Titre
AVERTISSEMENT.
Titre d'après la table
Avertissement.
Fait partie d'une livraison
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s. p.
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12
Page de fin
s. p.
Page de fin dans la numérisation
22
Incipit
C'est ici le cent cinquante-deuxiéme Volume du Mercure
Texte
VERTISSEMENT.
CE
Est ici le cent cinquante - deuxième
Volume du Mercure de France que
nous avons l'honneur de préfenter au Roy et
au Public , depuis le mois de Juin 1721 .
que nousy travaillons,fans que ce Livre ait
fouffert aucune interruption; il a toujours paru
régulierement au temps marqué , et quelquefois même avec des Supplemens , felon l'exigence des cas , de quoi nos Lecteurs ne
fe font pas plaints. Nous redoublerons nos
foins et notre application pour que la lecture du Mercure foit deformais encore plus
utile et plus agréable.
Nousfommes encore bien éloignez du nombre des Mercures de la compofition de feu
M. de Visé, qui jufques et compris le
mois de May 1710. temps de fa mort , en
avoit fait paroître 483. Volumes , lefquels
font aujourd'hui fort recherchez pour quan
tité de faits hiftoriques qu'on ne trouve que
dans cet Ouvrage , et dont il n'y a peutêtrepas de collection parfaitement complette , que celle qui eft à la Bibliotheque du
Roy, où il ne manque pas un feul Volume
de toute la fuite des Mercures depuis les
premiers de M.de Vifé en 1672. jufqu'au
jourd'hui.
Aij M.
AVERTISSEMENT.
M. du Frefni fucceda à M. de Viſe , et
fit paroître au mois de Septembre 1710.un
Volumefous le mêmetitre deMercureGalant
contenant les mois de Juin , fuillet et Août
1710. jufques et compris le mois d'Avril
1714. il parut 44. Volumes du même
Auteur.
M. le Fevre de Fontenay , fuccceffeur de
M. du Frefni , a commencé par le mois de
May 1714. il continua juſques et compris
le mois d'Octobre 1716 et donna 30. Volumes. En Novembre et Décembre 1716.
il n'y eut point de Mercures,
Au mois deJanvier 1717.feu M. l'Ab„.
bé Buchet travailla à cet Ouvrage fous
le titre de Nouveau Mercure , et le fit
paroître régulierement pendant quatre an
nées et cinq mois, ce quifait 5 3. Mercurės.
En remerciant nos Lecteurs du cas qu'ils.
daignent faire de notre Livre, nous leur demandons toujours quelque indulgence pourles
endroits qui paroit, ont negligez , et dont la
diction ne fera pas affez châtiée. Le Lec
teur judicieux fera , s'il lui plaît , refléxion.
que dans un Ouvrage tel que celui-cy , il
eft très-aisé de manquer, même dans les chofes le plus communes , dont chacune en particulier eft facile , mais qui ramaffées , font
une multiplicité fi grande , qu'il eft bien
mal aife de donner à toutes la même attention
AVERTISSEMENT.
tion , quelque foin qu'on y apporte fur
tout quand une telle collection eft faite en
auffi peu de temps. Une chose qui paroît
un peu injuste , c'est qu'on nous réproche
affez souvent des inattentions , & qu'on ne
nous fçache aucun gré des correction's fans
nombre qu'on fait , & des fautes qu'or
évite.
Nousfaifons , de la part du Public , de
nouvelles inftances aux Libraires qui envoyent des Livres pour les annoncer dans
le Mercure , d'en marquer le prix aujustes
sela fert beaucoup dans les Provinces , aux
Perfonnes qui fe déterminent là deffus à les
acheter , &qui ne font pasfürs de l'exactitude des Meffagers , & des autres Perfonnes qu'elles chargent de leurs commiffions ,
qui , fouvent , les font furpayer.
On invite icy les Marchands & les Ouriers qui ont quelques nouvelles modes ,
foit par des Etoffes nouvelles , Habits
Ajuftemens , Perruques , Coëffures , Ornemens de tête , et autres parures , ainsi que
de Meubles, Caroffes , Chaifes , & autres
chofes , foit pour l'utilité , foit pour l'agrément , d'en donner quelques Memoires pour
en avertir le Public , ce qui pourrafaire
plaifir à divers Particuliers , et procurer un
débit avantageux aux Marchands & aux
Quvriers.
