Titre
CEREMONIES Funebres.
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103
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373
Page de fin
110
Page de fin dans la numérisation
380
Incipit
L'origine des Ceremonies est aussi ancienne que celle des
Texte
CEREMONIES
Funebm.
L'origine des Ceremonies
est auffi ancienne que celle
des Loix. rlJes en font au
moins l'ornement si elles n'en
font pas le soutien. Ellesfont
aussivariables que les temps,
&. aussivariées que les moeurs
& les usages des peuples, &
ce qui est regardé comme un
honneur dans un temps ou
dans un Pays, est quelquefois
envisagé comme un opprobre
dans un autre;
L'ancienne Chevalerie à
introduit beaucoup de Ceremonies
extraordinaires,dans
lesPompes funebres. Lors
que les Rois ne nommoient
personne pour conduire la
Ceremonie
,
le foin en estoit
donné en partieaux Herauts
d'Armes qui estoient de Vice-
Chevaliers instruits de toutes
les Loix de la Chevalerie, &
qui par leurs belles actions
meritoientl'estime du Publics
& à qui leur valeur avoit acquis
une authorité qu'ils conservoient
avec l'âge.
Depuis le regne de Charles
VI. la qualité de Heraut s'est
fortavilie. Les Rois ont toujours
nommé à chaque Ceremonie
quelque Seigneur de
distinctionpour la regler suivant
l'ancien usage. i ,'of'
Lors que Henry III. passa
par l'Italie il prit dugoust
aux manieres de ces Peuples
qui aimoient beaucoup les
Ceremonies, il crea plusieurs
Charges. Et entr'autres en
l'année1585. il fit un Maistre
des Ceremonies, & un Mai
stre pour servir en son absence.
Le Titre de Grand Maistren'a
esté donné an premier
que long-temps depuis. IlsembleroitparlesCharges
que toutes les Ceremonies
devroient estre reglées
, ÔC
qu'il n'y auroit rien àinnover.
Cependant elle sontrarement
lesmesmes ,ilarrivesouvent
quelqueincident,
chacun voul ant s'elever &
empieter sur les droits des autres.
Les Rois se sont trouvez
quelquefois fort embarrassez
pour decideravec juihee sur
ces affaires de point d'hon.
neur , ne sçachant précisement
à qui il doit appartenir,
-
Aux Funerailles dePhilippe
Auguste le Cardinal Legat
& l'Archevêque de
Reims vouloient officier pori..
tificalement. La dispute fut
grande, & pour les accorder
on dressa deux Autels sur lesquels
chacun celebra en mesme
temps & de mesme voix
afin qu'un seul Choeur respondistaux
deux Officians. 1
Aux Obseques de S. Louis,
le Roy Philippe III. fortfils
porta sur ses épaules le Corps
ou plutost les os de son Pere
depuis Notre-Dame jusqu'à
S. Denis. Les Croix que l'on
trouve sur le chemin furent
élevées dans les endroits OU il
se reposa. On assure qu'il se
fit plusieurs Miracles en ces
melmesendroits ,plusieurs
Malades. y ayant reçu du
soulagement à leurs maux. La
foule du Peuple qui suivoit le
Convoy estoit grande. Tous
les Seigneurs les plus distinguez
s'y trouverent ; tous les
Prelats qui estoient alors à la
Cour, s'y trouverent en habits
Pontificaux. LesReligieux
crurent que les Archevesques
& Evesques avec
leurs habits Ponti ficaux entreprenoient
sur leurs droits.
JIs; sermerent les portes de
leur Eglise& ne voulurent
point souffrir qu'on yentrast
jusqu'à ce qu'il eustestéresolu
que les Prelats quitteroient
leurs ornemens pour y entrer
sans pompe & sans marque
d'authorité ni de Jurisdiction
sur eux. -
j¡ Aux Convois où les Rois
se trouvoient
,
ils suivoient
le Corps à Cheval dans les
Champs: dans les Villes &
les Villages de leur passage
, ils metroient pied à terre. Cette
coutume s'estabolie entierement
depuis Charles V.
