
faite exprès, pour lui & par interpolation .
Mon R. P. avant que de répondre directement
aux prétendus caracteres de
faux du manufcrit , vous agréerez que je
vous propofe ce dilemme : où tous ces
habiles connoiffeurs & exacts critiques
déja nommez, l'ont reconnu faux & interpolé
, ou non ? S'ils l'ont connu tel que
V. R. le dépeint , que ne l'ont- ils profcrit
? A quoy bon Hercule Fortitiæ l'at-
il acquis & confervé dans fon Cabinet
comme une piece rare dont il ne voulut
pas fe deffaifir ; & Pinelli , ce grand génie
fi verfé dans le choix des Originaux manufcrits
, honoré à Pavie , au raport de
Gualde , où il réfidoit depuis 1558. de la
vifite des Cardinaux Baronius & Bellarmin
, en devoit-il être jaloux jufques - là
que d'en demander une copie , ne pouvant
pas acquerir l'original ? L'Eminentif
fime Frederic Boromée , Cardinal en 1587.
& Archevêque de Milan en 1595. coufin
de Saint Charles , l'auroit- il acheté à prix
d'or ,& une groffe fomme , avec tant d'autres
manufcrits de la Bibliotheque de Pinelli
, échappez du naufrage & des mains
des Pirates, pour en enrichir fa Bibliotheque
Ambroisienne ?
Quidquid ditiffima Pinelly Bibliotheca , ac
præfertim manufcriptorum codicum ab incleOCTOBRE.
1730. 2155
mentis Pelagi & Piratarum injuriis fuperftes
fuit multo comparatum auro , & c. immortalis
fame Frederici Cardinalis Borromai , & c.
Préface du 12 vol . Rerum Italicarum , & c.
Enfin la fçavante Société Palatine de Milan
l'auroit - elle donné au public comme
un grand preſent ? Alterum inde beneficium
accipies lector, & c. VETUSTUM hoc exemplar
opere pretium fuit imprimere.
Que fi tant d'hommes de Lettres qui
ont vû en Italie ce texte , ne l'ont pas reconnu
tel que V.R.le dit ; quel jugement
en a- t- elle pû porter à Anvers , où elle n'a
vû ni le manufcrit du Cabinet d'Hercule,
ni la copie de Pinelly .A qui faut- il plutot
en croire ?
Venons aux prétendus caracteres de
faux. En voicy un , dites - dites- vous , on y lit :
Qui coronam fpineam donatus à Rege , & c.
il auroit fallu dire , fpinam de corona.
Bzovius , mon R.P.s'eft fervi des mêmes
termes dans l'Index ou Table du 1 3 vol.
des Annales Ecclefiaftiques, édition d'Anvers
1617. Ab eo , en parlant de ce Don
précieux de S. Loüis , Spinea Corona Dominica
donatur. Et afin que V.R.ne puiffe pas
dire que cet Auteur a cru parler de la Couronne
entiere , on lit, pag. 560. n ° .14 . Ab
eo pignus obtinuit Spinam ex Corona. Le témoignage
de Bzovius auroit - il aufſi un caractere
de faux ?
L'ufage
2156 MERCURE DE FRANCË
L'ufage eft commun & authorifé, mon
R. P. Pars pro toto , da mihi animas ; l'ame
pour tout l'homme , N.B. appelle dans un
de fes Traitez , l'Eglife de la Couronne
celle qui poffede cette fainte Epine.Leandre
, le Convent de la Couronne : Canobium
corona . Defcriptio Italia , pag.733.On
dit : Allons à l'adoration de la vraie Croix,
fans fpécifier d'un fragment de la vraie
Croix . L'Auteur du manufcrit a parlé le
langage commun , & le défaut prétendu
de fon expreffion n'invalidera jamais la
force de fon témoignage.
y
En fecond lieu , fi N. B. eft feul nommé
dans ce Catalogue des douze Familles
nobles , c'eſt une preuve qu'il a été fait à
peu près de fon tems , puifque l'Auteur
Vicentin voulu immortalifer le nom
de fon Evêque , de fon Concitoyen , d'une
fi illuftre Maiſon & d'un Saint , celebre
en fcience & en piété , capable de faire
l'honneur de fa patrie dans la fuite des
fiécles ; qualitez réunies dans N.B. qui ne
l'étoient pas dans un autre.
