Titre
Au Camp de Fribourg le 15. Octobre. Relation du Maréchal de Villars.
Titre d'après la table
Au Camp de Fribourg,
Fait partie d'une livraison
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113
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119
Page de fin
124
Page de fin dans la numérisation
130
Incipit
Monsieur le Maréchal ayant resolu en même tems d'attaquer une
Texte
Âu Camp de Fribçurg le 15.
Oflobre.
ReUtion duMaréchal de
; Villars,
Monsieur le Maréchal
ayant resolu en même tems
d'attaquer une lunette &
tout le chemin couvert
du Poligone, où nous allons,
on commanda quarante
Compagnies de Grenadiers
distribuez en divers
end roits, les un p our attaquer
& d'autres pour foti-"
tenir; le hazard fit queles
ennemis, qui avoient preparé
une sortie de douze
cent hommes, commandez
par le General MajorVveitersheim,
un Brigadier &
deux Colonels, commençoient
à sortir du chemin
couvert. Le quart de ces
gens étoient déja sur le
glacis, lorsque nos grenadiers
debouchoient pour
attaquer la lunette & le
chemin couvert; ces gens
qui faisoient une sortie
considerable fc voyan
chargez, furent bien tôt
renversez ; l'on en tua un
très grand nombre, le General
Major fut pris avec
un Colonel, ces douze cent
hommes étant troupes
choisies. La plupart se placerent
dans le chemin couvert
à la droite & à la gauche
de l'attaque, & firent
un très-grand feu.
La lunerte étoit défendue
par deux cens hommes
choisis, & ordre du Gouverneur
de se défendre jusqu'au
dernier homme,avec
promessed'être bien soutenus,
outre cela ilyavoit
cent trente hommes dans
la communication du chemin
couvert à la lunette:
mais ils furent emportez
d'abord par nos grenadiers,
qui se logèrent dans la
communication ; l'on ne
devoit pas s'attendre que
deux cent hommes coupez,
& à qui l'on promettoit
quartier le refusassent;
tous nos: Grenadiers qui
voulurent entrer furent
renversez à coup de hallebarde&
de faulx. Le Marquis
de Vivans Lieutenant
General commandant la
tranchée y mena les bataillons
& les drapeaux de
Poitou,_& deRoyalRoussillon,
les Colonels àla tête,
ils marchèrent à la lunette,
les ennemisfirent grande,
resistance, cequi obligea
Messieurs de Coigny, le
Comte de Broglio,Nangis,
Contades, le Marquis de
Broglio, Çhar".illo"n.,voIon..
taires auprès du Maréchal
de Villars,de marcher à
cette lunette. On fie, avancer
cent cinquante dragons
qui passerent sur le glacis
pour ne pas troubler l'attaque
trés-vive des batail-
Ions, & faisant un dernier
effort la lunette fut emportée
,
& presque tous ceux
qui la défendoient tuez,
ensuite on continua les logemens
sur tous les angles
saillansduPoligoneattaqué,
, le grand feu des ennemis,
les bombes qu'ils nous jettoient
nont pas empêché
que nos logemens ne fc
soient trouvez en fort bon état
à la pointe du jour. Le
Maréchal de Villars voyant
que les troupes étoient fatiguées
, &ne voulant pas
que les ennemis, qui avoient
déja fait plusieurs
sorties, pussent détruire les
têtes de nos logemens,envoya
ordre à la brigade de
Limosin la plus voisine, de
venir à la queuë de la tranchée
; on fit aussi marcher
cinq cens hommes de la
brigade de Picardie,& les
trois bataillons deLorraine,
avec ordre à la brigade de la
Sarre de se tenir prête, tant
pourêtre superieur en troupes,
ne rien craindre /^quc
pour avoir des travailleurs
tout prêts pour remplacer
ceux qui étoienthors dç combat. 3 -
v
Le Maréchal se louë
beaucoup de toutes ses
troupes. Monsieur de Vivans
Lieutenant General de\
tranchée
a fait tout ce qu'on
pouvoir attendre d'un brave
Officier. Monsieur de
Silly Maréchal de Campa
très utillement servi à l'attaque
du centre où commandoit
le Sieur Monerot
Colonel Commandant
d'Alsace. M. d'Ormesson
BBiriigadier commandoit la
Z~D-yadicr coiiii-nandoir gauche,
gauche, Messieurs les Comte
de Roucy & Valory étoient
auprès du Maréchal
de Villars, & avoient trésbien
dirigé les attaques ôc
services d'Ingenieurs, donc
la plûpart ont été tuez ou
blessez. Nous avons perdu
plusieurs Capitaines deGrenadiers
,
desquels on ne
peut trop louer la valeur;
les Grenadiers des Gardes
ont fait des merveilles,tous
leurs Officiers ont ététuez
ou blessez. Monsieur de
Contade Major General,
qui portoit. ôc faisoit Foxe..:
cuter tous les ordres, a été
enversé d'un coup de casion,
& le visagepercé de
plusieurs coups de pierres,
le Comte de Croissy volontaire,
le Duc de Fronsac
& le Marquis de Nangis
ont reçû des coups de
pierre à latranchée. M. le
Maréchal a reçu un coup
de pierre à la hanche;cette
action est des plus glorieuse
pour les troupes du
Roy, & d'un succés bien
avantageux, puifquelle a
empotefUence à une garnison
qui a montré tant de
valeur.