A iiij Pl
AVERTISSEMENT.
Plufieurs Pieces en Profe & en Vers
envoyées pour le Mercure , font fouvent fo
mal écrites , qu'on ne peut les déchiffrer , et
elles font pour cela rejettées ; d'autres font
bonnes à quelques égards , et défectueuses
en d'autres lorfqu'elles peuvent en valoir
la peine , nous les retouchons avec foin ;
mais comme nous ne prenons ce party qu'avec répugnance nous prions les Auteurs
de ne le pas trouver mauvais , & de travailler leurs Ouvrages avec le plus d'atten
tion qu'il leur fera poffible. Si on Sçavoir
leur adreffe , on leur indiqueroit les défectuofitez les corrections àfaire.
'
Les Sçavans & les Curieux font priez
de vouloir concourir avec nous pour rendre
ce Livre encore plus utile & plus agréable,
en nous communiquant les Memoires et les
Pieces en Profe & en Vers , qui peuvent
inftruire & amufer. Aucun genre de Litte
rature n'eft exclu de ce Recueil , où l'on
tâche de mettre une agréable varieté , Poëfie , Eloquence , nouvelles découvertes dans
les Arts & dans les Sciences , Morale
Antiquitez , Hiftoire facrée &
profane ,
Hiftoriette, Mythologie , Phyfique & Métaphyfique , Picces de Théatre , Jurisprudence , Anatomie & Medecine , Critique ,
Mathématique , Memoires , Projets , Traductions , Grammaires , Pieces amusantes
تو
et
AVERTISSEMENT.
récréatives , &c. Quand les morceaux
Pune certaine confideration feront trop
tongs , on les placera dans un Volume extraordinaire , et onfera enforte qu'on puiffe
les en détacher facilement , pour la fatisfaction des Auteurs et des personnes qui ne.
veulent avoir que certaines Pieces.-
Al'égard de la Jurisprudence , nous con--
tinuerons autant que nous le pourrons defaire
part au Public des Questions importantes ,
nouvelles ou fingulieres qui fe préfenteront,
et qui feront difcutées &jugées dans les differens Parlements autres Coursfupérieures du Royaume , en obfervant l'ordre et la
méthode que nous avons déja tenue en pareille matiere ; fur quoy nous prions Meffieurs les Avocats , et les Parties intereffees , &c. de vouloir bien nous fournir les
Memoires néceffaires. Il n'eft peut - être
point d'article dans no re Livre qui rega de
plus directement le bien public , que celuy-·
là, & qui fe faffe plus lire.
Quelques morceaux de Prose et de Vers:
rejettez par bonnes raisons , ont souvent
donné lieu à des plaintes de la part des
personnes interessées ; mais nous les prions
de considerer que cest toûjours malgré nous
que certaines Pieces sont rebutées ; nous
ne nous en rapportons pas toujours à notreseul jugement dans le choix que nous fai A.Y sonss
AVERTISSEMENT:
sons de celles qui méritent l'impression.
Quoiqu'on ait toujours la précaution de
mettre un Avis à la tête de chaque Mer-..
cure, pour avertir qu'on ne recevra point
de Lettres ni de Paquets par la Poste dont
le port ne soit affranchi , il en vient cepen-.
dant quelquefois qu'on est obligé de rebuter.
Ceux quin'aurontpas pris cette précaution,
ne doivent pas être su pris de ne pas voir.
paroître les Pieces qu'ils ont envoyées , lesquelles sont dailleurs perdues pour eux, s'ils.
n'en ont pas gardé de copie.
Lespersonnes qui desirent avoir le Mer
cure des premiers, soit dans les Provinces:
ou dans les Pays Etrangers , n'auront qu'à.
sadresser à M. Moreau , Commis au
Mercure , vis-à-vis la Comédie Françoise , à Paris , qui le leur envoyera par
la voye la plus convenable , et avant qu'il
soit en vente ici. Les amis à qui on s'adress pour cela ne sont pas ordinairement.
fort exacts ; ils n'envoyent gueres acheter ce
Livre précisément dans le temps qu'il paroit; ils ne manquent pas de le lire , souvent ils le prêtent , et ne l'envoyent enfin
que fort tard, sous le prétexte specieux que
le Mercure n'a pas pa u plutôt.