Tous les Enterremens des
Princesne se sont pas toujours
faits avec pompe en France.
Aux Fenerailles d'isabeau
de Bavieree veuve du Roy
Charles VI. son Corps fut
porcé du Chasteau des Tournelles
où elle mourut, jusqu'à
l'Eglise de S. Denis sans au.
cune Pompe. Les Registresdu
Parlement portent qu'il s'y
fit quelques Ceremonies ;
mais aucun Autheur contemporain
n'en parle Au contraire
ils, disent tous qu'on le mit
sans, pompe dansun Batteau
avec lui Prestre, deux Cierges,
& trois Officiers de sa Mai.
son qui le conduisirent par
eau à S. Denis où les Religieuxqu'elle
avoit comblez
de bienfaits luv firent à leurs
frais un Servicele plus hono*
rable qu'ils purent. Ils attribuent
la faute de ce manque
d'honneur qu'on luy devoit
aux Anglois qui estoient maistres
du Pays, & qui lahaïfsoient.
Aux Obseques de Charles
VIII. vingt Gentils hommes
de sa Maison porterent son. Corps. 4 1
- A celles de Loüis XII.
les hanouars ou porteurs de
sel pretendirent que cet honneur
leurappartenoit,les Rois
le leur ayant concédé dans
leurs Privilcges. Les Gentilshommes
le leur cederent, &
depuis ce temps là ils se font
conservez dans ce Droit.
Funebm.
L'origine des Ceremonies
est auffi ancienne que celle
des Loix. rlJes en font au
moins l'ornement si elles n'en
font pas le soutien. Ellesfont
aussivariables que les temps,
&. aussivariées que les moeurs
& les usages des peuples, &
ce qui est regardé comme un
honneur dans un temps ou
dans un Pays, est quelquefois
envisagé comme un opprobre
dans un autre;
L'ancienne Chevalerie à
introduit beaucoup de Ceremonies
extraordinaires,dans
lesPompes funebres. Lors
que les Rois ne nommoient
personne pour conduire la
Ceremonie
,
le foin en estoit
donné en partieaux Herauts
d'Armes qui estoient de Vice-
Chevaliers instruits de toutes
les Loix de la Chevalerie, &
qui par leurs belles actions
meritoientl'estime du Publics
& à qui leur valeur avoit acquis
une authorité qu'ils conservoient
avec l'âge.
Depuis le regne de Charles
VI. la qualité de Heraut s'est
fortavilie. Les Rois ont toujours
nommé à chaque Ceremonie
quelque Seigneur de
distinctionpour la regler suivant
l'ancien usage. i ,'of'
Lors que Henry III. passa
par l'Italie il prit dugoust
aux manieres de ces Peuples
qui aimoient beaucoup les
Ceremonies, il crea plusieurs
Charges. Et entr'autres en
l'année1585. il fit un Maistre
des Ceremonies, & un Mai
stre pour servir en son absence.
Le Titre de Grand Maistren'a
esté donné an premier
que long-temps depuis. IlsembleroitparlesCharges
que toutes les Ceremonies
devroient estre reglées
, ÔC
qu'il n'y auroit rien àinnover.
Cependant elle sontrarement
lesmesmes ,ilarrivesouvent
quelqueincident,
chacun voul ant s'elever &
empieter sur les droits des autres.
Les Rois se sont trouvez
quelquefois fort embarrassez
pour decideravec juihee sur
ces affaires de point d'hon.
neur , ne sçachant précisement
à qui il doit appartenir,
-
Aux Funerailles dePhilippe
Auguste le Cardinal Legat
& l'Archevêque de
Reims vouloient officier pori..
tificalement. La dispute fut
grande, & pour les accorder
on dressa deux Autels sur lesquels
chacun celebra en mesme
temps & de mesme voix
afin qu'un seul Choeur respondistaux
deux Officians. 1
Aux Obseques de S. Louis,
le Roy Philippe III. fortfils
porta sur ses épaules le Corps
ou plutost les os de son Pere
depuis Notre-Dame jusqu'à
S. Denis. Les Croix que l'on
trouve sur le chemin furent
élevées dans les endroits OU il
se reposa. On assure qu'il se
fit plusieurs Miracles en ces
melmesendroits ,plusieurs
Malades. y ayant reçu du
soulagement à leurs maux. La
foule du Peuple qui suivoit le
Convoy estoit grande. Tous
les Seigneurs les plus distinguez
s'y trouverent ; tous les
Prelats qui estoient alors à la
Cour, s'y trouverent en habits
Pontificaux. LesReligieux
crurent que les Archevesques
& Evesques avec
leurs habits Ponti ficaux entreprenoient
sur leurs droits.
