Titre
TRAIT D'HISTOIRE Arabe.
Titre d'après la table
Trait d'Histoire Arabe.
Fait partie d'une livraison
Page de début
3
Page de début dans la numérisation
9
Page de fin
12
Page de fin dans la numérisation
18
Incipit
Saifaddante, ou Saifaldoulat étoit un des plus puissans Princes de
Texte
TRAIT D'HISTOIRE - jirdbe.
Aifaddante, ou
Saifaldoulat étoit
undes plus
puissans Princes del'Orient,&
undes meilleurs
Poètesdeson temps. La
libéralité extreme qu'il
exerçoit envers les Poë.
tes : e, geps d.cfpr;j[
l'eût -\Ja-'fai"(e;Soupçonner
devouloir honorer
lui-même son talent, s'il
n'eût pas été d'ailleurs leplrirgalant, le plus
généreux8£leplus brave
Princede son siecle. Il
naquit l'an501- de l'E
gire,& mourut l'an
jjé/Ce Prince àvoit une
maîtresse, fille d'un Prin-
!
-
", *\
ceGrec,&d'une beauté
charmante. Sapoësie,
sa galanterie &son àmour
s'employaient à
l'envi ik, avec éclat auprés
de cette Greque.
La jalousie de toutes les
autres compagnes devint
furieuse, 6C elles
complotèrent de l'enlever
la nuit,& de la jetter
dans la mer fccretement,
ou bien del'empoisonner.
Ce Prince
persuadé , que rien ne
pourroit la sauver de là
fureur d'une troupe de
rivales V & ne voulant
pas qu'elle restât expofée
à leur jaloufic il la fitconduire dans une
forteresse, où il la fit
garder avec tout le soin
imaginable.Saifaddantc
composauneélégie dans
sa douleur; en parlant
de lui-même il dit: Il
lui estarrive dans sa tour
ce qui arrive à l'oiseau
qui veut sortir de sa cage
» il voit répervier ,
& il s'y tient tremblant,
oubliant les delices de
la liberté:ou au poisson
rusé qui se tient au fond
del'eaude peur de l'hameçon
;il s'approche de
ce qui est necessaire à sa
vie, & s'en arrache en'
même temps de peur de
la perdre. Et s'adressant
à la Princesse
, lui dit:
Mes yeux vous gardent,
mon coeur vous veille,
&necessepointdecraindre
l'horreur l'uneseparationéternelle!
monamour
en eft^plusVfcH
lent 8c durera toûjours
Voila commcçci Princq
sçavôitsacrifieson pJai
sir ausalut de ce qu'il
aimoit. Voyons presentemerit
comme il ,savoitrecompenfer
le mérité
& les talens. Eslans
à Alep,environné "U;;
petttaupe de rOE.cn.
Arabe, mal vêtus'approcha
de lui bfflui recitaces
vers.
Le rMttqitemanque>
matsla demandeejtar~
rivée àfinpoint. jîlep
Av.ufinPrincey tout
doity être heureux. Le
tempsvotre firviteur
nous a maltraite^ eS
nous nepouvons nous
mettre acouvert defin
injustice eS de sa viollternrcg,
r-irqaun"'àd.ltl'i'ianb1-&r'diddeerruvéô*I*f
trebonté** < ;A i
1;." V'lu. '- Saifaddantc ., trouva
ces vers à son gré, &
fitdonnerau Poètedeux
cens écus d'or. Deux
freres, Poctes fameux,
nommez lesKaled, lui
ayantrecitéunbeau
Poème, il enfit ôter
seulement les vers qui
étoientà sa louange;il
lei traita. avec beaucoup
d'honneur, & le lendemain
matin il leur fit
donner à chacunune
belle Persannequi portoit
sur sa tête un vase
plein de vin exquis, sur
lequel étoient des étofes
d'un grand prix. Les
deux freres partirent sur
le champ pour le remercier,&
l'aîné lui dit ces
vers.
LeIcreaturesfO.n.tdans
ïimpuijfancede'vous rt
mercier de vos btèns5
vouf nous at'Z envoyé
deux bettes canes tor.
tantfur leur chefles çor.
nés d1abondance,&par
elles vous avez* chassé
de chez,nous les tenebreM
épaisses del'ennui\& te
troublé d'ejprit que tause
la disette.L'aurorenous
a montrévotreliberali-\ té, leSoleilcouchant
nenousverra point,que
nôus n'ayons renduala
ffifqïtë^vfs ave^de III
rPii¥t telle que nous a-
\vionil de tambroisiedont J',o,!s AV'Z" enj-
•WÏV
Aifaddante, ou
Saifaldoulat étoit
undes plus
puissans Princes del'Orient,&
undes meilleurs
Poètesdeson temps. La
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tes : e, geps d.cfpr;j[
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lui-même son talent, s'il
n'eût pas été d'ailleurs leplrirgalant, le plus
généreux8£leplus brave
Princede son siecle. Il
naquit l'an501- de l'E
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maîtresse, fille d'un Prin-
!