Nous renouvellons la priere que nous
avons déja faite , quand on envoye des Pieees , soit en Vers , soit en Prose, de les
ร
faire
AVERTISSEMENT.
·
Faire transcrire lisiblement sur des papiez séparez , et d'une grandeur raisonnable, avec des marges pour placer les
additions ou corrections convenables , et que
les noms propres, sur tout , soient exactement écrits..
Nous aurons toûjours les mêmes égards
pourles Auteurs qui ne veulent pas se faire
connoître; mais il seroit bon qu'ils donnas--
sent une adresse , fur tout quand il s'agit
de quelque Ouvrage qui peut demander des
éclairciffemens; car fouvent faute d'un tel
Lecours , des Pieces nous reftent entre les
mains, fans pouvoir les employer.
Nous prions ceux, qui par le moyen de
leurs correfpondances reçoivent des nouvelles
d'Affrique , du Levant , de Perfe , de Tar
tarie , du Japon , de la Chine, des Indes
Orientales et Occidentales et d'autres Pays
et Contrées éloignées ; les Capitaines, Pi--
lotes et Officiers des Navires et Voyageurs
de vouloir nousfaire part de ces Nouvelles
à l'adreffe generale du Mercure. Ces ma--
tieres peuvent rouler fur les Guerres pré--
fentes des Etats voisins , leurs Révolutions,
les Traitez de Paix ou de Treve, les occupations des Souverains , la Religion des
Peuples , leurs Cérémonies , Coûtumes et
fages , les Phenomenes et les Productions
de la Nature et de l'Art , &c. comme.
A vj Pierres
AVERTISSEMENT.
Pierres précieufes , Pierres figurées , Mar
caffites rares , Pétrifications et Chriftalifations extraordinaires , Coquillages , &c.
Edifices anciens et modernes , Ruines
Statues , Bas-Reliefs , Infcriptions , Médailles , Tableaux , &c.
9.
Nous serons plus attentifs que jamais
à apprendre au Public la Mort des Sçavans et de tous ceux qui se sont distinguez
dans les Arts et dans les Mécaniques ; on
y joindra le récit de leurs principales occupations et des plus considerables actions
de leur vie. L'Histoire des Lettres et des
Arts doit cette marque de reconnoissance
à la memoire de ceux qui s'y sont rendus
celeb es, ou qui les ont cultivez avec soin.
Nous esperons que les Parens et les Amis
de ces illustres Morts aideront volontiers
à leur rendre ce devoir par les instructions
qu'ils voudront bien nous fournir.
Ce que nous venons de dire , regarde ,
non-seulement Paris , mais encore toutes les
Provinces du Royaume et les Pays Etrangers, qui peuvent fournir des Evenemens
considerables, Morts , Mariages , Actes.
solemnels , Fêtes et autres Faits dignes d'êtres transmis à la Posterité.
On a fait au Mercure , et même plus
d'une fois, l'honneur de le critiquer ; c'est
une gloire qui manquoit à ce Livre. On a
beau
AVERTISSEMENT.
beau dire ; Nous ne changerons rien à notre
méthode, puisque nos Lecteurs la trouvent
passablement bonne. Un Ouvrage de la
nature de celui-cy ne sçauroit plaire également à tout le monde , à cause de la multiplicité et de la varieté des Matieres , dont
quelques unes sont lûes par certains Lecteurs avec plaisir et avidité , et par d'autres avec des dispositions contraires. M. di
Fresny avoit bien raison de dire que pour
que le Mercurefut generalement approuvé,
il faudroit que comme un autre Protée , il
put prendre entre les mains de chaque Lecteur uneforme convenable à l'idée qu'il s'en
est faitė.
C'est assez pour ce Livre de contribuer
tous les mois en quelque chose à l'instruc→
tion et à l'amusement des Citoyens qui vivent ensemble , paisiblement et agréablement. Le Mercure ne doit rien prétendre
au-delà. Nous savons , il est vrai , que la
médisance , plus ou moins malignement épicée , fur toujours un mets délicieux pour la
plupart des Lecteurs , mais outre que nous
ny avons pas le moindre penchant , nous
renonçons et de très-bon cœur , à la dangereuse gloire d'être lûs et applaudis aux
dépens du Prochain.
