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Titre

ODE NOUVELLE contre l'Esprit.

Titre d'après la table

Ode contre l'Esprit.

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1
Page de début dans la numérisation
219
Page de fin
12
Page de fin dans la numérisation
230
Incipit

Source intarissable d'erreurs

Texte
ODE NOUVELLE
contre l'Esprit,
Source intarissable d'erreurs
Poison qui corrompt la
droiture,
Des sentïmens de la nature,
Et la vérité de nos coeurs. if
Feu fonlletuquiibrrillees p,our
Charme des mortels inCcn.
sez,
Esprit ; je viens icy détruire
Les Autels quel'on t'a dressez,
Et toy fatalePoësi,
C'est luy fous un nom specieux,
Qui nomma langage des
Dieux,
Les accès de ta frenesie
;
Luy dont te vint l'aurorité;
D'aller consacrant le mensonge,
© Et detraieter deverité,
La vainc illusiond'un songe.
Encor si telle qu'autrefois,
Suivant pas à pas la nature,
Dans une naïve peinture..
Tuchantois les prcz & les
bois,
Ou qu'au bonficclc de Catulle
Simple dans tes exprelfions
Et de Virgile, & de Tibulle
Tu foupirois les passions.
Mais non; de quelque rime
| rare, De pointes, derasinemens,
Tu cherches les vains ornemens
Dont une coquette Ce pare,
Et suivant les égaremens
D'une Muse , trop peu fcnsée,
Tu négliges les fcnrirncnsj
Pour faire briller la pensee.
is
Tel ne chantoitau bord des
caux)
Du Mincius l'heureux Titire
, Maissimplement faisoit redire
Le nom d'Amarille aux
échos,
Et les Naïades attentives-
Qmttoient leurs joncs &
leurs roseaux
Pour venir danser sur ses
rives,
Aux doux fons de ses Chalumeaux.
Esprit, tu séduis, on t'admire;
Mais rarement on t'aimera
Ce qui seurement touchera
C'est ce que le coeur nous
fait dire
C'cil ce langage de nos
coeurs
Qui saisit l'ame & qui l'agite
Etde faire couler nos pleurs
Tu n'auras jamais le merite.
Laissons ces frivoles sujets
Que tu nous donnes de
nous plaindre
Quand de toy l'on a tant à
craindre
Sur de plus importans objets.
Dans les choses les plus sacrees
Tu te plais à nous faire voir
Qoe plus elles sont révérées
Et plus y brille, ton pouvoir.
Dans la vérité simple & pure
D'une faince Religion,
: Est-ildesuperstition
Dont tu n'y glisse rimpofturc.
Ec moyen de te pardonner
Ce que tu veux tirer de gloire
De nous apprendre à raisonner
Quand il ne s'agit que de
croire.
Que de
vaincsdifHnétions"
Que de varierez frivoles
Ont tiré des mêmes paroles
-'
Les heretiques fictions -
Combien le subtil artifice
De Luther & de ses Docteurs
, Aux gens simples & sans
malice
A-cil fait adopter d'erreurs.
Ton rafinement empoifonne
Xes plus saines opinions
Jamais ru n'as gueri personne
De les cruelles passions
,,' Tu ne fais qu'augmenter
nos vices Enmultipliant nos desirs,
Et des plus innocens plaisirs
Tu nous fais souvent des
supplices.
Demande aux hôtes de ces
bois
Si chez eux la loy de nature
N'est pas plus prudente &
plus sûre
Pour leur faire faire un bon
choix;
Que tes penetrantes lumieres.
Non, les animaux amoureux
N'ont pas besoin dans leurs
tannieres
De ton beau feu pour cGrc:
heureux.
Sx
C'est toy d'où ftaifïent ces
caprices
Par où Venus soutient sa
Cour,
Et cet attirail d'artifices
*
Donc tu sophistiques rAmour.
Les Pigeons & les Tourterelles
Sçavent se plaire & s'enflammer,
En il quelque Ovide pour
elles
Qui fit jamais un Art d'aimer.
«s^s»
C'est dans ce livre detefiablc
Que paroist la corruption
Qui d'une simple passion
A fait unArc abominable.
Art dont nous vint en sa fureur
Cemonstre de Coquetterie
Et ce mêtier faux & tfoln.
peur,
Qu'on appelle Galanterie.
VFinissons
; insensiblement
Jecede au charme quim'entraîne,
Et j'oublicray toute ma haine
Si j'écris encoreun mOJncnr. Hipric que je hais,& qu'on
aime,
Avec douleur je m'apperçois
Pour écrire contre toy même,
QuV>n ne peut fc passer de
toy.
Genre
Collectivité
Faux
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Genre littéraire
Mots clefs
Résumé
L'auteur critique l'Esprit, le considérant comme une source d'erreurs et de corruption. Il accuse l'Esprit d'avoir détourné la droiture et la vérité des cœurs, notamment à travers la poésie moderne, qui glorifie le mensonge et néglige les sentiments sincères. Contrairement à la poésie des anciens, comme Virgile et Tibulle, qui était simple et naturelle, la poésie moderne se pare de vains ornements. L'auteur regrette que l'Esprit, cherchant à séduire et être admiré, ne touche pas véritablement les cœurs, préférant le langage du cœur qui émeut sincèrement. L'auteur dénonce également l'influence de l'Esprit dans les domaines sacrés, introduisant superstition et erreurs, comme celles propagées par Luther. L'Esprit est accusé d'empoisonner les opinions saines, d'augmenter les vices et de transformer les plaisirs innocents en supplices. Dans le domaine de l'amour, les humains, corrompus par les caprices et les artifices, contrastent avec les animaux qui suivent naturellement la loi de la nature. L'auteur reconnaît finalement la difficulté d'écrire contre l'Esprit, car on ne peut s'en passer.
Est rédigé par une personne
Soumis par kipfmullerl le