Titre
ADDITION.
Titre d'après la table
Addition, Mort de M Chirac, sa place remplie par M. Chicoineau,
Fait partie d'une livraison
Fait partie d'une section
Page de début
803
Page de début dans la numérisation
420
Page de fin
809
Page de fin dans la numérisation
426
Incipit
Pierre Chirac, Conseiller d'Etat, Sur-Intendant du Jardin Royal des
Texte
ADDIT Ï O N.
Terre Chirac , Conseiller d'Etat, Sur
PIntendant du Jardin Royal des Plantes , et des Eaux Minérales , Bains etFontaines Médicinales du Royaume , Profes--
seur Royal de Médecine en l'Université
de Montpellier , Membre de l'Académic
Royale des Sciences de Paris , et premier
Médecin du Roy , mourut à Marly, le
a du mois de Mars dernier.
Quoique son Eloge soit renfermé dans
son
804 MERCURE DE FRANCE
son Nom, nous ne sçaurions nous dispenser de dire qu'il est mort , généralement
regretté du Public , dont il avoit mérité
depuis long-temps l'estime et la confiance : c'est un témoignage que nous devons
à sa Mémoire.
Il se fit admirer depuis l'année 1687.
qu'il fut reçu Professeur Royal de Médecine en l'Université de Montpellier ,
où il avoit pris ses dégrez. Il s'y distingua d'abord par les Leçons publiques et
les Cours particuliers qu'il faisoit sur tou
tes les Parties de la Médecine, qu'il a trai
tées chacune en détail ; ses écrits étoient
enrichis des découvertes qu'il faisoit dans
L'Anatomie, Science qu'il aimoit et qu'il
cultivoit particulierement, et qui lui servie
toujours de guide pour rectifier la prati❤
que de la Médecine.
Nous n'avons de cet excellent homme
que quelques petits Traitez particu
liers, imprimez en forme de Dissertation,
n'ayant jamais eu assez de loisir pour
pouvoir mettre ses écrits en état d'être
imprimez en un Corps d'Ouvrage.
En effet ses talens l'enleverent bien-tôt
àl'Ecole de Montpellier , dont il faisoie
l'ornement. Cette Ecole n'a eu d'autre
dédommagement de son absence que l'établissement d'une doctrine refléchie , dont
PAA 3
AVRIL 1732. 8051
1'Anatomie étoit la baze , et que plusieurs
Experiences et Observations réïterées
avoient confirmée.
La Méthode analytique est celle qu'il
avoit employée , comme la plus propre
conduire à la vérité.
Il sortit pour la premiere fois de Montpelier,en l'année 1692. pour aller en qualité de Medecin de l'Armée , au Siege de
Rose , où il sauva au Roy beaucoup de
Soldats attaquez d'une Dissenterie Epidémique , dont il arrêta heureusement le
cours par le changement de nourriture
&c. Ce ne fut pas là la seule occasion
où il signala son zéle pour le service du
Roy ; car ayant été envoyé à Rochefort
où regnoit une maladie pestilentielle ...
inconnue jusqu'alors , il en découvrit la
cause par les fréquentes ouvertures des
Gadavres. Après avoir établi un genre de
Traitement convenable à ce te maladie
par rapport à la cause prochaine et aux
accidens qui l'accompagnoient , il reme
dia à la cause commune par le change
ment de nourriture , et prescrivit un regime préservatif pour ceux qui avoient
été épargnez jusques là; mais à qui la violence de cette maladie avoit fait perdre
tout espoir d'échaper à ses coups.
Après qu'il eut mis tout en regle à
Rem
80s MERCURE DE FRANCE
Rochefort pour l'établissement et la fourniture des Hôpitaux , sans oublier la Police necessaire dans une Ville désolée ,
dequor M. Bégon , Intendant de la Province et de la Marine , l'avoit laissé le
Maître , prévoyant qu'il pourroit bien
être attaqué lui- même de la même maladie Epidémique , à laquelle un travail
et une application continuelle , mais indispensables, l'exposoient à tout moment;
il dicta à un Chirurgien qu'il avoit auprès de lui en qualité de Secretaire , une
Methode particuliere et relative à son
temperamment , suivant laquelle il voulbit être traité , en cas qu'il tomba malade , ce qui arriva effectivement ; il fut
tres-long- temps à se remettre , et il vint
achever sa convalescence à Montpellier.
Dès qu'il fut rétabli , il reprit ses exercices de l'Ecole , toujours avec le même
plaisir et la même application. Le succès
de sa pratique enMedecine dédommageoit
alors les habitans de Montpellier et les
Etrangers de la perte du fameux M. Barbeyrac , le plus grand Praticien du siecle
passé.