2
Nous continuerons à donner des mor
ceaux de Critique , mais nous n'y souffrirons
AVERTISSEMENT.
rons jamais rien de trop libre , d'indecent
ni rien qui puisse desobliger ou offenſer personne, Nous ne sommes point hardis et ne
nous en picquons nullement ; nous serons
même plus engarde que jamais sur les per--
nicieux exemples qu'on pourroit nous don
mer là-dessus.
"
Nous serons encore plus retenus sur les
louanges , que quelques Lecteurs n'ont pas:
generalement approuvées , en effet nous
nous sommes apperçus que nous y trouvions
peu d'avantage ; au contraire nous nous
sommes vus exposez à des especes de re--
proches, au lieu des témoignages de recon
noissance , sur tout de la part des gens à ta◄
lens,parce que tel qu'on loue nefait nuldoute
que ce ne soit une chose qui lui est absolument dûë , souvent même il trouve qu'on:
ne le loie pas assez; et ceux qu'on ne loie
pas , ou qu'on loue moins , sont très-indispo
sez; car prétendant qu'on loue les autres
à leurs dépens , ils sont doublement fachez.. Nous donnons ordinairement des Extraits
des Pieces nouvelles qui paroissent sur lesThéatres de Paris , et nousfaisons quelques
Observations d'après le jugement du Pu
blic sur les beautez etfur les deffauts qu'on:
y trouve la crainte de blesser la délicatesse.
des Auteurs nous retient quelquefois et nous
empêche d'aller plus loin , et crainte aussi
;
que
AVERTISSEMENT.
que voulant être plus sinceres on ne nous
accuse d'être partiaux. Si les Auteurs eux
mêmes vouloient bien prendre sur eux de
faire un Extrait ou Memoire de leurs Ouvrages , sans dissimuler les deffauts, qu'on
y trouve , cela nous donneroit la hardiesse·
d'être un peu plus severes , le Lecteur leur
en sçauroit gré, et ils n'y perdroient pas par
les Remarques , à charge et à décharge , que
nous ne manquerions pas d'ajouter , sans
oublier de faire obferver l'extrême diff
culté qu'il y a de plaire aujourd'hui au Public , et le péril que courent tous les Ou
vrages d'esprit qu'on lui présente ; nous faisons avec d'autant plus de confiance cette
priere aux Auteurs Dramatiques et à tous
autres, que certainement Corneille , Quinault , Moliere , kacine , &c. n'auroient
pas rougi d'avouer des deffauts dans leurs.
Pieces,
Il nous reste à marquer notre reconnoissance et à remercier au nom du Public.
plusieurs Sçavans du premier ordre, d'aimables Muses et quantité d'autres Personnes d'un mérite distingué , dont les produc
tions enrichissent le Mercure et le font lire.
et rechercher
CE
Est ici le cent cinquante - deuxième
Volume du Mercure de France que
nous avons l'honneur de préfenter au Roy et
au Public , depuis le mois de Juin 1721 .
que nousy travaillons,fans que ce Livre ait
fouffert aucune interruption; il a toujours paru
régulierement au temps marqué , et quelquefois même avec des Supplemens , felon l'exigence des cas , de quoi nos Lecteurs ne
fe font pas plaints. Nous redoublerons nos
foins et notre application pour que la lecture du Mercure foit deformais encore plus
utile et plus agréable.
Nousfommes encore bien éloignez du nombre des Mercures de la compofition de feu
M. de Visé, qui jufques et compris le
mois de May 1710. temps de fa mort , en
avoit fait paroître 483. Volumes , lefquels
font aujourd'hui fort recherchez pour quan
tité de faits hiftoriques qu'on ne trouve que
dans cet Ouvrage , et dont il n'y a peutêtrepas de collection parfaitement complette , que celle qui eft à la Bibliotheque du
Roy, où il ne manque pas un feul Volume
de toute la fuite des Mercures depuis les
premiers de M.de Vifé en 1672. jufqu'au
jourd'hui.