V. R. ajoute que Smeregius & Léandre
ne le nomment que Barthelemi de Vicen .
ce. Benoît XI . M. R.P. s'appeloit Nicolas
de Trévife . S. Pie V. Michel de Bofco ,
tous deux Dominicains; & l'on fçait qu'Innocent
V. du même Ordre , qui pour le
moins avoit eu autant & d'auffi preffantes
OCTOBRE. 1730. 2157
tes occafions que N.B. d'écrire le nom de
fa famille , n'eft connu que fous le nom de
Pierre de Tarantaife . Telle étoit la coutume
des premiers fiecles de notre Ordre
de prendre le furnom du lieu de la naif
fance. Ce qui eft caufe que nous ignorons
celui de la plus grande partie de nos
Generaux .
fleft tems , M. R. P. d'achever de répondre
à votre Lettre de fix petites pages
& demie , dont il y en a deux remplies
d'un préambule , trois des défauts prétendus
du manufcrit de Milan , & le refte
des deux articles qui fuivent.
?
Vous faites , me dites vous , N. B. Confeffeur
du Roy à Paris en 1240. juftement
dans le tems auquel le P. Echard , après
Ughellus , le fait Maître du Sacré Palais à
Rome , fous Gregoire IX. depuis 1235.
jufques à 1241 .
Vous me permettrez , M. R. P. de vous
faire remarquer qu'il y a dans le texte du
P. Echard ( inter ) entre , & non pas , depuis
; ce qui fait une grande differences
encore voit-on que ce n'eft qu'avec peine
qu'il le met fous ce Pape , ce qui ne peut
tout au plus s'entendre , dit-il , que de la
fin de fon Pontificat.
On fçait que 1240 & 1241.furent les 2
dernieres années de la vie de ce Pape . &
qu'en 1236 , la Miffion de N. B. finit en
Lon
2158 MERCURE DE FRANCE
Lombardie , après laquelle j'ai dit , que
tout concourt à le fuivre en France . Certè
Ughellus hoc munere functum fub Pontificatu
Gregorii I X. refert , quod verifimilius
, pourfuit le P. Echard , de ejus pofterioribus
annis intelligas , inter 1 235 & 1241 .
& forfan ultra ad Innocentium IV. à дно
creatus eft Epifcopus .
Léandre le fait clairementMaître du Sacré
Palais fous Innocent IV. par ces deux
Epoques.
Barthelemi continua en France l'explication
des Ouvrages de S. Denis , qu'il
avoit commencée à Rome . Romam vocatus
Magifter Sacri Palatii factus , coepit , & c.
Dum effet in Galliis , legit , & c. ce qui ne
peut avoir été qu'à la fuite d'Innocent IV.
elu Pape le 24 Juin 1243. & obligé de ce
réfugier à Lion au mois de Decembre 1 244 :
De plus il eft vifible que N.B. paffa de fa
Charge à l'Epifcopat . Venons à la dignité
de Patriarche.
Vous ne vous mettez pas en devoir , me
dites-vous, d'affermir N.B. fur fon thrône
Patriarchal de Jerufalem , où vous le
placez.
Vous fçavez , M.R.P. que j'ai employé
fept pages de mes remarques à le faire ;
au furplus je m'en tiendrai toujours à une
Epitaphe auffi authentique que l'eft celle
de N. B. où on lit fi diftinctement :
Hieru
OCTOBRE . 1730. 2159
Hierufalem Patriarchafuit, dilexit & omnes.