En l'année 1706. S.A. R. le Duc d'Orléans lui fit l'honneur de le mander pour:
aller en Italie avec lui en qualité de son
Medecin de confiance; il ne fut pas lọngtemps
AVRIL 1732. 807
temps à mériter cet honneur , car il sauva
à cePrince unbras qu'on étoit sur le point
de lui couper , àcause d'une blessure tresdangereuse qu'il avoit reçue au poignet au
Siege de Turin. L'année suivante S.A.R:
ne mena point d'autre Medecin que lup
en Espagne.
Il fut très-utile par lui-même et par ses
conseils à l'Armée des deux Couronnes.
M. Chirac revint à Paris , après avoir
demeuré quelque temps en Espagne , et
dès que le fameux M.Homberg fut mort,
S. A. R. lui donna la place de premier
Medecin de sa Personne.
I
Le Roy lui donna à la mort de M. Fagon , la Sur-Intendance du Jardin du
Roy. Sa Majesté lui accorda des Lettres
de Noblesse en 1728. ses longs services et
la supériorité de ses talens en furent le
motif. Enfin le Roy le choisit pour son
premier Medecin , au mois de Decembre
1730. Tout le monde a été témoin de son
attachement pour la Personne du Roy;
mais on verra , avec beaucoup plus d'étendue , tout ce que M. Chirac avoit de
grand , dans l'Eloge qu'en donnera Pillustre Académicien , à qui , avec des ta-"
lens au dessus des loüanges , il a été
particulierement donné de transmettre
à la posterité , la mémoire des grands hom-
868 MERCURE DE FRANCE
hommes , avec toute la gloire qu'ils se
sont acquise pendant leur vie, ce qui nous
dispense d'en dire davantage..
.
M. François Chicoineau , Conseiller
er Medecin du Roy, Professeur Royal
d'Anatomie et de Botanique , Chancelier
et Juge de l'Université de Medecine de
Montpellier,Intendant du Jardin du Roy,
Membre de la Societé Royale des Sciences , Conseiller en la Cour des Aydes de
la même Ville , depuis peu premier Medecin de Monseigneur le Dauphin et des
Entans de France , gendre de M.Chirac ,
a été nommé par le Roy , le 2 de ce mois,
pour remplir la place de son premier
Medecin. Tout le monde. sçait avec quel
zele M. Chicoineau a signalé sa capacité
er sa charité , à la tête des Medecins envoyez à Marseille , lors de la derniere
Peste: Il a laissé M. son Fils à Montpellier,.
digne heritier de ses talens ; et qui avoit
dès l'année, 1723. la survivance, de toutes
ses Charges, qu'il a exercées sous les yeux
de son pere , depuis ce temps- là.
C'est le cinquiéme de ce nom, de pere
en fils que la celebre Ecole de Montpellier , voit avec plaisir à sa tête , en qua
lité de Chancelier et Juge de l'Universi❤ .
té, Place à laquelle est toujours attachée
l'Intendance du Jardin du Roy, avec
une :
AVRIL 173.2. 869
une Charge de Professeur Royal de Bo
tanique et une d'Anatomie , qui font
l'exercice et la pension annuelle du Chancelier.
Tous les Titres cy-dessus ont été transmis à M. Chicoineau , aujourd'hui pre
mier Medecin du Roy, et Conseiller d'E
tat après la mort de ses deux freres aînez,
tous deux ayant été successivement déco .
résparfeu M.MichelChicoineau leur pere,
Conseiller en la Cour des Aydes de Montpellier, un des plus sçavans Medecins du
siecle dernier , et l'ornement de l'Ecole de
Montpellier.
A MADE
Terre Chirac , Conseiller d'Etat, Sur
PIntendant du Jardin Royal des Plantes , et des Eaux Minérales , Bains etFontaines Médicinales du Royaume , Profes--
seur Royal de Médecine en l'Université
de Montpellier , Membre de l'Académic
Royale des Sciences de Paris , et premier
Médecin du Roy , mourut à Marly, le
a du mois de Mars dernier.
Quoique son Eloge soit renfermé dans
son
804 MERCURE DE FRANCE
son Nom, nous ne sçaurions nous dispenser de dire qu'il est mort , généralement
regretté du Public , dont il avoit mérité
depuis long-temps l'estime et la confiance : c'est un témoignage que nous devons
à sa Mémoire.