Nous sommes logez sur
les angles saillans du chemin
couvert, le General
Vvéistheim a dit que le
Gouverneur de la place
avoit assuré la garnison que
le Prince Eugéne devoir
les secourir;il est vrai que
le 12. ce Prince s'avanca sur
Hosgraben, qui n'est qu'à
cinq lieuës, & d'où il peut
reconnoître nos postes:mais
il s'en retourna le lendedemain;
il y eut il y a deux
jours une action trés-vive à
l'attaque du Château,les ennemis
firent une sortie considerable
>
&, renverserent
la tête de nôtre tranchée.
Le Chevalier de Pezeux à
la tête
;
desbataillons,de
Lavalreprit nos postes. l'épée
à la main, & tua un
grandnombre desennemis
, Monsieur deLaval
Colonel fut blessé deux
Capitaines de Grenadiers ]
&unde Dragonstuez.On
; n'a Doiht encorede lifte des <
tuez & b!ef!cz..j,
Les Ducs de Guiche ôc
Mortemart étoient volontaires
danscette action,
présdu Maréchal dcVillarsj
Oflobre.
ReUtion duMaréchal de
; Villars,
Monsieur le Maréchal
ayant resolu en même tems
d'attaquer une lunette &
tout le chemin couvert
du Poligone, où nous allons,
on commanda quarante
Compagnies de Grenadiers
distribuez en divers
end roits, les un p our attaquer
& d'autres pour foti-"
tenir; le hazard fit queles
ennemis, qui avoient preparé
une sortie de douze
cent hommes, commandez
par le General MajorVveitersheim,
un Brigadier &
deux Colonels, commençoient
à sortir du chemin
couvert. Le quart de ces
gens étoient déja sur le
glacis, lorsque nos grenadiers
debouchoient pour
attaquer la lunette & le
chemin couvert; ces gens
qui faisoient une sortie
considerable fc voyan
chargez, furent bien tôt
renversez ; l'on en tua un
très grand nombre, le General
Major fut pris avec
un Colonel, ces douze cent
hommes étant troupes
choisies. La plupart se placerent
dans le chemin couvert
à la droite & à la gauche
de l'attaque, & firent
un très-grand feu.
La lunerte étoit défendue
par deux cens hommes
choisis, & ordre du Gouverneur
de se défendre jusqu'au
dernier homme,avec
promessed'être bien soutenus,
outre cela ilyavoit
cent trente hommes dans
la communication du chemin
couvert à la lunette:
mais ils furent emportez
d'abord par nos grenadiers,
qui se logèrent dans la
communication ; l'on ne
devoit pas s'attendre que
deux cent hommes coupez,
& à qui l'on promettoit
quartier le refusassent;
tous nos: Grenadiers qui
voulurent entrer furent
renversez à coup de hallebarde&
de faulx. Le Marquis
de Vivans Lieutenant
General commandant la
tranchée y mena les bataillons
& les drapeaux de
Poitou,_& deRoyalRoussillon,
les Colonels àla tête,
ils marchèrent à la lunette,
les ennemisfirent grande,
resistance, cequi obligea
Messieurs de Coigny, le
Comte de Broglio,Nangis,
Contades, le Marquis de
Broglio, Çhar".illo"n.,voIon..