Vous en reconnoiffez l'ancienneté de
près de quatre cens ans par ces mots : >> Les
hommes de ce fiecle peu éclairé ( 1 354. )
» ont cru que les Evêques qui paffoient en
» Orient étoient tout autant de Patriarches
: Apud homines illos vix mediocriter
doctos , idem vifum eft , & c. & vous convenez
de l'uniformité des fentimens de
ceux qui avec le R. P. Zenobrius , de la
Compagnie de Jefus , Recteur du College
de Vicence , ont pû lire cette Epitaphe
à loifir : Notandum Poëtas hos omnes rotunde
appellaffe Bartholomæum Patriarcham .
Le P. Échard en a bien fenti la force . Si
c'étoit la premiere Inſcription , dit- il , on
auroit de la peine à y répondre. Quid
ergo de ejus fepulchrali Epigraphe ? Urgeret
quidem illa fi ea effet que primo ejus tumulo
infculpta. Quelle apparence qu'en renouvellant
l'Epitaphe du Saint , 83 ans après
fa mort , on fe foit avifé d'y ajouter un
titre fi diftingué s'il n'eut pas été à la premiere.
Au refte , M. R. P. fi vous avez
tant de peine à vous perfuader que N.B.
ait pris poffeffion de fon Siége , comme l'a
dit le fçavant P. Papebroch , de la Compagnie
de Jefus & votre prédéceffeur ,
avoüez du moins qu'il y a eu un certain
efpace de temps durant les deux premieres
2160 MERCURE DE FRANCE
res années du Pontificat d'Urbain IV . ( qui
felon le P. ECHARD , offrit cette dignité
à plufieurs fujets ) dans lequel N. B. en a
été revêtu pour mériter ce titre que Monfieur
l'Abbé Chatelain lui donne dans fon
Martyrologe, & qu'on lit fur fon tombeau.
Hierufalem Patriarcha fuit.
Argument pofitif qui prévaudra toujours
fur un foible argument négatif de
l'oubli du nom de N. B. dans le Catalogue
des Patriarches de Jerufalem .
Le P. Elie de Riez n'eft pas non plus
dans celui des Patriaches d'Antioche, & le
Pere Echard * ne laiffe pas de le reconnoître
comme tel & avec juftice , fur le témoignage
d'Acuna , Archevêque de Brague.
que
Puiffiez vous , M.R.P. vivre long- tems
& en fanté , pour l'utilité de la Républi-
Chrétienne , & en particulier pour la
gloire de l'Ordre des Freres Prècheurs, en
faveur duquel vous ajoutez d'une maniere
toutà fait gracieufe en finiffant votre Lettre
: >> Nous continuerons de prendre un
>> foin tout particulier que rien ne nous
Ȏchappe de tout ce qui pourra contribuer
Ȉ la folide&veritable gloire de vos Saints.
Je fuis , mon Tres - Reverend Pere
avec un profond refpect , votre , &c.
* Tume 1. Add.
Coppie
OCTOBRE. 1730. 2161.
COPPIE de la Réponse de M. Argelaty
, Directeur de la Société Palatine de
Milan.
" T
Ria à me poftulas , vir doctiffime, in
humaniffimâ Epiftolâ tuâ præterito
» menfe Maio ad me confcriptâ ; neque.
» moram incuſes rogo , quod ad præfen-
» tem ufque diem diftulerim tibi ferre refponfum
, cum tantis iifque gravibus
» diftrahar curis quod vix me mihi reddere
aliquando poffim . Sed quia animus erat,
eâ quâ par eft diligentiâ quæ poftulas
exactè perficere , clariffimum virum Jo-
»fephum-Antonium Saxium , Bibliothe-
» cæ Ambrofianæ Præfectum exquifivi , ut
ficut ipfe ea Vicentina Hiftoriæ monu-
» menta produxit , eruditâque Præfatione
» ditavit , ita nexus folveret quos inve-
» nifti.