Il se fit admirer depuis l'année 1687.
qu'il fut reçu Professeur Royal de Médecine en l'Université de Montpellier ,
où il avoit pris ses dégrez. Il s'y distingua d'abord par les Leçons publiques et
les Cours particuliers qu'il faisoit sur tou
tes les Parties de la Médecine, qu'il a trai
tées chacune en détail ; ses écrits étoient
enrichis des découvertes qu'il faisoit dans
L'Anatomie, Science qu'il aimoit et qu'il
cultivoit particulierement, et qui lui servie
toujours de guide pour rectifier la prati❤
que de la Médecine.
Nous n'avons de cet excellent homme
que quelques petits Traitez particu
liers, imprimez en forme de Dissertation,
n'ayant jamais eu assez de loisir pour
pouvoir mettre ses écrits en état d'être
imprimez en un Corps d'Ouvrage.
En effet ses talens l'enleverent bien-tôt
àl'Ecole de Montpellier , dont il faisoie
l'ornement. Cette Ecole n'a eu d'autre
dédommagement de son absence que l'établissement d'une doctrine refléchie , dont
PAA 3
AVRIL 1732. 8051
1'Anatomie étoit la baze , et que plusieurs
Experiences et Observations réïterées
avoient confirmée.
La Méthode analytique est celle qu'il
avoit employée , comme la plus propre
conduire à la vérité.
Il sortit pour la premiere fois de Montpelier,en l'année 1692. pour aller en qualité de Medecin de l'Armée , au Siege de
Rose , où il sauva au Roy beaucoup de
Soldats attaquez d'une Dissenterie Epidémique , dont il arrêta heureusement le
cours par le changement de nourriture
&c. Ce ne fut pas là la seule occasion
où il signala son zéle pour le service du
Roy ; car ayant été envoyé à Rochefort
où regnoit une maladie pestilentielle ...
inconnue jusqu'alors , il en découvrit la
cause par les fréquentes ouvertures des
Gadavres. Après avoir établi un genre de
Traitement convenable à ce te maladie
par rapport à la cause prochaine et aux
accidens qui l'accompagnoient , il reme
dia à la cause commune par le change
ment de nourriture , et prescrivit un regime préservatif pour ceux qui avoient
été épargnez jusques là; mais à qui la violence de cette maladie avoit fait perdre
tout espoir d'échaper à ses coups.
Après qu'il eut mis tout en regle à
Rem
80s MERCURE DE FRANCE
Rochefort pour l'établissement et la fourniture des Hôpitaux , sans oublier la Police necessaire dans une Ville désolée ,
dequor M. Bégon , Intendant de la Province et de la Marine , l'avoit laissé le
Maître , prévoyant qu'il pourroit bien
être attaqué lui- même de la même maladie Epidémique , à laquelle un travail
et une application continuelle , mais indispensables, l'exposoient à tout moment;
il dicta à un Chirurgien qu'il avoit auprès de lui en qualité de Secretaire , une
Methode particuliere et relative à son
temperamment , suivant laquelle il voulbit être traité , en cas qu'il tomba malade , ce qui arriva effectivement ; il fut
tres-long- temps à se remettre , et il vint
achever sa convalescence à Montpellier.
Dès qu'il fut rétabli , il reprit ses exercices de l'Ecole , toujours avec le même
plaisir et la même application. Le succès
de sa pratique enMedecine dédommageoit
alors les habitans de Montpellier et les
Etrangers de la perte du fameux M. Barbeyrac , le plus grand Praticien du siecle
passé.
En l'année 1706. S.A. R. le Duc d'Orléans lui fit l'honneur de le mander pour:
aller en Italie avec lui en qualité de son
Medecin de confiance; il ne fut pas lọngtemps
AVRIL 1732. 807
temps à mériter cet honneur , car il sauva
à cePrince unbras qu'on étoit sur le point
de lui couper , àcause d'une blessure tresdangereuse qu'il avoit reçue au poignet au
Siege de Turin. L'année suivante S.A.R:
ne mena point d'autre Medecin que lup
en Espagne.
Il fut très-utile par lui-même et par ses
conseils à l'Armée des deux Couronnes.
M. Chirac revint à Paris , après avoir
demeuré quelque temps en Espagne , et
dès que le fameux M.Homberg fut mort,
S. A. R. lui donna la place de premier
Medecin de sa Personne.