Aij M.
AVERTISSEMENT.
M. du Frefni fucceda à M. de Viſe , et
fit paroître au mois de Septembre 1710.un
Volumefous le mêmetitre deMercureGalant
contenant les mois de Juin , fuillet et Août
1710. jufques et compris le mois d'Avril
1714. il parut 44. Volumes du même
Auteur.
M. le Fevre de Fontenay , fuccceffeur de
M. du Frefni , a commencé par le mois de
May 1714. il continua juſques et compris
le mois d'Octobre 1716 et donna 30. Volumes. En Novembre et Décembre 1716.
il n'y eut point de Mercures,
Au mois deJanvier 1717.feu M. l'Ab„.
bé Buchet travailla à cet Ouvrage fous
le titre de Nouveau Mercure , et le fit
paroître régulierement pendant quatre an
nées et cinq mois, ce quifait 5 3. Mercurės.
En remerciant nos Lecteurs du cas qu'ils.
daignent faire de notre Livre, nous leur demandons toujours quelque indulgence pourles
endroits qui paroit, ont negligez , et dont la
diction ne fera pas affez châtiée. Le Lec
teur judicieux fera , s'il lui plaît , refléxion.
que dans un Ouvrage tel que celui-cy , il
eft très-aisé de manquer, même dans les chofes le plus communes , dont chacune en particulier eft facile , mais qui ramaffées , font
une multiplicité fi grande , qu'il eft bien
mal aife de donner à toutes la même attention
AVERTISSEMENT.
tion , quelque foin qu'on y apporte fur
tout quand une telle collection eft faite en
auffi peu de temps. Une chose qui paroît
un peu injuste , c'est qu'on nous réproche
affez souvent des inattentions , & qu'on ne
nous fçache aucun gré des correction's fans
nombre qu'on fait , & des fautes qu'or
évite.
Nousfaifons , de la part du Public , de
nouvelles inftances aux Libraires qui envoyent des Livres pour les annoncer dans
le Mercure , d'en marquer le prix aujustes
sela fert beaucoup dans les Provinces , aux
Perfonnes qui fe déterminent là deffus à les
acheter , &qui ne font pasfürs de l'exactitude des Meffagers , & des autres Perfonnes qu'elles chargent de leurs commiffions ,
qui , fouvent , les font furpayer.
On invite icy les Marchands & les Ouriers qui ont quelques nouvelles modes ,
foit par des Etoffes nouvelles , Habits
Ajuftemens , Perruques , Coëffures , Ornemens de tête , et autres parures , ainsi que
de Meubles, Caroffes , Chaifes , & autres
chofes , foit pour l'utilité , foit pour l'agrément , d'en donner quelques Memoires pour
en avertir le Public , ce qui pourrafaire
plaifir à divers Particuliers , et procurer un
débit avantageux aux Marchands & aux
Quvriers.
A iiij Pl
AVERTISSEMENT.
Plufieurs Pieces en Profe & en Vers
envoyées pour le Mercure , font fouvent fo
mal écrites , qu'on ne peut les déchiffrer , et
elles font pour cela rejettées ; d'autres font
bonnes à quelques égards , et défectueuses
en d'autres lorfqu'elles peuvent en valoir
la peine , nous les retouchons avec foin ;
mais comme nous ne prenons ce party qu'avec répugnance nous prions les Auteurs
de ne le pas trouver mauvais , & de travailler leurs Ouvrages avec le plus d'atten
tion qu'il leur fera poffible. Si on Sçavoir
leur adreffe , on leur indiqueroit les défectuofitez les corrections àfaire.
