Titre
LA TESTE D'ASNE. CONTE.
Titre d'après la table
La teste d'Asne, Conte.
Fait partie d'une livraison
Page de début
135
Page de début dans la numérisation
141
Page de fin
138
Page de fin dans la numérisation
144
Incipit
U[N] paysan meschant & fin matois,
Texte
LATESTED'ASNE.
C 0 NTE. UU paysan meschant&
finmatois,
Comme un paysan, c'cll
tout dire,
Sçachant le colibet
,
& disant quelquefois
Le mot pour rire.,
Emenditparler de Paris,
Luy qui n'avoit jamais forti de son village.
Il y
voulut venir, Dieu sçait
s'il fut sur pris,
Au moindre objet qui fut
sur son passage.
Il admira sur tout tant de
divers Marchands,
Tant de diverses marchandises;
L'autre des nœuds &des
rubans,
L'autre des rabats, des chemises;
Enfin il en vit un ensuite de
ceux-là
Quin'avait rien de tout
cela.
Un comptoir seul estoit
dans sa boutique,
Et luy sur sa porte planté,
Des Marchands ses voisins
regardoit
regardoit la pratique.
Le paisan touché de curio- sité:
1avoit De ce qatiln'avoit ri,-.n rien)
voulut sçavoir la cause
D'où vient, ce luy dit
-
il
,
qu'icy je lesvoistous
Qui vendent chacun quelque chose
,
Et vous qui n'avez rien,
Mr, Que vendez vous?
Le Marchand parcette demande
Jugeant que du Manant la
sotise estoit grande,
L'iy respondit en riant à
demi
,
Des testes d'asne, mon ami.
Ah, ah
J
dit le Manant,vousferez donc fortune,
Si vous ne donnez pas vos
testes à credit;
Car vous en avez grand
debit,
Il ne vous en reste plus
qu'une
C 0 NTE. UU paysan meschant&
finmatois,
Comme un paysan, c'cll
tout dire,
Sçachant le colibet
,
& disant quelquefois
Le mot pour rire.,
Emenditparler de Paris,
Luy qui n'avoit jamais forti de son village.
Il y
voulut venir, Dieu sçait
s'il fut sur pris,
Au moindre objet qui fut
sur son passage.
Il admira sur tout tant de
divers Marchands,
Tant de diverses marchandises;
L'autre des nœuds &des
rubans,
L'autre des rabats, des chemises;
Enfin il en vit un ensuite de
ceux-là
Quin'avait rien de tout
cela.
Un comptoir seul estoit
dans sa boutique,
Et luy sur sa porte planté,
Des Marchands ses voisins
regardoit
regardoit la pratique.
Le paisan touché de curio- sité:
1avoit De ce qatiln'avoit ri,-.n rien)
voulut sçavoir la cause
D'où vient, ce luy dit
-
il
,
qu'icy je lesvoistous
Qui vendent chacun quelque chose
,
Et vous qui n'avez rien,
Mr, Que vendez vous?
Le Marchand parcette demande
Jugeant que du Manant la
sotise estoit grande,
L'iy respondit en riant à
demi
,
Des testes d'asne, mon ami.
Ah, ah
J
dit le Manant,vousferez donc fortune,
Si vous ne donnez pas vos
testes à credit;
Car vous en avez grand
debit,
Il ne vous en reste plus
qu'une
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Genre littéraire
Mots clefs
Résumé
Un paysan naïf et curieux décide de visiter Paris pour la première fois. Émerveillé par la diversité des marchands et de leurs marchandises, il observe un homme qui ne vend rien de matériel. Intrigué, le paysan lui demande ce qu'il vend. Le marchand, amusé par la naïveté du paysan, répond qu'il vend des têtes d'âne. Le paysan, interprétant mal la réponse, conclut que le marchand fera fortune car il a beaucoup de têtes d'âne à vendre et qu'il ne les vend pas à crédit.