JIs; sermerent les portes de
leur Eglise& ne voulurent
point souffrir qu'on yentrast
jusqu'à ce qu'il eustestéresolu
que les Prelats quitteroient
leurs ornemens pour y entrer
sans pompe & sans marque
d'authorité ni de Jurisdiction
sur eux. -
j¡ Aux Convois où les Rois
se trouvoient
,
ils suivoient
le Corps à Cheval dans les
Champs: dans les Villes &
les Villages de leur passage
, ils metroient pied à terre. Cette
coutume s'estabolie entierement
depuis Charles V.
Tous les Enterremens des
Princesne se sont pas toujours
faits avec pompe en France.
Aux Fenerailles d'isabeau
de Bavieree veuve du Roy
Charles VI. son Corps fut
porcé du Chasteau des Tournelles
où elle mourut, jusqu'à
l'Eglise de S. Denis sans au.
cune Pompe. Les Registresdu
Parlement portent qu'il s'y
fit quelques Ceremonies ;
mais aucun Autheur contemporain
n'en parle Au contraire
ils, disent tous qu'on le mit
sans, pompe dansun Batteau
avec lui Prestre, deux Cierges,
& trois Officiers de sa Mai.
son qui le conduisirent par
eau à S. Denis où les Religieuxqu'elle
avoit comblez
de bienfaits luv firent à leurs
frais un Servicele plus hono*
rable qu'ils purent. Ils attribuent
la faute de ce manque
d'honneur qu'on luy devoit
aux Anglois qui estoient maistres
du Pays, & qui lahaïfsoient.
Aux Obseques de Charles
VIII. vingt Gentils hommes
de sa Maison porterent son. Corps. 4 1
- A celles de Loüis XII.
les hanouars ou porteurs de
sel pretendirent que cet honneur
leurappartenoit,les Rois
le leur ayant concédé dans
leurs Privilcges. Les Gentilshommes
le leur cederent, &
depuis ce temps là ils se font
conservez dans ce Droit.
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Mots clefs
Domaine
Résumé
Le texte examine l'origine et l'évolution des cérémonies funéraires, mettant en lumière leur ancienneté et leur diversité à travers les époques et les cultures. Les cérémonies funéraires ont été influencées par l'ancienne chevalerie, qui a introduit des rites spécifiques. Les hérauts d'armes, en tant que vice-chevaliers, jouaient un rôle crucial dans l'organisation de ces cérémonies. Sous le règne de Charles VI, la qualité des hérauts d'armes déclina, et les rois commencèrent à nommer des seigneurs de distinction pour régler les cérémonies. Henri III, impressionné par les cérémonies italiennes, créa plusieurs charges, dont celle de maître des cérémonies en 1585. Les cérémonies funéraires royales étaient souvent marquées par des disputes sur les droits et les honneurs. Par exemple, lors des funérailles de Philippe Auguste, un compromis fut trouvé pour éviter un conflit entre le cardinal légat et l'archevêque de Reims. Lors des obsèques de Saint Louis, Philippe III porta le corps de son père, et des miracles furent rapportés. Les coutumes variaient également : les rois suivaient le corps à cheval dans les champs et à pied dans les villes. Cependant, certaines funérailles, comme celles d'Isabeau de Bavière, se déroulèrent sans pompe en raison de la présence des Anglais. Les funérailles des princes ne se faisaient pas toujours avec pompe. Par exemple, celles de Charles VIII furent organisées par vingt gentilshommes, tandis que celles de Louis XII furent portées par les hanovars, porteurs de sel, après une dispute sur les privilèges.