Primò. Ab eodem igitur intellexi ma-
» nufcriptum eum Codicem quo ufus
eft , nulla alia Antiquitatis redolere vef-
» tigia , præterquam quod Vincentii Pi-
» nelli viri præclariffimi auctoritate niti-
» tur: qui fæculo decimo fexto exeunte
» Florens , illum tranfcribi fecit ex anti-
» quo exemplari qui fervabatur in fcriniis
» Herculis Fortitiæ , & quemadmodùm
» Pinellus ipfe antiquâ expertus eruditione
codices melioris notæ quos repe-
C >>rire
2162 MERCURE DE FRANCE
>> rire poterat confulebat , ideò non am-
» bigendum quin ille quoque Herculis
» Fortitiæ FIDE DIGNUM , tanto viro vide-
"
>>
retur.
Secundò. Quò tempore , quâve occa-
» fione fuerit codex ille unà cum aliis
pluribus è Vicentiâ in Ambrofianam
» tranflatus , dilucidè fatis percipere po-
» teris , fi litteras clariffimi Saxii ad eru-
» ditiffimum Muratorium tranfmiffas pro
» editione Danduli , tom. xII . Collectionis
» noftræ rerum Italicarum , impreffi con-
>> fulueris.
>> Tertiò. Te monitum volo , non aucto-
» ritate Herculis Fortitiæ. SED ANTIQUI
» CODICIS , qui penès illum fervabatur
» cujus exemplar inextat in Bibliothecâ
» Ambrofianâ : LIBERE TE ASSERERE POSSE
» BEATUM BARTHOLOMEUM EPISCOPUM
» VICENTINUM A COMITIBUS BREGANTIA-
» RUM ORIGINEM TRAXISSE. Si quæ in dies
» ad opus tuum illuftrandum mihi præ
» manibus fuerint , tibi per Litteras com-
>> municare non negligam.Ut animi erga te
» mei , & litteratos quofcumque viros
# certiùs femper exhibeam teftimonium,
Vale.
Tuus addictiffimus PHILIPPUS ARGELATUS.
Mediolani , die 18. Julii 1730.
Collectivité
Faux
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Résumé
Le texte est une réponse du Père Texte, dominicain, à la lettre du Père du Sollier, jésuite, publiée dans les Mémoires de Trevoux de novembre 1729. Cette correspondance traite de la vie de Barthélemy de Bregance, évêque de Vicence et patriarche de Jérusalem. Le Père Texte conteste certaines affirmations du Père du Sollier concernant la noblesse de Barthélemy de Bregance. Il mentionne que Barthélemy était issu de la maison de Bregance ou Bragance, une famille noble de Vicence. Le Père Texte se réfère à des chroniques et à un manuscrit ancien pour appuyer ses arguments. Il affirme que ce manuscrit est authentique et a été validé par des érudits tels que Vincent Pinelli et la Société Palatine de Milan. Il critique également les accusations de falsification portées sur le manuscrit, en citant des exemples similaires dans d'autres ouvrages historiques. Le texte traite également des dernières années de la vie de Barthélemy, qui a vécu ses deux dernières années, 1240 et 1241, sous le pontificat de Grégoire IX. En 1236, une mission en Lombardie a marqué la fin de sa carrière missionnaire. Il a ensuite été Maître du Sacré Palais sous Innocent IV, rôle qu'il a continué en France après avoir été appelé à Rome. Barthélemy a également été évêque de Vicence et a continué l'explication des œuvres de Saint Denis en France. Sa dignité de patriarche de Jérusalem est soutenue par une épitaphe authentique et des témoignages historiques. Il a été reconnu comme patriarche par plusieurs sources, y compris le Père Échard et le Père Papebroch. Le Père Texte conclut en soulignant l'importance de la tradition et des témoignages historiques pour établir la noblesse de Barthélemy de Bregance. La correspondance entre les érudits discute de l'authenticité des documents historiques concernant Barthélemy, mettant en lumière les débats et les validations nécessaires pour confirmer son héritage.
Soumis par kipfmullerl le