I
Le Roy lui donna à la mort de M. Fagon , la Sur-Intendance du Jardin du
Roy. Sa Majesté lui accorda des Lettres
de Noblesse en 1728. ses longs services et
la supériorité de ses talens en furent le
motif. Enfin le Roy le choisit pour son
premier Medecin , au mois de Decembre
1730. Tout le monde a été témoin de son
attachement pour la Personne du Roy;
mais on verra , avec beaucoup plus d'étendue , tout ce que M. Chirac avoit de
grand , dans l'Eloge qu'en donnera Pillustre Académicien , à qui , avec des ta-"
lens au dessus des loüanges , il a été
particulierement donné de transmettre
à la posterité , la mémoire des grands hom-
868 MERCURE DE FRANCE
hommes , avec toute la gloire qu'ils se
sont acquise pendant leur vie, ce qui nous
dispense d'en dire davantage..
.
M. François Chicoineau , Conseiller
er Medecin du Roy, Professeur Royal
d'Anatomie et de Botanique , Chancelier
et Juge de l'Université de Medecine de
Montpellier,Intendant du Jardin du Roy,
Membre de la Societé Royale des Sciences , Conseiller en la Cour des Aydes de
la même Ville , depuis peu premier Medecin de Monseigneur le Dauphin et des
Entans de France , gendre de M.Chirac ,
a été nommé par le Roy , le 2 de ce mois,
pour remplir la place de son premier
Medecin. Tout le monde. sçait avec quel
zele M. Chicoineau a signalé sa capacité
er sa charité , à la tête des Medecins envoyez à Marseille , lors de la derniere
Peste: Il a laissé M. son Fils à Montpellier,.
digne heritier de ses talens ; et qui avoit
dès l'année, 1723. la survivance, de toutes
ses Charges, qu'il a exercées sous les yeux
de son pere , depuis ce temps- là.
C'est le cinquiéme de ce nom, de pere
en fils que la celebre Ecole de Montpellier , voit avec plaisir à sa tête , en qua
lité de Chancelier et Juge de l'Universi❤ .
té, Place à laquelle est toujours attachée
l'Intendance du Jardin du Roy, avec
une :
AVRIL 173.2. 869
une Charge de Professeur Royal de Bo
tanique et une d'Anatomie , qui font
l'exercice et la pension annuelle du Chancelier.
Tous les Titres cy-dessus ont été transmis à M. Chicoineau , aujourd'hui pre
mier Medecin du Roy, et Conseiller d'E
tat après la mort de ses deux freres aînez,
tous deux ayant été successivement déco .
résparfeu M.MichelChicoineau leur pere,
Conseiller en la Cour des Aydes de Montpellier, un des plus sçavans Medecins du
siecle dernier , et l'ornement de l'Ecole de
Montpellier.
A MADE
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Mots clefs
Résumé
Théodore de Chirac, médecin et scientifique français éminent, a marqué l'histoire par ses contributions significatives à la médecine. Né à Montpellier, il a débuté sa carrière en 1687 en tant que Professeur Royal de Médecine à l'Université de Montpellier, où il s'est illustré par ses leçons publiques et ses cours particuliers sur diverses branches de la médecine. Ses écrits étaient enrichis de découvertes en anatomie, une science qu'il cultivait particulièrement et qui guidait sa pratique médicale. En 1692, Chirac a servi comme médecin de l'armée lors du siège de Rose, où il a sauvé de nombreux soldats d'une dissenterie épidémique. Il a également été envoyé à Rochefort pour combattre une maladie pestilentielle, découvrant la cause de la maladie par l'autopsie des cadavres et établissant un traitement approprié. En 1706, il a été appelé en Italie et en Espagne par le Duc d'Orléans, où il a sauvé ce dernier d'une blessure grave. À son retour à Paris, il a succédé à Homberg comme premier Médecin du Duc d'Orléans, puis à Fagon comme Surintendant du Jardin du Roi. En 1728, il a reçu des lettres de noblesse pour ses services et ses talents. En décembre 1730, il a été nommé premier Médecin du Roi. Chirac a occupé plusieurs postes prestigieux, notamment celui de Conseiller d'État, d'Intendant du Jardin Royal des Plantes, et de Membre de l'Académie Royale des Sciences de Paris. Il est décédé à Marly en mars 1732. Le texte mentionne également François Chicoineau, gendre de Chirac et son successeur en tant que premier Médecin du Roi. Chicoineau était également Professeur Royal d'Anatomie et de Botanique, Chancelier et Juge de l'Université de Médecine de Montpellier, et Intendant du Jardin du Roi. Il a été reconnu pour son zèle et sa charité, notamment lors de la peste à Marseille.
Constitue la suite d'un autre texte