'
Les Sçavans & les Curieux font priez
de vouloir concourir avec nous pour rendre
ce Livre encore plus utile & plus agréable,
en nous communiquant les Memoires et les
Pieces en Profe & en Vers , qui peuvent
inftruire & amufer. Aucun genre de Litte
rature n'eft exclu de ce Recueil , où l'on
tâche de mettre une agréable varieté , Poëfie , Eloquence , nouvelles découvertes dans
les Arts & dans les Sciences , Morale
Antiquitez , Hiftoire facrée &
profane ,
Hiftoriette, Mythologie , Phyfique & Métaphyfique , Picces de Théatre , Jurisprudence , Anatomie & Medecine , Critique ,
Mathématique , Memoires , Projets , Traductions , Grammaires , Pieces amusantes
تو
et
AVERTISSEMENT.
récréatives , &c. Quand les morceaux
Pune certaine confideration feront trop
tongs , on les placera dans un Volume extraordinaire , et onfera enforte qu'on puiffe
les en détacher facilement , pour la fatisfaction des Auteurs et des personnes qui ne.
veulent avoir que certaines Pieces.-
Al'égard de la Jurisprudence , nous con--
tinuerons autant que nous le pourrons defaire
part au Public des Questions importantes ,
nouvelles ou fingulieres qui fe préfenteront,
et qui feront difcutées &jugées dans les differens Parlements autres Coursfupérieures du Royaume , en obfervant l'ordre et la
méthode que nous avons déja tenue en pareille matiere ; fur quoy nous prions Meffieurs les Avocats , et les Parties intereffees , &c. de vouloir bien nous fournir les
Memoires néceffaires. Il n'eft peut - être
point d'article dans no re Livre qui rega de
plus directement le bien public , que celuy-·
là, & qui fe faffe plus lire.
Quelques morceaux de Prose et de Vers:
rejettez par bonnes raisons , ont souvent
donné lieu à des plaintes de la part des
personnes interessées ; mais nous les prions
de considerer que cest toûjours malgré nous
que certaines Pieces sont rebutées ; nous
ne nous en rapportons pas toujours à notreseul jugement dans le choix que nous fai A.Y sonss
AVERTISSEMENT:
sons de celles qui méritent l'impression.
Quoiqu'on ait toujours la précaution de
mettre un Avis à la tête de chaque Mer-..
cure, pour avertir qu'on ne recevra point
de Lettres ni de Paquets par la Poste dont
le port ne soit affranchi , il en vient cepen-.
dant quelquefois qu'on est obligé de rebuter.
Ceux quin'aurontpas pris cette précaution,
ne doivent pas être su pris de ne pas voir.
paroître les Pieces qu'ils ont envoyées , lesquelles sont dailleurs perdues pour eux, s'ils.
n'en ont pas gardé de copie.
Lespersonnes qui desirent avoir le Mer
cure des premiers, soit dans les Provinces:
ou dans les Pays Etrangers , n'auront qu'à.
sadresser à M. Moreau , Commis au
Mercure , vis-à-vis la Comédie Françoise , à Paris , qui le leur envoyera par
la voye la plus convenable , et avant qu'il
soit en vente ici. Les amis à qui on s'adress pour cela ne sont pas ordinairement.
fort exacts ; ils n'envoyent gueres acheter ce
Livre précisément dans le temps qu'il paroit; ils ne manquent pas de le lire , souvent ils le prêtent , et ne l'envoyent enfin
que fort tard, sous le prétexte specieux que
le Mercure n'a pas pa u plutôt.
Nous renouvellons la priere que nous
avons déja faite , quand on envoye des Pieees , soit en Vers , soit en Prose, de les
ร
faire
AVERTISSEMENT.
·
Faire transcrire lisiblement sur des papiez séparez , et d'une grandeur raisonnable, avec des marges pour placer les
additions ou corrections convenables , et que
les noms propres, sur tout , soient exactement écrits..
Nous aurons toûjours les mêmes égards
pourles Auteurs qui ne veulent pas se faire
connoître; mais il seroit bon qu'ils donnas--
sent une adresse , fur tout quand il s'agit
de quelque Ouvrage qui peut demander des
éclairciffemens; car fouvent faute d'un tel
Lecours , des Pieces nous reftent entre les
mains, fans pouvoir les employer.
Nous prions ceux, qui par le moyen de
leurs correfpondances reçoivent des nouvelles
d'Affrique , du Levant , de Perfe , de Tar
tarie , du Japon , de la Chine, des Indes
Orientales et Occidentales et d'autres Pays
et Contrées éloignées ; les Capitaines, Pi--
lotes et Officiers des Navires et Voyageurs
de vouloir nousfaire part de ces Nouvelles
à l'adreffe generale du Mercure. Ces ma--
tieres peuvent rouler fur les Guerres pré--
fentes des Etats voisins , leurs Révolutions,
les Traitez de Paix ou de Treve, les occupations des Souverains , la Religion des
Peuples , leurs Cérémonies , Coûtumes et
fages , les Phenomenes et les Productions
de la Nature et de l'Art , &c. comme.
