Titre
LE HEROS PARFAIT. ODE. A M. le Maréchal Duc de Villars.
Titre d'après la table
Ode au Maréchal de Villars,
Fait partie d'une livraison
Fait partie d'une section
Page de début
833
Page de début dans la numérisation
8
Page de fin
838
Page de fin dans la numérisation
13
Incipit
Quel est ce Héros plein de gloire,
Texte
LE HEROS PARFAIT.
O D E.
A. M. le Maréchal Duc de Villars.
Uel est ce Héros plein de gloire ,
Qui vient s'offrir à mes regards !
Ceint des Lauriers de la Victoire ,
Et Vainqueur de tous les hazards?
N'est - ce point le Dieu de la Guerre
Qui , lassé d'effrayer la terre ,
•
A ij Vient
50
834 MERCURE DE FRANCE
Vient respirer dans ( 1 ) ce séjour ?
Mais près de lui les doctes Fées ,
Les Amphions et les Orphées ,
S'empressent à faire leur cour.
Depuis quand le Dieu de la Thrace ,
Des beaux Arts est - il protecteur ?
Lui de qui la guerriere audace ,
Répand l'épouvante et l'horreur ?
Non , non de mon ame surprise :
Je connois enfin la méprise ;
C'est VILLARS qui s'offre à mes yeuxs
Sa valeur étonna Bellonne ;
La Paix à son tour le couronne ,
Et vient le mettre au rang des Dieux.
讚
Né pour le bonheur de la France ,
VILLARS dompte ses ennemis ;
Sa valeur nous rend l'esperance ,
Dès qu'il paroît , tout est soumis ,
Le Batave , la Germanie ,
(2 ) Cédent à son noble génie ,
Rien ne résiste à ses efforts :
A la terreur , à la tristesse ,
I (1 ) A Vaux- le-Villars.
( 2 ) La Bataille de Dénain,
MAY. 835 17330
On voit succéder l'allégresse ,
Qui s'exprime par nos transports.
讚
A l'instant que de la tempête ,
11 a garanti nos Etats ,
Sa prudence active s'apprête ,
A livrer encor des combats ;
Du Rhin , les Ondes étonnées
Ne paroissent plus mutinées“ ,
A l'aspect de ses étendarts ;
Landau , Fribourg ouvrent leurs Portes ;
L'on voit ses vaillantes cohortes ,
Se ranger sur leurs fiers Remparts. 01.01
Mais c'est peu que dans les allarmes ,
Il immortalise son nom ;
La Paix vient , avec tous ses charmes ,'
Illustrer encor son renom.
Prémice des biens qu'elle accorde ,
Déja s'avance la concorde ,
Objet de nos ardens désirs .
De notre sort Villars est Maître ,
Peuples , vous allez voir renaître ,
Et vos beaux jours et vos plaisirs.
De la vertu la plus sublime ,
An▲ iij. ↑ Nous
3
1
"
36 MERCURE DE FRANCE
Nous voyons les heureux effets ;
*
Des deux grands Héros qu'elle anime ,
Seule elle régle les projets ;
Plein d'une sagesse profonde ,
Villars , du plus grand Roy du monde ,
Maintient dignement tous les droits :
Eugène l'écoute et l'admire ,
Et du feu divin qui l'inspire
Il fait son exemple et ses loix.
Fille du Ciel ! Paix désirable !
Qui conduit un heureux repos ,
Enfin ton retour favorable ,
Est l'ouvrage de mon Héros.
Pour lui quelle gloire immortelle !
Non , la victoire la plus belle ,
N'a point un si parfait éclat ;
Mais la sagesse , le courage ,
En lui disputent l'avantage .
De grand Guerrier , d'homme d'Etat.
Aussi- tôt que d'un sort tranquile ,
L'Europe goûte les douceurs ,
Villars rend son loisir utile ,
Il vient protéger les neuf Soeurs.
* La Paix de Rastad.
La
MAY. 837
1733.
La sublimité , la justesse ,
Le bon goût , la délicatesse ,
Eclatent dans ses jugemens ,
Le vrai seul peut le satisfaire ,
Et l'on ne parvient à lui plaire ,
Que par de solides talens.
送
* Un nouveau Parnasse s'éleve ,
Dans des murs chéris d'Apollon ,
Déja le prodige s'achève ,
J'y trouve le sacré Vallon .
Qui peut surmonter tant d'obstacles ?
A qui devons - nous ces miracies ,
Dont notre esprit est enchanté ?
C'est Villars qui sçait les produire ;
Il commande , l'on voit construire ,
Un Temple à l'immortalité.
LOUIS , d'une gloire si pure ,
Héros délices des Mortels ;
La jalousie en vain murmure ,
Nos coeurs t'érigent des Autels :
Toutes les vertus à ta suite ,
Forcent les vices à la fuite ;
Est-il un triomphe plus beau ?
L'établissement de l'Academie de Marseille.
A iiij
Paisse
838 MERCURE DE FRANCE
Puisse l'Auteur des destinées ,
En éternisant tes années ,
• T'affranchir des loix du tombeau.
O D E.
A. M. le Maréchal Duc de Villars.
Uel est ce Héros plein de gloire ,
Qui vient s'offrir à mes regards !
Ceint des Lauriers de la Victoire ,
Et Vainqueur de tous les hazards?
N'est - ce point le Dieu de la Guerre
Qui , lassé d'effrayer la terre ,
•
A ij Vient
50
834 MERCURE DE FRANCE
Vient respirer dans ( 1 ) ce séjour ?