taires auprès du Maréchal
de Villars,de marcher à
cette lunette. On fie, avancer
cent cinquante dragons
qui passerent sur le glacis
pour ne pas troubler l'attaque
trés-vive des batail-
Ions, & faisant un dernier
effort la lunette fut emportée
,
& presque tous ceux
qui la défendoient tuez,
ensuite on continua les logemens
sur tous les angles
saillansduPoligoneattaqué,
, le grand feu des ennemis,
les bombes qu'ils nous jettoient
nont pas empêché
que nos logemens ne fc
soient trouvez en fort bon état
à la pointe du jour. Le
Maréchal de Villars voyant
que les troupes étoient fatiguées
, &ne voulant pas
que les ennemis, qui avoient
déja fait plusieurs
sorties, pussent détruire les
têtes de nos logemens,envoya
ordre à la brigade de
Limosin la plus voisine, de
venir à la queuë de la tranchée
; on fit aussi marcher
cinq cens hommes de la
brigade de Picardie,& les
trois bataillons deLorraine,
avec ordre à la brigade de la
Sarre de se tenir prête, tant
pourêtre superieur en troupes,
ne rien craindre /^quc
pour avoir des travailleurs
tout prêts pour remplacer
ceux qui étoienthors dç combat. 3 -
v
Le Maréchal se louë
beaucoup de toutes ses
troupes. Monsieur de Vivans
Lieutenant General de\
tranchée
a fait tout ce qu'on
pouvoir attendre d'un brave
Officier. Monsieur de
Silly Maréchal de Campa
très utillement servi à l'attaque
du centre où commandoit
le Sieur Monerot
Colonel Commandant
d'Alsace. M. d'Ormesson
BBiriigadier commandoit la
Z~D-yadicr coiiii-nandoir gauche,
gauche, Messieurs les Comte
de Roucy & Valory étoient
auprès du Maréchal
de Villars, & avoient trésbien
dirigé les attaques ôc
services d'Ingenieurs, donc
la plûpart ont été tuez ou
blessez. Nous avons perdu
plusieurs Capitaines deGrenadiers
,
desquels on ne
peut trop louer la valeur;
les Grenadiers des Gardes
ont fait des merveilles,tous
leurs Officiers ont ététuez
ou blessez. Monsieur de
Contade Major General,
qui portoit. ôc faisoit Foxe..:
cuter tous les ordres, a été
enversé d'un coup de casion,
& le visagepercé de
plusieurs coups de pierres,
le Comte de Croissy volontaire,
le Duc de Fronsac
& le Marquis de Nangis
ont reçû des coups de
pierre à latranchée. M. le
Maréchal a reçu un coup
de pierre à la hanche;cette
action est des plus glorieuse
pour les troupes du
Roy, & d'un succés bien
avantageux, puifquelle a
empotefUence à une garnison
qui a montré tant de
valeur.
Nous sommes logez sur
les angles saillans du chemin
couvert, le General
Vvéistheim a dit que le
Gouverneur de la place
avoit assuré la garnison que
le Prince Eugéne devoir
les secourir;il est vrai que
le 12. ce Prince s'avanca sur
Hosgraben, qui n'est qu'à
cinq lieuës, & d'où il peut
reconnoître nos postes:mais
il s'en retourna le lendedemain;
il y eut il y a deux
jours une action trés-vive à
l'attaque du Château,les ennemis
firent une sortie considerable
>
&, renverserent
la tête de nôtre tranchée.
Le Chevalier de Pezeux à
la tête
;
desbataillons,de
Lavalreprit nos postes. l'épée
à la main, & tua un
grandnombre desennemis
, Monsieur deLaval
Colonel fut blessé deux
Capitaines de Grenadiers ]
&unde Dragonstuez.On
; n'a Doiht encorede lifte des <
tuez & b!ef!cz..j,
Les Ducs de Guiche ôc
Mortemart étoient volontaires
danscette action,
présdu Maréchal dcVillarsj
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Mots clefs
Résumé
Le 15 octobre, au camp de Fribourg, le maréchal de Villars a ordonné une attaque sur une lunette et le chemin couvert du polygone, impliquant quarante compagnies de grenadiers. Simultanément, les ennemis, dirigés par le général major Weitersheim, ont lancé une sortie de douze cents hommes. Les grenadiers français ont repoussé cette attaque, tuant de nombreux ennemis et capturant le général major et un colonel. La lunette était défendue par deux cents hommes, soutenus par cent trente autres. Malgré une résistance acharnée, les grenadiers français ont pris la lunette après un combat intense. Le marquis de Vivans a mené les bataillons de Poitou et de Royal-Roussillon à l'assaut, tandis que plusieurs officiers, dont les messieurs de Coigny, le comte de Broglie, Nangis, Contades, et le marquis de Broglie, ont dû intervenir face à la forte résistance ennemie. Cent cinquante dragons ont renforcé l'attaque, permettant finalement la prise de la lunette. Les travaux de fortification ont été achevés malgré le feu ennemi. Le maréchal de Villars a salué le courage de ses troupes, notamment le marquis de Vivans et le marquis de Silly. Plusieurs officiers et grenadiers des Gardes ont été tués ou blessés, et le maréchal de Villars a lui-même été blessé à la hanche. Cette action a été jugée glorieuse et avantageuse pour les troupes du roi. Les Français sont maintenant positionnés sur les angles saillants du chemin couvert. Le général Weitersheim a rapporté que le gouverneur de la place avait assuré la garnison du secours du prince Eugène, qui s'était approché mais s'était retiré. Une récente action au château a vu une sortie ennemie repoussée par le chevalier de Pezeux et le colonel de Laval, ce dernier étant blessé. Les ducs de Guiche et de Mortemart étaient également présents en tant que volontaires.