A vj Pierres
AVERTISSEMENT.
Pierres précieufes , Pierres figurées , Mar
caffites rares , Pétrifications et Chriftalifations extraordinaires , Coquillages , &c.
Edifices anciens et modernes , Ruines
Statues , Bas-Reliefs , Infcriptions , Médailles , Tableaux , &c.
9.
Nous serons plus attentifs que jamais
à apprendre au Public la Mort des Sçavans et de tous ceux qui se sont distinguez
dans les Arts et dans les Mécaniques ; on
y joindra le récit de leurs principales occupations et des plus considerables actions
de leur vie. L'Histoire des Lettres et des
Arts doit cette marque de reconnoissance
à la memoire de ceux qui s'y sont rendus
celeb es, ou qui les ont cultivez avec soin.
Nous esperons que les Parens et les Amis
de ces illustres Morts aideront volontiers
à leur rendre ce devoir par les instructions
qu'ils voudront bien nous fournir.
Ce que nous venons de dire , regarde ,
non-seulement Paris , mais encore toutes les
Provinces du Royaume et les Pays Etrangers, qui peuvent fournir des Evenemens
considerables, Morts , Mariages , Actes.
solemnels , Fêtes et autres Faits dignes d'êtres transmis à la Posterité.
On a fait au Mercure , et même plus
d'une fois, l'honneur de le critiquer ; c'est
une gloire qui manquoit à ce Livre. On a
beau
AVERTISSEMENT.
beau dire ; Nous ne changerons rien à notre
méthode, puisque nos Lecteurs la trouvent
passablement bonne. Un Ouvrage de la
nature de celui-cy ne sçauroit plaire également à tout le monde , à cause de la multiplicité et de la varieté des Matieres , dont
quelques unes sont lûes par certains Lecteurs avec plaisir et avidité , et par d'autres avec des dispositions contraires. M. di
Fresny avoit bien raison de dire que pour
que le Mercurefut generalement approuvé,
il faudroit que comme un autre Protée , il
put prendre entre les mains de chaque Lecteur uneforme convenable à l'idée qu'il s'en
est faitė.
C'est assez pour ce Livre de contribuer
tous les mois en quelque chose à l'instruc→
tion et à l'amusement des Citoyens qui vivent ensemble , paisiblement et agréablement. Le Mercure ne doit rien prétendre
au-delà. Nous savons , il est vrai , que la
médisance , plus ou moins malignement épicée , fur toujours un mets délicieux pour la
plupart des Lecteurs , mais outre que nous
ny avons pas le moindre penchant , nous
renonçons et de très-bon cœur , à la dangereuse gloire d'être lûs et applaudis aux
dépens du Prochain.
2
Nous continuerons à donner des mor
ceaux de Critique , mais nous n'y souffrirons
AVERTISSEMENT.
rons jamais rien de trop libre , d'indecent
ni rien qui puisse desobliger ou offenſer personne, Nous ne sommes point hardis et ne
nous en picquons nullement ; nous serons
même plus engarde que jamais sur les per--
nicieux exemples qu'on pourroit nous don
mer là-dessus.
"
Nous serons encore plus retenus sur les
louanges , que quelques Lecteurs n'ont pas:
generalement approuvées , en effet nous
nous sommes apperçus que nous y trouvions
peu d'avantage ; au contraire nous nous
sommes vus exposez à des especes de re--
proches, au lieu des témoignages de recon
noissance , sur tout de la part des gens à ta◄
lens,parce que tel qu'on loue nefait nuldoute
que ce ne soit une chose qui lui est absolument dûë , souvent même il trouve qu'on:
ne le loie pas assez; et ceux qu'on ne loie
pas , ou qu'on loue moins , sont très-indispo
sez; car prétendant qu'on loue les autres
à leurs dépens , ils sont doublement fachez.. Nous donnons ordinairement des Extraits
des Pieces nouvelles qui paroissent sur lesThéatres de Paris , et nousfaisons quelques
Observations d'après le jugement du Pu
blic sur les beautez etfur les deffauts qu'on:
y trouve la crainte de blesser la délicatesse.
