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Titre

EXTRAIT d'une Lettre écrite de Rennes au mois d'Avril 1730. sur un Insecte très-singulier.

Titre d'après la table

Lettre sur un Insecte très-singulier,

Fait partie d'une section
Page de début
1551
Page de début dans la numérisation
86
Page de fin
1553
Page de fin dans la numérisation
88
Incipit

Quelque infinie que soit la Nature ; & quelque accoûtumé qu'on doive

Texte
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Rennes
au mois d'Avril 1730. fur un Infecte
très-fingulier.
Q&
Uelque infinie que foit la Nature
& quelque accoûtumé qu'on doive
être aux bizarreries qu'elle femble affecter
dans plufieurs de fes Ouvrages , je
crois qu'on ne peut refufer fon attention
à celui qu'elle met ici fous nos yeux.
Le Curé de la Paroiffe de S. Jacques de
la Lande , à une lieuë de la Ville de Rennes
, trouva fur la fin du mois de Mars
dernier , dans le Cimetiere , le long du
mur de l'Eglife , une efpece de Phaléne
ou de Papillon , de la longueur de deux
pouces , fur un demi pouce de largeur ,
des cris ſemblables à ceux des Chauveſou
Dij ris
1552 MERCURE DE FRANCE
ris , & la figure particuliere de cet Infecte
, attirerent fon attention ; il le mit
dans une bouteille avec du pain & des
herbes pour tâcher de le faire vivre , mais
trois jours après il le trouva mort ; il s'eft
neanmoins confervé de façon qu'on en
peut parfaitement diftinguer encore toutes
les parties. La tête eft de la groffeur du
tronc , on apperçoit fur une éminence
fituée au- deffus de la tête , la figure d'une
tête de Mort de la largeur de l'ongle ,
imitant parfaitement celles qu'on reprefente
fur les Ornemens noirs de l'Eglife .
De la jointure de la tête avec le tronc ,
partent deux grandes ailes qui couvrent
tout le corps , elles font tavelées ou marquetées
comme une efpece de Drap -Mortuaire
; il y en a deux autres plus petites
deffous , avec plufieurs pieds reffemblans
à ceux des Hannetons. Toutes ces parties
font couvertes d'un duvet ou poil
bigaré de noir & de jeaune , imitant affez
bien le velours. Les traits de la figure de
cet Infecte font diftinguez par la couleur
noire , tandis que le fond eft jaune.
On trouvera , fans doute , dans cette
Découverte dequoi picquer la curiofité
d'un Phyficien ; les Infectes peuvent - ils
être fufceptibles des effets que les objets
exterieurs caufent quelquefois ? Le mouvement
communiqué aux efprits de ces
AniJUILLET.
1730. 1553
Animaux & des autres , à l'occafion des
mêmes objets , pourroit -il procurer des .
impreffions , pour ne pas dire des refle
xions , capables de produire les mêmes .
accidens que dans les hommes ? L'exemple
des Monftres , dont l'Hiftoire fait
mention , celui des Brebis de Jacob , rapporté
dans le 30. Chapitre de la Genele ,
& la reffemblance de la ftructure du cerveau
de tous les Animaux avec celui de
l'homme , femblent mettre hors de doute
la conformité que ces Créatures peuvent
avoir avec les hommes , par rapport
aux effets de l'imagination .
Collectivité
Faux
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Mots clefs
Résumé
En avril 1730, le curé de la paroisse de Saint-Jacques-de-la-Lande, près de Rennes, découvrit un insecte inhabituel dans le cimetière de son église. Cet insecte, ressemblant à une phalène ou à un papillon, mesurait environ deux pouces de longueur et un demi-pouce de largeur. Il émettait des cris similaires à ceux des chauves-souris et présentait une figure particulière. Le curé tenta de le conserver en vie dans une bouteille avec du pain et des herbes, mais l'insecte mourut trois jours plus tard. Le spécimen fut préservé, permettant d'observer distinctement toutes ses parties. L'insecte avait une tête de la même taille que le tronc, avec une éminence représentant une tête de mort. Ses ailes, tavelées comme un drap mortuaire, couvraient tout le corps. Il possédait également deux ailes plus petites et plusieurs pieds semblables à ceux des hannetons. Toutes ces parties étaient recouvertes d'un duvet bigarré de noir et de jaune, imitant le velours. Les traits de la figure de l'insecte étaient marqués par une couleur noire sur un fond jaune. Cette découverte suscita l'intérêt des physiciens, qui se demandèrent si les insectes pouvaient être affectés par des objets extérieurs de la même manière que les hommes. L'exemple des monstres, des brebis de Jacob mentionnées dans la Genèse, et la similitude de la structure cérébrale des animaux avec celle de l'homme, semblaient confirmer que les animaux pouvaient partager avec les hommes les effets de l'imagination.
Soumis par kipfmullerl le