Titre
PORTUGAL.
Titre d'après la table
Portugal,
Titre simplifié de l'article récurrent
Fait partie d'une livraison
Fait partie d'une section
Page de début
1429
Page de début dans la numérisation
618
Page de fin
1430
Page de fin dans la numérisation
619
Incipit
On a publié à Lisbonne un Edit du Roy, portant
Texte
PORTUGAL.
Na publié à Lisbonne un Edit du Roy
portant en substance , que S. M. ayant été
informée que le transport qu'on fait du Bresil danš
ce Royaume, de quantité de filles , sous prétexte
d'embrasser l'état Monastique , est une des principaLes raisons pour laquelle ce Pays n'est pas si peuplé
qu'il le pourroit être , et ayant appris que plusieurs de ces filles qu'on pourroit marier dans le Bresil
sont conduites dans ce Royaume malgré elles, et for cées à entrer contre leur inclination dans des Con
vents , où elles menent une triste vie ; S. M. ajugé
qu'il étoit necessaire pour le service de Dieu , pour
le sien et pour l'avantage du Bresil , de deffendre
qu'on ne transporte dans ce Royaume aucunefille ou
femme qu'après que S. M, en étant requise , y aura
donné son sonsentement , et que l'Archevêque et les Evêques duBresil,les auront duement examinées dans
leurs Districs respectifs , pour sçavoir si c'est de leur propre mouvement qu'elles embrassent l'étatEcclesias-"
tique , et si elles n'y sont pas forcées ; que le Roy sur
le rapport desdits Archevêque et Evêques , en dispo
sera ainsi qu'il le trouvera convcnable ; qu'en atII. Vol. Hiij tendant
1430 MERCURE DE FRANCE
tendant on ne pourra envoyer au Bresil aucunee per- mission pour le transport des femmes ou filles ; et
que les Capitaines ou Maitres des Navires , qui en
prendront sur leurs bords pour les conduire en
Royaume , sans une permission expresse de S. M.
payeront une amende de 2000 Cruzades pour cha
cune de ces femmes ou filles qu'en trouvera à bord deleurs Vaisseaux ,
GRANDE
Na publié à Lisbonne un Edit du Roy
portant en substance , que S. M. ayant été
informée que le transport qu'on fait du Bresil danš
ce Royaume, de quantité de filles , sous prétexte
d'embrasser l'état Monastique , est une des principaLes raisons pour laquelle ce Pays n'est pas si peuplé
qu'il le pourroit être , et ayant appris que plusieurs de ces filles qu'on pourroit marier dans le Bresil
sont conduites dans ce Royaume malgré elles, et for cées à entrer contre leur inclination dans des Con
vents , où elles menent une triste vie ; S. M. ajugé
qu'il étoit necessaire pour le service de Dieu , pour
le sien et pour l'avantage du Bresil , de deffendre
qu'on ne transporte dans ce Royaume aucunefille ou
femme qu'après que S. M, en étant requise , y aura
donné son sonsentement , et que l'Archevêque et les Evêques duBresil,les auront duement examinées dans
leurs Districs respectifs , pour sçavoir si c'est de leur propre mouvement qu'elles embrassent l'étatEcclesias-"
tique , et si elles n'y sont pas forcées ; que le Roy sur
le rapport desdits Archevêque et Evêques , en dispo
sera ainsi qu'il le trouvera convcnable ; qu'en atII. Vol. Hiij tendant
1430 MERCURE DE FRANCE
tendant on ne pourra envoyer au Bresil aucunee per- mission pour le transport des femmes ou filles ; et
que les Capitaines ou Maitres des Navires , qui en
prendront sur leurs bords pour les conduire en
Royaume , sans une permission expresse de S. M.
payeront une amende de 2000 Cruzades pour cha
cune de ces femmes ou filles qu'en trouvera à bord deleurs Vaisseaux ,
GRANDE
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Résumé
En 1730, un édit royal fut publié à Lisbonne, révélant que le roi du Portugal avait été informé que le transport de femmes du Brésil vers le Royaume, sous prétexte de vie monastique, était une des principales raisons pour lesquelles le Brésil n'était pas aussi peuplé qu'il pourrait l'être. Le roi avait également appris que plusieurs de ces femmes étaient forcées contre leur gré à entrer dans des couvents, y menant une vie triste. Pour remédier à cette situation, le roi décida qu'il était nécessaire, pour le service de Dieu, pour son propre intérêt et pour l'avantage du Brésil, de défendre le transport de femmes ou de filles sans le consentement royal et l'examen préalable par l'archevêque et les évêques du Brésil. Ces autorités devaient vérifier si les femmes embrassaient l'état ecclésiastique de leur propre mouvement. Le roi disposerait ensuite des cas selon son bon vouloir. L'édit stipulait également qu'aucune permission pour le transport des femmes ou filles vers le Brésil ne serait accordée sans l'approbation royale. Les capitaines ou maîtres des navires transportant des femmes sans autorisation expresse seraient passibles d'une amende de 2000 cruzades par femme trouvée à bord.