Titre
A MADRID ce 29. Janvier, 1714.
Titre d'après la table
Lettre de Catalogne.
Fait partie d'une livraison
Page de début
194
Page de début dans la numérisation
200
Page de fin
197
Page de fin dans la numérisation
203
Incipit
Un des jours de la semaine derniere, le Roy se
Texte
A MADRID
ce 29. Janvier, 1714.
Un des jours dela fe*-
maine derniere, le Roy se
renditau Pardo pourchasfer
; c'est le seul divertissement
que Sa Majesté
prend pour dissiper le chagrin
que lui causelamaladie
de la Reine. On avoit
depuis deux jours enfermé
un Sanglier qui n'estoit pas
des plus grands; mais la
faim & la fois qu'il avoic
enduré avoienc beaucoup
augmenté sa colere
,
& sa férocité. Aussi tost
qu'il eut été lâché, on luy
donna les chiens; mais en
ayant tué un, les autres
s'épouventerent. Le Roy
luy tira un coup de fusil
qui ne le blessa pas assez
pour l'arrester,&il courut
avec une furie extraordinaire
droit à SaMajesté.
Dom Alonso Manrique
J Comte de Montenuevo
premier t Ecuyer & Gentilhomme
dela Chambre de
Sa Majesté qui l'avoit toujours
suivie dans sesvoyages
)
& à la guerre depuis
son avenement à la Couronne
,
se trouvant prés
d'elle, il prit enun moment
le parti le plus prudent
& le plus heureux qu'il
auroit pû prendre, aprés y
avoir pensé long-tems. Il
se jetta à corps perduaudevant
de la beste afin de
donner au Roy le temps
d'estre secouru. Le Sanglier
lui donna plusieurs
coups de ses deffenses,qui
ljjy déchirerent ses bottines,
son haudechaufes &
ses habits, jusqu'à luy découvrir
le haut de la cuisse
; mais sans aucune autre
blessure que quelques
contu sions. Ainsi il se tira
d'un peril qui lui pouvoit
estre funesteavecun applaudissement
general
,
ôc
une gloire à laquelle plufleurs
aptres Seigneurs au*
roientvoulu avoir part.
ce 29. Janvier, 1714.
Un des jours dela fe*-
maine derniere, le Roy se
renditau Pardo pourchasfer
; c'est le seul divertissement
que Sa Majesté
prend pour dissiper le chagrin
que lui causelamaladie
de la Reine. On avoit
depuis deux jours enfermé
un Sanglier qui n'estoit pas
des plus grands; mais la
faim & la fois qu'il avoic
enduré avoienc beaucoup
augmenté sa colere
,
& sa férocité. Aussi tost
qu'il eut été lâché, on luy
donna les chiens; mais en
ayant tué un, les autres
s'épouventerent. Le Roy
luy tira un coup de fusil
qui ne le blessa pas assez
pour l'arrester,&il courut
avec une furie extraordinaire
droit à SaMajesté.
Dom Alonso Manrique
J Comte de Montenuevo
premier t Ecuyer & Gentilhomme
dela Chambre de
Sa Majesté qui l'avoit toujours
suivie dans sesvoyages
)
& à la guerre depuis
son avenement à la Couronne
,
se trouvant prés
d'elle, il prit enun moment
le parti le plus prudent
& le plus heureux qu'il
auroit pû prendre, aprés y
avoir pensé long-tems. Il
se jetta à corps perduaudevant
de la beste afin de
donner au Roy le temps
d'estre secouru. Le Sanglier
lui donna plusieurs
coups de ses deffenses,qui
ljjy déchirerent ses bottines,
son haudechaufes &
ses habits, jusqu'à luy découvrir
le haut de la cuisse
; mais sans aucune autre
blessure que quelques
contu sions. Ainsi il se tira
d'un peril qui lui pouvoit
estre funesteavecun applaudissement
general
,
ôc
une gloire à laquelle plufleurs
aptres Seigneurs au*
roientvoulu avoir part.
Lieu
Date, calendrier grégorien
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Résumé
Le 29 janvier 1714, à Madrid, le roi se rendit au Pardo pour une partie de chasse afin de distraire son chagrin causé par la maladie de la reine. Un sanglier, affamé et enragé, fut lâché et attaqua les chiens. Le roi tira sur l'animal sans l'arrêter, et celui-ci se dirigea vers le roi avec furie. Dom Alonso Manrique, comte de Montenuevo, premier écuyer et gentilhomme de la chambre du roi, réagit immédiatement. Il se jeta devant le sanglier pour protéger le roi, recevant plusieurs coups de défense qui déchirèrent ses vêtements et lui causèrent des contusions. Grâce à son intervention, le roi fut sauvé, et Dom Alonso fut acclamé pour son courage et sa loyauté.
Provient d'un lieu