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Titre

Nouvelles Responses aux Questions des Mercures précedens, sur les grands parleurs, & les taciturnes.

Titre d'après la table

Nouvelles Réponses aux questions des Mercures précedens. Sur les grands Parleurs & les Tarciturnes.

Titre simplifié de l'article récurrent
Fait partie d'une livraison
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60
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66
Page de fin
72
Page de fin dans la numérisation
78
Incipit

Aux éloquences diffuses & brillantes on preferoit l'éloquence tenebreuse

Texte
Nouvelles Kefponjèsaux
Que(lions des Mercuresprécedens, sur les
grandsparleurs, &les
taciturnes. Auxéloquencesdiffuses & brillantes on prese
reroit l'éloquence tenebreuse d'Heraclite incité
par les Citoïens à haranguer le peuple dans une
sédition.Ilponte sur la
Tribune,' verse de l'eau
froidedans un vase
,
se
saupoudre de farine, l'avale & s'en va sans rien
dire, signifiant par là à
sesCytoiens que leur luxe & leurs excès en tou-
,
teschosesaussi-bien qu'en
paroles estoient la cause
de leurs désordres Se
qu'il n'y avoit que la fragilité qui pust les faire
cesser. Le symbole estoit
obscur,mais il donna de
l'attention
au peuple, le
fit penser & le rendit fage. Celui qui pique Se
embarrasse nostre entendement par une idée obscure, nous déplaift moins
que celui qui lui oste
[on action en l'étouffant
( pour ainsi dire) par
une éloquence trop diffuse
,
nous aimons mieux
n'entendre pas assez que
d'entendre trop.
Eloquence de Table.
Plutarque compare nos
tre esprit & nostre aIne
à une merenourrice à le-
gard du corps; S6 dit
que de mesme qu'elle
ne prend les plaisirs & ne
fait bonne chere qu'après
avoir allaitté son nourrisfouSe l'avoir fait dormir,
nôtre esprit pareillement
ne doit songerà s'exercer
qu'après avoir bien traitté son poupon. Il ne peut
être tranquille ni content
que l'autre n'ait ce qu'il
lui faut & ne foit en bon
estat. Homere fait manger ses Heros en silence,
après quoi le plus digne
foit par son rang soitpar
son esprit entretient la
compagnie.
,
Athenée semocque avec
raison du pedantesque
banquet d'Epicure où
l'on ne voyoit que des
éplucheurs d'atomes, &C
où l'un des plus severes
commença d'abord par
proposer une question
comme dansl'Ecole. Un
.-
plat devuide&d'atomes
a
l'entrée de table quels
entremets.
entremets. Les Sophistes
croient bien mieux celebrer l'entrée de table,
parce qu'ils s'empressent
dés le potage à debiter
leurs vains arguments.
On les voit, dit un Grec,
suffoquez par le potage
qui veut entrer, & la
vanité qui veut sortir
dans le mefine temps.
LeGrammairien & le
Rhetoricienont raison
de dire qu'ils né font rien
lors qu'ils ne
parlent
point, le silence au contraire ne couste rien au
Philosophe à l'homme de bon sens, parce
qu'il estpersuadé qu'on
n'est aimable & estimable qu'autant qu'on a
d'attention pour les autres & peu pour foy. Il
efl: persuadé que l'homme fê montre tel par le
silenceencore mieux que
par la parole. Non seulement lebabil & les
grandes conversations
sont ridiculesàl'entrée
decable, l'esprit mesme,
tout cfpdt- qu'ilest, doit
eY taire, & ne se regargeralors que comme
présidentà une fonction
corporelle comme le surintendant & surveillant
4tJ goust. Lecorps estant
satisfait veut bien partagor^LV<C1eiprk la volupté a laquelle tout le
restedurepasestdestiné;
alorstous propos intelligibles
,
agréables & fa-
ges feront reçeus avec
plaisir ;
je dis intelligibles à toute l'assemblée
,
car les discours comme
le vin doivent estre commun en un repas, & le
Metaphysicien où le Geometrequi veulent y
donner un plat de leur façon,font d'aussi mauvasse compagnie que le
Renard à l'égard de la
Cigogne, & de la Cigogne àl'égard du Renard.
Selon les Anciens tout
Sophiste devoit estre exclus de la table, & n'y point
troubler la vérité & le plaisir dans le seul afile qui leur
reste & où ils doivent régner seuls
:
j'entends la verité du cœur & non de rcc.
prie, car celuy- cy est si fort
altéré & abatardi des son
enfance,par la tirannie du
Sofisme, qu'on ne peut plus
se fierà ce qui part de lui.
Les discours quisortent du
cœursont tousjours agréables par eux-mesmes, & un
grain de selsuffit pour leur
donner un goust charmant. Voir & estre vu eû
le charme & la perfection
de la societé;mais qujpeuç
estre vu impunement ôç
qui peut voir&penetrer le
cœur d'autruiassez chajricablement& assez£^çmejuï
Il estmal aisé&prcfque-iHipossible d'assortir une comT
pagnie où l'on puUlegosuC
ter ce plaisir,il;fa^tplaft^fl:
s'en mefier que
feïpçrefYî
Repetez-vous efuvççtJ
vous nefme ce Proverbe
Arabe, teivim estentré, ig
secret va sortir ,ilplu*
seur comme plus ordinaire
à table de se moquer de son
prochain que de se fier à
luy,cen'estpas à dire que
la raillerie doive estre approuvai table plus qu'ailleurs. Au contraire dit un
Auteur Grec, comme on
renveseaisément ceux qui
sont dans un lieu glissant
& penchant pour peu
qu'on leur touche, aink
desesprits échauffez parle
vin sont tousjours prests à
broncher de colere.
Quipeut divertir & rai ller une personne en mesme
temps, loin de l'offenser
,
qui peut à l'occasion du
moindre petit ridicule innocent qu'on luy presente,
imaginer des traits plaisants
,
& leur donner un
tourvif & poli, qui sçait
se moquer de soy-mesme
encore plus souvent
,
Se
plus plaisamment que des
autres, aura attrape le vray
cfprit de raillerie
,
qui fait
l'agrément d'un convive
Collectivité
Faux
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Résumé
Le texte 'Nouvelles Kefponjèsaux' explore les principes d'éloquence et de comportement approprié lors des repas. Il commence par une comparaison entre différents styles d'éloquence, opposant la simplicité et l'obscurité d'Héraclite à l'éloquence diffuse et brillante. Plutarque compare l'esprit et l'âme à une nourrice qui doit prendre soin du corps avant de s'exercer elle-même. Homère et Athénée critiquent les repas où les discussions philosophiques ou pédantesques dominent, au détriment du silence et de la convivialité. Les sophistes et les érudits sont décrits comme des mauvais convives, perturbant la vérité et le plaisir des repas par leurs interventions. Le texte met en avant l'importance du silence et de l'attention aux autres lors des repas, soulignant que les discours doivent être intelligibles et agréables pour tous. Les Anciens excluaient les sophistes des tables pour préserver la vérité du cœur. La raillerie est déconseillée, car elle peut offenser les esprits échauffés par le vin. Enfin, le texte valorise la capacité à divertir et à railler avec politesse et auto-dérision, qualifiant cela comme l'agrément d'un convive.
Soumis par delpedroa le