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Titre

L'INDISCRETION. ODE.

Titre d'après la table

L'Indiscretion, Ode,

Fait partie d'une section
Page de début
1259
Page de début dans la numérisation
448
Page de fin
1264
Page de fin dans la numérisation
453
Incipit

Toi, qu'adore un peuple idolâtre,

Texte
L'INDISCRETION.
T
ODE.
OY qu'adore un peuple idolky
tre ,
Dans le Temple qu'habite Isis ,
Loin , Dieu ( a ) muet ; je vais combatre ,
Les Sacrileges de Memphis.
Jamais cette rive féconde ,
(a) Harpocrate , Dieu du Silence,
II. Vol Quc A ij
1250 MERCURE DE FRANCE
Que le Nil moüille de son Onde,
Ne t'auroit prodigué l'encens ;
Si l'Egypte ainsi que la Flandre , ( a)
Eût eut l'avantage d'entendre ,
La douceur libre de mes chants.
M
Digne de nos tendres hommages,
La charmante Indiscretion ,
Sçait de nos cœurs , dans tous les âges
Bannir la froide passion ;
Du seul vrai fidelle Interprete ,
Les sons qu'enfante sa Trompette ,
Mettent le prix à nos travaux ;
Sa hardiesse à nous apprendre ,
Les plaisirs que l'amour fait prendre
En forme des plaisirs nouveaux.

Quel est à l'ombre de ce hestre ,
Cet homme inquiet et réveur ?
C'est , je ne puis le méconnoître
Un Amant qui tait son bonheur.
De la même main qui le blesse
L'amour couronne sa tendresse ,
A
(a )L'Auteur composa cette Ode à Lille en
Flandre.
II.Vol.
Qu'a
JUIN. 17320 1261
Qu'a-t-il encore à désirer !
Son silence fait son martyrė ;
Malheureux , s'il n'ose le dire ,
Je le condamne à soupirer
Ecoutons l'Amant de Julie ,
Chanter son triomphe secret ,
Il craint que s'il ne le public ,
Son bonheur ne soit pas parfait.
Auguste en vain parmi le gette ,
Relegue sa Muse indiscrete.
Ovide n'est point abbatu ,
Ses douleurs , ses larmes sont feintes à
Et je lis à travers ses plaintes ,
Qu'il ne voudroit point s'être tu

Quoi! parmi la foule importune ;
De mille Rivaux obstinez ,
Sans leur annoncer ma fortune ;
Je verrai mes vœux courronnez !
Témoin de l'espoir qui les flate ,
Ma stupidité délicate
Rougira de les détromper !
Et leurs cœurs qu'enivre la gloire ;
Loin de celebrer ma victoire ,
S'efforceront de l'usurper !
II.Vol. A iij Non,
1262 MERCURE DE FRANCE
Non. Dans le dépit que leur causent
Mes vers , garants de leur affront ,'
Je veux que leurs larmes arrosent
Le Myste , dont je ceints mon front.
Un Char que`décore leur honte ,
Mieux que les faveurs d'Amatonte.
Illustrent nos tendres combats ;
Pâris n'eût dans les bras d'Héléne ,..
Goûté qu'une joïe incertaine ,
Sans la douleur de Ménélas.
Loin que de ma bruïante Lire ,
S'allarme une jeune beauté ,
Aux Chansons que l'amour m'inspire
Souvent elle doit sa fierté.
Telle que l'on eût ignorée ,
Fut par mille voix célébrée.
Dès qu'elle eût adouci mes fers ;
Catulle , ta plume hardie ,
Des charmes , du nom de Lesbie
Instruisit Rome , et l'Univers.
Sombre nourrisson de l'Ibere ,
Ne me vante plus tes plaisirs ;
Me rends-je esclave du mystere ?
Je le deviens de mes soupirs.
II. Vol. Jeune
JUIN. 1732 1263
Jeune , du respect qui l'opprime ,
Comme toy , je fus la victime.
L'amour en affranchit mon cœur
Quand la vérité la dénouë ,
Ma langue ne craint point la roue ,"
Où Junon lie un Imposteur. ( a)
Mais qu'entens-je ? l'Etna résone ;
Quel dessein allume ces feux ?
Sous le Marteau qui le façone,
L'Airain disparoît à mes yeux.
Sage fruit de la politique !
Dans ces Vers que ta main fabrique.
Mars et Venus vont se jetter ,
Vulcain , publier ta disgrace ,
N'est-ce pas au Dieu de la Thrace ,
Ravir l'honneur de s'en vanter ?
C'est d'une vanité si chere ,
Que l'amour emprunté ses traits ;
A quoi me serviroit de plaire ,
Si l'on ignoroit que je plais ?
Le secret aigrit ma constance ;
Sous le joug honteux du silence.
Veut-on asservir mes transports ?
( a ) Ixion.
II. Volá A iiij ' rai ,
1264 MERCURE DE FRANCE
J'irai , nouveau Chantre d'Ismare ,
Faire encore aux eaux du Ténare ,
Entendre d'amoureux accords.
De Sens , par M.DE BROGLIO ,
Provençal.
Signature

De Sens, par M. DE BROGLIO, Provençal.

Genre
Collectivité
Faux
Lieu
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Genre littéraire
Résumé
En juin 1732, à Lille en Flandre, un auteur compose une ode intitulée 'L'INDISCRETION'. Cette œuvre célèbre l'indiscrétion comme une qualité charmante qui écarte les passions froides et dévoile les plaisirs de l'amour. L'auteur se compare à Ovide et exprime son désir de ne pas cacher ses succès amoureux. Il souhaite que ses rivaux soient informés de sa fortune et de sa victoire, même si cela doit les attrister. L'ode évoque des figures mythologiques telles que Pâris, Hélène et Ménélas, ainsi que des poètes comme Catulle. L'auteur refuse de taire ses amours, se comparant à Ixion. Il conclut en déclarant qu'il ira chanter ses amours aux eaux du Ténare, se présentant comme un nouveau chantre d'Ismare.
Provient d'un lieu
Soumis par delpedroa le