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ceGrec,&d'une beauté
charmante. Sapoësie,
sa galanterie &son àmour
s'employaient à
l'envi ik, avec éclat auprés
de cette Greque.
La jalousie de toutes les
autres compagnes devint
furieuse, 6C elles
complotèrent de l'enlever
la nuit,& de la jetter
dans la mer fccretement,
ou bien del'empoisonner.
Ce Prince
persuadé , que rien ne
pourroit la sauver de là
fureur d'une troupe de
rivales V & ne voulant
pas qu'elle restât expofée
à leur jaloufic il la fitconduire dans une
forteresse, où il la fit
garder avec tout le soin
imaginable.Saifaddantc
composauneélégie dans
sa douleur; en parlant
de lui-même il dit: Il
lui estarrive dans sa tour
ce qui arrive à l'oiseau
qui veut sortir de sa cage
» il voit répervier ,
& il s'y tient tremblant,
oubliant les delices de
la liberté:ou au poisson
rusé qui se tient au fond
del'eaude peur de l'hameçon
;il s'approche de
ce qui est necessaire à sa
vie, & s'en arrache en'
même temps de peur de
la perdre. Et s'adressant
à la Princesse
, lui dit:
Mes yeux vous gardent,
mon coeur vous veille,
&necessepointdecraindre
l'horreur l'uneseparationéternelle!
monamour
en eft^plusVfcH
lent 8c durera toûjours
Voila commcçci Princq
sçavôitsacrifieson pJai
sir ausalut de ce qu'il
aimoit. Voyons presentemerit
comme il ,savoitrecompenfer
le mérité
& les talens. Eslans
à Alep,environné "U;;
petttaupe de rOE.cn.
Arabe, mal vêtus'approcha
de lui bfflui recitaces
vers.
Le rMttqitemanque>
matsla demandeejtar~
rivée àfinpoint. jîlep
Av.ufinPrincey tout
doity être heureux. Le
tempsvotre firviteur
nous a maltraite^ eS
nous nepouvons nous
mettre acouvert defin
injustice eS de sa viollternrcg,
r-irqaun"'àd.ltl'i'ianb1-&r'diddeerruvéô*I*f
trebonté** < ;A i
1;." V'lu. '- Saifaddantc ., trouva
ces vers à son gré, &
fitdonnerau Poètedeux
cens écus d'or. Deux
freres, Poctes fameux,
nommez lesKaled, lui
ayantrecitéunbeau
Poème, il enfit ôter
seulement les vers qui
étoientà sa louange;il
lei traita. avec beaucoup
d'honneur, & le lendemain
matin il leur fit
donner à chacunune
belle Persannequi portoit
sur sa tête un vase
plein de vin exquis, sur
lequel étoient des étofes
d'un grand prix. Les
deux freres partirent sur
le champ pour le remercier,&
l'aîné lui dit ces
vers.
LeIcreaturesfO.n.tdans
ïimpuijfancede'vous rt
mercier de vos btèns5
vouf nous at'Z envoyé
deux bettes canes tor.
tantfur leur chefles çor.
nés d1abondance,&par
elles vous avez* chassé
de chez,nous les tenebreM
épaisses del'ennui\& te
troublé d'ejprit que tause
la disette.L'aurorenous
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ffifqïtë^vfs ave^de III
rPii¥t telle que nous a-
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•WÏV
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Mots clefs
Domaine
Résumé
Le texte raconte l'histoire de Saifaddoulat, prince et poète de l'Orient, né en 501 de l'ère égyptienne et mort en 536. Reconnu pour sa libéralité envers les poètes, il était également célèbre pour sa galanterie, sa générosité et son courage. Saifaddoulat avait une maîtresse, fille d'un prince grec, dont la beauté et le charme étaient exceptionnels. La jalousie des autres compagnes les poussa à comploter pour l'enlever et la tuer. Pour la protéger, Saifaddoulat la fit conduire dans une forteresse sous haute surveillance et composa une élégie exprimant sa douleur et son amour éternel pour elle. Le texte souligne également la générosité de Saifaddoulat envers les poètes. À Alep, il offrit deux cents écus d'or à un poète arabe mal vêtu. Deux frères poètes, les Kaled, reçurent des cadeaux précieux, dont des persanes portant des vases de vin et des étoffes de grande valeur, en échange d'un poème. Les frères exprimèrent leur gratitude par des vers, soulignant que la générosité du prince avait chassé l'ennui et la disette de leur vie.