Mais près de lui les doctes Fées ,
Les Amphions et les Orphées ,
S'empressent à faire leur cour.
Depuis quand le Dieu de la Thrace ,
Des beaux Arts est - il protecteur ?
Lui de qui la guerriere audace ,
Répand l'épouvante et l'horreur ?
Non , non de mon ame surprise :
Je connois enfin la méprise ;
C'est VILLARS qui s'offre à mes yeuxs
Sa valeur étonna Bellonne ;
La Paix à son tour le couronne ,
Et vient le mettre au rang des Dieux.
讚
Né pour le bonheur de la France ,
VILLARS dompte ses ennemis ;
Sa valeur nous rend l'esperance ,
Dès qu'il paroît , tout est soumis ,
Le Batave , la Germanie ,
(2 ) Cédent à son noble génie ,
Rien ne résiste à ses efforts :
A la terreur , à la tristesse ,
I (1 ) A Vaux- le-Villars.
( 2 ) La Bataille de Dénain,
MAY. 835 17330
On voit succéder l'allégresse ,
Qui s'exprime par nos transports.
讚
A l'instant que de la tempête ,
11 a garanti nos Etats ,
Sa prudence active s'apprête ,
A livrer encor des combats ;
Du Rhin , les Ondes étonnées
Ne paroissent plus mutinées“ ,
A l'aspect de ses étendarts ;
Landau , Fribourg ouvrent leurs Portes ;
L'on voit ses vaillantes cohortes ,
Se ranger sur leurs fiers Remparts. 01.01
Mais c'est peu que dans les allarmes ,
Il immortalise son nom ;
La Paix vient , avec tous ses charmes ,'
Illustrer encor son renom.
Prémice des biens qu'elle accorde ,
Déja s'avance la concorde ,
Objet de nos ardens désirs .
De notre sort Villars est Maître ,
Peuples , vous allez voir renaître ,
Et vos beaux jours et vos plaisirs.
De la vertu la plus sublime ,
An▲ iij. ↑ Nous
3
1
"
36 MERCURE DE FRANCE
Nous voyons les heureux effets ;
*
Des deux grands Héros qu'elle anime ,
Seule elle régle les projets ;
Plein d'une sagesse profonde ,
Villars , du plus grand Roy du monde ,
Maintient dignement tous les droits :
Eugène l'écoute et l'admire ,
Et du feu divin qui l'inspire
Il fait son exemple et ses loix.
Fille du Ciel ! Paix désirable !
Qui conduit un heureux repos ,
Enfin ton retour favorable ,
Est l'ouvrage de mon Héros.
Pour lui quelle gloire immortelle !
Non , la victoire la plus belle ,
N'a point un si parfait éclat ;
Mais la sagesse , le courage ,
En lui disputent l'avantage .
De grand Guerrier , d'homme d'Etat.
Aussi- tôt que d'un sort tranquile ,
L'Europe goûte les douceurs ,
Villars rend son loisir utile ,
Il vient protéger les neuf Soeurs.
* La Paix de Rastad.
La
MAY. 837
1733.
La sublimité , la justesse ,
Le bon goût , la délicatesse ,
Eclatent dans ses jugemens ,
Le vrai seul peut le satisfaire ,
Et l'on ne parvient à lui plaire ,
Que par de solides talens.
送
* Un nouveau Parnasse s'éleve ,
Dans des murs chéris d'Apollon ,
Déja le prodige s'achève ,
J'y trouve le sacré Vallon .
Qui peut surmonter tant d'obstacles ?
A qui devons - nous ces miracies ,
Dont notre esprit est enchanté ?
C'est Villars qui sçait les produire ;
Il commande , l'on voit construire ,
Un Temple à l'immortalité.
LOUIS , d'une gloire si pure ,
Héros délices des Mortels ;
La jalousie en vain murmure ,
Nos coeurs t'érigent des Autels :
Toutes les vertus à ta suite ,
Forcent les vices à la fuite ;
Est-il un triomphe plus beau ?
L'établissement de l'Academie de Marseille.
A iiij
Paisse
838 MERCURE DE FRANCE
Puisse l'Auteur des destinées ,
En éternisant tes années ,
• T'affranchir des loix du tombeau.
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Genre littéraire
Domaine
Résumé
Le poème célèbre les exploits du Maréchal Duc de Villars, le décrivant comme un héros victorieux et couronné par la Paix. Villars est présenté comme un protecteur des arts et un guerrier redoutable, ayant dompté ses ennemis et rendu l'espérance à la France. Ses victoires, notamment celle de la Bataille de Dénain, sont soulignées, ainsi que sa prudence et son courage, qui ont garanti la sécurité des États. Le poème met en avant la sagesse et la vertu de Villars, qui maintient dignement les droits du plus grand roi du monde. La Paix de Rastadt est mentionnée comme un de ses ouvrages, apportant un heureux repos à l'Europe. Villars est également loué pour son soutien aux arts et à la culture, notamment par la création de l'Académie de Marseille. Le texte se termine par une invocation à l'Auteur des destinées pour éterniser les années de Villars et le libérer des lois du tombeau, soulignant ainsi sa gloire immortelle et les vertus qu'il incarne.
Est adressé ou dédié à une personne
Remarque
Dans le Mercure de mars 1734, on apprend que l'auteur de cette ode est « M. SERVIN » (p. 477).