Titre
ETRENNES à M. et à Madame de Monfort, par un de leurs Amis, de l'Académie de Caën.
Titre d'après la table
Poëme, Etrennes à M. M. &c.
Fait partie d'une livraison
Page de début
158
Page de début dans la numérisation
183
Page de fin
162
Page de fin dans la numérisation
187
Incipit
Certain démon qu'on ne définit guére,
Texte
ETRENNESÏ: M et a Madame‘ de
Morlfort , par m1 de leur: Ami: , de [Z11
caalémie de Cæzën.
' C Ertain démon qu’on ne définir güére ,'
Mais que l’on peint une horloge â la main;
' E: dfigneliaiæälxîvçlont le coup est certain
‘ Sans nul égard , en sa course legere
_ Moissonnafit ‘rôùtiàvec un froid dédain Q
. Le Tems recommence FAnnée , '
l: vieillard en Décembre , en Janvier jouvenâ
ceau .
(mine sa face rechignée,
I! depuis quelques jours prend un masque nolê
veau. . , .
A son exemple il n’est museaw,
Il n’est dévore si fanée, u
Qui de Pomade enlulniinyée v
Ne relustre sa vieille Peau‘ ;
Il n’est bon homme en son manteau‘;
' Sous sa pe truque cnfarinéc ,
Cachanr sa goûte enracinée , .
Qxi tout boitant nfisfre un Cadeau
A sa Déesse surannée.
C‘esr'la Saison des filqmplimens ,‘
Des embràssaiki , des. pré-suis ,
2l
.f
. I
Chacun
J‘ A N VIE R. 1733. i”.
-' Éltaeuh visitant son confrère , ‘ ' à
Chacun festoyant sa Commere ,i
pu voit troterîBijotax , Poulets ,. _.
Bouts-rimez , Madrigaux , Sonnets '
Tous a‘. Cloris I, nom de mistere A _.
Sous qui les Céladon: discrets’, l
— De leurs. Feux qu’ils’ ne peuvent taire . '.
Vont étourdissant leur Bergere
.1511 leurs VjCÎS qtrilsnîaurpnt point: faits... g
C’est du tems rajeuni la renaissante Fête , ,
Et ciest pour Phonorer que Pliipocrite Essain _
Va les présens et Pencens à la main ; i
f’! Mais le tems fuit , et sans tourner la tête
Du tnêtnepas marche toujours son train ,
A gauche fa‘ droit prenant quelque requête ,
Il‘ rit d'y‘ vbit des ‘voeuzôpour le prochain ,
I-Zt seulement pour sembler plus humain ,
Répandlses biens qu’avec faste il nous prête g
Mais qu’en avare il retire soudain ,
‘Bienfaictcur dur.. créancier incommode,‘
Accompagné des reproches pressains
. À Pcnfantiue Hebé; icunessn dépit des ans ‘ï
Si soucieuse de _la mode , y '
E! si fitrc du Geaiside ses frisons brillans ,
Sous PAigrcttc defleurs , cries Pompons go;
1ans , 2
.H« découvre des cheveux blancs; » I
a. .... J3.) T. . . . .
un
'0-.
.160 MERCURE or FRANCE.‘
Une Ride , d’Iris vient allarmer les char;
mes ; . ‘ . ‘ ‘f
lu milieu d’une Fête ‘et d’une Cour (Primaire;
Cloris , qui cache en vain ses larmes
O
Perd la plus belle de ses dents ,
I.e tems ne revient point sans nous faire un ou-î
ÎIBgCa
Pour Vous Sculc , Monfort , on dit que le mé-g;
chant
I
A quitté son humeur mal-faisante et volage ,
.011 dit- qu'aux rares dons qu’il vous fit e],
naissant
(De traits mignons, et d’un joli visage ,
’ 1l a sçu joindre , Amant de son Ouvrage ,
Un coeur bien fait , un esprit amusant ;
‘ Chaque an nouveau vous apporte un talent;
Chaque an nouveau vous plaisés davantageq
OEand il repassoit l’autre jour .
Il vous trouva , non encachette .
Non enferméeâ double tour ,
Du mistere et de l’Art prenant leçon se-j
crete u
l’on: réparer les traits émoussés de PAmour ,'
Quais sans recherche et sans détour "
Il
s" ». J ANVIER. 173;.‘ rift
flangeant en un instant votre tresse bru-j,
nette , i _- l
Näyant pour fard que de l'eau nette ,. 1
Vous rfiant de votre Toilette - ‘l
t, ‘Aux Gracesy, v_os Dames d’atout. "_
i Il vit dansla cliambre voisine ,
Et n’en_ fut que plus radouci, ' i
Votie Epoux et tendre et ‘clierii;
Qri dans ses Livres s’endoctrine ,
Lit , refléchit Î pense, éxamiiie ,
_. Sanssen prëvaloirDieu ‘merci ,
. Ou plein a2 sa Vfrve, dessine ' _
" En stile élégants et poli‘, ' . I s r;
A la Voltaire , à la Racine ,
OEelques doux Vers à son Ami; l
_,- Phébus est lâ qui Pillumine,
“ Et les Amours autour de lui
Ecartent d’une main badine
\ 4
Les visites , les soins , et le terrible ennuinä‘
Pendant que leTems considere
y _ Et ce commerce , et ce concours. --
- De Muses , de Ris, etdvtmours,‘ _ r.