des Auteurs nous retient quelquefois et nous
empêche d'aller plus loin , et crainte aussi
;
que
AVERTISSEMENT.
que voulant être plus sinceres on ne nous
accuse d'être partiaux. Si les Auteurs eux
mêmes vouloient bien prendre sur eux de
faire un Extrait ou Memoire de leurs Ouvrages , sans dissimuler les deffauts, qu'on
y trouve , cela nous donneroit la hardiesse·
d'être un peu plus severes , le Lecteur leur
en sçauroit gré, et ils n'y perdroient pas par
les Remarques , à charge et à décharge , que
nous ne manquerions pas d'ajouter , sans
oublier de faire obferver l'extrême diff
culté qu'il y a de plaire aujourd'hui au Public , et le péril que courent tous les Ou
vrages d'esprit qu'on lui présente ; nous faisons avec d'autant plus de confiance cette
priere aux Auteurs Dramatiques et à tous
autres, que certainement Corneille , Quinault , Moliere , kacine , &c. n'auroient
pas rougi d'avouer des deffauts dans leurs.
Pieces,
Il nous reste à marquer notre reconnoissance et à remercier au nom du Public.
plusieurs Sçavans du premier ordre, d'aimables Muses et quantité d'autres Personnes d'un mérite distingué , dont les produc
tions enrichissent le Mercure et le font lire.
et rechercher
Langue
Genre paratextuel
Vers et prose
Courrier des lecteurs
Faux
Mots clefs
Domaine
Résumé
Le Mercure de France, périodique publié sans interruption depuis juin 1721, présente son cent cinquante-deuxième volume. Les éditeurs s'engagent à rendre le Mercure encore plus utile et agréable. Ils évoquent la collection précédente de M. de Visé, qui a publié 483 volumes jusqu'à sa mort en mai 1710, très recherchée pour ses faits historiques. Après M. de Visé, M. du Fresny a publié 44 volumes de juin 1710 à avril 1714, suivi par M. le Fevre de Fontenay avec 30 volumes jusqu'en octobre 1716. En janvier 1717, l'abbé Buchet a repris la publication sous le titre de Nouveau Mercure pendant quatre ans et cinq mois, soit 53 volumes. Les éditeurs sollicitent l'indulgence des lecteurs pour les erreurs et les négligences et invitent les libraires à indiquer les prix des livres annoncés. Ils encouragent les marchands et artisans à partager les nouvelles modes et innovations. Les pièces envoyées pour publication doivent être bien écrites, et les auteurs sont priés de corriger leurs œuvres. Le Mercure accepte divers genres littéraires et scientifiques, les pièces trop longues étant placées dans des volumes extraordinaires. Les éditeurs continuent de publier des questions juridiques importantes et prient les avocats de fournir les mémoires nécessaires. Ils demandent également aux correspondants de partager les nouvelles des régions éloignées. Le Mercure annonce la mort des savants et des personnes distinguées dans les arts, et invite les parents et amis à fournir des informations. Le périodique a été critiqué, mais les éditeurs maintiennent leur méthode, reconnaissant que toutes les matières ne plaisent pas à tous les lecteurs. Ils continuent de publier des critiques tout en évitant les propos indécents ou offensants. Ils sont prudents dans leurs louanges pour éviter les reproches et les malentendus. Ils publient des extraits de pièces de théâtre avec des observations sur les beautés et les défauts, tout en évitant de blesser la sensibilité des auteurs. Le texte aborde la difficulté de plaire au public contemporain et les risques que courent les œuvres littéraires soumises à son jugement. Il exprime une demande de compréhension et de tolérance envers les auteurs dramatiques et autres écrivains, soulignant que des figures emblématiques comme Corneille, Quinault, Molière et Racine n'auraient pas hésité à reconnaître les défauts dans leurs pièces. Le texte se conclut par une expression de gratitude envers divers savants, muses aimables et autres personnes de mérite distingué, dont les contributions enrichissent le Mercure et en augmentent la popularité.