Titre
PARAPHRASE sur le 1r Chapitre des Lamentations de Jeremie. Quomodo sedet sola civitas, &c.
Titre d'après la table
Paraphrase sur le premier Chapitre des Lamentations,
Fait partie d'une livraison
Fait partie d'une section
Page de début
1136
Page de début dans la numérisation
317
Page de fin
1137
Page de fin dans la numérisation
318
Incipit
Quel changement affreux à mes yeux se presente !
Texte
PARAPHRASE
Sur le 1 Chapitre des Lamentations de Jeremie. Quomodo sedet sola civitas, &c. ,
Uel changement affreux à mes yeux se preQusente !
Oui suis-je ? helas ! je vois une Ville puissante ,
Que redoutoient les Rois , qu'admiroit l'Univers,
Triste , deserte , esclave et sous le poids des fers,
Telle que nous voyons une veuve éplorée ,
Regretter d'un époux la mort prématurée.
En vain sur son visage on voit couler des pleurs
Trop fideles témoins de ses vives douleurs ;
En elle ses amis ne trouvant plus de charmes ,
Loin de la consoler , ont méprisé ses larmes ,
Et suivant sans frémir leurs transports inhu mains ,
Ont trempé dans son sang leurs criminelles mains.
La Judée au vainqueur en esclavage asservie ,
Endure les tourmens dûs à sa perfidie ,
Et n'a point d'autre espoir pour soulager ses maux ,
Que celui de chercher vainement le repos.
Sion livrée en proye au sort le plus funeste ,
De son premier éclat ne conserve aucun reste ,,
1. Kol Jusqu'à
JUIN. 1732. 1137
Jusqu'à l'herbe qui croît aux chemins désertez ,
Tout présage la fin de ses solemnitez.
Les orgueilleuses Tours , et les murs de la Ville,
Contre ses ennemis ne sont plus un azile ;
>
Et ses Prêtres honteux de la voir déchirer
S'occupent seulement du soin de la pleurer.
Ses Vierges ont perdu dans le printemps de l'âge
Tous les charmans attraits qu'étaloit leur visages -
Le desespoir enfin s'emparant de son cœur ,
Semble à chaque moment augmenter sa douleur.
Déja dans son courroux la justice éternellè
Lance tous ses carreaux sur ce peuple rebelle ;
Le Soldat dépouillé de sentimens humains ,
Vient ravir ses enfans de ses tremblantes mains,
Et l'on voit le vainqueur n'éterniser sa gloire ,
Que par des cruautez qu'on aura peine à croires
Presque tous , ne suivant qu'un indigne transport ,
Répandent en tous lieux les horreurs de la mort:
Ville ingrate , il est temps de rentrer en toi même,
Et d'implorer de Dieu la clémence suprême ;
Heureux si tu peux par un prompt repentir ,
Détourner loin de toi les traits prêts à partir.
Par le sieur Blanc, Prêtre de la Cathé
drale de Nîmes.
Sur le 1 Chapitre des Lamentations de Jeremie. Quomodo sedet sola civitas, &c. ,
Uel changement affreux à mes yeux se preQusente !
Oui suis-je ? helas ! je vois une Ville puissante ,
Que redoutoient les Rois , qu'admiroit l'Univers,
Triste , deserte , esclave et sous le poids des fers,
Telle que nous voyons une veuve éplorée ,
Regretter d'un époux la mort prématurée.
En vain sur son visage on voit couler des pleurs
Trop fideles témoins de ses vives douleurs ;
En elle ses amis ne trouvant plus de charmes ,
Loin de la consoler , ont méprisé ses larmes ,
Et suivant sans frémir leurs transports inhu mains ,
Ont trempé dans son sang leurs criminelles mains.
La Judée au vainqueur en esclavage asservie ,
Endure les tourmens dûs à sa perfidie ,
Et n'a point d'autre espoir pour soulager ses maux ,
Que celui de chercher vainement le repos.
Sion livrée en proye au sort le plus funeste ,
De son premier éclat ne conserve aucun reste ,,
1. Kol Jusqu'à
JUIN. 1732. 1137
Jusqu'à l'herbe qui croît aux chemins désertez ,
Tout présage la fin de ses solemnitez.
Les orgueilleuses Tours , et les murs de la Ville,
Contre ses ennemis ne sont plus un azile ;
>
Et ses Prêtres honteux de la voir déchirer
S'occupent seulement du soin de la pleurer.
Ses Vierges ont perdu dans le printemps de l'âge
Tous les charmans attraits qu'étaloit leur visages -
Le desespoir enfin s'emparant de son cœur ,
Semble à chaque moment augmenter sa douleur.
Déja dans son courroux la justice éternellè
Lance tous ses carreaux sur ce peuple rebelle ;
Le Soldat dépouillé de sentimens humains ,
Vient ravir ses enfans de ses tremblantes mains,
Et l'on voit le vainqueur n'éterniser sa gloire ,
Que par des cruautez qu'on aura peine à croires
Presque tous , ne suivant qu'un indigne transport ,
Répandent en tous lieux les horreurs de la mort:
Ville ingrate , il est temps de rentrer en toi même,
Et d'implorer de Dieu la clémence suprême ;
Heureux si tu peux par un prompt repentir ,
Détourner loin de toi les traits prêts à partir.
Par le sieur Blanc, Prêtre de la Cathé
drale de Nîmes.
Signature
Par le sieur Blanc, Prêtre de la Cathédrale de Nîmes.
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Genre littéraire
Mots clefs
Résumé
Le texte paraphrase le premier chapitre des Lamentations de Jérémie, décrivant la désolation de Jérusalem après sa destruction. La ville, autrefois puissante, est désormais déserte et comparée à une veuve éplorée. Ses amis l'ont abandonnée, et elle endure des tourments en raison de sa perfidie. Sion a perdu tout éclat, ses tours et murs ne la protègent plus, et ses prêtres la pleurent. Les jeunes filles ont perdu leur beauté, et le désespoir accroit la douleur de la ville. La justice divine s'abat sur le peuple rebelle, et les soldats enlèvent les enfants avec cruauté. Le texte appelle Jérusalem à se repentir et à implorer la clémence divine pour éviter de nouvelles souffrances. Cette paraphrase est attribuée au sieur Blanc, prêtre de la cathédrale de Nîmes, et datée de juin 1732.