' H v. Les
2m MERCURE - n12 FRANC;
_,1_.es Heures restent eu arriere.
Honteux de son oisiveté ,
Le Tems reprend son caractere,
Et part d’un vol précipité.
Pour éttenne , en fuyant , il a laissé sonsfi
ble
I
» Entre les mams de ces Enfans ,
1 l
1l veut sousvos yeux , couple aimable;
Qül marque voslplus doux momens ,
Pour Parnusemenr de la vie ,
h Vous le tournés â votre gré;
Qzättn ne s’é‘tonnc plus, si chez vouson sloll-Ï
te . ‘ i -
Le briquets en vous ypyqnÿ; ,» gfétoit bien 9nd
l . .
A
Morlfort , par m1 de leur: Ami: , de [Z11
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' E: dfigneliaiæälxîvçlont le coup est certain
‘ Sans nul égard , en sa course legere
_ Moissonnafit ‘rôùtiàvec un froid dédain Q
. Le Tems recommence FAnnée , '
l: vieillard en Décembre , en Janvier jouvenâ
ceau .
(mine sa face rechignée,
I! depuis quelques jours prend un masque nolê
veau. . , .
A son exemple il n’est museaw,
Il n’est dévore si fanée, u
Qui de Pomade enlulniinyée v
Ne relustre sa vieille Peau‘ ;
Il n’est bon homme en son manteau‘;
' Sous sa pe truque cnfarinéc ,
Cachanr sa goûte enracinée , .
Qxi tout boitant nfisfre un Cadeau
A sa Déesse surannée.
C‘esr'la Saison des filqmplimens ,‘
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J‘ A N VIE R. 1733. i”.
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Sous qui les Céladon: discrets’, l
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Vont étourdissant leur Bergere
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C’est du tems rajeuni la renaissante Fête , ,
Et ciest pour Phonorer que Pliipocrite Essain _
Va les présens et Pencens à la main ; i
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Du tnêtnepas marche toujours son train ,
A gauche fa‘ droit prenant quelque requête ,
Il‘ rit d'y‘ vbit des ‘voeuzôpour le prochain ,
I-Zt seulement pour sembler plus humain ,
Répandlses biens qu’avec faste il nous prête g
Mais qu’en avare il retire soudain ,
‘Bienfaictcur dur.. créancier incommode,‘
Accompagné des reproches pressains
. À Pcnfantiue Hebé; icunessn dépit des ans ‘ï
Si soucieuse de _la mode , y '
E! si fitrc du Geaiside ses frisons brillans ,
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lu milieu d’une Fête ‘et d’une Cour (Primaire;
Cloris , qui cache en vain ses larmes
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Perd la plus belle de ses dents ,
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ÎIBgCa
Pour Vous Sculc , Monfort , on dit que le mé-g;
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I
A quitté son humeur mal-faisante et volage ,
.011 dit- qu'aux rares dons qu’il vous fit e],
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(De traits mignons, et d’un joli visage ,
’ 1l a sçu joindre , Amant de son Ouvrage ,
Un coeur bien fait , un esprit amusant ;
‘ Chaque an nouveau vous apporte un talent;
Chaque an nouveau vous plaisés davantageq
OEand il repassoit l’autre jour .
Il vous trouva , non encachette .
Non enferméeâ double tour ,
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l’on: réparer les traits émoussés de PAmour ,'
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Votie Epoux et tendre et ‘clierii;
Qri dans ses Livres s’endoctrine ,
Lit , refléchit Î pense, éxamiiie ,
_. Sanssen prëvaloirDieu ‘merci ,
. Ou plein a2 sa Vfrve, dessine ' _
" En stile élégants et poli‘, ' . I s r;
A la Voltaire , à la Racine ,
OEelques doux Vers à son Ami; l
_,- Phébus est lâ qui Pillumine,
“ Et les Amours autour de lui
Ecartent d’une main badine
\ 4
Les visites , les soins , et le terrible ennuinä‘
Pendant que leTems considere
y _ Et ce commerce , et ce concours. --
- De Muses , de Ris, etdvtmours,‘ _ r.
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Pour éttenne , en fuyant , il a laissé sonsfi
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» Entre les mams de ces Enfans ,
1 l
1l veut sousvos yeux , couple aimable;
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Qzättn ne s’é‘tonnc plus, si chez vouson sloll-Ï
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Le briquets en vous ypyqnÿ; ,» gfétoit bien 9nd
l . .
A
Signature
A Caën, ce 1. Janvier 1733.
Lieu
Date, calendrier grégorien
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Genre littéraire
Mots clefs
Résumé
Le poème 'Étrennes' est adressé à Madame de Morlfort et traite du passage du temps et des traditions des étrennes, où les gens échangent des cadeaux et des compliments. Le texte décrit comment, même les personnes âgées, se préparent pour la nouvelle année avec des soins et des présents. Il met en lumière la fausse générosité du temps, qui donne et reprend ses bienfaits. Le poème souligne également les changements physiques et émotionnels apportés par le temps, comme la perte d'une dent ou l'apparition de rides. Pour Madame de Morlfort, le temps semble avoir apporté des améliorations, ajoutant des talents et des qualités à son caractère. Le poème se termine en soulignant la rapidité avec laquelle le temps passe, laissant des souvenirs agréables et des moments doux.
Provient d'un lieu